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Décla­ra­tion du Front de gauche (natio­nal) sur les élec­tions dépar­te­men­tales.

Décla­ra­tion du Front de gauche sur les élec­tions dépar­te­men­tales | Ensemble.

Les élec­tions dépar­te­men­tales de mars 2015 seront un test poli­tique impor­tant.

Elles inter­vien­dront dans un contexte d’ag­gra­va­tion de la poli­tique libé­rale conduite par le président de la Répu­blique et son gouver­ne­ment, une poli­tique au service du MEDEF dont  le cours auto­ri­taire face aux luttes popu­laires renforce le discré­dit sans précé­dent de l’exé­cu­tif.

La crise poli­tique s’ag­grave de jour en jour, la base sociale du président et de son premier ministre ne cesse de se réduire. Ce pouvoir est aujourd’­hui mino­ri­taire dans le cœur de celles et ceux qui restent atta­chés aux valeurs de la gauche. Mino­ri­taire dans le peuple, sans majo­rité abso­lue à l’As­sem­blée Natio­nale, battu au Sénat, l’exé­cu­tif n’a pas la légi­ti­mité pour appliquer une poli­tique, contraire à ses enga­ge­ments élec­to­raux, qui divise et décou­rage le monde du travail, les classes popu­laires et la jeunesse. .

Cette crise poli­tique est désor­mais une crise de régime, celle de cette monar­chie prési­den­tielle qu’est la 5ème Répu­blique.

Pour les popu­la­tions déjà dure­ment éprou­vées, les consé­quences sont très lourdes. Les dépar­te­ments sont en effet un maillon essen­tiel des poli­tiques publiques dans notre pays. Avec 72 milliards d’eu­ros de dépenses chaque année, ils gèrent notam­ment toutes les poli­tiques sociales : assis­tantes sociales, verse­ment des allo­ca­tions de soli­da­rité (RSA, APA, PCH, …), place­ment et suivi des mineurs étran­gers, poli­tiques en direc­tion de l’en­fance en danger, PMI, etc …

Cette situa­tion est d’au­tant plus dange­reuse qu’elle ouvre la voie au retour d’une droite confor­tée dans ses choix réac­tion­naires ; elle permet au Front natio­nal en masquant ses véri­tables objec­tifs, de se présen­ter comme une alter­na­tive.

Le Front de gauche s’op­pose à la fois  à la poli­tique d’aus­té­rité menée par le gouver­ne­ment et à l’of­fen­sive de la droite et de l’ex­trême droite.

En dépit de multiples protes­ta­tions, l’exis­tence même des dépar­te­ments  est mena­cée.  Manuel Valls  passe en force.

Pour­tant  le nouveau décou­page des cantons est l’objet de nombreux recours auprès de la justice, le sort réservé aux dépar­te­ments en liai­son avec la mise en place des métro­poles n’est pas connu et les compé­tences  des conseillers dépar­te­men­taux n’ont pas encore été clari­fiées.

La réforme terri­to­riale mise en place cherche unique­ment à répondre aux impé­ra­tifs sans fin de compé­ti­ti­vité des grandes entre­prises, par la mise en concur­rence des terri­toires, l’éloi­gne­ment des citoyennes et des citoyens de leurs élu-e-s, la mise en cause des services publics pour  prépa­rer leur exter­na­li­sa­tion et le trans­fert de tout ce qui est rentable pour satis­faire aux exigences finan­cières des groupes privés. Elle rompt avec les prin­cipes répu­bli­cains d’éga­lité et de soli­da­rité terri­to­riale. Le soi-disant « choc de simpli­fi­ca­tion » est une recen­tra­li­sa­tion qui se fait au détri­ment du bien commun que consti­tue la démo­cra­tie locale. Il s’agit en réalité d’un proces­sus « dé-consti­tuant » qui mine toujours plus la souve­rai­neté popu­laire.

Cette réforme s’ins­crit dans le cadre des poli­tiques d’aus­té­rité qui cherchent à soumettre toute l’Union euro­péenne aux exigences des marchés. Les collec­ti­vi­tés terri­to­riales sont sommées de réduire leurs dépenses et leurs effec­tifs, condam­nées à voir leurs dota­tions dras­tique­ment réduites alors qu’elles assurent 70% de l’in­ves­tis­se­ment public et jouent un rôle indis­pen­sable en période de crise pour les popu­la­tions.

Déjà des coupes budgé­taires touchent de nombreux secteurs. Le finan­ce­ment des asso­cia­tions, les poli­tiques cultu­relles et spor­tives sont remises en cause.

En suppri­mant « l’en­trave à la concur­rence » que consti­tue la clause de compé­tence géné­rale des collec­ti­vi­tés, le gouver­ne­ment est cohé­rent : il s’ins­crit dans le cadre de la négo­cia­tion du Grand Marché Tran­sat­lan­tique (TAFTA).

Il faut ouvrir une autre voie.

Le FdG veut être un outil au service de cet objec­tif.

Le Front de gauche appelle à susci­ter la plus large impli­ca­tion citoyenne possible, bien au delà des partis poli­tiques,  de celles et ceux qui opposent la néces­sité de poli­tiques alter­na­tives aux choix de ce gouver­ne­ment, qu’il s’agisse de syndi­ca­listes, de person­na­li­tés de la vie asso­cia­tive ou de simples citoyen-ne-s engagé-e-s.

Mobi­li­sons-nous pour sauve­gar­der et promou­voir les poli­tiques publiques de soli­da­rité que nos élu-e-s  se sont efforcé-e-s de mettre en œuvre dans de très nombreux terri­toires, pour faire échec aux poli­tiques d’aus­té­rité et à la réforme terri­to­riale.

Mobi­li­sons-nous pour déve­lop­per une démo­cra­tie de proxi­mité, ajus­tée aux besoins et à l’ex­pé­rience des citoyens.

Nous les appe­lons à ne pas traduire leur décep­tion par l’abs­ten­tion, à contri­buer par leur vote à faire émer­ger une alter­na­tive de trans­for­ma­tion sociale et écolo­gique dans tout le pays, à faire élire de nombreuses élues et élus qui défen­dront ces orien­ta­tions dans les collec­ti­vi­tés locales en empê­chant la droite et l’ex­trême-droite de gagner la très grande  majo­rité des dépar­te­ments.

Au plan natio­nal nous enten­dons prendre appui sur ces élec­tions pour mettre en mouve­ment une force capable de construire l’al­ter­na­tive néces­saire à gauche, en nous appuyant sur les luttes et les résis­tances qui s’op­posent à la poli­tique suivie et que nous enten­dons contri­buer à déve­lop­per.

Rien n’est possible sans la mise en mouve­ment du peuple, sans la mise en mouve­ment des citoyennes et des citoyens qui aspirent à un renou­veau de la poli­tique.

C’est sur ces bases que le FdG entend impul­ser des candi­da­tures citoyennes dans tout le pays.

Nous n’en­ten­dons pas le faire seuls.

C’est pourquoi nous, l’en­semble des compo­santes du FdG, nous nous adres­sons à tous nos parte­naires poten­tiels de la gauche et de l’éco­lo­gie qui refusent la poli­tique du gouver­ne­ment. Nous voulons construire ces candi­da­tures avec celles et ceux dont l’en­ga­ge­ment asso­cia­tif ou syndi­cal témoigne de la volonté d’im­po­ser une autre poli­tique.

Ensemble, nous pouvons résis­ter à l’aus­té­rité, promou­voir la démo­cra­tie locale et l’in­ter­ven­tion citoyenne, contre la réforme terri­to­riale. Nous voulons gagner des élus prêts à agir sur ces bases pour construire de nouvelles majo­ri­tés anti-austé­rité dans les Conseils Dépar­te­men­taux.

Le FdG invite toutes celles et ceux qui se recon­naissent dans cette démarche à construire des candi­da­tures de large rassem­ble­ment en s’ap­puyant sur des assem­blées citoyennes, au niveau des cantons, pour discu­ter et déci­der  dans la concer­ta­tion du contenu des propo­si­tions et des candi­da­tures. Cette démarche contri­buera à impul­ser une  dyna­mique popu­laire indis­pen­sable pour gagner.

Le FdG propose que l’en­semble de ces candi­da­tures soit iden­ti­fié natio­na­le­ment par une appel­la­tion et des propo­si­tions inscrites dans un docu­ment qui fasse réfé­rence. Dans chaque dépar­te­ment ces candi­da­tures se présen­te­ront comme une alter­na­tive à celles des forces qui soutiennent la poli­tique gouver­ne­men­tale.

Le FdG entend contri­buer à cette construc­tion commune en propo­sant des actions et des mesures permet­tant de répondre aux urgences sociales et écolo­giques actuelles.

– Agir contre les poli­tiques d’aus­té­rité dans les dépar­te­ments, contre la réduc­tion des dota­tions aux collec­ti­vi­tés locales impo­sées par le gouver­ne­ment, contre les diktats de l’Eu­rope.

– Dans l’es­prit de la VIème Répu­blique à laquelle nous aspi­rons, combattre la réforme terri­to­riale et donner plus de pouvoirs aux citoyens par une démo­cra­tie parti­ci­pa­tive de proxi­mité. Cons­truire une véri­table coopé­ra­tion de projets entre les terri­toires, basée sur la soli­da­rité et non sur la concur­rence.

Nos élu-e-s respec­te­ront des prin­cipes suscep­tibles de réta­blir la confiance en la poli­tique par de bonnes pratiques de gestion, la trans­pa­rence des déci­sions, la parti­ci­pa­tion citoyenne, les compte rendus de mandat, l’exi­gence de probité, la lutte contre le trafic d’in­fluence, et tendre vers le non cumul des mandats.

– Soute­nir les mobi­li­sa­tions contre l’aus­té­rité, ainsi que celles qui promeuvent un nouveau type de progrès humain durable, non produc­ti­viste, respec­tueux de la planète, tourné vers la satis­fac­tion des besoins sociaux, l’éga­lité hommes-femmes.

– Affir­mer notre soli­da­rité avec les mouve­ments sociaux contre la  répres­sion patro­nale ou gouver­ne­men­tale et la crimi­na­li­sa­tion de ces mouve­ments.

Défi­nir les grands axes d’une poli­tique alter­na­tive à l’échelle des terri­toires :

– Réforme globale de la fisca­lité locale permet­tant plus de justice et mettant à contri­bu­tion les actifs finan­ciers des grandes entre­prises.

– Cons­truc­tion entre les dépar­te­ments, les communes et l’État, de poli­tiques  publiques de soli­da­rité et notam­ment  d’un véri­table service public d’aide à la personne dans lequel l’Etat assu­re­rait la respon­sa­bi­lité du finan­ce­ment des allo­ca­tions sociales en se basant sur la soli­da­rité natio­nale.

– Mesures d’ur­gences pour les collec­ti­vi­tés qui sont asphyxiées finan­ciè­re­ment, en leur permet­tant l’ac­cès à des crédits à taux bas, compa­rables à ceux que la BCE distri­bue aux banques (0,05%) et en refu­sant le paie­ment des emprunts toxiques.

– Enga­ger une tran­si­tion écolo­gique dans chaque dépar­te­ment en matière de trans­ports publics, de soutien à l’agri­cul­ture paysanne, de protec­tion de la biodi­ver­sité, de gestion natu­relle des massifs fores­tiers, de déso­béis­sance aux règles euro­péennes de libre échange et de priva­ti­sa­tion des sous-sols (GMT-TAFTA)…

– Nous refu­sons les projets qui ne répondent pas à l’in­té­rêt géné­ral et sont écolo­gique­ment nuisibles et exigeons le recours au réfé­ren­dum quand un projet  local est contesté.

Le 17 décembre 2014

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