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Texte natio­nal d’orien­ta­tion sur les élec­tions régio­nales . Collec­tif natio­nal d’En­semble.

Ces élec­tions se situent dans le contexte d’une crise poli­tique qui peut rebon­dir dans les prochains mois : c’est une nouvelle sanc­tion pour le pouvoir en place qui s’an­nonce, la droite menée par Sarkozy vise à en faire une étape clé de son retour aux affaires, le Front Natio­nal vise la conquête de deux régions dans le Nord et en Paca. Elles seront égale­ment la dernière échéance élec­to­rale natio­nale avant la prési­den­tielle de 2017, avec un cadre insti­tu­tion­nel boule­versé par la nouvelle carte des 13 régions adop­tée par l’As­sem­blée Natio­nale.

Cette réalité poli­tique nouvelle pour les citoyen.ne.s peut susci­ter un débat poli­tique de grande ampleur sur les consé­quences des poli­tiques d’aus­té­rité, les choix de déve­lop­pe­ment sur le long terme, sur la mise en concur­rence des terri­toires. Ensemble! propose que le Front de Gauche engage dès main­te­nant un travail d’éla­bo­ra­tion pour propo­ser une nouvelle démarche poli­tique commune aux parte­naires poten­tiels (mouve­ments sociaux alter­na­tifs, EELV, Nouvelle Donne, socia­listes dissi­dent.e.s, courants écolo­gistes anti­li­bé­raux/décrois­sants, NPA etc) pour construire des conver­gences alter­na­tives, et, à toutes les forces qui le souhaitent, un accord natio­nal enga­geant dans le même mouve­ment la construc­tion de listes communes, ainsi qu’un proces­sus asso­ciant des citoyen.ne.s engagé.e.s dans des luttes et actions éman­ci­pa­trices, en oppo­si­tion à la poli­tique menée par le PS tant au gouver­ne­ment que dans la grande majo­rité des régions. Ces diffé­rentes forces doivent sortir d’une logique de divi­sion et de concur­rence et ont une respon­sa­bi­lité impor­tante pour faire entendre une autre voix à gauche, pour construire des conver­gences avec celles et ceux qui contestent les poli­tiques d’aus­té­rité et les logiques capi­ta­listes et produc­ti­vistes.

Cet accord natio­nal devrait à partir des compé­tences propres aux régions défi­nir un profil poli­tique alter­na­tif aux poli­tiques d’aus­té­rité qui réduisent les dota­tions parti­cu­liè­re­ment aux collec­ti­vi­tés terri­to­riales. Il s’agit de défendre une idée simple : pas de réduc­tion des inéga­li­tés entre les citoyen.ne.s et les terri­toires sans dépense publique, sans soli­da­rité dans une logique anta­go­nique à la doxa libé­rale et à la poli­tique suivie par ce gouver­ne­ment.

La mise en place de treize nouvelles régions qui seront le cadre poli­tique de ces élec­tions est une opéra­tion tech­no­cra­tique, anti­dé­mo­cra­tique (à aucun moment les popu­la­tions n’ont été consul­tées) et libé­rale visant à orga­ni­ser une compé­ti­tion entre les terri­toires et une réduc­tion du péri­mètre d’in­ter­ven­tion des services publics. Il s’agit donc de reje­ter ce décou­page et de s’in­té­res­ser aux besoins de la popu­la­tion plutôt qu’aux exigences des chambres de commerce et d’in­dus­trie. A l’in­verse, nos listes doivent dans un contexte absten­tion­niste défendre la pers­pec­tive de trans­ferts de déci­sions direc­te­ment aux citoyen.ne.s ce qui implique la défi­ni­tion de nombreux droits d’in­ter­ven­tion dans les terri­toires et les entre­prises, une lutte contre toutes les discri­mi­na­tions et de nouveaux rapports de coopé­ra­tion entre mobi­li­sa­tion et élu.e.s.

Dans chaque nouvelle région existe un projet d’équi­pe­ment inutile et dange­reux (aéro­port, Sivens, Flaman­vil­le…) qui suscite des mobi­li­sa­tions dont nous sommes partie prenante. Nous souhai­tons que la coali­tion que nous enten­dons construire se situe en soutien et en relais de ces luttes et que, lorsqu’un désac­cord surgit sur la perti­nence de tel ou tel projet, celle-ci se prononce systé­ma­tique­ment en s’en­ga­geant à orga­ni­ser un réfé­ren­dum sur le sujet c’est-à-dire en faisant tran­cher direc­te­ment la popu­la­tion. Dans l’en­semble des régions se déve­loppe un tissu d’en­tre­prises d’éco­no­mie soli­daire, de réseaux de distri­bu­tion alter­na­tifs, d’ex­pé­riences de mise en régie d’ac­ti­vi­tés aupa­ra­vant gérées par le prive, d’as­so­cia­tions cultu­relles, d’édu­ca­tion popu­laire, qui doivent deve­nir une prio­rité régio­nale dans l’at­tri­bu­tion des fonds publics.

Le Parti Socia­liste domine les conseils régio­naux. L’ex­pé­rience des muni­ci­pales et des dépar­te­men­tales montre que le rejet de la poli­tique gouver­ne­men­tale provoque de lourdes pertes terri­to­riales, une absten­tion massive, une instal­la­tion du FN à un niveau jamais atteint, et fina­le­ment une victoire par défaut de la droite. C’est-à-dire une situa­tion de tous les dangers qui ne permet pas à ce stade de faire surgir au-delà de bons scores locaux une force de trans­for­ma­tion sociale et écolo­gique de gauche alter­na­tive à la poli­tique du gouver­ne­ment. Si nous voulons sortir d’un tripar­tisme morti­fère pour la gauche, il nous faut construire une nouvelle dyna­mique sociale et poli­tique, parti­ci­pa­tive, qui boule­verse les scéna­rii noirs annon­cés. A ce stade, marqué par des remo­bi­li­sa­tions sociales et écolo­giques insuf­fi­santes pour modi­fier les rapports de force et mettre en échec le gouver­ne­ment, la respon­sa­bi­lité pour les listes régio­nales repose sur la capa­cité des forces poli­tiques à s’en­tendre, à propo­ser dans chaque région une véri­table alter­na­tive aux élec­teurs et élec­trices, et à commen­cer à déve­lop­per une nouvelle arti­cu­la­tion entre social et poli­tique.

C’est pourquoi nous souhai­tons un accord natio­nal entre le Front de Gauche, EELV, Nouvelle Donne, socia­listes dissi­dent.e.s, avec les forces locales et natio­nales qui partagent cette démarche, les mili­tant.e.s du mouve­ment social, afin de créer les condi­tions d’une dyna­mique natio­nale. Le NPA a rejeté ce type d’ac­cord lors de son congrès mais il ne s’agit pas de se satis­faire de cette posi­tion. Il convient d’in­vi­ter natio­na­le­ment et loca­le­ment cette force à rejoindre cette pers­pec­tive. A défaut nous souhai­tons le maxi­mum d’ac­cords régio­naux ce qui implique dans les deux cas une démarche commune de conver­gence du Front de Gauche et donc un posi­tion­ne­ment natio­nal rapide de celui-ci à l’image de ce qui a été réalisé aux dépar­te­men­tales. Nous souhai­tons que la consti­tu­tion des listes réponde conjoin­te­ment à deux soucis : – une asso­cia­tion de celles et ceux qui s’en­gagent dans cette campagne à la consti­tu­tion des listes et à l’ani­ma­tion de la campagne. – une repré­sen­ta­tion équi­li­brée des forces poli­tiques. Des rencontres doivent égale­ment être enga­gées pour rencon­trer tous les parte­naires poten­tiels (collec­tifs citoyens, person­na­li­tés, asso­cia­tions issues de l’im­mi­gra­tion…)

Cette élec­tion est à deux tours, et il s’agit pour nous de porter ces exigences en toute indé­pen­dance aux deux tours de scru­tin. Ne peuvent se main­te­nir que les listes ayant fran­chi les 10% et fusion­ner celles ayant atteint le seuil des 5%. La ques­tion d’une éven­tuelle fusion des listes sera déter­mi­née région par région, en fonc­tion de consi­dé­ra­tions régio­nales.

Des fusions au second tour sont envi­sa­geables, si elles n’im­pliquent pas un enga­ge­ment de soli­da­rité de gestion avec la poli­tique du PS – ce qui implique une liberté de nos élu.e.s sur tous les votes – afin de permettre :

– que soit respecté le poids des votes expri­més sur les diffé­rentes orien­ta­tions lors du premier tour,

–  de se rassem­bler face au danger du FN

–  de ne pas lais­ser la droite rempor­ter une nouvelle victoire, tout en défen­dant une alter­na­tive de gauche anti­li­bé­rale.

Dans ces cas, nos candi­dat.e.s réaf­fir­me­ront, entre les deux tours et après, nos orien­ta­tions du premier tour, car nos repré­sen­tant.e.s doivent relayer nos orien­ta­tions, les luttes sociales et écolo­giques, et les mobi­li­sa­tions citoyennes, dans les conseils régio­naux.

La ques­tion de l’éven­tuelle parti­ci­pa­tion aux exécu­tifs n’est pas un préa­lable à la consti­tu­tion de listes avec les autres forces poli­tiques du Front de Gauche et de la coali­tion plus large. Cette ques­tion est du ressort de chaque forma­tion. Pour notre part, nous ne parti­ci­pe­rons pas à des exécu­tifs qui refu­se­raient la liberté de vote de nos élu.e.s ou qui mène­raient des poli­tiques contra­dic­toires avec les enga­ge­ments que nous avons défen­dus au premier tour. Etant donné l’orien­ta­tion actuelle du PS, nous défen­drons auprès de nos parte­naires l’idée de ne pas s’en­ga­ger dans une coges­tion et des exécu­tifs qui mène­ront des poli­tiques libé­rales et d’aus­té­rité.

Le Collec­tif natio­nal d’En­semble ! le 07/06/2015.

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