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Non à l’état de siège ! Mobi­li­sons-nous contre les racismes.

 

La mosquée de Poitiers a été victime d’un tag inju­rieux puis d’un début d’in­cen­die ces derniers jours. Insup­por­table ! Les racistes sont à la manœuvre, à Poitiers comme dans d’autres villes. Nous sommes mobi­li­sés contre toutes les formes de racisme, soit contre l’is­la­mo­pho­bie ici. L’of­fen­sive de forces réac­tion­naires et fascistes va aller au-delà de la cinquan­taine d’at­teintes à des mosquées actuel­le­ment recen­sée.

Comme l’écrit Clémen­tine Autain : « Des voix vont s’éle­ver pour enté­ri­ner la « guerre de civi­li­sa­tion », plai­der pour un Patriot Act à la française, s’en prendre aux musul­mans au nom de la lutte contre le djiha­disme ou exiger la ferme­ture des fron­tières. « Il y a des liber­tés qui peuvent être faci­le­ment aban­don­nées », a d’ores et déjà affirmé Claude Guéant, quand le FN proclame partout « on vous l’avait bien dit » (sous-entendu, nous avions raison de stig­ma­ti­ser les musul­mans), quand Marine Le Pen demande le réta­blis­se­ment de la peine de mort (manière de signi­fier que la solu­tion auto­ri­taire est de saison). »

 

Et 10 000 mili­taires se déploient actuel­le­ment sur le terri­toire natio­nal ! Pour des missions qui restent secrètes !

Ce gouver­ne­ment, messieurs Hollande et Valls, ont fait le choix de la logique guer­rière et sécu­ri­taire. Un choix absurde : si la guerre était en cours, le gouver­ne­ment aurait inter­dit ces gigan­tesques rassem­ble­ments spon­ta­nés qui ont envahi les rues de toutes les villes. Et ces rassem­ble­ments sont compa­rés à ceux de la Libé­ra­tion, ceux de la fin de la guerre, pas à ceux de la mili­ta­ri­sa­tion des foules en 1914, et à juste raison. Ce choix de l’ap­pel à la guerre est ennemi des liber­tés comme l’ont montré les poli­tiques US à la suite de l’at­ten­tat du 11 septembre 2001. Et on peut remarquer que même du point de vue des néocon­ser­va­teurs cyniques, cette poli­tique fut et est un fiasco inter­na­tio­nal pour les USA.

Certes, les tueurs de Paris, de l’at­taque de Char­lie hebdo et de l’épi­ce­rie casher, étaient nos enne­mis, les enne­mis de nos valeurs et de nos idéaux poli­tiques. Ils étaient les agents de ces groupes qui en Syrie, en Irak, au Mali, au Nige­ria, au Yémen et ailleurs imposent par la terreur et les massacres leur loi tota­li­taire aux popu­la­tions. Des groupes tota­li­taires de type fasciste.

Nous nomme­rons fascistes ces tota­li­taires qui se réfèrent à la reli­gion (adeptes d’Al Qaeda, de Daesh, de Boko Haram) et aussi ceux qui sont fascistes-blancs-isla­mo­phobes (FN, Bloc iden­ti­taire, droite de l’UMP, amis du gouver­ne­ment israé­lien actuel, etc.).  Nous combat­trons ces deux formes de barba­rie.

 

Nous étions une goutte d’eau dans les marées humaines depuis mercredi. Ces mobi­li­sa­tions gigan­tesques doivent en annon­cer d’autres, contre les crimes racistes, contre les mesures d’at­teintes à notre liberté d’ex­pres­sion. Bémol, dans ces rassem­ble­ments nous avons vu que les jeunes n’étaient pas présents en très grand nombre, et la grande majo­rité semblait « blanche » : il nous faut conti­nuer de comprendre et de rassem­bler.

Hier, nous ne mani­fes­tions pas derrière les puis­sants du monde ni derrière une parade mili­taire et poli­cière ; nous parti­ci­pions à des rassem­ble­ments pour la liberté d’ex­pres­sion et contre la barba­rie, en mémoire des assas­si­nés. Dès aujourd’­hui, nous relançons nos initia­tives pour construire un rassem­ble­ment démo­cra­tique et plura­liste des forces anti­li­bé­rales, anti­fas­cistes et anti­au­to­ri­taires, pour faire vivre notre projet qui conjugue égalité, liberté et soli­da­rité.

 

Pascal Bois­sel

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Non à l’état de siège ! Mobi­li­sons-nous contre les racismes. »

  1. Alex dit :

    Salut Pascal, voici une contribution personnelle : http://blogs.mediapart.fr/blog/alexandre-raguet/120115/charlie-hebdo-le-temps-est-venu-de-la-reflexion

    La période va être compliquée…

    Répondre
    • pascal b dit :

      Merci de ce lien. Nous sommes ici d’accord sur l’essentiel en cette période qui est en effet compliquée, Alexandre.

      Répondre

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