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L’en­ga­ge­ment de SYRIZA auprès du peuple grec/ élec­tions légis­la­tives en Grèce ce 25 janvier 2015

Extraits d’un article de Mano­lis Kosa­di­nos*, mili­tant de Syriza-France, présen­tant le « discours de Thes­sa­lo­nique ».

http://syriza-fr.org/2014/12/29/ce-qui-a-ete-dit-a-thes­sa­lo­nique-lenga­ge­ment-de-syriza-aupres-du-peuple-grec/

 

Le 13 septembre 2014, à l’oc­ca­sion de l’ex­po­si­tion commer­ciale inter­na­tio­nale annuelle de Thes­sa­lo­nique, le président de SYRIZA Alexis Tsipras a annoncé les mesures-phares que la Coali­tion de Gauche Radi­cale – SYRIZA – entend appliquer dès les premiers jours de son inves­ti­ture au gouver­ne­ment de la Grèce, espé­rée, annon­cée par les sondages d’opi­nion et rendue néces­saire par le désastre dans lequel, des gouver­ne­ments serviles de droite (Nouvelle Démo­cra­tie/LaOS) et de centre-gauche (PASOK et ses tristes épigones) coali­sées, ont plongé le pays ces quatre dernières années néfastes en appli­ca­tion des recettes toxiques de banquiers, tech­no­crates et poli­ti­ciens néoli­bé­raux euro­péens.

Les décla­ra­tions d’Alexis Tsipras condensent la poli­tique de SYRIZA pour une sortie de crise de la Grèce, au béné­fice des classes popu­laires Il s’agit d’un cahier de charges cohé­rent fondé sur quatre piliers : le trai­te­ment de la crise huma­ni­taire, le redé­mar­rage de l’éco­no­mie réelle, la restau­ra­tion de l’em­ploi avec les garan­ties d’un droit du travail revi­goré et conso­lidé, la refonte citoyenne des pouvoirs de l’Etat.

Treize programmes régio­naux pour chacune des régions de la Grèce sont actuel­le­ment en voie d’éla­bo­ra­tion par autant de confé­rences régio­nales du parti. Parmi ces régions, deux (dont Attique-Athènes qui repré­sente 37% de la popu­la­tion du pays) sont gouver­nées par des listes de SYRIZA alors que dans toutes les autres l’op­po­si­tion de gauche est bien présente.

Ce vaste projet est loin d’épui­ser les visées stra­té­giques de SYRIZA qui sont « le socia­lisme dans la démo­cra­tie et la liberté », « le monde où l’hu­main et ses besoins sont au dessus des profits et où le profit ne sera plus la force motrice de l’éco­no­mie », le monde où « les travailleurs sont en posi­tion de plani­fier, de diri­ger et de proté­ger par leurs organes démo­cra­tique­ment élus la produc­tion en l’orien­tant vers la satis­fac­tion des besoins sociaux » , telles qu’elles sont stipu­lées dans la décla­ra­tion de son 1er Congrès fonda­teur.

 

Extraits du discours programme de Syriza par Alexis Tsipras, septembre 2014.

Intro­duc­tion.Le funeste héri­tage de l’aus­té­rité néoli­bé­rale.

Les poli­tiques d’aus­té­rité dictées par la troïka (Commis­sion, BCE, FMI) en échange des dits « plans d’aide » ont plongé le pays dans le plus grand désastre connu de son histoire en temps de paix.

Les dits plans d’aide à la Grèce ont servi majo­ri­tai­re­ment à rembour­ser les banques euro­péennes, créan­cières de l’Etat grec, alors que l’éco­no­mie, la société, le peuple grec n’ont nulle­ment profité.

Le prétexte affi­ché pour l’ap­pli­ca­tion de l’aus­té­rité, la réduc­tion de la dette grecque s’est vite avéré falla­cieux. En fait cette dette est passée de 115% du PIB avant l’ap­pli­ca­tion des plans (2009) à plus de 175% aujourd’­hui.

Avec des mesures draco­nienes:

– coupes massives des salaires, retraites, pres­ta­tions sociales dans le public et le privé,

– déman­tè­le­ment du droit du travail,

– assè­che­ment des ressources pour les poli­tiques sociales, sani­taires, éduca­tives.

 

Certains chiffres-phares sont  plantent le décor de la tragé­die:

– le PIB présente une réduc­tion cumu­lée depuis 2009 de 25%,

-le chômage est passé de 9% en 2009 à plus de 25% en 2014 (majo­ri­tai­re­ment non indem­nisé),

– la moitié de la popu­la­tion accède diffi­ci­le­ment ou pas aux soins médi­caux.

– les inéga­li­tés se sont accrues, certains acteurs privi­lé­giés proches du pouvoir ayant conti­nué d’ac­cu­mu­ler des profits tout en échap­pant à la fisca­lité. En revanche une majeure partie de la popu­la­tion a fait l’objet d’un pillage fiscal qui para­lyse l’éco­no­mie et menace d’ex­pro­pria­tion beau­coup de petits proprié­taires.

 

Pendant cette ère d’aus­té­rité  les citoyens protestent  inlas­sa­ble­ment: 22.000 petits et grands rassem­ble­ments selon les chiffres de la police. L’ap­pli­ca­tion de mesures reje­tées par la majo­rité du peuple et le main­tien au pouvoir d’un gouver­ne­ment sans soutien popu­laire induit l’in­ten­si­fi­ca­tion de la répres­sion poli­cière et la coop­ta­tion de l’ex­trême droite au gouver­ne­ment de droite/centre-gauche.

L’in­for­ma­tion est aujourd’­hui mono­po­li­sée en Grèce par des groupes connec­tés au capi­tal arma­to­rial et banquier. La ferme­ture illé­gale par décret de l’au­dio­vi­suel public (ERT) en juin 2013 justi­fie le déclas­se­ment de la Grèce dans  le clas­se­ment RSF pour la liberté d’ex­pres­sion. Les dénon­cia­tions inter­na­tio­nales pour des viola­tions des droits humains, notam­ment des immi­grés, sont multiples.

 

 

 

Le programme de Thes­sa­lo­nique. Ses 4 piliers.

Le programme dit « de Thes­sa­lo­nique » consti­tue l’en­ga­ge­ment de SYRIZA – Coali­tion de Gauche Radi­cale – auprès du peuple grec pour le lende­main des urnes, dans le cas probable d’une victoire des forces popu­laires rassem­blées autour de notre parti.

Ce programme est clair et cohé­rent. Il cible les prin­ci­paux ravages qui affectent aujourd’­hui la société et l’éco­no­mie de la Grèce. Le coût de l’en­semble de ces mesures est estimé à envi­ron 11,3 milliards d’eu­ros ; il est ainsi prévu qu’il puisse être financé par le budget de l’Etat, indé­pen­dam­ment de la marche des négo­cia­tions avec les bailleurs et les instances supra­na­tio­nales, négo­cia­tion que SYRIZA compte enga­ger ferme­ment sur la dette. Le programme comporte quatre fais­ceaux de mesures, les « quatre piliers » nommé­ment : le trai­te­ment de la crise huma­ni­taire, le redé­mar­rage de l’éco­no­mie réelle, la reconquête de l’em­ploi et la restau­ra­tion et élar­gis­se­ment du droit du travail, la refonte citoyenne des méca­nismes de l’Etat.

 

1)      Le trai­te­ment de la crise huma­ni­taire

La four­ni­ture de l’élec­tri­cité néces­saire gratuite à 300.000 foyers sous le seuil de pauvreté (coût estimé 59,4 millions € sur un an)

La subven­tion alimen­taire à 300.000 foyers sous le seuil de pauvreté par une mobi­li­sa­tion syner­gique de l’Etat et d’ac­teurs mili­tants et sociaux  (coût estimé 756 millions € sur un an)

Des soins médi­caux et phar­ma­ceu­tiques acces­sibles à l’en­semble de la popu­la­tion par l’aug­men­ta­tion du rembour­se­ment et la gratuité pour les plus défa­vo­ri­sés (coût estimé 350 millions € sur un an)

La garan­tie du loge­ment pour envi­ron 30.000 familles par la cession/réha­bi­li­ta­tion de locaux inoc­cu­pés et une subven­tion substan­tielle au loyer (coût estimé de la subven­tion 54 millions € sur un an)

Paie­ment d’un 13e mois aux retrai­tés et pension­nés dont la retraite ou la pension est infé­rieure à 700 € (coût estimé 543 millions € sur un an)

Gratuité des trans­ports publics pour les personnes sous le seuil de pauvreté (coût estimé 120 millions € sur un an)

Baisse de la TVA sur le fuel de chauf­fage au niveau anté­rieur à l’ap­pli­ca­tion du mémo­ran­dum qui  ramè­ne­rait son prix de 1,2 €/l à 0,9 €/l. Cette mesure, au-delà du béné­fice huma­ni­taire et écolo­gique (dimi­nu­tion du chauf­fage « sauvage » et du non chauf­fage) est esti­mée appor­ter aussi un béné­fice budgé­taire puisque l’aug­men­ta­tion de l’uti­li­sa­tion du fuel augmen­te­rait les recettes même avec un taux de TVA réduit.

Le coût annuel de l’en­semble des mesures du 1er « pilier » s’es­time à 1,88 milliards €.

 

 

2)      Relance de l’éco­no­mie réelle

Nous préco­ni­sons des mesures pour faci­li­ter le recou­vre­ment des prélè­ve­ments obli­ga­toires. L’objec­tif de ces mesures est de soula­ger les citoyens (les forces vives de l’éco­no­mie)  mais aussi de créer des recettes réelles que le système actuel est inca­pable de recou­vrer.

SYRIZA veut instau­rer un impôt progres­sif sur la fortune immo­bi­lière qui, tout en proté­geant la première rési­dence, va créer des recettes pour l’Etat en puisant l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les riches, après avoir recensé et évalué la valeur des grandes fortunes. Le coût estimé de cette mesure s’élève à 2 milliards €.

Affran­chis­se­ment fiscal pour les reve­nus des personnes physiques à hauteur de 12.000 €. Le coût estimé de cette mesure s’élève à 1,5 milliards €.

Règle­ment global de la dette privée – sisach­theia selon le terme consa­cré de la Démo­cra­tie athé­nienne – envers les banques, la sécu­rité sociale, le Trésor Public. Cette mesure consiste à plafon­ner les verse­ments des mensua­li­tés de l’en­semble des dettes à un  tiers (1/3) des reve­nus de l’en­detté, avec la prévi­sion d’effa­ce­ment de dette pour les débi­teurs au dessous du seuil de pauvreté. Nous inter­di­rons le trans­fert de porte­feuilles de dettes vers des socié­tés d’in­té­rêt lucra­tif, notam­ment les fonds-vautours. Suspen­sion à durée indé­ter­mi­née des saisies pour toute rési­dence prin­ci­pale dont la valeur ne dépasse pas les 300.000 €. Les buts de cette mesure sont : la conso­li­da­tion des porte­feuilles des banques, la restau­ra­tion de la liqui­dité du marché, la protec­tion de la propriété des citoyens, la relance de l’éco­no­mie réelle. Le coût estimé de la mesure 2d s’élève à 2 milliards €.

Nous envi­sa­geons la fonda­tion d’une banque de déve­lop­pe­ment, la reva­lo­ri­sa­tion des banques coopé­ra­tives, l’ins­ti­tu­tion de banques spéci­fiques pour le finan­ce­ment des petites et moyennes entre­prises et des agri­cul­teurs. Le coût estimé de cette mesure s’élève à 1 milliard €.

Réta­blis­se­ment du salaire mini­mum au niveau d’avant les memo­randa sans critère d’âge, c’est à dire l’aug­men­ta­tion du mini­mum actuel des 586 € (même 427 € pour des jeunes) vers les 751 € pour tout sala­rié. Il est estimé que cette mesure appor­tera auto­ma­tique­ment une crois­sance de 0,5% du PIB par la relance de la consom­ma­tion des ménages, se tradui­sant par des recettes budgé­taires.

Le coût de l’en­semble des mesures du 2e  « pilier » s’es­time à 6,5 milliards €.

 

3)      La reconquête de l’em­ploi et la restau­ra­tion du droit du travail

Pour les promo­teurs du néoli­bé­ra­lisme, la créa­tion de postes d’em­ploi ne serait possible que par la compres­sion du « coût du travail », c’est à dire par la suppres­sion des droits légaux et sociaux des travailleurs, par l’ap­pli­ca­tion de contre-réformes anti­so­ciales ou par la faci­li­ta­tion du contour­ne­ment des lois par les patrons. Or, en Grèce, on constate que la suppres­sion des garan­ties du droit du travail va de pair avec un chômage galo­pant. En réalité, pour les néoli­bé­raux, il s’agit de faci­li­ter l’aug­men­ta­tion des profits du capi­tal. A contre-pied de cette logique, SYRIZA conçoit son projet pour la reconquête du travail en étroit rapport avec la restau­ra­tion, la conso­li­da­tion et l’élar­gis­se­ment des droits des travailleurs et des chômeurs. Pour réali­ser cela nous propo­sons un fais­ceau de mesures.

Nous annonçons notre volonté de réta­blir la légis­la­tion du travail (abro­gée par les memo­randa), la proro­ga­tion de la durée d’ap­pli­ca­tion des conven­tions collec­tives, leur prio­ri­sa­tion par rapport aux accords partiels ou de gré à gré. Par ailleurs, nous allons restau­rer les procé­dures d’ar­bi­trage social, inter­dire les licen­cie­ments collec­tifs, inter­dire la « loca­tion » de sala­riés entre les entre­prises.

Nous annonçons un grand projet pour la créa­tion de 300.000 emplois dans le pays, dans les secteurs public, privé et dans l’éco­no­mie soli­daire. Dans le cadre de ce projet nous allons instau­rer des dispo­si­tifs spéci­fiques favo­rables à l’em­bauche des chômeurs, appli­cables par les collec­ti­vi­tés locales et par tous  les sous-trai­tants privés du secteur public, ainsi que pour la créa­tion d’en­tre­prises par les chômeurs. Nous cible­rons les groupes de chômeurs les plus fragiles, notam­ment les jeunes, les seniors, les chefs de familles mono­pa­ren­tales. Le coût estimé de cette mesure  s’élève à 5 milliards € dont 3 milliards € pendant la première année.

Nous envi­sa­geons d’étendre le nombre de béné­fi­ciaires de l’al­lo­ca­tion chômage, ainsi que la durée du droit à celle-ci. Aujourd’­hui en Grèce, seule­ment envi­ron 10% des chômeurs béné­fi­cient de l’al­lo­ca­tion-chômage. La sortie escomp­tée vers l’em­ploi, par l’ap­pli­ca­tion de notre programme de créa­tions d’em­ploi, de 300.000 chômeurs permet­tra dans un premier temps d’ob­te­nir les moyens pour mieux indem­ni­ser les nombreux chômeurs restants que les poli­tiques de la troïka ont créés en Grèce.

 

4)      La refonte citoyenne de l’Etat et des insti­tu­tions

Le terme « réforme de l’Etat » est utilisé de manière falla­cieuse par la troïka, et par les concep­teurs natio­naux et inter­na­tio­naux des poli­tiques d’aus­té­rité, pour légi­ti­mer une poli­tique qui se résume à l’as­sè­che­ment des ressources des services publics, le licen­cie­ment ou la mise en dispo­ni­bi­lité obli­ga­toire de milliers de fonc­tion­naires, le déman­tè­le­ment des services, pour légi­ti­mer l’ap­pli­ca­tion de telles mesures par des actes admi­nis­tra­tifs ou légis­la­tifs à la marge de la légi­ti­mité ou en contra­dic­tion avec celle-ci. Tout ceci doit chan­ger et chan­gera en Grèce par l’en­trée des forces popu­laires au devant de la scène poli­tique.

A l’op­posé de l’orien­ta­tion néoli­bé­rale, SYRIZA – Coali­tion de Gauche Radi­cale – entend refon­der véri­ta­ble­ment l’Etat pour le mettre au service des citoyens (dont nous faisons valoir la double qualité de déci­deurs et d’usa­gers) selon sa voca­tion origi­nale et de l’y rappro­cher, tout en l’éloi­gnant de l’in­fluence d’ac­teurs puis­sants moti­vés par le profit ou le pouvoir person­nel. La mise en place donc de services publics sous contrôle des citoyens, services de qualité, effi­caces et trans­pa­rents, est une de nos prio­ri­tés.  Ceci sera un proces­sus de longue haleine, cepen­dant dès le lende­main de l’ac­cès au gouver­ne­ment des mesures seront appliquées dans cette direc­tion. Ainsi :

Nous allons réfor­mer la struc­ture de la gouver­nance locale en élar­gis­sant l’au­to­no­mie admi­nis­tra­tive et finan­cière des collec­ti­vi­tés locales, en soute­nant leur effi­ca­cité dans l’ac­tion et en renforçant la démo­cra­tie parti­ci­pa­tive. Nous utili­se­rons une banque spécia­li­sée en déve­lop­pe­ment local (prévue par notre programme) pour finan­cer des projets locaux par des prêts à bas taux d’in­té­rêt et des par la créa­tion par cette banque d’obli­ga­tions bancaires pour travaux publics.

Nous renfor­ce­rons à la fois les insti­tu­tions de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive-parle­men­taire et nous intro­dui­rons de nouvelles insti­tu­tions de démo­cra­tie directe.

En ce qui concerne la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, nous renfor­ce­rons le rôle légis­la­tif et de contrôle du Parle­ment et nous allons réduire l’im­mu­nité parle­men­taire et minis­té­rielle au stricte néces­saire sans lais­ser de marge à la tolé­rance des privi­lèges ou de la corrup­tion. En ce qui concerne la démo­cra­tie directe nous insti­tue­rons l’ini­tia­tive popu­laire de légi­fé­rer direc­te­ment, d’op­po­ser veto aux lois et aux déci­sions admi­nis­tra­tives et d’ap­pe­ler à réfé­ren­dum.

Nous allons retra­cer la carte des médias d’in­for­ma­tion en Grèce. Nous allons refon­der l’au­dio­vi­suel public grec – sous le label ERT supprimé par le gouver­ne­ment actuel et qui sera réta­bli – en défen­dant le plura­lisme et la qualité, le service des citoyens, l’es­prit d’équité et de probité, en nous inspi­rant des expé­riences du jour­na­lisme mili­tant des dernières années. Nous renfor­ce­rons aussi  les médias d’in­for­ma­tion locaux. En ce qui concerne les médias d’in­for­ma­tion privés ils seront soumis aux obli­ga­tions prévues par la loi auxquelles ils ont long­temps échappé grâce aux passe-droits accor­dés. Il en sera ainsi des licences, des coti­sa­tions sociales, de la fisca­lité.

 

Pour libé­rer l’éco­no­mie et la société de nos pays euro­péens et pour rendre possible un avenir porteur d’es­poir il est impé­ra­tif que la ques­tion de la dette souve­raine soit trai­tée de manière pérenne et dans l’in­té­rêt des peuples. Dès son ascen­sion au pouvoir SYRIZA a la ferme inten­tion de placer la ques­tion globale de la dette souve­raine grecque sur la table des négo­cia­tions et d’en recher­cher avec des parte­naires des solu­tions dans la direc­tion des thèses expo­sées ci-dessous :

  1. a) La dette souve­raine grecque, aujourd’­hui à hauteur de plus de 175% du PIB, est insou­te­nable. Pour sortir le pays de l’im­passe actuelle (qui est secon­dai­re­ment impasse pour les bailleurs) il est néces­saire de procé­der à l’ef­fa­ce­ment de la majeure partie du montant nomi­nal de la dette, à l’ins­tar de ce qui c’est décidé lors de la confé­rence de Londres de 1953 pour la dette alle­mande.
  2. b) Le rembour­se­ment de la partie restante de la dette doit se faire avec la mise en place d’une « clause de crois­sance », les rembour­se­ments doivent être indexés sur la crois­sance du pays et non pas finan­cés par un excé­dent primaire arti­fi­ciel, obtenu par la saignée de l’éco­no­mie réelle et du peuple.
  3. c) Un mora­toire sur les inté­rêts, voire sur les rembour­se­ments de la dette, est néces­saire pour le redé­mar­rage de l’éco­no­mie grecque.
  4. d) Il est néces­saire d’œu­vrer pour un « New Deal Euro­péen » où la crois­sance serait stimu­lée par des inves­tis­se­ments publics finan­cés par la Banque Euro­péenne de Déve­lop­pe­ment.
  5. e) La Banque Centrale Euro­péenne doit créer une détente par le rachat direct d’obli­ga­tions des Etats-membres.
  6. f) Il est enfin exigé que la ques­tion de la dette extorquée à la Grèce par l’Al­le­magne lors de l’oc­cu­pa­tion nazie (1941–1944) soit réglée. Cette dette n’a jamais été pres­crite par aucun traité bila­té­ral ou inter­na­tio­nal alors bien même que d’autres états ayants agi comme occu­pants pendant cette même période ont honoré leurs dettes. Cette dette est esti­mée, par des person­na­li­tés ayant étudié la ques­tion, être à hauteur (avec les inté­rêts) de 160 milliards € envi­ron, donc une très impor­tante propor­tion de la dette souve­raine grecque actuelle.

 

Conclu­sion

En ayant exposé dans ce texte les grands enjeux écono­miques et sociaux de la vie poli­tique grecque actuelle ainsi que la manière dont SYRIZA – Coali­tion de Gauche Radi­cale – compte les trai­ter au béné­fice du peuple grec, j’es­père avoir rendu évidentes certaines parmi les causes pour lesquelles la poli­tique grecque suscite à l’ex­té­rieur du pays, notam­ment en France et en Europe l’es­poir, l’in­té­rêt, l’inquié­tude, respec­ti­ve­ment selon le bord poli­tique d’où ça parle.

Le terrain sur lequel les grands inté­rêts poli­tico-finan­ciers, repré­sen­tés aujourd’­hui par les discours en échec, ont l’in­ten­tion de livrer bataille sur les affects, dont celui de l’af­fo­le­ment, de l’an­goisse, de la peur.

Toute­fois l’exis­tence d’un nouveau projet poli­tique, dont l’ex­pres­sion est en Grèce SYRIZA,  permet l’es­poir. Ceci est rendu possible par un discours qui ne se réduise pas à un simple énoncé mais qui ait avant tout un effet d’en­ga­ge­ment indi­vi­duel et collec­tif. Enga­geons-nous, euro­péens soli­daires, contre l’af­fo­le­ment d’un esta­blish­ment euro­péen en perte de terrain pour une alter­na­tive poli­tique et sociale en Europe, dont on voit poindre aujourd’­hui en Grèce les premières prémices.

 

 

 

 

 

 

5 réflexions au sujet de « L’en­ga­ge­ment de SYRIZA auprès du peuple grec/ élec­tions légis­la­tives en Grèce ce 25 janvier 2015 »

  1. Letellier dit :

    Bravo.

    Continuez et n’oubliez pas de réclamer à l’Allemagne ce qu’elle doit à la Grèce, plutôt ce qui lui fut volé pendant la guerre 40/45. Cela rendra Merkel moins arrogante et pourrait soulager vos finances.

    Bonne chance

    Beaucoup, en France, souhaite votre victoire.

    En toute Fraternité.
    Letellier

    Répondre
  2. pascal b dit :

    Merci Letellier. Nous ne faisons que transférer des informations provenant de Syriza, du groupe parisien de Syriza.

    Voici la traduction faite par eux d’un article juste paru édité par Syriza:

    Il reste vingt-six jours avant les élections.On Lâche Rien!!

    Nos adversaires n’abdiqueront pas facilement. Mais nous non plus. 
    Le premier pas a été franchi. La démocratie a remporté une victoire, le Parlement a parlé. La société grecque s’affranchit enfin du gouvernement le plus destructeur et sinistre depuis des décennies. D’un gouvernement des forces politiques et financières qui ont conduit le pays à la situation actuelle et continuent à combattre encore pour maintenir leurs privilèges acquis au détriment du peuple. Tous les moyens, tous leurs agents sont mis au service de leur objectif: Papandréou, Papakonstantinou,Samaras, Venizelos, Hardouvelis et encore..
    Pendant les 27 jours qui nous séparent des urnes, les attaques, l’alarmisme, le terrorisme intellectuel, les mensonges seront intensifies. SYRIZA a déjà demandé la nomination des personnes de transition aux ministères sensibles. A. Tsipras a mis en garde contre d’éventuelles tentatives de disparition des documents écrits et dossiers électroniques.

    Les citoyens avant d’arriver devant les urnes doivent avoir décider pour qui et pour quel projet ils votent: Pour le mail envoyé par Samaras et Chardouvelis détaillant leurs engagements envers la Troïka ou pour le programme de Syriza exposé à Thessalonique? Pour la consolidation de l’austérité ou pour l’espoir et la dignité? Pour le fatalisme et le renoncement ou pour l’espoir et la négociation?
    Déjà avec l’annonce de l’organisation des élections les messages qui arrivent de l’extérieur commencent à se clarifier et à devenir moins discrets. L’intérêt international ne se concentre plus sur la crise en Grèce et les scénarios de catastrophe, mais sur le nouveau gouvernement grec et le mandat fort et frais de ses électeurs, sur les nouvelles propositions politiques. L’année 2015 ne ressemble pas à 2012, les rapports de force évoluent, l’expérience enseigne et le choix du modèle allemand de l’Europe n’est plus automatique.
    Le 25 Janvier, les Grecs sont appelés à voter pour la Grèce, pour la démocratie, mais aussi pour l’Europe. La victoire de SYRIZA et le gouvernement de la gauche qui se profilent éveillent l’espoir des peuples de l’Europe et des cauchemars pour les minorités qui les oppriment.
    Nos adversaires n’abdiqueront pas facilement. Mais nous non plus. Et il reste vingt-six jours avant les élections.
    (éditorial du 30/12/2014 du journal avgi)
    Traduction:Vassiliki Papadaki

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  3. guillaume dit :

    surtout, ne pas laisser la question de la dette allemande apparaitre seulement à la fin, la poser aussi en préalable.

    guillaume sabran, à Chania

    Répondre
    • pascal b dit :

      guillaume,

      C’est un article de Syriza, pas de nous; leur manière de poser les problèmes, de les hiérarchiser, de leur proposer des solutions a fait que leurs propositions sont devenues très populaires.

      Nous avons à a

      La question de la dette impayée par l’Allemagne est importante, symboliquement percutante quand les néolibéraux allemands, avec les français, mènent la danse. Mais c’est la question de la dette illégitime qui est au premier plan.

      Répondre

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