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A l’ap­pel de la LDH rassem­ble­ment contre l’an­ti­sé­mi­tisme et le racisme

Quand :
19 février 2019 @ 19h00 – 20h00
2019-02-19T19:00:00+01:00
2019-02-19T20:00:00+01:00
Où :
Place d'Armes devant l'Hôtel de ville
Place du Maréchal Leclerc
86000 Poitiers
A l'appel de la LDH rassemblement contre l’antisémitisme et le racisme @ Place d'Armes devant l'Hôtel de ville

la section LDH de Poitiers vous invite à rejoindre l’une ou l’autre de ces mani­fes­ta­tions :

ce mardi 19 février à 19h 

à Poitiers devant la Mairie

 et à Châtel­le­rault devant l’ Espla­nade François Mitter­rand

Info Conseil Muni­ci­pal de Poitiers :

Rassem­ble­ment contre l’an­ti­sé­mi­tisme

Assez ! Non à l’an­ti­sé­mi­tisme !

Le conseil muni­ci­pal appelle l’en­semble des poite­vins à un grand rassem­ble­ment contre l’an­ti­sé­mi­tisme et le racisme mardi 19 février, à 19h place Leclerc.

Info section LDH de Châtel­le­rault

Notre section s’as­so­cie à l’ini­tia­tive du PS rejoint par plusieurs partis poli­tiques d’ap­pe­ler à un rassem­ble­ment mardi 19 février à 19h Espla­nade François-Mitter­rand.

Et en copier coller ci-dessous les derniers commu­niqués parus sur ldh-france.org, dont celui de ce jour

Non à la haine

Commu­niqué LDH 15 02 19

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a rappelé le 13 février 2019, dans un commu­niqué « Ne lais­sons pas l’an­ti­sé­mi­tisme rele­ver la tête », l’im­por­tance de ce combat commun de toutes celles et de tous ceux qui s’at­tachent à faire vivre au quoti­dien l’idéal répu­bli­cain de la frater­nité, de l’éga­lité et de la liberté.

La LDH appelle en consé­quence à soute­nir partout en France les initia­tives inscrites dans ce cadre pour refu­ser toute bana­li­sa­tion et faire recu­ler la haine.

Paris, le 15 février 2019

Ne lais­sons pas l’an­ti­sé­mi­tisme rele­ver la tête

Commu­niqué LDH du 13 février 19

Treize ans après l’as­sas­si­nat ignoble d’Ilan Halimi, l’an­ti­sé­mi­tisme se mani­feste pour ce qu’il est : lâche, ignoble, dange­reux. Le 13 février 2006, on retrou­vait le corps sans vie et sauva­ge­ment mutilé d’un jeune homme, assas­siné après quatorze jours de torture. Pour la seule raison qu’il était juif. D’autres morts sont surve­nues par la suite, d’autres atten­tats ont ensan­glanté l’ac­tua­lité.

A chaque fois, la France a mani­festé son effroi, sa colère et sa volonté de ne pas se lais­ser inti­mi­der et de rester campée sur les valeurs de la Répu­blique. Au diapa­son de cette affir­ma­tion d’hu­ma­nité, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), comme toutes les asso­cia­tions anti­ra­cistes, a dénoncé le crime, mani­festé dans l’es­pace public son deuil et sa déter­mi­na­tion, a engagé les pouvoirs publics, les citoyennes et les citoyens à ne pas bais­ser la garde face aux idéo­lo­gies racistes, à mobi­li­ser des moyens, pour l’édu­ca­tion comme pour la répres­sion, à s’op­po­ser aux idéo­lo­gies de divi­sions et de mises en oppo­si­tion des uns avec les autres. Des progrès ont été faits, beau­coup restent à faire. Et le temps presse. Voilà en effet que, profi­tant d’une période où les pouvoirs publics, les médias, les élus natio­naux et terri­to­riaux voient leur légi­ti­mité mise en cause de façon exacer­bée, des indi­vi­dus multi­plient les provo­ca­tions immondes : le mot « Juden » stig­ma­tise, à la pein­ture jaune, la devan­ture d’une boulan­ge­rie juive, des croix gammées sont appliquées sur le visage de Simone Veil, les arbres plan­tés en hommage à Ilan Halimi sont tran­chés. Tout cela surgit sur fond d’un déver­se­ment régu­lier de propos anonymes sur les réseaux sociaux, où se mêlent anti­sé­mi­tisme, théo­ries conspi­ra­tion­nistes, propos outra­geu­se­ment menson­gers, alors que des slogans d’ex­trême droite réap­pa­raissent sur les murs et que des quenelles sont soigneu­se­ment mises en scène à desti­na­tion des médias. Aucun de ces actes ne peut être bana­lisé. Tous doivent être répri­més pour ce qu’ils sont. Qu’ils s’ex­priment sur les murs, dans les rues ou sur les réseaux, la haine et l’en­cou­ra­ge­ment à passer à l’acte sont into­lé­rables car le danger est réel : lais­ser faire, bana­li­ser, c’est accep­ter que chacun d’entre nous puisse être menacé, insulté, agressé en raison de sa reli­gion, de ce qu’il est, ce qu’il est supposé être…

Agir contre tous les préju­gés, les révi­sion­nismes, les fantasmes complo­tistes, éviter les replis commu­nau­taires obscu­ran­tistes passe donc par un effort signi­fi­ca­tif en termes de vigi­lance, d’in­ter­ven­tions en milieu scolaire, de promo­tion de la mémoire et de sensi­bi­li­sa­tion partout, pour toutes et tous. La respon­sa­bi­lité des éditeurs et des diffu­seurs est égale­ment à inter­pel­ler. Parce que cette mobi­li­sa­tion géné­rale que la LDH appelle de ses vœux est une mobi­li­sa­tion pour la liberté de tous et de chacun, elle exclut toute instru­men­ta­li­sa­tion au service de telle ou telle consi­dé­ra­tion de tactique poli­ti­cienne, d’une quel­conque volonté de limi­ta­tion des liber­tés publiques.

La LDH pour­sui­vra inlas­sa­ble­ment son action dans ce sens. C’est le combat commun de toutes celles et tous ceux qui s’at­tachent à faire vivre au quoti­dien l’idéal répu­bli­cain de la frater­nité, de l’éga­lité et de la liberté.

Paris, le 13 février 2019

18 février – Tribune de Michel Tubiana « Du bon usage de l’an­ti­sé­mi­tisme en poli­tique » publiée dans Media­part

Tribune de Michel Tubiana, président d’hon­neur de la LDH, à lire dans Media­part

Bien sûr que les insultes essuyées par Alain Finkiel­kraut relèvent d’une parole anti­sé­mite dégui­sée. A l’évi­dence, le mot sionisme n’est ici que le cache sexe de l’an­ti­sé­mi­tisme. Et rien ne peut rela­ti­vi­ser cette réalité. Même pas l’ire réac­tion­naire d’un acadé­mi­cien qui rêve d’un pays fantasmé et propriété des élites, surtout pas le double discours d’un oppo­sant à la colo­ni­sa­tion et au gouver­ne­ment actuel d’Is­raël dont la voix ne se fait entendre que lorsqu’il s’agit de défendre Israël, pas plus lorsqu’il s’agit de poin­ter les inco­hé­rences éner­vées d’un intel­lec­tuel qui en 2002 évoquait le souve­nir de « la nuit de Cris­tal » à propos des actes anti­sé­mites en France ou, en 2005, à propos de la révolte des banlieues, les « pogroms anti­ré­pu­bli­cains », pour finir par expri­mer sa peur de « l’im­mi­gra­tion de peuple­ment » et du « grand rempla­ce­ment ».

Qu’A­lain Finkiel­kraut attire et attise la haine ne saurait justi­fier ni cette haine, ni sa nature raciste et anti­sé­mite. C’est la raison pour laquelle, avant de prendre en consi­dé­ra­tion ce qui peut déplaire dans le person­nage, les insultes qu’il a suppor­tées impliquent une condam­na­tion sans réserve car, au-delà de l’in­di­vidu qu’elles atteignent, il s’agit là d’une agres­sion contre le fonde­ment de tout contrat social.

Est-ce une raison pour faire de ceux et celles qui se proclament anti­sio­nistes des délinquants ? C’est pour­tant ce que souhaitent, paraît-il, une tren­taine de dépu­tés se sentant, sans doute, soute­nus par un président de la Répu­blique qui a cru bon d’abon­der en ce sens et d’in­tro­ni­ser Benja­min Neta­nya­hou comme repré­sen­tant des juifs du monde entier.

Il est vrai que la Cour de cassa­tion a déjà cru bon d’as­si­mi­ler l’ap­pel au boycott des produits israé­liens à une mani­fes­ta­tion d’an­ti­sé­mi­tisme. On attend avec impa­tience ce que dira la Cour euro­péenne des droits de l’Homme d’une inter­pré­ta­tion si exten­sive du droit pénal français et si restric­tive de la liberté d’ex­pres­sion.

Je ne suis pas de ceux et celles qui délé­gi­ti­ment l’exis­tence de l’Etat d’Is­raël. On peut gloser à l’in­fini sur les raisons qui ont amené à sa créa­tion, sur la catas­trophe qu’a repré­sen­tée cette créa­tion pour les habi­tants chré­tiens et musul­mans de la Pales­tine (sauf à nier l’évi­den­ce…), etc. Le débat histo­rique n’a d’in­té­rêt qu’en ce qu’il redresse certains mythes (les Pales­ti­niens n’existent pas et sont partis d’eux-mêmes, il n’y avait pas de juifs en Pales­tine, par exemple) mais il ne résout en rien la contra­dic­tion qui perdure depuis plus de 100 ans et qui s’ex­prime aujourd’­hui autour d’une réalité simple et cruelle : une nation occu­pante d’une nation occu­pée et colo­ni­sée.

C’est pourquoi, j’ai du mal à m’iden­ti­fier à un débat qui mêle­rait anti ou pro sioniste et pro ou anti Pales­ti­nien. La seule ques­tion qui vaille c’est celle du droit, du droit d’Is­raël à exis­ter et du droit du peuple pales­ti­nien à avoir son Etat. Or, à ce jour, c’est bien la deuxième partie de la propo­si­tion qui est niée : ce n’est pas l’exis­tence d’Is­raël qui est mena­cée par les Pales­ti­niens, c’est le droit des pales­ti­niens à exis­ter qui leur est refusé par une puis­sance occu­pante qui béné­fi­cie d’ap­puis qui vont de la caution active, j’évoque ici les USA, à une lâche compli­cité, j’évoque ici l’Union euro­péenne, y compris la France.

Il y aurait donc une certaine incon­gruité à vouloir légi­fé­rer à ce propos alors et surtout que personne ne songe à incri­mi­ner ceux et celles, en Israël comme en France, y compris dans la repré­sen­ta­tion natio­nale, qui contestent le droit des Pales­ti­niens à avoir leur Etat voire vont jusqu’à nier leur exis­tence !

Renvoyer le débat poli­tique au juge, en deçà des limites qui mettent en cause les prin­cipes essen­tiels, n’a jamais rien produit d’autres qu’une restric­tion aux règles démo­cra­tiques au mieux et une radi­ca­li­sa­tion morti­fère au pire.

Déjà injus­ti­fiable, cette crimi­na­li­sa­tion du débat autour d’Is­raël et du sionisme est tota­le­ment contre­pro­duc­tive au regard des objec­tifs que lui assignent ses soutiens.

Dire que l’an­ti­sio­nisme ne recouvre pas, chez certains, une mani­fes­ta­tion d’an­ti­sé­mi­tisme serait scan­da­leu­se­ment stupide. La défense des droits des Pales­ti­niens a servi de cache-sexe à bien des pouvoirs et à bien des mani­pu­la­tions. Des régimes arabes qui mobi­lisent les foules sur ce thème pour éviter qu’elles se préoc­cupent de leur propre sort, aux pseu­dos idéo­logues en même temps qu’an­ti­sé­mites avérés comme Soral et consorts, les Pales­ti­niens ont subi plus qu’à raison cette instru­men­ta­li­sa­tion. Qu’il faille lutter contre cela, nul n’en discon­vient et le code pénal contient suffi­sam­ment de dispo­si­tions pour condam­ner quiconque s’aven­ture sur ce terrain.

Aller au-delà ne permet­tra que d’in­ter­dire toute critique de la poli­tique des gouver­ne­ments israé­liens.

C’est bien l’objec­tif recher­ché dans la tenta­tive de l’IHRA [1] de faire adop­ter une défi­ni­tion norma­tive de l’an­ti­sé­mi­tisme. Outre la pauvreté intel­lec­tuelle que recèle le texte proposé, ce sont les exemples, en parti­cu­lier l’un d’entre eux, qui éclairent l’as­si­mi­la­tion des critiques que supportent la poli­tique israé­lienne à de l’an­ti­sé­mi­tisme. Cette propo­si­tion de défi­ni­tion est, en effet, assor­tie d’exemples de mani­fes­ta­tions d’an­ti­sé­mi­tisme dont celle-ci : « Appliquer deux poids, deux mesures en impo­sant à celui-ci [l’Etat d’Is­raël] un compor­te­ment non attendu ni exigé de la part d’un autre pays démo­cra­tique. »

On ne peut dire plus clai­re­ment que ce qui est ainsi recher­ché c’est l’ab­so­lu­tion et l’im­pu­nité de la poli­tique israé­lienne.

Cette tenta­tive, soute­nue par le ban et l’ar­rière-ban des orga­ni­sa­tions commu­nau­taires juives, comme la volonté de crimi­na­li­ser le discours anti­sio­niste, ne servi­ront nulle­ment à combattre l’an­ti­sé­mi­tisme mais, tout au contraire, à le renfor­cer. En assi­mi­lant une mani­fes­ta­tion de racisme into­lé­rable à une critique fût-elle radi­cale, d’Is­raël et de sa poli­tique, ce sont tous les juifs qu’on assi­mile ainsi aux erre­ments de celle-ci et, parti­cu­liè­re­ment, à ce qu’elle conduit à faire subir au peuple pales­ti­nien.

Si l’on voulait tirer un trait d’union entre juifs français ou d’autre natio­na­li­tés et le discours raciste et les pratiques déshu­ma­ni­santes des auto­ri­tés israé­liennes, on ne s’y pren­drait pas autre­ment.

C’est le chemin que s’ap­prêtent à emprun­ter ceux et celles qui caressent l’idée d’in­tro­duire la dimen­sion de l’an­ti­sé­mi­tisme dans la critique des gouver­ne­ments israé­liens.

C’est le chemin qu’a déjà emprunté le président de la Répu­blique en invi­tant Benja­min Neta­nya­hou à la céré­mo­nie du Vel d’Hiv et en y recou­rant à ce même syllo­gisme.

Lequel Neta­nya­hou s’est empressé de remer­cier Emma­nuel Macron en réunis­sant à Jéru­sa­lem ce quar­te­ron de gouver­ne­ments auto­ri­taires et plus ou moins anti­sé­mites du groupe de Vise­grad.

Non, critiquer la poli­tique israé­lienne, récla­mer l’ap­pli­ca­tion de sanc­tions devant le refus perma­nent des auto­ri­tés israé­liennes de respec­ter le droit inter­na­tio­nal, exiger que les produits israé­liens qui arrivent sur nos tables et dans nos maga­sins ne soient pas issus des colo­nies, tenter de faire juger les géné­raux israé­liens coupables de crimes de guerre, dénon­cer la discri­mi­na­tion dont sont victimes les hommes et femmes d’Is­raël qui ne sont pas juifs, tout cela n’a rien à voir avec l’an­ti­sé­mi­tisme.

Cela concerne l’idée qu’il n’y a qu’une seule huma­nité soumise aux mêmes règles.

Paris, le 18 février 2019

Michel Tubiana, Président d’hon­neur de la LDH

[1] https://www.holo­caus­tre­mem­brance.com/

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