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Les premières mesures d’un gouver­ne­ment mené par Syri­za…

Un gouver­ne­ment anti austé­rité pour­rait voir le jour en Grèce. Quelle sera la poli­tique de Syriza ? Alexis Tsipras, son prin­ci­pal diri­geant, a tenu un impor­tant discours sur les mesures d’ur­gence préco­ni­sées par Syriza. Le voici

Le Parle­ment grec n’ayant pas été en mesure, après 3 tours de scru­tins, d’élire le Président de la Répu­blique proposé par le gouver­ne­ment, des élec­tions légis­la­tives anti­ci­pées doivent se tenir le 25 janvier. Les sondages donnent Syriza vainqueur.

Thes­sa­lo­nique , 13 Septembre 2014

Je suis heureux d’être de nouveau, ici, à l’Ex­po­si­tion Inter­na­tio­nale de Thes­sa­lo­nique.

Si je suis parmi vous aujourd’­hui, ce n’est pas pour accom­plir une simple forma­lité.

Si je suis ici, c’est pour mettre en lumière quelques véri­tés et expo­ser mes enga­ge­ments vis-à-vis du peuple grec en présen­tant un projet de sortie de crise fondé sur l’idée de progrès et de justice.

Un projet qui défi­nit les axes fonda­men­taux de la nouvelle orien­ta­tion « post mémo­ran­daire » de notre pays. Un projet concret, dont les propo­si­tions chif­frées démontrent que les prin­cipes de la poli­tique gouver­ne­men­tale de SYRIZA, fondés sur la justice sociale, la soli­da­rité, l’état de droit, la trans­pa­rence, la méri­to­cra­tie, la sécu­rité écono­mique et le respect de la dignité de tout citoyen ne sont pas dépour­vus du sens des réali­tés écono­miques.

Amies et amis,

notre rencontre ne se place pas dans le cadre du calen­drier rituel des promesses autom­nales adres­sées aux habi­tants de Thes­sa­lo­nique, à l’oc­ca­sion de l’ex­po­si­tion, par des premiers ministres toujours frap­pés d’amné­sie sitôt que décolle leur avion vers Athènes.

Nous connais­sons bien les problèmes de Thes­sa­lo­nique qui illus­trent exac­te­ment l’hy­dro­cé­pha­lie et le repli d’un état centra­li­sa­teur et clien­té­liste.

Mais nous connais­sons aussi les ressources et les poten­tia­li­tés de Thes­sa­lo­nique qui pour­rait jouer un rôle de premier plan dans le cadre d’un projet de coopé­ra­tion et de rappro­che­ment des états balka­niques dans des domaines comme celui de la crois­sance, de la culture, de l’éco­no­mie et de l’en­vi­ron­ne­ment.

Un rôle qui se révèle encore plus précieux dans un contexte d’ins­ta­bi­lité inter­na­tio­nale comme celui que nous vivons actuel­le­ment. En aban­don­nant les postures natio­na­listes qui ont tant fait souf­frir la région dans le passé, la Grèce du Nord et sa capi­tale pour­raient consti­tuer le pivot d’un nouveau pôle de crois­sance et d’équi­libre.

Car le contexte inter­na­tio­nal assigne et impose à l’état grec une conduite respon­sable en tant que force euro­péenne, mais aussi un rôle de négo­cia­teur inter­na­tio­nal fiable.

La Grèce ne peut pas être réduite au rôle de la cinquième roue du carrosse. Elle ne peut pas être une spec­ta­trice passive de l’évo­lu­tion inter­na­tio­nale.

Agir dans le péri­mètre de ses capa­ci­tés n’ex­clut pas la force d’âme. Sans complexe d’in­fé­rio­rité, et surtout avec une poli­tique exté­rieure active et multi­di­men­sion­nelle, la Grèce pourra proté­ger ses inté­rêts.

En dépas­sant le rôle de l’élève obéis­sant ou celui de commis­sion­naire des inté­rêts alle­mands endos­sés doci­le­ment par M. Sama­ras et M. Veni­ze­los qui se sont empres­sés de consen­tir à l’im­po­si­tion de sanc­tions écono­miques contre la Russie, sans aucune réserve, sans se préoc­cu­per de leurs réper­cus­sions sur l’éco­no­mie grecque et entraînent le pays, malgré la situa­tion drama­tique de son écono­mie, dans une guerre écono­mique dange­reuse qui ramène toute l’Eu­rope à une guerre froide qu’on avait cru révo­lue.

Et ce n’est pas tout. M. Sama­ras et M. Veni­ze­los, font preuve non seule­ment d’ incons­cience quant au coût finan­cier de leurs déci­sions, mais ils font aussi preuve à toute occa­sion d’un refus ferme et obstiné de soute­nir les inté­rêts natio­naux.

Leur impu­dence a atteint un point culmi­nant il y a quelques jours, lorsqu’ils se sont abste­nus de voter pour la protec­tion de la souve­rai­neté natio­nale des états suren­det­tés, à l’As­sem­blée Géné­rale de l’ONU.

Pendant que la posi­tion de l’Al­le­magne de Mme Merkel se voyait bloquée par son isole­ment, la Grèce suren­det­tée s’est rangée avec les protec­teurs des spécu­la­teurs, dévoi­lant ainsi l’im­mo­ra­lité poli­tique et l’in­di­gnité du gouver­ne­ment Sama­ras, d’un gouver­ne­ment qui ne se consi­dère pas respon­sable devant le peuple grec, mais unique­ment devant les lobbies finan­ciers des créan­ciers et des fonds spécu­la­tifs.

Mais permet­tez moi de reve­nir sur le sujet prin­ci­pal de mon discours aujourd’­hui, qui concerne l’éco­no­mie de notre pays et plus parti­cu­liè­re­ment la sortie de cette crise épou­van­table que nous traver­sons depuis quelques années.

Une crise qui n’est pas derrière nous, mais qui persiste et réci­dive tant en Grèce que dans le reste de l’Eu­rope.

Mais si en Europe, de plus en plus de voix s’élèvent pour récla­mer un chan­ge­ment de poli­tique, nos gouver­nants conti­nuent de parler de « success story ». Pendant que les autres signalent le gouffre, M. Sama­ras nous y entraîne tête bais­sée.

Tout le monde se rend enfin compte que face à la crise les poli­tiques d’aus­té­rité s’avèrent non seule­ment inap­pro­priées et inef­fi­caces mais aussi dange­reuses.

Car nous avons été témoins en Europe de la succes­sion de toutes les phases de muta­tion de la crise. Initiée par une crise finan­cière, elle a évolué ensuite vers une crise sur les dettes des États qui a provoqué la propa­ga­tion de la défla­tion que nous obser­vons derniè­re­ment.

L’es­ta­blish­ment poli­tique euro­péen, face à la menace défla­tion­niste engen­drée par son obsti­na­tion dogma­tique dans l’aus­té­rité néoli­bé­rale, se trouve contraint aujourd’­hui de réajus­ter sa poli­tique. Ces réajus­te­ments, qui ne sont ni profonds ni suffi­sants, sont pour autant visibles.

Mais M. Sama­ras suit à distance non seule­ment le proces­sus déci­sion­nel euro­péen mais aussi les événe­ments. Unique­ment appliqué à suivre à distance respec­tueuse Mme Merkel, il se range fina­le­ment du côté des forces d’hier.

SYRIZA ne suit personne. Nous montons un front et luttons pour un chan­ge­ment aussi grand que néces­saire. A coté de nous se rangent toutes les forces de demain, stimu­lées par la mobi­li­sa­tion des peuples aguer­ris de l’Eu­rope du Sud.

L’évi­dence saute aux yeux de l’Eu­rope. Le néoli­bé­ra­lisme a échoué. Le réalisme impose le choix du progrès pour sortir de la crise. Celui de la soli­da­rité et de la justice sociale et non pas celui de l’ex­té­nua­tion des socié­tés par les programmes d’aus­té­rité.

Le danger de réces­sion qui menace l’Eu­rope et par rico­chet l’éco­no­mie mondiale fait de ce chan­ge­ment immé­diat de la poli­tique de notre pays par un gouver­ne­ment de SYRIZA une néces­sité pour le salut social de notre pays et un sujet d’ému­la­tion pour l’Eu­rope.

Notre voix est enten­due. Nous ne sommes plus seuls. Nous ne crions pas dans le désert. Nos propo­si­tions pour l’ar­rêt immé­diat de l’aus­té­rité, pour l’ap­pli­ca­tion d’une poli­tique de la demande, pour la mutua­li­sa­tion de la dette, pour un « paquet d’in­ves­tis­se­ments » destiné à promou­voir la crois­sance dans les pays péri­phé­riques sont écou­tées et comprises.

Chers amis et amies,

Beau­coup de choses ont changé depuis les dernières élec­tions natio­nales en 2012. Et non pas seule­ment en Grèce.

Dois je vous rappe­ler que :

Quand il y a deux ans nous propo­sions des solu­tions « euro­péennes » à la crise, ils nous répon­daient que nous manquions de réalisme puisque l’ euro-zone ne dispo­sait pas de méca­nismes insti­tu­tion­nels communs pour la gestion de la crise. Mais cela a été fait depuis. Malheu­reu­se­ment l’adop­tion de ces méca­nismes a été accom­pa­gnée de l’im­po­si­tion à ses états-membres de Mémo­ran­dums de déva­lua­tion interne. Un choix poli­tique qui enfonce l’Eu­rope dans la réces­sion et recycle la crise. Pour y mettre fin, il faut un nouveau rapport de forces au sein de l’Eu­rope.

Ils nous disaient aussi que la Banque Centrale Euro­péenne devait faire preuve de parci­mo­nie dans l’achat des obli­ga­tions d’État sur le marché secon­daire, car ceci équi­va­lait à un finan­ce­ment indi­rect insti­tu­tion­nel­le­ment inter­dit. Toute­fois, en 2012, M. Draghi a annoncé qu’il n’y aurait pas  » de limite quan­ti­ta­tive » aux inter­ven­tions de la BCE. Actuel­le­ment, même notre reven­di­ca­tion du rachat direct des obli­ga­tions d’État n’est plus un tabou.

L’as­sou­plis­se­ment des règles de la disci­pline budgé­taire, et l’éten­due des projets euro­péens d’in­ves­tis­se­ment sont égale­ment de plus en plus évoqués comme des moyens d’évi­ter la défla­tion et une nouvelle réces­sion.

Et pour­tant ! Nos adver­saires poli­tiques, aveu­glés par leur dogma­tisme et leur irré­flexion, ironi­saient sur notre hardiesse à avan­cer de pareilles propo­si­tions, en nous accu­sant tantôt d’ irréa­lisme tantôt d’« anti­eu­ro­pée­nisme ».

Aujourd’­hui, nos propo­si­tions, formu­lées dès le début de la crise, se trouvent au centre des débats de la BCE. Mais la perti­nence d’un débat n’est pas seule­ment une ques­tion de contenu mais aussi de timing. Et les fissures entre­prises actuel­le­ment par la BCE sur le mur de Berlin n’au­ront pas les effets espé­rés sur la crise car elles n’ar­rivent que très tardi­ve­ment.

Si l’im­passe de l’aus­té­rité est prin­ci­pa­le­ment visible en Grèce, on l’aperçoit égale­ment partout en Europe. Je ne vais pas démon­trer encore une fois l’échec des mémo­ran­dums. Nous avons déjà fait une analyse détaillée de cette cala­mité, ici même, et à deux reprises par le passé.

Il faudra cepen­dant souli­gner l’aug­men­ta­tion du taux d’in­fla­tion de 0,99% en 2013 à 1,4% en 2014. La défla­tion menace de replon­ger notre pays au fond de la réces­sion avant même qu’il n’ait sorti la tête de l’eau.

Le Premier Ministre, M. Sama­ras, a fourni il y a une semaine, en ce lieu même, une preuve supplé­men­taire de l’échec de la « déva­lua­tion interne » en Grèce, en confir­mant la conti­nua­tion ou plutôt la péren­ni­sa­tion de la surim­po­si­tion pour les petits et moyens reve­nus.

L’aber­ra­tion des taux de la nouvelle taxe foncière (ENFIA) prolon­geant sous une autre appel­la­tion l’im­pôt instauré en 2011 et inclus direc­te­ment sur les factures d’élec­tri­cité, la conti­nua­tion de la taxe « excep­tion­nelle » de soli­da­rité, l’aug­men­ta­tion de la taxe de consom­ma­tion sur les produits pétro­liers illus­trent la perpé­tua­tion de l’achar­ne­ment du Minis­tère des Finances sur les petits reve­nus.

Toute­fois, M. Sama­ras a promis en même temps un miracle: La crois­sance dans un contexte défa­vo­rable, avec un marché inté­rieur ruiné et le volume des inves­tis­se­ments en chute libre.

Regar­dons de plus près: La forma­tion brute de capi­tal fixe de 26,7% du PIB en 2007 est passée à 13% en 2013. Et sa baisse a conti­nué au deuxième trimestre de 2014 en enre­gis­trant une baisse annuelle de 0,8% du PIB.

Ainsi, avec une réces­sion de 0,7% au premier semestre de 2014 pour atteindre l’objec­tif fixé pour cette année d’une augmen­ta­tion de 0,6% du PIB il faut enre­gis­trer les deux prochains trimestres un accrois­se­ment de 3,8%. C’est infai­sable.

Mais, même si un tel miracle était réalisé, il n’en­traî­ne­rait pas une amélio­ra­tion quali­ta­tive de la société ou de l’éco­no­mie. Il ne mettrait pas fin à l’ef­fon­dre­ment de la société et de l’éco­no­mie.

La déstruc­tu­ra­tion écono­mique et la déser­ti­fi­ca­tion sociale ne se corrigent pas par des varia­tions infimes du PIB.

Chômage très élevé, bas salaires, emplois précaires, la Grèce est condam­née à vaciller entre réces­sion et stag­na­tion par la poli­tique de M. Sama­ras et de M. Veni­ze­los.

Par ailleurs, M. Sama­ras ne promet pas seule­ment une crois­sance sans inves­tis­se­ments mais aussi une sortie de la crise sans dimi­nu­tion de la dette publique. La ques­tion d’une négo­cia­tion sur le problème de la dette ne fait pas partie de ses objec­tifs. Car d’après lui, et comme il le déclare souvent en chœur avec les créan­ciers, la dette est viable. Il a même annoncé, il y a quelques jours, qu’il atten­dait que les créan­ciers lui livrent un certi­fi­cat de viabi­lité de la dette(!).

Qu’est ce qu’on ne doit pas entendre! Mais pour finir, on déduit que puisque M. Sama­ras prétend que la dette est viable – avec la garan­tie des créan­ciers– toute négo­cia­tion est super­flue et sans objet.

Amies et amis, ne nous faisons pas d’illu­sion.

En se riant du peuple grec, M. Sama­ras se ridi­cu­lise lui même.

Une telle situa­tion pour­rait prêter à rire si la situa­tion n’était pas aussi grave.

Il nous faut dire la vérité au peuple grec, si désa­gréable soit-elle.

Il faut que le peuple grec se rende à l’évi­dence. Il n’est plus possible que notre pays sorte de la réces­sion, qu’il retrouve une crois­sance viable, quand tous les indi­ca­teurs sont au rouge :

Dette publique : deux fois supé­rieure du PIB.
Dette privée sous la forme de dettes à l’État, aux fonds de pensions et aux banques: quasi­ment équi­va­lente au PIB.
Et en plus, une obli­ga­tion mémo­ran­daire d’un excé­dent de 10 milliards d’eu­ros desti­nés unique­ment au paie­ment des inté­rêts.

Dans une telle conjonc­ture, la viabi­lité de la dette est aussi illu­soire que la quadra­ture du cercle.

Nos parte­naires le savent natu­rel­le­ment aussi bien que nous. Et la restruc­tu­ra­tion de la dette publique de notre pays est inévi­table.

En fait, la seule vraie ques­tion qui se pose est de savoir comment et dans quels termes elle sera concré­ti­sée :

Une négo­cia­tion pour abou­tir à une solu­tion plau­sible et viable ou pour mieux hypo­thé­quer notre pays en cédant tota­le­ment son écono­mie aux mains des créan­ciers ?

Une négo­cia­tion dont les termes favo­ri­se­ront la crois­sance ou l’im­po­si­tion de nouvelles mesures d’aus­té­rité qui vont compro­mettre encore plus les poten­tia­li­tés produc­tives de notre pays?

Ce qui importe donc est de savoir les objec­tifs et le projet poli­tique de la Grèce dans le cadre d’une négo­cia­tion de la dette.

La Grèce sera-t-elle seule face à ses créan­ciers ou entou­rée du soutien des alliés qu’elle aura solli­ci­tés ?

Se tien­dra-t-elle comme serre-file de la stra­té­gie alle­mande ou sera-t-elle le fer de lance des chan­ge­ments néces­saires de l’Eu­rope ?

Depuis le début de la crise SYRIZA déclare ferme­ment et aver­tit que la Grèce ne consti­tue pas un cas à part et que la crise de la dette n’est pas spéci­fique­ment grecque mais euro­péenne.

C’est pour cela que nous récla­mons la réunion d’une « Confé­rence Euro­péenne pour la Dette » pour la gestion du suren­det­te­ment de l’euro-zone et nous avons comme objec­tif une solu­tion à l’ins­tar de celle adop­tée pour l’Al­le­magne par la Confé­rence Inter­na­tio­nale de Londres.
La négo­cia­tion sur la dette néces­site un projet poli­tique concret et présup­pose un débat qui laisse s’ex­pri­mer des avis diver­gents sur l’objet du litige. Des contes­ta­tions sur la perti­nence de la poli­tique appliquée et ses résul­tats.
Mais M. Sama­ras ne conteste jamais. Il est toujours d’ac­cord sur tout. Bien obéis­sant, il obtem­père toujours aux ordres de Mme Merkel. Il n’est donc pas apte à négo­cier.

Quand on le voit à tout bout de champ vanter les résul­tats de l’aus­té­rité, comment ne pas penser que la pour­suite de cette poli­tique d’aus­té­rité sera la condi­tion préa­lable de tout accord avec les créan­ciers sur la dette publique.

Par consé­quent, ce gouver­ne­ment n’a ni la volonté ni la capa­cité de négo­cier et de défendre les inté­rêts natio­naux. Il est inapte à reven­diquer une solu­tion viable pour le peuple grec.

Seul un gouver­ne­ment investi par un mandat popu­laire récent pourra orga­ni­ser une stra­té­gie natio­nale approu­vée et soute­nue par le corps social.
Pour cela nous deman­dons des élec­tions sans délai, pour que s’apaise le vent de la catas­trophe.
Nous ne deman­dons pas des élec­tions par impa­tience de gouver­ner.

Nous deman­dons des élec­tions immé­diates parce que le pays ne peut plus attendre. Parce que le peuple ne peut plus patien­ter.
Nous deman­dons des élec­tions parce que l’in­té­rêt du peuple l’exige.

Nous deman­dons un mandat fort, soutenu par une large majo­rité parle­men­taire et un encore plus large consen­sus social, pour mener une négo­cia­tion qui protège au mieux les inté­rêts de notre peuple en Europe.
Nous deman­dons le recours immé­diat au verdict popu­laire et un mandat de négo­cia­tion qui vise à l’ef­fa­ce­ment de la plus grande partie de la dette nomi­nale pour assu­rer sa viabi­lité.

Ce qui a été fait pour l’Al­le­magne en 1953 doit se faire pour la Grèce en 2014. Nous reven­diquons:

Une « clause de crois­sance » pour le rembour­se­ment de la dette.
Un mora­toire – suspen­sion des paie­ments – afin de préser­ver la crois­sance.
L’in­dé­pen­dance des programmes d’in­ves­tis­se­ments publics vis-à-vis des limi­ta­tions qu’im­pose le Pacte de Stabi­lité et de Crois­sance
Un « New Deal »: projet euro­péen d’in­ves­tis­se­ments pour la crois­sance, financé par la Banque euro­péenne d’in­ves­tis­se­ment.
Un assou­plis­se­ment quan­ti­ta­tif, avec le rachat direct des titres de dette publique par la Banque centrale euro­péenne.

Nous décla­rons aussi, haut et fort, que nous reven­diquions toujours le rembour­se­ment du prêt imposé à la Grèce par les forces d’oc­cu­pa­tion nazies. Notre posi­tion sur ce sujet est connue de nos parte­naires. D’ailleurs, dès le début de notre charge gouver­ne­men­tale, cette ques­tion fera l’objet d’une demande offi­cielle.

Chères amis et amies,

Nous, nous sommes prêts à négo­cier et nous multi­plions les contacts pour l’éla­bo­ra­tion de plans communs et d’as­so­cia­tions colla­bo­ra­tives au sein de l’Eu­rope, pendant que le gouver­ne­ment Sama­ras se contente de préser­ver unique­ment son alliance avec le gouver­ne­ment alle­mand et de se soumettre aux déci­sions des créan­ciers.

Voilà donc deux approches diffé­rentes qui posent le dilemme suivant:
Une négo­cia­tion euro­péenne avec un gouver­ne­ment SYRIZA ou la contre­si­gna­ture de toutes les déci­sions des créan­ciers concer­nant la Grèce par le gouver­ne­ment Sama­ras?
Ou, en deux mots:

Négo­cia­tion ou renon­cia­tion ?

Crois­sance ou austé­rité ?

SYRIZA ou Nouvelle Démo­cra­tie ?

Amies et amis, Mesdames et Messieurs,

En assu­rant une solu­tion socia­le­ment viable au problème de la dette grecque, notre pays aura la capa­cité de rembour­ser le restant de la dette avec les nouvelles dispo­ni­bi­li­tés créées par le retour à la crois­sance et non pas celles créées par les priva­tions des excé­dents primaires.

Nous mettrons en œuvre tous les moyens pour assu­rer la relance écono­mique et indus­trielle du pays :

– En augmen­tant immé­dia­te­ment le programme des inves­tis­se­ments publics de 4 milliards.

– En répa­rant progres­si­ve­ment toutes les injus­tices commises par l’ap­pli­ca­tion du mémo­ran­dum.

– En redres­sant progres­si­ve­ment les salaires et les retraites afin de renfor­cer la demande et la consom­ma­tion.

– En soute­nant les petites et moyennes entre­prises avec des inci­ta­tions à l’em­ploi. L’in­dus­trie en subven­tion­nant le coût d’éner­gie avec des clauses d’em­ploi et envi­ron­ne­men­tales.

– En inves­tis­sant dans le savoir, la recherche, les nouvelles tech­no­lo­gies avec égale­ment pour objec­tif le retour au pays des jeunes diplô­més qui l’ont quitté pour cher­cher du travail ailleurs.

– En recons­trui­sant l’état social, et du même coup, un état de droit et de méri­to­cra­tie.

– Et pendant les négo­cia­tions, et avant d’abou­tir à une solu­tion euro­péenne viable, qu’est ce que vous faites? Avez vous un plan ? C’est le genre de ques­tions que nous ont posées avec bien­veillance plusieurs personnes.

Cons­cients de notre respon­sa­bi­lité et aussi de l’inquié­tude accrue pour l’ave­nir, nous répon­dons avec la fran­chise et la clarté requises par les circons­tances.

Nous nous enga­geons, face au peuple grec, à rempla­cer dès les premiers jours du nouveau gouver­ne­ment – et indé­pen­dam­ment des résul­tats atten­dus de notre négo­cia­tion – le mémo­ran­dum par un Plan Natio­nal de Recons­truc­tion, rigou­reu­se­ment élaboré, et chif­fré avec préci­sion.

Le Plan Natio­nal de Recons­truc­tion se consti­tue d’un ensemble de mesures pour le redres­se­ment écono­mique et social, regrou­pées autour de quatre grands axes :

1: Mesures pour remé­dier à la crise huma­ni­taire.

2: Mesures prio­ri­taires pour la relance de l’éco­no­mie.

3: Plan natio­nal de lutte contre le chôma­geet d’amé­lio­ra­tion de la situa­tion du marché du travail.

4: Réta­blis­se­ment insti­tu­tion­nel et démo­cra­tique du système poli­tique.

A. Mesures pour remé­dier à la crise huma­ni­taire

Notre programme d’un coût approxi­ma­tif de 2 milliards d’eu­ros, se consti­tue d’un ensemble d’in­ter­ven­tions d’ur­gence servant de bouclier de protec­tion pour les couches sociales les plus vulné­rables.

Il inclut :

1) Emploi de l’éner­gie élec­trique à titre gratuit pour 300000 familles qui se trouvent en-dessous du seuil de pauvreté ( 3600 Kwh par an).

Programme de subven­tions alimen­taires (coupons-repas pour 300000 familles).

La mise en place de ce programme sera effec­tuée par un orga­nisme public chargé de coor­di­na­tion avec la colla­bo­ra­tion des instances régio­nales, de l’Église grecque, des mouve­ments asso­cia­tifs soli­daires, et par le biais d’épi­ce­ries sociales subven­tion­nées.

2) Soins médi­caux gratuits pour tous / Réduc­tion dras­tique de la parti­ci­pa­tion des patients aux dépenses phar­ma­ceu­tiques.

Notre projet prévoit l’ac­cès gratuit pour tous (avec ou sans sécu­rité sociale) aux services publics de santé et la préser­va­tion de l’ac­cès aux médi­ca­ments néces­saires, en dimi­nuant dras­tique­ment – jusqu’à l’in­té­gra­lité pour certaines caté­go­ries spéciales – la charge des patients à la dépense phar­ma­ceu­tique.

3) Projet pour l’ac­cès au loge­ment.

Le projet prévoit la réha­bi­li­ta­tion des anciens loge­ments et hôtels aban­don­nés, afin d’as­su­rer dans une première phase une dispo­ni­bi­lité de 25.000 nouveaux loge­ments avec des loyers subven­tion­nés .

4) Mesures en faveur des petites retraites.

Nous nous sommes déjà enga­gés pour le relè­ve­ment progres­sif des petites retraites.

Nous nous enga­geons aujourd’­hui, de surcroît et afin de renfor­cer la demande, à réta­blir la prime du trei­zième mois pour les 1.262.920 retrai­tés dont la pension ne dépasse pas les 700€. Et cette mesure sera éten­due – progres­si­ve­ment et en fonc­tion de la conjonc­ture écono­mique – à tous les retrai­tés et à tous les sala­riés.

5) Réduc­tion des prix des trans­ports publics.

Les chômeurs de longue durée et ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté pour­ront béné­fi­cier d’une carte spéciale à prix très réduit (voire symbo­lique) pour tous les trans­ports publics.

6) Diffé­ren­cia­tion de la taxe spéciale de consom­ma­tion sur les produits pétro­liers, en fonc­tion des usages (en tant que carbu­rant ou combus­tible de chauf­fage) afin de réduire le prix du pétrole de chauf­fage (de 1,20 à 0,9 €/litre).

B. Mesures pour la relance de l’éco­no­mie

Le deuxième axe réunit les mesures de relance de l’éco­no­mie, mesures dont la prio­rité est l’ar­rêt de la poli­tique d’im­po­si­tion actuel­le­ment menée malgré ses consé­quences néfastes pour l’éco­no­mie réelle, la mise en place d’une nouvelle seisach­theia [ndlr. « remise du fardeau »: mesure établie par Solon, pour faire passer l’in­té­rêt de l’État avant celui des grands proprié­taires], et le renfor­ce­ment de la liqui­dité et de la demande.

Car la situa­tion de l’éco­no­mie réelle est aujourd’­hui vrai­ment désas­treuse.

Le raid fiscal opéré par le gouver­ne­ment sur la classe moyenne et la surim­po­si­tion de ceux qui ne fraudent pas accablent la plus grande partie de la popu­la­tion, qui voit constam­ment mena­cés sa vie profes­sion­nelle, les bribes de son patri­moine, et même sa propre exis­tence. De cette angoisse insup­por­table témoigne le nombre record de suicides. Les classes labo­rieuses, les agri­cul­teurs, les sala­riés, les petits et moyens entre­pre­neurs, le corps de l’éco­no­mie réelle, en somme, doit affron­ter actuel­le­ment une tour­mente d’im­pôts qui dépasse leurs forces de résis­tance. Et sous peu c’est une nouvelle tour­mente qu’ils vont devoir affron­ter. Celle des saisies de leurs proprié­tés privées par les banques, puisqu’ils rencontrent des diffi­cul­tés à rembour­ser les emprunts qu’ils avaient contrac­tés par le passé, avant la crise, avant leur chômage, avant la muti­la­tion de leurs reve­nus, avant la ferme­ture de leurs entre­prises.

L’obs­ti­na­tion du gouver­ne­ment à acca­bler de charges supplé­men­taires ceux qui sont déjà à terre ne peut mener qu’à une impasse, tout simple­ment parce qu’on ne peut rien rece­voir de quelqu’un qui n’a rien à donner. « Qui n’a rien, ne peut rien donner. »

Pour consta­ter l’aber­ra­tion de leur poli­tique, il suffit de regar­der le montant des créances attes­tées et non perçues par l’État: Il est à ce jour d’en­vi­ron 68 milliards d’eu­ros.

Et chaque mois qui passe, ce chiffre augmente d’un milliard d’eu­ros.

C’est pour cela que nous sommes ici aujourd’­hui. Pour établir la vérité sur l’éco­no­mie réelle du pays et expo­ser les mesures d’ur­gence qui permet­tront de la déli­vrer de la pres­sion qu’elle subit. Nous nous adres­sons aux millions de victimes de M. Sama­ras et de la Troïka – sala­riés, petits et moyens entre­pre­neurs, agri­cul­teurs, chômeurs – en leur dédiant notre inter­ven­tion d’aujourd’­hui.

1. Mesures pour la levée immé­diate de la répres­sion dans l’éco­no­mie réelle

Créa­tion de Comi­tés spéciaux pour le règle­ment extra­ju­di­ciaire des litiges fiscaux dans chaque région afin de procé­der aux règle­ment immé­diat des dettes fiscales authen­ti­fiées et non acquit­tées jusqu’au 31.12.2014. Le règle­ment des litiges fiscaux concer­nant les petites et moyennes entre­prises pour des dettes authen­ti­fiées, amendes ou tout autre diffé­rend les oppo­sant à l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale sera prio­ri­taire afin d’être établi équi­ta­ble­ment et dans un délai de six mois le montant exact des créances réelles et perce­vables par l’État.
Les montants qui résul­te­ront de l’apu­re­ment seront réglés en 84 mensua­li­tés et dans tous les cas de façon à ce que le montant total des verse­ments annuels ne dépasse pas le plafond de 20% du revenu annuel du débi­teur.
Un proces­sus de régu­la­ri­sa­tion simi­laire des dettes arri­vant à échéance sera appliqué aux conflits les oppo­sant aux caisses d’as­su­rances. En cas d’ac­cu­mu­la­tion des dettes et de taxes contri­bu­tives, le montant total des verse­ments annuels de rembour­se­ment sera plafonné au 30% du revenu annuel du débi­teur.
L’en­ga­ge­ment d’un proces­sus de régu­la­ri­sa­tion entraîne pour tout rede­vable l’ar­rêt immé­diat des pour­suites pénales et des saisies des comptes bancaires, de la rési­dence prin­ci­pale, des salaires, etc., ainsi que l’oc­troi d’une attes­ta­tion de régu­la­rité fiscale.
L’en­ga­ge­ment du proces­sus de régu­la­tion entraîne égale­ment la suspen­sion de peines et des mesures coer­ci­tives pendant douze mois pour les débi­teurs dont l’ab­sence de revenu est attes­tée.
Suppres­sion de l’ex­ten­sion de la procé­dure simpli­fiée des flagrants délits à l’égard des débi­teurs de l’État . Suppres­sion de l’avance de 50% de la dette établie comme condi­tion préa­lable au recours du contri­buable devant les tribu­naux, en privant de la protec­tion judi­ciaire les personnes inca­pables de payer. L’acompte sera défini par acte judi­ciaire et sera fixé selon la capa­cité finan­cière (10% à 20%).

Avec ces mesures, nous n’as­pi­rons pas unique­ment à soula­ger les gens qui souffrent et qui forment l’épine dorsale de l’éco­no­mie, mais aussi relan­cer l’éco­no­mie réelle en la libé­rant de la répres­sion étouf­fante des taxes et des majo­ra­tions impo­sées, tota­le­ment impro­duc­tives car non perce­vables.

Le béné­fice immé­diat estimé par la régu­la­ri­sa­tion des dettes et le début des paie­ments des

acomptes nous permet­tra de finan­cer des actions néces­saires pour l’al­lè­ge­ment et la répar­ti­tion équi­table des charges.

D’ailleurs dans le cadre des mesures visant à relan­cer l’éco­no­mie nous annonçons aujourd’­hui l’abro­ga­tion immé­diate de la nouvelle taxe foncière.

2. Abro­ga­tion immé­diate de la nouvelle taxe foncière (ENFIA)

Car elle est le symbole de l’injus­tice sociale qui carac­té­rise l’en­semble de la poli­tique écono­mique du gouver­ne­ment Sama­ras.

Au service des grands patri­moines, les diri­geants actuels ont créé une taxe qui méprise les règles les plus élémen­taires tant pour fixer sa base que son taux. Sans l’ad­di­tion globale de la valeur de toutes les proprié­tés, sans l’éta­blis­se­ment d’un barème de taux progres­sif, ou d’un seuil d’ exoné­ra­tion, c’est une taxe préle­vée au détri­ment des personnes pauvres et des couples à faibles reve­nus avec des enfants qui ont comme patri­moine unique leur rési­dence prin­ci­pale.

L’ ENFIA, par consé­quent, ne peut pas être corri­gée, elle ne peut pas être amélio­rée – elle ne peut être qu’a­bro­gée. A sa place:

Nous établi­rons une taxe socia­le­ment juste sur la grande propriété (FMAP) et nous ne taxe­rons personne sur des valeurs fictives.
Les valeurs des biens rete­nues pour la base d’im­po­si­tion seront réajus­tées immé­dia­te­ment de 30% à 35%.
Son taux sera progres­sif et le seuil d’exo­né­ra­tion élevé.
La rési­dence prin­ci­pale sera exemp­tée, à l’ex­cep­tion des proprié­tés de grand luxe osten­ta­toire.

L’in­tro­duc­tion de cette taxe dans le système fiscal grec fait partie de la réforme fiscale qui se mettra en place progres­si­ve­ment afin de réta­blir sa confor­mité au prin­cipe consti­tu­tion­nel de la répar­ti­tion des charges fiscales selon la capa­cité contri­bu­tive des personnes impo­sables, afin égale­ment d’en­rayer toute possi­bi­lité de contour­ner la loi et afin de lutter effi­ca­ce­ment contre la fraude fiscale.

3. Restau­ra­tion du seuil de non-impo­si­tion à 12000 €/an.

Nous réta­bli­rons la progres­si­vité de l’im­po­si­tion des personnes physiques en augmen­tant le nombre de tranches d’im­po­si­tion et en restau­rant le seuil de non impo­si­tion de 12 000€/an pour tous afin de redis­tri­buer la charge fiscale au profit des personnes à faible et moyen revenu. Cette mesure est d’au­tant plus néces­saire qu’a­près quatre années de fréné­sie fiscale les « classes popu­laires » et les « classes moyennes » sont vrai­ment exté­nuées finan­ciè­re­ment.

4. Nous insti­tu­tion­na­li­sons une « nouvelle Seisach­theia » (libé­ra­tion des dettes)

Elle s’ap­pliquera aux créances douteuses, aussi appe­lées « rouges », car leur effa­ce­ment partiel est un préa­lable indis­pen­sable tant à l’as­sai­nis­se­ment des porte­feuilles bancaires, qu’à la restau­ra­tion de la liqui­dité moné­taire et au soutien de la crois­sance et de la relance de l’éco­no­mie.

La « nouvelle seisach­theia » s’ap­pliquera au cas par cas et consis­tera à l’ef­fa­ce­ment partiel des dettes des personnes qui se trouvent sous le seuil de la pauvreté. Elle régira en tant que prin­cipe géné­ral le rajus­te­ment des dettes des parti­cu­liers de façon à ce que leur rembour­se­ment (à l’état, aux banques, aux caisses d’as­su­rance) ne dépasse pas le tiers du revenu de l’em­prun­teur.

5. Créa­tion d’un orga­nisme public chargé de la gestion de la dette privée.

Son rôle ne sera pas celui d’une « bad bank », mais bien au contraire il inter­vien­dra en tant que gestion­naire de toute dette envers une banque arri­vée à échéance et sera égale­ment chargé du contrôle des moyens de recou­vre­ments accor­dés par les banques.

Il garan­tira le trai­te­ment juste et équi­table de tous les emprun­teurs, en gérant l’en­semble des dettes exigibles envers les banques, avec la colla­bo­ra­tion des Comi­tés Spéciaux d’ar­bi­trage char­gés à leur tour des dettes envers l’état et des caisses d’as­su­rances, afin d’avoir une image globale des charges de tout débi­teur et faci­li­ter les rembour­se­ments.

Bien évidem­ment, il s’agit tout d’abord d’em­pê­cher l’uti­li­sa­tion de la dette privée comme moyen de confisquer la propriété des citoyens, et comme moyen de contrô­ler le secteur privé de l’éco­no­mie.

Au cours des prochains jours, SYRIZA va dépo­ser au Parle­ment un amen­de­ment légis­la­tif pour une prolon­ga­tion indé­fi­nie de la suspen­sion de la vente aux enchères des rési­dence prin­ci­pales dont la valeur est infé­rieure à 300 000 €. Nous dépo­se­rons égale­ment une propo­si­tion d’ inter­dic­tion légis­la­tive de vente ou de cession des titres à des insti­tu­tions bancaires non recon­nues ou à des entre­prises de gestion de contrats de prêts et de garan­ties.

En deux mots, nous ne permet­trons pas aux vautours des « distress funds » inter­na­tio­naux de spécu­ler en confisquant les maisons des citoyens.

Chers amis et amies

Je l’ai dit l’an­née dernière, ici, à cette tribune – je le répète encore une fois cette année : la clé

pour la relance de l’éco­no­mie est le système finan­cier.

Avec SYRIZA au gouver­ne­ment, le secteur public reprend le contrôle de la Caisse de Stabi­lité Finan­cière et exerce tous ses droits sur les banques reca­pi­ta­li­sées.

Cela signi­fie qu’il a le premier mot à dire sur leur admi­nis­tra­tion.

En même temps, nous mettons en place des opéra­tions ciblées afin d’as­su­rer la liqui­dité dans l’éco­no­mie réelle. Parmi ces opéra­tions figure la mise en place d’une banque de déve­lop­pe­ment et de banques spéci­fiques.

6. Mise en place d’une banque de déve­lop­pe­ment et de banques spéci­fiques

Pour nous, la nouvelle archi­tec­ture du système bancaire compren­dra, outre les banques

reca­pi­ta­li­sées systé­miques, de nouvelles banques coopé­ra­tives spéci­fiques et une banque publique de déve­lop­pe­ment.

C’est pourquoi, nous allons créer une Banque de Déve­lop­pe­ment, et des banques à mission spéci­fique, pour le finan­ce­ment des PME et des agri­cul­teurs. Pour soute­nir la liqui­dité néces­saire au déve­lop­pe­ment d’équipes profes­sion­nelles dyna­miques qui à leur tour donne­ront de l’éner­gie et une nouvelle impul­sion à la crois­sance et au redres­se­ment produc­tif.

7. Restau­ra­tion du salaire mini­mum à 751€

Nous augmen­te­rons le salaire mini­mum à 751€ pour tous les travailleurs, indé­pen­dam­ment de toute condi­tion d’âge.

Notre modèle écono­mé­trique confirme les conclu­sions du modèle de l’Ins­ti­tut du travail de la GSEE (Confé­dé­ra­tion Géné­rale des Travailleurs Grecs): la restau­ra­tion du salaire mini­mum non seule­ment n’ag­grave pas, par son coût, la crois­sance mais elle lui est même béné­fique.

Selon les esti­ma­tions, même en ne prenant en compte que la première année de sa mise en place, elle aura comme effet une augmen­ta­tion de la demande inté­rieure de 0,75%, et du PIB de 0,5%. En outre, elle permet­tra de créer 7.500 nouveaux emplois.

Chers amis,
Le troi­sième axe de notre Plan Natio­nal de Redres­se­ment que nous vous présen­tons aujourd’­hui s’ins­crit dans la pers­pec­tive de notre grand objec­tif natio­nal, celui de réta­blir le plein emploi dans notre pays, de redon­ner de l’es­poir et des pers­pec­tives d’ave­nir à nos jeunes qui émigrent massi­ve­ment alors que leur force vive est néces­saire pour recons­truire notre pays.

Plan de reprise de l’em­ploi

1. Restau­ra­tion du droit du travail

Les droits des travailleurs suppri­més par les lois mémo­ran­daires seront immé­dia­te­ment réta­blis, en même temps que le salaire mini­mum. Les conven­tions collec­tives seront réta­blies ainsi que le prin­cipe de la proro­ga­tion des avan­tages acquis en vertu d’une ancienne conven­tion collec­tive ou accord.

L’OMED (Orga­nisme de Média­tion et d’Ar­bi­trage), chargé du soutien des négo­cia­tions entre employeurs et employés, sera égale­ment réta­bli dans ses fonc­tions.

Les réformes concer­nant les licen­cie­ments collec­tifs et abusifs, les contrats précaires de « loca­tion des employés » seront abro­gées.

2. Plan de créa­tion de 300.000 nouveaux emplois dans les secteurs publics et privés et dans ceux de l’éco­no­mie sociale.

Nous mettons immé­dia­te­ment en œuvre un programme spécial d’aide à la reprise d’em­ploi, qui s’étale sur deux ans, d’un coût total de 5 milliards d’euro dont 3mil­liards pour la première année.

Le programme prévoit une augmen­ta­tion nette des postes – envi­ron 300 000 – dans tous les secteurs, privé, public, et dans le secteur de l’éco­no­mie sociale et soli­daire.

La mise en place d’un programme de cette ampleur a pour voca­tion – et je dirais même pour contrainte – l’in­ser­tion des chômeurs de longue durée, des seniors de plus de 55 ans, et des jeunes. Il concerne en somme tous ces chômeurs qui ne pour­ront pas trou­ver un emploi sans inci­ta­tions spéci­fiques à l’em­bauche.

En dehors de l’ad­mi­nis­tra­tion locale, leur inser­tion dans le secteur privé sera accom­pa­gnée de subven­tions ciblées pour la créa­tion de nouveaux postes pour les jeunes de 15–24 ans et les chômeurs de longue durée de plus de 35 ans, dans les petites et moyennes entre­prises.

Notre projet prévoit égale­ment de finan­cer des parte­na­riats public-privé en faisant appel à des pres­ta­taires privés pour la gestion des équi­pe­ments et des opéra­tions de service public. Ces contrats de parte­na­riat seront accom­pa­gnés de clauses d’em­bauche de chômeurs de longue durée et de jeunes.

Des aides finan­cières sont égale­ment prévues pour les chômeurs qui créent de nouvelles entre­prises ou leur propre acti­vité.

3. Les caté­go­ries des béné­fi­ciaires de l’al­lo­ca­tion chômage seront élar­gies.

Avec la réduc­tion du nombre de chômeurs actuels, par la créa­tion de 300 000 nouveaux emplois, nous pour­rons faire béné­fi­cier de l’al­lo­ca­tion chômage à un nombre équi­valent de chômeurs à qui les critères sociaux actuels ne permettent l’ac­cès à aucune autre allo­ca­tion.

Le quatrième axe de notre Plan Natio­nal concerne les chan­ge­ments insti­tu­tion­nels, des chan­ge­ments majeurs, à savoir les trans­for­ma­tions qu’ap­por­tera SYRIZA aux insti­tu­tions et à la fonc­tion publique.

D. Inter­ven­tions pour la recons­truc­tion insti­tu­tion­nelle et démo­cra­tique de l’État.

Dès la première année de la gouver­nance de SYRIZA, nous mettons en œuvre le proces­sus de redres­se­ment insti­tu­tion­nel et démo­cra­tique de l’État.

Le redres­se­ment de l’État est en effet devenu une néces­sité. Cepen­dant, il ne peut être atteint par des cycles succes­sifs de licen­cie­ments, qui plus est, de licen­cie­ments souvent illé­gaux, et ce par des illé­ga­li­tés commises pour atteindre des objec­tifs budgé­taires insi­gni­fiants et ce aux dépens de services souvent essen­tiels pour le bon fonc­tion­ne­ment de l’État.

Donc, nous procé­dons direc­te­ment au renfor­ce­ment insti­tu­tion­nel et opéra­tion­nel des trois cellules de la Répu­blique: le Parle­ment, les collec­ti­vi­tés locales et le syndi­ca­lisme de base.

(a). Nous soute­nons les struc­tures régio­nales.

Nous renforçons tout d’abord la parti­ci­pa­tion démo­cra­tique et la trans­pa­rence, l’au­to­no­mie écono­mique et le fonc­tion­ne­ment effi­cace des muni­ci­pa­li­tés et des régions.

Nous orga­ni­sons une tran­si­tion ordon­née vers un état décen­tra­lisé. En paral­lèle, nous amorçons le dialogue avec la société et les instances régio­nales pour le rempla­ce­ment du plan de décen­tra­li­sa­tion actuel (« Kalli­kra­tis ») par un nouveau cadre insti­tu­tion­nel pour la décen­tra­li­sa­tion qui sera achevé avant les prochaines élec­tions régio­nales.

Progres­si­ve­ment, nous augmen­tons les ressources des collec­ti­vi­tés régio­nales pour renfor­cer leur parti­ci­pa­tion active au redres­se­ment produc­tif du pays.

Ainsi, elles pour­ront béné­fi­cier non seule­ment de prêts à faible taux d’in­té­rêt, mais aussi de l’émis­sion par la future Banque de Déve­lop­pe­ment des obli­ga­tions desti­nées au finan­ce­ment de leurs inter­ven­tions.

(b) Nous renfor­ce­rons les insti­tu­tions de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive et intro­dui­rons de

nouvelles appli­ca­tions insti­tu­tion­nelles de la démo­cra­tie directe dans le fonc­tion­ne­ment du système poli­tique, telles que l’ini­tia­tive légis­la­tive popu­laire, le veto popu­laire, le réfé­ren­dum d’ini­tia­tive citoyenne.

Nous renfor­ce­rons le rôle du Parle­ment dans sa fonc­tion légis­la­tive et sa fonc­tion de contrôle de l’exé­cu­tif, nous déli­mi­te­rons sévè­re­ment l’im­mu­nité parle­men­taire et nous suppri­me­rons le statut parti­cu­lier des ministres en matière de respon­sa­bi­lité pénale qui insti­tu­tion­na­lise une « dévia­tion vicieuse des prin­cipes d’une société démo­cra­tique. »

© Nous redé­fi­nis­sons la charte de fonc­tion­ne­ment de l’en­semble des moyens de diffu­sion de l’in­for­ma­tion grecs, en redes­si­nant le paysage audio­vi­suel confor­mé­ment aux exigences légales et avec une surveillance accrue sur leur trans­pa­rence.

Nous renfonçons les médias régio­naux.

Nous créons une vraie télé­vi­sion publique, démo­cra­tique, plura­liste et de haute qualité en recons­ti­tuant l’ERT à partir de zéro.

Chers amis

Nous, nous ne promet­tons pas. Nous nous enga­geons.

Et main­te­nant, ici, dans la 79e expo­si­tion de Thes­sa­lo­nique, nous ouvrons un grand débat avec les citoyens pour abou­tir à la prise de déci­sions communes.

Ce débat se prolon­gera avec treize autres confé­rences régio­nales program­ma­tiques qui vien­dront illus­trer ce nouveau proces­sus de plani­fi­ca­tion, décen­tra­lisé et démo­cra­tique, de la poli­tique de notre pays.

Chers amis

Nous aspi­rons à un consen­sus natio­nal et social sur le long terme qui engage notre respon­sa­bi­lité commune sur les choix et les déci­sions qui concernent la recons­truc­tion de notre pays.

Il ne s’agit pas là d’un simple effet d’an­nonce. Il s’agit du seul espoir de notre peuple, de la condi­tion de la survie natio­nale et sociale.

C’est pourquoi aujourd’­hui, nous vous avons présenté, non pas ce que nous souhai­tons, mais ce que nous pouvons faire. Un plan réaliste et réali­sable d’apai­se­ment social et de relance de l’éco­no­mie.

Notre plan est chif­fré.

Nous avons calculé le coût total du plan immé­diat contre la crise huma­ni­taire et le coût budgé­taire de la suppres­sion des mesures fiscales qui ont été impo­sées arbi­trai­re­ment par le gouver­ne­ment actuel.

Il sera entiè­re­ment financé par les actions suivantes:

Tout d’abord par toutes les mesures et les procé­dures de régu­la­ri­sa­tion que j’ai déjà présen­tées. Car nous atten­dons d’elles un double avan­tage, aussi bien social qu’é­co­no­mique: d’une part, qu’elles soulagent des citoyens de l’em­prise d’une impo­si­tion lourde et qu’elles recons­ti­tuent de leurs capa­ci­tés contri­bu­tives, et d’autre part, qu’elles inversent la réces­sion et relancent l’éco­no­mie.

Sur les 68 milliards de dettes exigibles, les régu­la­ri­sa­tions permet­tront à l’état d’en­cais­ser au moins 20 milliards sur une durée de sept ans, dont €3 milliards dès la première année.
La répres­sion de la fraude et de la contre­bande, si elle est menée avec déter­mi­na­tion et animée par la volonté poli­tique de faire hardi­ment face aux grands inté­rêts privés, sera une autre source de recettes pour l’état.

Et ici, permet­tez-moi d’ou­vrir une paren­thèse.

La décla­ra­tion de Mme Lagarde sur les menaces dont elle aurait fait l’objet (à la suite de ses critiques sur l’at­ti­tude des Grecs face aux impôts) est stupé­fiante.

Mais le silence du gouver­ne­ment l’est tout autant. Il est même inac­cep­table.

Et je pose la ques­tion: Tous ces gens qui en écou­tant nos propo­si­tions agitent le doigt en ressas­sant toujours la même phrase « avec quel argent? » ont-ils entendu cette décla­ra­tion?

Envi­sagent-ils de faire quelque chose ?

Répon­dront-ils un jour aux ques­tions qui concernent l’im­pu­nité scan­da­leuse dont béné­fi­cient certaines caté­go­ries de personnes ?
Nous, nous avons déjà élaboré un plan d’ac­tion étalé sur six mois contre cette gangrène, qui prévoit:

Tout d’abord, l’in­ten­si­fi­ca­tion et l’ac­cé­lé­ra­tion des contrôles des tran­sac­tions intra­groupe, des « listes Lagarde », de Liech­ten­stein, des trans­ferts de fonds, des socié­tés offshore et de l’im­mo­bi­lier à l’étran­ger.

A cet effet, on met en place un service spécial composé d’ex­perts et muni du support tech­no­lo­gique appro­prié après la longue, déplo­rable et énig­ma­tique inac­tion du gouver­ne­ment actuel.

Deuxiè­me­ment, notre plan d’ac­tion prévoit l’amé­lio­ra­tion et la rapide instal­la­tion de systèmes d’en­trées-sorties et de détec­teurs molé­cu­laires dans tous les réser­voirs et toutes les stations d’es­sence afin d’éra­diquer la contre­bande des carbu­rants.

Notre projet prévoit égale­ment l’ins­tal­la­tion accé­lé­rée de détec­teurs à rayons X, aux entrées doua­nières du pays, car nous pouvons et nous voulons être effi­caces dans la lutte contre la contre­bande à la fois des carbu­rants, et des ciga­rettes et d’autres produits.

Les esti­ma­tions des recettes prove­nant de la répres­sion de la fraude fiscale et de la contre­bande, ont parfois été très ambi­tieuses. Nous, avec modé­ra­tion, nous esti­mons que notre plan d’ac­tion appor­tera aux caisses de l’état, la première année, au moins trois milliards d’eu­ros .

En ce qui concerne le coût du capi­tal de départ du secteur public, du vecteur inter­mé­diaire et de banques spécia­li­sées – estimé à 3 milliards d’eu­ros – , il sera financé par le soutien de 11 milliards d’eu­ros prévu pour les banques par le Méca­nisme de Stabi­lité.

Quant au coût de notre plan pour la reprise de l’em­ploi, estimé à 3 milliards d’eu­ros pour la première année de son appli­ca­tion (5 milliards d’eu­ros coût global), il sera financé par les fonds struc­tu­rels (FEDER et FSE) prévus (CRSN 2007–2013:€1mil­liard + €1,5 milliards dans le cadre de ESPA 2014–2020), et 500 millions d’eu­ros par d’autres fonds euro­péens pour le soutien de l’em­ploi.

Et ici, je voudrais ajou­ter que dans le cadre des efforts tita­nesques que nous enga­geons pour la restau­ra­tion des retraites, notre gouver­ne­ment attri­buera aux fonds d’as­su­rance certaines des parties du patri­moine public qui stag­nent actuel­le­ment dans les tiroirs du TAIPED (Fonds de Priva­ti­sa­tion).

C’est une mesure néces­saire pour répa­rer le crime du PSI (« private sector invol­ve­ment ») qui a dévasté les caisses d’as­su­rance et les déten­teurs d’obli­ga­tions, avant la restau­ra­tion progres­sive des retraites.

Chers amis et amies,

Je viens de répondre de manière claire, au moyen de faits et de chiffres, à l’éter­nelle ques­tion que l’on nous pose depuis trois ans à chaque fois que nous propo­sons une voie de sortie de la crise: « Avec quel argent? »

Mais aujourd’­hui, au-delà de l’ana­lyse des coûts et des béné­fices de nos enga­ge­ments, je veux souli­gner le besoin de voir la crise et ses impé­ra­tifs d’un autre œil que celui du petit comp­table qui ne sait qu’a­li­gner des chiffres.

Il faut aussi faire preuve d’un regard critique et libéré de tout dogma­tisme.

L’éco­no­mie n’est pas une simple comp­ta­bi­lité.

Plusieurs facteurs dyna­miques concourent à un résul­tat et déter­minent l’éco­no­mie.

Ce n’est pas un exer­cice de répar­ti­tion de ressources limi­tées.

C’est un système ouvert avec des capa­ci­tés de produc­tion.

Nous, nous connais­sons bien les chiffres néfastes de l’éco­no­mie que nous allons héri­ter de nos prédé­ces­seurs. Nous connais­sons l’état pitoyable causé par les œillères des gouver­ne­ments mémo­ran­daires.

Mais nous sommes aussi profon­dé­ment convain­cus qu’il y a une possi­bi­lité de sortie du bour­bier de la réces­sion. Elle implique la mobi­li­sa­tion de toutes les grecques, de tous les grecs.

La mobi­li­sa­tion et le salut du poten­tiel produc­tif de notre pays. De tous ceux qui restent debout, qui résistent et se battent.

Nous, nous croyons que SEUL le désir des classes labo­rieuses, des créa­teurs féconds et produc­tifs, et surtout des jeunes, de dépas­ser la condi­tions actuelle et de s’ou­vrir un nouvel hori­zon peut remettre debout la Grèce et son écono­mie.

C’est une aspi­ra­tion collec­tive, un projet commun et l’es­poir d’un meilleur avenir qui peuvent rame­ner la crois­sance à notre pays et non pas l’ou­tillage de l’OCDE et les recettes du FMI.

C’est le patrio­tisme, la droi­ture d’es­prit, l’in­gé­nio­sité et l’étoffe du citoyen grec qui aura le courage et la force de porter sur ses épaules la réus­site du Projet de Redres­se­ment Natio­nal, en mettant à profit les poten­tia­li­tés ines­ti­mables et les avan­tages incom­pa­rables de notre terre et de ses habi­tants.
D’ailleurs, chers amis, c’est devenu main­te­nant une prise de conscience collec­tive: La crise que nous vivons n’est pas seule­ment écono­mique, elle n’est pas seule­ment une destruc­tion du tissu produc­tif, une réces­sion prolon­gée et un désin­ves­tis­se­ment.

La crise est aussi sociale, comme le démontre on ne peut plus clai­re­ment le carac­tère sans précé­dent en temps de paix du chômage et de la pauvreté.
Mais c’est aussi une crise des insti­tu­tions et des valeurs, une crise de confiance de la société envers la poli­tique, le Parle­ment, les partis poli­tiques, les syndi­cats. Une crise de confiance sur notre propre capa­cité à affron­ter ensemble, en tant que société, la crise.

C’est pour cela que le point de départ de la réflexion de notre projet est cette ultime analyse, cet ultime constat: il est de la première impor­tance de croire à notre force collec­tive, de croire, nous tous, à un avenir meilleur que nous dessi­ne­rons et nous maté­ria­li­se­rons ensemble, « Simul et Singu­lis ».

Ensemble et aussi indi­vi­duel­le­ment, car notre force est collec­tive mais elle suppose la conscience de notre propre respon­sa­bi­lité en tant qu’in­di­vi­dus. Chaque personne a besoin de croire à un état respec­tueux et bien­veillant à l’égard de l’in­di­vidu et de la société, mais l’état et la société ont égale­ment besoin des indi­vi­dus soucieux du bien-être commun. Un état décen­tra­lisé et concen­tré sur ses citoyens, en somme.

Nous devons croire à notre capa­cité, en tant que corps social, à tracer des projets collec­tifs, mais nous devons aussi nous enga­ger person­nel­le­ment et conscien­cieu­se­ment à leur maté­ria­li­sa­tion.

Ce défi ne nous inti­mide pas. Nous avons prouvé par le passé et à des moments encore plus diffi­ciles de notre histoire que nous en étions capables.

C’est pour cela que le premier cycle des mesures de réédi­fi­ca­tion de la société débu­tera avec la mise en œuvre de deux actions paral­lèles.

La première consiste à affron­ter les causes endo­gènes de la crise.

La deuxième concerne les causes exté­rieures, en reven­diquant une nouvelle place et un nouveau rôle pour notre pays au sein de l’Eu­rope, des Balkans, de la Médi­ter­ra­née et dans le monde.
Ils se trompent ceux qui croient que la relance de l’éco­no­mie – si un jour, elle s’amorce – réduira par son simple fait la pauvreté et le chômage ou qu’elle restau­rera la confiance dans la poli­tique et les insti­tu­tions.

En revanche, si notre projet est simple, concret et réaliste, c’est parce qu’il se fonde sur un diagnos­tic prag­ma­tique. Et aussi et surtout parce qu’il est subver­sif. Le réalisme commande le renver­se­ment des choix uniques des néoli­bé­raux, le renver­se­ment des enfer­me­ments mémo­ran­daires.

Chers amis,

Aujourd’­hui, SYRIZA a fourni des réponses.

Réalistes et subser­sives à la fois.

Nous n’ avons pas formulé des suppo­si­tions.

Nous avons pris des enga­ge­ments.

Nous n’avons pas partagé des promesses.

Nous avons dépar­tagé des respon­sa­bi­li­tés.

Car nous nous enga­geons dans un sentier ardu.

Ce n’est pas seule­ment de la terre brûlée qu’il va trou­ver le gouver­ne­ment de SYRIZA.

Mais un pays divisé et dévasté poli­tique­ment, socia­le­ment et écono­mique­ment.

Notre respon­sa­bi­lité: De le rassem­bler et de le rame­ner à la terre ferme et féconde du redres­se­ment, de la démo­cra­tie, et de la justice sociale.

C’est cette respon­sa­bi­lité que nous avons voulu partagé avec vous aujourd’­hui.

La respon­sa­bi­lité d’un combat commun pour la Grèce dont nous sommes dignes.

Pour une Grèce volon­taire et fière, démo­cra­tique et juste.

C’est cela notre dette.

Vis à vis de notre histoire.

Vis à vis de nos enfants.

Vis à vis de notre avenir.

Je vous remer­cie.

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