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Après le blocage de BlackRock : nous sommes fier-e-s de cette jeunesse !

TRIBUNE À SIGNER PAR PERSONNALITÉS AVANT DIMANCHE 16 FÉVRIER À 18h (envoyez vos signa­tures à l’adresse suivante : soutienjeu­nes­cli­mat@­ri­seup.net

En juillet 2019, Emma­nuel Macron exhor­tait les mani­fes­tant-e-s pour le climat à « rendre la vie impos­sible aux diri­geants ».

Lundi 10 février, il a été pris au mot : des centaines de mani­fes­tant-e-s Youth for Climate et d’autres collec­tifs ont envahi le siège de la multi­na­tio­nale BlackRock et l’ont bloqué pendant deux heures en empê­chant son fonc­tion­ne­ment.

Alors que la contes­ta­tion de la réforme des retraites se pour­suit depuis deux mois, cette action est un bel exemple d’al­liance des luttes sociales et écolo­gistes. Avec 7000 milliards dans son porte­feuille, BlackRock est le plus grand gestion­naire d’ac­tifs au monde. Sa succur­sale française attend avec impa­tience la destruc­tion du système de retraites par répar­ti­tion pour mettre la main sur l’épargne des retrai­tés. Malgré son green­wa­shing, elle est le premier inves­tis­seur des béton­neurs et des compa­gnies pétro­lières, à commen­cer par Vinci et Total.

Cette action ouvre la voie d’une écolo­gie lucide et radi­cale, qui pointe direc­te­ment les respon­sables du désastre actuel. Beau­coup des mani­fes­tant-e-s sont très jeunes, voire mineurs. Quelques bureaux ont été tagués, des chaises et des dossiers renver­sés : après avoir lancé l’alerte de mille manières sans jamais être écou­tée, cette jeunesse assume désor­mais de commettre des dégra­da­tions maté­rielles minimes dans les locaux de BlackRock pour éviter des dégra­da­tions écolo­giques et sociales terribles dont les incen­dies en Amazo­nie, Austra­lie et ailleurs ne sont que des avant-goûts. La violence n’est pas dans cette action mais dans la destruc­tion de la planète.

17 personnes ont été inter­pellé-e-s, 13 placées en garde à vue. Pour le moment la plupart sont sortis avec un rappel à la loi, mais deux personnes passe­ront en procès sous peu. Quelles que soient nos posi­tions sur les tactiques et les modes d’ac­tion, nous refu­sons de crimi­na­li­ser et de condam­ner ces mani­fes­tant-e-s. Nous n’en pouvons plus d’as­sis­ter à cette défer­lante de violence sur cette jeunesse enga­gée qu’elle agisse dans les lycées, les quar­tiers popu­laires ou les mani­fes­ta­tions pour le climat.

Nous sommes fier-e-s de cette jeunesse consé­quente qui a décidé de prendre en main non seule­ment son avenir mais l’ave­nir du vivant.

Nous sommes fier-e-s de cette jeunesse consé­quente qui a bien appris sa leçon de science, et vient nous sommer d’écou­ter les alertes du GIEC, de l’IPBES et autres orga­ni­sa­tions scien­ti­fiques inter­na­tio­nales, là où nos déci­deurs écono­miques et poli­tiques sont encore dans le déni de la gravité des déré­gle­ments plané­taires en cours.

Nous sommes fier-e-s de cette jeunesse coura­geuse qui fait face à des poli­ciers lour­de­ment armés, à des pour­suites judi­ciaires toujours plus nombreuses, au mépris de toute une caste de puis­sants qui les traitent comme une menace.

Nous sommes fier-e-s de cette jeunesse déter­mi­née qui relève la tête et porte la tâche immense de répa­rer un monde dévasté.

C’est dans cette jeunesse qui ne se « tient pas sage » – peu importe son âge – que réside sans doute la plus grande sagesse. Si BlackRock dépo­sait plainte et que la justice déci­dait de pour­suivre ces mani­fes­tant-e-s, nous serons plei­ne­ment soli­daires. S’il s’avé­rait qu’on les quali­fie de « bande orga­ni­sée » ou « d’as­so­cia­tion de malfai­teurs », alors nous en sommes égale­ment, et sommes fier-e-s d’en faire partie.

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