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Grèce-Syriza- élec­tions du 25 janvier: « Nous allons rempor­ter cette bataille »

Discours de A. Tsipras, le 29 décembre 2014
Traduc­tion: Vassi­liki Papa­daki et Athina Vlachaki

Les inter­titres, les coupures, les passages souli­gnés, réali­sés pour  l’ar­ticle de ce site,  sont de la respon­sa­bi­lité de PB. le texte inté­gral est sur le site de nos cama­rades de Syriza Paris:

http://syriza-fr.org/2014/12/31/discours-d-a-tsipras-nous-allons-rempor­ter-cette-bataille­la­ve­nir-est-deja-en-marche/

 

 

Cama­rades,

Notre peuple aujourd’­hui a remporté une victoire. La démo­cra­tie a remporté une victoire. Notre pays a remporté une victoire. La vérité a remporté une victoire.
Le résul­tat de l’élec­tion prési­den­tielle est une première victoire des dépu­tés qui ont résisté contre la
peur et le mensonge. Une première victoire de notre peuple qui guide notre pays hors de la condi­tion humi­liante qui était la sienne jusqu’à ce jour. Une première mais grande victoire.
Parce que cette victoire met enfin le peuple grec sur le devant de la scène.
Ce peuple grec qu’ils avaient inti­midé et dupé en 2012.
Mais aujourd’­hui il a acquis non seule­ment l’ex­pé­rience mais aussi la connais­sance.Et le choix est entre ses mains.
Choi­sira t il de nouveau le chemin qui nous a conduit à cette tragé­die sociale et à cette humi­lia­tion
natio­nale? Choi­sira-t-il le chemin de la soumis­sion ou de la démo­cra­tie?
Le chemin de mémo­ran­dums ou celui du salut de la société?
Voilà les termes du dilemme qui se posera le 25 janvier.

Et que cela soit clair dans l’es­prit de tous, à l’in­té­rieur comme à l’ex­té­rieur de ce pays:
C’est au peuple grec que revient la déci­sion. C’est aux Grecs qu’ap­par­tient la clef de l’ave­nir de leur pays. Et cette clef, ils entendent bien la conser­ver entre leurs mains.
Et ce, de la façon la plus normale et démo­cra­tique qui soit: les élec­tions. De la façon dont procède une démo­cra­tie qui ne connaît pas d’im­passe et qui ne suscite pas la peur chez qui lui fait confiance.
Aujourd’­hui, mes ami-e-s, c’est le début de la fin d’une situa­tion qui a plongé la Grèce dans la pauvreté, le chômage, le malheur et le déses­poir. Le début de la fin pour ceux qui sans vergogne et sans hési­ta­tions se sont assujet­tis à une poli­tique de la catas­trophe.
Parce que la propa­gande de la terreur n’est pas passée. Il n’est pas passé le mensonge, la calom­nie, la diffa­ma­tion, la mani­pu­la­tion. Il n’est pas passé, ce chan­tage qui ne cachait pas sa cible.

Sama­ras, le premier ministre actuel est un homme du passé.
Et M. Sama­ras appar­tient désor­mais au passé. Malgré ses intrigues et ses chan­tages, son gouver­ne­ment a sombré.
Mais nous l’avons entendu, avant-hier, dans un mélange hybride d’al­lo­cu­tion et d’in­ter­view
trans­mise par NERIT [ndlr. Chaîne « publique » remplaçant l’an­cienne chaîne natio­nale ERT], parler
de la néces­sité d’un consen­sus. C’est bien le dernier dans ce pays à pouvoir parler de consen­sus.(…)
C’est le premier ministre qui soudain une nuit, sans consul­ter l’As­sem­blée ni même les partis de sa
coali­tion, a imposé à ERT l’écran noir, étouf­fant la voix de la Grèce dans le monde et jetant à la rue
des milliers d’em­ployés.
C’est le premier ministre de l’au­to­ri­ta­risme et de la destruc­tion sociale.
Aussi est-il bien le dernier à pouvoir prêcher le consen­sus.
Mais face à M. Sama­ras et au bloc mémo­ran­daire le consen­sus sera réel.

Le rassem­ble­ment du peuple et de la société se réali­sera. Et il sera collec­tif et fort. Ce sera le grand
consen­sus pour la mise en oeuvre du Programme de Thes­sa­lo­nique de SYRIZA. Ce sera le grand
consen­sus pour une vraie négo­cia­tion qui posera pour la première sur la table des discus­sions avec
nos parte­naires en Europe une base concrète. Ce sera le grand consen­sus dans la réali­sa­tion semée
d’em­bûches de la restruc­tu­ra­tion et du redres­se­ment de notre pays.

La propa­gande de peur du régime en place et de la Troïka.
Certains tente­ront dans la pers­pec­tive des élec­tions – malgré leur récent échec d’in­ti­mi­da­tion sur les
dépu­tés – de propa­ger encore la propa­gande de la peur sur le peuple. D’ailleurs, la peur est leur seul argu­ment. Ils croient, peut-être, que comme ils ont réussi à effrayer et trom­per notre peuple en 2012, ils réus­si­ront cette fois aussi.
Ils se trompent. Parce que les maux qui se produi­raient selon leurs menaces en cas de victoire de SYRIZA, le peuple les a déjà subi.
Mais l’au­teur de ses maux n’a pas été Syriza, mais M. Sama­ras et la troïka.
Ainsi,
et l’épargne du peuple a été sacca­gée
et la résis­tance finan­cière des classes popu­laires et des classes moyennes a été épui­sée
et aussi les habi­ta­tions prin­ci­pales des ménages, des gens de labeur, ont été confisquées par
l’ap­pli­ca­tion de cette taxe absurde qui se nomme ENFIA.(…)
Les secrets des gouver­nants actuels, leur four­be­rie, leur lâcheté.
Et il est enfin arrivé le moment pour dire au peuple grec la vérité sur ce qui s’ est exac­te­ment
passé. Qui sont ceux qui, consciem­ment ou par négli­gence ont jeté la Grèce sur les rochers et osent
fulmi­ner des impré­ca­tions après avoir conduit le peuple dans une tragé­die sans précé­dent?
Il est temps en effet qu’on apprenne la vérité: pourquoi M. Papan­dréou, alors qu’en 2009 blâmait
publique­ment le FMI, concluait en secret un accord avec les respon­sables du FMI, et ceci – comme
il a été révélé plus tard – avant même les élec­tions?
Il est temps de savoir aussi une autre vérité: pourquoi M. Papa­kons­tan­ti­nou au moment où il devait
emprun­ter sur les marchés parlait du « Tita­nic » en refu­sant les prêts des marchés?
Pourquoi en vérité l’ELSTAT (Insti­tut natio­nal de la statis­tique) a « gonflé » arti­fi­ciel­le­ment le défi­cit
public en amenant le pays au milieu de la tour­mente ?(…)
Il est temps d’ap­prendre, pourquoi en vérité depuis deux ans et demi, le gouver­ne­ment
Sama­ras s’acharne sur la classe moyenne en la surim­po­sant tout en rangeant dans les tiroirs les listes des évadés fiscaux, la liste Lagarde, et en épar­gnant les grands frau­deurs?
Ces véri­tés inté­ressent le peuple grec qui a été pillé, qui a perdu sa fierté et sa dignité – pendant
qu’une caste corrom­pue, vieillie, compo­sée des repré­sen­tants des inté­rêts privés qui s’en­che­vêtrent,
s’ac­cro­chaient aux postes du pouvoir.
Ce sont ces véri­tés qui sont récla­mées par notre peuple et non pas la vérité contre­faite de faux
chan­tages, de l’alar­misme insensé et du terro­risme moral.
Il a droit à ces véri­tés et il les connaî­tra.

Pour battre lors de ces élec­tions légis­la­tives du 25 janvier le régime de l’aus­té­rité voulue par les « memo­ran­dums ».
Devant nous se profile main­te­nant la bataille la plus cruciale. La bataille des élec­tions.
Une bataille dont le résul­tat implique des suites pour toute une série de ques­tions. Et peut-être pour tout.
Il ne s’agit pas d’une simple confron­ta­tion avec le régime de l’ab­so­lu­tisme mémo­ran­daire.
C’est une bataille avec l’es­ta­blish­ment de la corrup­tion. Contre le cancer de la collu­sion des grands inté­rêts privés. Contre les doctrines et les pratiques qui nous ont conduits à la situa­tion actuelle.
C’est une bataille qui vise à mettre fin à un système désuet. Et c’est par-dessus toute une bataille pour permettre le renou­veau.
Je vous assure: Cette bataille SYRIZA veut et peut la rempor­ter.

Et nous allons réus­sir. Je le crois très ferme­ment comme le croit aussi la grande majo­rité de notre
peuple. Nous sommes confiants, nous avons foi dans nos idées et notre programme, et nous faisons
confiance dans le juge­ment du peuple. Nous avons l’ex­pé­rience de confron­ta­tions diffi­ciles. Nous avons des racines. Nous sommes un parti dyna­mique, jeune, comba­tif. Nous avons une éthique démo­cra­tique. Nous mesu­rons nos actes à l’aune de l’in­té­rêt des travailleurs et de la société.
Et nous avons aussi et surtout l’atout de la justesse de nos reven­di­ca­tions. Nous pouvons donc être opti­mistes.
Mais cela ne signi­fie pas que notre bataille élec­to­rale se dérou­lera sur du velours.
Nous savons que ce ne sera pas un combat facile. L’his­toire nous enseigne que partout et toujours le monde ancien guer­roie ardem­ment pour main­te­nir ses privi­lèges. Et la situa­tion actuelle ne nous permet pas de sous esti­mer la déter­mi­na­tion de nos adver­saires et leurs moyens redou­tables. Nous les avons vus et nous les verrons encore.

Les mensonges des hiérarques en place. Mensonges sur leur poli­tique passé comme sur les enjeux actuels.
Ainsi, le mensonge. Toujours le mensonge Et encore le mensonge.
Des mensonges sur leurs inten­tions de faire si le peuple le leur permet. Des mensonges mons­trueux sur SYRIZA, sur ses projets et sa poli­tique. Des mensonges effa­rants sur ce qui attend les grecs s’ils ne votent pas à nouveau pour le duo Sama­ras- Veni­ze­los.
Est-ce que je suis injuste avec eux?

Je vous demande de vous rappe­ler quelques-uns des dix-huit enga­ge­ments de M. Sama­ras lors des
élec­tions de 2012.
Il s’est engagé à:
Restau­rer les petites pensions et les allo­ca­tions de familles nombreuses au niveau de ceux de
l’an­née 2009.
Restau­rer aussi les salaires et les pertes subies par les personnes physiques et les fonds d’as­su­rance
publique par la réduc­tion de la dette grecque.
Allon­ger la durée de l’al­lo­ca­tion chômage d’un an ou deux ans avec les programmes de requa­li­fi­ca­tion et l’uti­li­sa­tion des fonds euro­péens non dépen­sés.
Accor­der une allo­ca­tion de chômage spéciale même aux non-sala­riés, aux auto-entre­pre­neurs ou les commerçants qui ont fermé leurs maga­sins.
Accor­der un règle­ment éche­lonné pour le paie­ment des charges fiscales, afin que celles ci ne dépassent pas 25% du revenu médian des ménages.
Proté­ger les salaires du secteur privé en préco­ni­sant un gel des salaires pendant les négo­cia­tions et jusqu’à l’ar­ri­vée à un accord entre les employeurs et les employés(…).
Augmen­ter progres­si­ve­ment le seuil d’exo­né­ra­tion fiscale de 5.000 euro à 10. 000 en 2014. Rempla­cer la taxe immo­bi­lière à taux fixe par une nouvelle loi fiscale plus juste. Réduire les taux d’im­po­si­tion.
Aucun nouveau licen­cie­ment au secteur public.
Assu­rer des liqui­di­tés à l’éco­no­mie réelle et en parti­cu­lier aux PME. (…)

Ainsi parlait le fourbe M. Sama­ras entre Mai et Juin 2012.
Est-il est néces­saire d’ajou­ter qu’il a fait exac­te­ment le contraire? Est-il est néces­saire de faire des commen­taires sur ce fleuve de mensonges?
Sur ce flot de promesses non tenues? Sur cette éléva­tion du mensonge au rang du programme poli­tique central?
Et main­te­nant, l’his­toire se répète. Mais elle se répète comme une farce.

Main­te­nant ils parlent de la sortie des mémo­ran­dums.
Alors qu’ils ont déjà préparé le nouveau mémo­ran­dum, dont les mesures sont décrites avec éloquence dans le fameux e-mail adressé par M. Hardou­ve­lis à la Troïka. Ils parlent de la crois­sance qui arrive bien­tôt.
Bien qu’ils aient déjà préparé l’ augmen­ta­tion de la TVA pour la restau­ra­tion, les médi­ca­ments et les
régions insu­laires.
Ils parlent de stabi­lité, tout en prépa­rant la suppres­sion du régime de protec­tion de travail dans le secteur privé.
Ils parlent de norma­lité bien qu’ils aient déjà plani­fié la libé­ra­tion de licen­cie­ments.
Et pendant qu’ils se préparent à donner le coup final à l’éco­no­mie et à la société, ils lancent des mensonges contre SYRIZA.
Et ils agitent à nouveau le chif­fon rouge de l’ar­rêt du finan­ce­ment de l’éco­no­mie grecque et des
sanc­tions que nous impo­se­rons Mme Merkel et les marchés.
Ils ont même ressorti de sa tombe le « Grexit » mort et enterré depuis long­temps déjà.
Je voudrais d’ailleurs ouvrir une paren­thèse sur ce point: Ils ont raison d’avoir peur de SYRIZA,
eux-mêmes, et aussi les inté­rêts privés qui se trouvent derrière eux.
Le mensonge donc est leur unique échap­pa­toire et leur seule arme pour nous faire du mal.

Mais ce qui est impar­don­nable, ignoble, inac­cep­table, immo­ral, c’est qu’ils sacri­fient le pays et son écono­mie pour sauver leurs chaises, qu’ils veulent présen­ter la démo­cra­tie comme un danger, les élec­tions comme une anoma­lie, la volonté popu­laire comme l’ insta­bi­lité,
qu’ils veulent ainsi saper l’image inter­na­tio­nale du pays, qu’ils veulent essayer de paniquer les épar­gnants, qu’ils mettent en danger l’éco­no­mie pour impo­ser leur diktat à la société. Ce compor­te­ment a un nom, mais je préfère l’évi­ter.

Trois réponses de Syriza aux mensonges de ses adver­saires.
Je dirai seule­ment trois choses:
Tout d’abord, 2014 n’est pas 2012. Les banques systé­miques ont passé les crash-tests. La conso­li­da­tion bancaire a progressé. Et les quatre banques systé­miques font partie du système bancaire euro­péen. L’équi­libre du système bancaire est donc une ques­tion qui concerne tout le monde.
Et on parle actuel­le­ment d’une éven­tuelle augmen­ta­tion des actifs de la BCE – d’en­vi­ron un tril­lion d’euro – afin d’as­su­rer la possi­bi­lité d’achat indi­rect des titres étatiques par le biais des banques, et ceci au plus tard en Mars 2015.
Aujourd’­hui et contrai­re­ment au 2012, des pays comme la France et l’Ita­lie ont décidé unila­té­ra­le­ment de ne pas se soumettre aux règles d’aus­té­rité et de disci­pline budgé­taire, en créant par ailleurs un précé­dent.
En outre, aujourd’­hui les poli­tiques de rigueur démontrent qu’elles ne sont pas à l’abri de tout danger. L’éco­no­mie alle­mande a déjà montré ses faiblesses.
Le terrain poli­tique est donc plus favo­rable aux discus­sions et à la négo­cia­tion.
Et les décla­ra­tions actuelles des respon­sables euro­péens attestent que nos parte­naires sont prêts à coopé­rer avec le nouveau gouver­ne­ment grec.
D’autre part, le gouver­ne­ment de SYRIZA et de ses alliés garan­tira clai­re­ment et formel­le­ment les dépôts des citoyens dans les banques grecques en coopé­ra­tion avec la Banque centrale euro­péenne et les parte­naires euro­péens.
Et on met un point final à la chro­nique scan­da­leuse de la terreur.
Des objec­tifs poli­tiques de Syriza face au vieux monde des poli­ti­ciens, de la bour­geoi­sie et de la Troïka.
Je ne doute pas que nous soyons capables de faire face à toutes ces diffi­cul­tés et tous ces obstacles. De réus­sir avec la volonté et le vote du peuple grec.
Mais permet­tez-moi d’ajou­ter une remarque essen­tielle et fonda­men­tale concer­nant nos objec­tifs et qui condense les valeurs et l’es­prit de nos luttes tout au long de notre histoire.

Pour nous, pour la gauche, l’objec­tif n’est pas le pouvoir. C’est la renais­sance démo­cra­tique de la société, du pays.
Notre objec­tif n’est pas d’ob­te­nir les chaises du pouvoir. C’est la réforme de l’État au profit du citoyen.
Notre objec­tif n’est pas d’ob­te­nir des postes. C’est la justice sociale.
Le pouvoir gouver­ne­men­tal que nous reven­diquons et nous gagne­rons est le moyen d’un grand chan­ge­ment progres­sif. Un chan­ge­ment néces­saire pour le pays et exigé par la société. Un chan­ge­ment qui touchera plusieurs domaines, qui exige et impose un conflit avec des inté­rêts
puis­sants.
Un conflit avec l’es­ta­blish­ment de la corrup­tion et de la collu­sion des inté­rêts privés soute­nus par l’état des mémo­ran­dums.
Un conflit avec des poli­tiques et des milieux qui consi­dèrent que notre souve­rai­neté natio­nale est limi­tée ou négo­ciable.
Mais un conflit aussi avec des habi­tudes bien ancrées du système bipar­tite, dans la menta­lité d’une partie de la société, comme les faveurs spéciales poli­tiques, les dessous-de-table, le népo­tisme, les « parrai­nages ».
Nous ne venons pas, en bref, pour conti­nuer les anciennes poli­tiques et pratiques. Nous ne nous plaçons pas dans la conti­nuité de ceux qui ont dirigé le pays au cours de dernières décen­nies.
Nous sommes leur refus.
Nous allons couper à la racine les liens entre le pouvoir poli­tique et les entre­pre­neurs natio­naux.
La justice va être libé­rée de toutes sortes de servi­tude afin de juger avec respon­sa­bi­lité et droi­ture toutes les affaires liées aux réseaux opaques de l’argent et ceux qui se sont enri­chis et s’en­ri­chissent illé­ga­le­ment au détri­ment du peuple grec.
Nous romprons les chaînes impo­sées à la classe ouvrière, par le nouveau régime juri­dique du travail, reflet d’une époque révo­lue.
Nous suspen­drons inté­gra­le­ment et systé­ma­tique­ment les pres­crip­tions impo­sées par les mémo­ran­dums.
Nous ouvri­rons la voie à une démo­cra­tie qui ne s’ar­rête pas avec le droit de vote, mais qui s’étend
dans tous les domaines et les secteurs de la société.
Dès le premier jour du nouveau gouver­ne­ment nous mettrons en appli­ca­tion le programme de
Thes­sa­lo­nique pour mettre une fin à la crise huma­ni­taire et donner une nouvelle pulsion à l’
écono­mie et à la société.
Et je le répète le programme de Thes­sa­lo­nique sera appliqué dès le premier jour et indé­pen­dam­ment
du progrès des négo­cia­tions sur la dette.

Syriza ne tran­si­gera pas sur son programme, ni sur sa morale.
La fin de la tragé­die et le salut de la société deman­de­ront des efforts énormes.
Mais avant de livrer ce combat nous devons d’abord nous battre pour rempor­ter la victoire des
élec­tions.
Nos adver­saires seront aussi impi­toyables que quand ils gouver­naient pour empê­cher la victoire du
peuple le 25 Janvier. Non pas pour empê­cher la victoire de SYRIZA, mais pour empê­cher la créa­tion d’une majo­rité parle­men­taire de SYRIZA au prochain Parle­ment.
Leur objec­tif est de réduire notre capa­cité d’agir effi­ca­ce­ment et de mener libre­ment des
négo­cia­tions déli­cates avec nos parte­naires. Pour cela ils vont vite instal­ler un climat de peur et d’in­ti­mi­da­tion.
Et ils vont aussi inves­tir leurs espoirs sur le rôle des petits partis récem­ment créés ou dans ceux qui
seront créés afin d’ir­ri­guer les champs de la poli­tique mémo­ran­daire. Nous avons décrypté le rôle de ces nouveaux partis. Et nous aper­ce­vons sous leur nouveau masque les traits repré­sen­ta­tifs les plus archaïques de notre système poli­tique: les liens avec les inté­rêts privés qui s’en­che­vêtrent en consti­tuant un cas patho­lo­gique parmi les autres facteurs de la crise.
Et face à leurs offen­sives, certains voudraient penser que SYRIZA reste­rait une puis­sance isolée,sans alliés, sans audi­tion, sans public.
Mais nous les déce­vrons.
Comme nous déce­vrons aussi ceux qui s’at­tendent de voir SYRIZA à repro­duire le même type d’en­tentes et des conni­vences que les forces d’hier.
Nous déce­vrons ceux qui veulent voir SYRIZA faire des échanges, d’agir véna­le­ment, parta­ger des postes.
Nous sommes ici pour parta­ger la respon­sa­bi­lité. Non pas pour parta­ger des postes.
La ques­tion des alliances.
Ceux qui réalisent leur respon­sa­bi­lité face à l’his­toire, ceux qui approuvent notre programme annoncé à Thes­sa­lo­nique et notre enga­ge­ment de mener des négo­cia­tions réelles et diffi­ciles avec nos parte­naires pour la viabi­lité de la dette grecque, ils sont les bien­ve­nus.
Bien­ve­nus pour parta­ger la respon­sa­bi­lité. Bien­ve­nus pour contri­buer avec leurs forces et solli­ci­ter la confiance du peuple avec nos bulle­tins
de vote.
Mais non pas pour obte­nir des sièges faci­le­ment éligibles comme ceux qui sont offerts par M.Sama­ras ou M. Theo­do­ra­kis[diri­geant du nouveau parti Potami]
Parce que ni nous ni nos alliés ne ressem­blons aux autres. Ils sont donc bien­ve­nus, ceux qui veulent contri­buer de façon désin­té­res­sée, en respec­tant la volonté du peuple, parti­ci­pant à la consti­tu­tion d’un large front de renver­se­ment, à la consti­tu­tion d’un large front de victoire qui créera une nouvelle majo­rité poli­tique et sociale.
Pour une nouvelle coali­tion gouver­ne­men­tale pour le salut social, le redres­se­ment écono­mique et la dignité de notre peuple.

Et un dernier mot:
Ces élec­tions doit être faites dans un climat de stabi­lité et de norma­lité.Nous croyons que personne ne cherche le contraire. Par consé­quent nous adres­sons à M. Sama­ras et nous deman­dons clai­re­ment la prise des mesures néces­saires pour le bon dérou­le­ment des élec­tions.
De faire placer des ministres de,tran­si­tion  dans les minis­tères de l’In­té­rieur, de la Justice, de la presse et la protec­tion de citoyen.Pour s’as­su­rer que le pays ira aux élec­tions sans de mani­pu­la­tions non démo­cra­tiques et sans provoquer d’in­ci­dents.
Et nous aver­tis­sons:
Que personne ne pense pouvoir quit­ter son poste en rempor­tant le moindre docu­ment public.
Que personne ne touche des dossiers des tiroirs des minis­tères. Et surtout les cour­riers échan­gés
avec la troïka.
Parce que notre régime démo­cra­tique exige le respect du prin­cipe de la trans­pa­rence
indé­pen­dam­ment des souhaits person­nels des gouver­nants.
Cama­rades
La consti­tu­tion d’un gouver­ne­ment de salut ayant comme tronc SYRIZA sera le couron­ne­ment de
notre prochaine bataille.
Avec notre coeur, mais aussi avec notre esprit, mes chers cama­rades, nous allons rempor­ter cette
bataille.
A bien­tôt

A. T.

Une réflexion au sujet de « Grèce-Syriza- élec­tions du 25 janvier: « Nous allons rempor­ter cette bataille » »

  1. pascal b dit :

    Communiqué du CADTM(Collectif pour l’annulation de la dette du Tiers monde).

    Bas les pattes devant la Grèce qui lutte et résiste !
    Publié le 1 janvier 2015 | Poster un commentaire
    Les puissants d’Europe et du monde entier n’ont même pas attendu la dissolution du Parlement grec et l’ouverture de la campagne électorale pour lancer leur nouvelle offensive de mensonges et de chantages qui visent a terroriser les citoyens grecs afin qu’ils ne votent pas aux prochaines élections du 25 janvier 2015 en faveur de SYRIZA, la Coalition de la Gauche Radicale grecque. En effet, secondés par les grands médias européens, « ceux d’en haut » du nom de Juncker, Merkel, Hollande, Renzi ou Moscovici commencent leur énième intervention brutale dans les affaires intérieures de cette Grèce, qu’ils ont d’ailleurs transformée en un amas de ruines sociales depuis qu’ils lui ont imposé leurs politiques d’austérité inhumaines et barbares.
    C’est le succès ou l’échec de la guerre sociale menée contre les populations de toute l’Europe qui est en jeu !
    Le CADTM n’a pas le moindre doute sur les intentions véritables de ceux qui ont fait de la Grèce le laboratoire européen de leurs politiques néolibérales les plus extrêmes et des Grecs des véritables cobayes de leur thérapie économique, sociale et politique de choc. On doit s’attendre à une escalade de leur offensive car ils ne peuvent pas se permettre que SYRIZA réussisse et fasse des émules en Europe ! Ils vont utiliser tous les moyens dont ils disposent car ils sont bien conscients que ce qui est en jeu aux prochaines élections grecques est le succès ou l’échec de la guerre sociale qu’ils mènent contre l’écrasante majorité des populations de toute l’Europe !
    C’est d’ailleurs parce que l’enjeu est si important qu’on doit s’attendre à ce que « ceux d’en haut » d’Europe et de Grèce ne respectent pas le verdict des urnes, qui devrait couronner, pour la première fois de l’histoire, la victoire de la gauche grecque. Sans aucun doute, ils vont par la suite essayer d’asphyxier le gouvernement de gauche sorti des urnes, parce que son éventuel succès serait sûrement interprété comme un formidable encouragement à la résistance par les travailleurs et les peuples d’Europe.
    Le CADTM, qui s’est toujours trouvé aux cotés de la population grecque luttant contre les politiques d’austérité et les graves atteintes aux droits sociaux et démocratiques, fera de nouveau tout pour alerter la gauche et les mouvements sociaux en Europe et au-delà afin de les mobiliser dans un vaste mouvement de solidarité avec la population grecque qui résiste et lutte pour se libérer du fardeau d’une dette qui non seulement n’est pas la sienne, mais qui est aussi manifestement largement illégitime, illégale ou odieuse. Le CADTM considère que la constitution d’une commission internationale et citoyenne d’audit de la dette grecque, chargée d’identifier la part illégale et/ou illégitime ou odieuse de cette dette qu’il ne faudrait pas rembourser, ferait presque partout des émules et mettrait à l’ordre du jour la répudiation de la dette illégitime et/ou illégale de tous les pays de la périphérie européenne…
    Être solidaire de la population grecque ainsi que de la gauche grecque, qui résistent et luttent pour libérer le pays et ses citoyens de l’emprise des créanciers et de la dictature des marchés, est aujourd’hui le devoir internationaliste élémentaire non seulement des militants mais aussi de tout citoyen européen qui refuse cette Europe de l’austérité qui génère misère, racisme et barbarie.
    CADTM Europe, 31 décembre 2014

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