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Ruffin député FI: « Et à la fin, c’est lui qu’a gagné ! »

Et à la fin, c’est lui qui a gagné ! par Là-bas si j’y suis

http://la-bas.org/la-bas-maga­zine/repor­tages/Et-a-la-fin-c-est-lui-qui-a-gagne

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« Pour­tant, c’était pas gagné, il avait une dizaine de points de retard sur son adver­saire macro­niste. « Le peuple à l’As­sem­blée ! », crie Ruffin. « Le peuple, c’est lui ! » Ses copains le char­rient, c’est la fête, ah, Ruffin avec une cravate à l’As­sem­blée ! C’est pas tous les jours qu’un ancien repor­ter de Là-bas est élu député ! Mais le plus impor­tant, c’est de voir ceux qui l’ont élu.

« Le plus réjouis­sant, c’est le recul du FN dans la circons­crip­tion. Depuis des années, le rejet et le mépris de cet élec­to­rat par la gauche molle assurent le succès du FN. En pratiquant ce qu’il appelle le « popu­lisme de gauche », Ruffin et sa bande ont tapé juste. Au premier tour, il a fait perdre 10 points au FN, et c’est sans doute une partie de cet élec­to­rat qui aujourd’­hui l’en­voie à l’As­sem­blée. Évidem­ment, les médias ont sauté sur l’ex­pres­sion « popu­lisme de gauche » pour faire amal­game et s’op­po­ser coura­geu­se­ment aux « extré­mismes de tous bords ». Alors qu’il s’agit d’une chose très simple que, dans sa hâte à s’em­bour­geoi­ser, la gauche a laissé tomber depuis long­temps : être avec le peuple, défendre la classe popu­laire, lutter front contre front, classe contre classe, prendre parti, en commençant par les combats de chaque jour, ce qui se fait ça et là, à Saint-Étienne-du-Rouvray par exemple, c’est ce qui se faisait au temps du « commu­nisme muni­ci­pal ».

« Cette énorme absten­tion (56,6 % des inscrits) exprime le rejet de cette fausse repré­sen­ta­tion démo­cra­tique. C’est avec 15% des inscrits que Macron est arrivé au pouvoir en annonçant le recours au passage en force au cours de l’été. Cette majo­rité aux pieds d’ar­gile a le mérite d’être claire. La camp néo-libé­ral n’est plus de gauche ou de droite, il est à décou­vert. C’est le parti de la France de ceux pour qui ça va bien. Mais plus de la moitié du pays est à l’aban­don et à l’abs­ten­tion. C’est là que le FN a pros­péré, c’est là que la reconquête est possible, dès demain. »

Daniel Mermet