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Commu­niqué de la Coor­di­na­tion Natio­nale : ASSEZ !

6 mai 2020

ASSEZ !

Exigeons la gratuité des masques ! Repre­nons les choses en main : réap­pro­prions-nous notre Sécu­rité Sociale en exigeant le rembour­se­ment des exoné­ra­tions scan­da­leuses, en augmen­tant ses ressources et en réta­blis­sant une gestion démo­cra­tique. 

Ouvrons partout la concer­ta­tion sur la poli­tique de santé dont nous avons besoin pour que la crise que nous venons de vivre, qui va durer encore un certain temps, ne se repro­duise plus : états géné­raux, cahiers de doléances, obser­va­toires locaux de la santé…

Usagers, person­nels, élus, inven­tons ensemble la poli­tique de santé dont notre pays a besoin, il y a urgence et, dès main­te­nant, exigeons la prise en charge du Covid 19 à 100% par la Sécu­rité Sociale comme pour tous les soins.
Assez de belles paroles sur l’hô­pi­tal, assez de sanglots longs sur les hospi­ta­liers, Mesdames et Messieurs qui nous gouver­nez, un peu de dignité, lorsqu’on fait des choix, il faut les assu­mer.
La popu­la­tion a applaudi les soignants à juste titre : les person­nels ont montré la remarquable capa­cité d’adap­ta­tion de l’hô­pi­tal et cela n’a été possible que parce que c’est un service public.
Et cela, malgré tous les obstacles sur leur route, consé­quences des choix poli­tiques cala­mi­teux depuis de nombreuses années.


Un petit rappel histo­rique :
1979. La Loi pour la première fois permet de suppri­mer des services et des lits
1990. Premiers grands plans de suppres­sion de lits et d’ef­fec­tifs
2004. Mise en place de la tari­fi­ca­tion à l’ac­ti­vité (T2A). L’hô­pi­tal est rému­néré selon son acti­vité et devient ainsi une entre­prise qui doit maxi­mi­ser sa produc­tion (les actes de soin) en dimi­nuant sa masse sala­riale


De 2008 à 2018. L’aus­té­rité budgé­taire s’ac­cen­tue : 8 milliards d’eu­ros sur le dos des hôpi­taux
De 2010 à 2017. La produc­ti­vité augmente de 15% dans les hôpi­taux, les effec­tifs seule­ment de 2%
2018. 4200 lits fermés sur cette seule année


Au total, c’est près de 100 000 lits qui ont été fermés dans notre pays ces 30 dernières années. Si certains pays arrivent à mieux affron­ter cette crise sani­taire (avec moins de décès), en plus d’une poli­tique de tests géné­ra­li­sée, c’est qu’ils ont fait le choix de mettre plus de moyens dans la santé, l’Al­le­magne c’est 8 lits pour 1000 habi­tants, la Corée du sud 14 lits… pour seule­ment 6 lits pour la France.


Pour les EHPADs, une récente commis­sion parle­men­taire préco­ni­sait un ratio de 0,6 person­nel par résident, sans l’ob­te­nir alors que certains pays pratiquent la poli­tique du 1 pour 1.


Faut-il ajou­ter le secteur de la Psychia­trie en très grande souf­france encore augmen­tée avec le covid 19 ?

Les gouver­ne­ments succes­sifs ont fait le choix de sabor­der l’hô­pi­tal public. Le choix de l’argent et non de l’hu­main.
Et n’al­lez surtout pas croire les belles paroles, le « plus jamais ça » de notre Président car la casse conti­nue de plus belle et la crise actuelle va permettre d’ac­cé­lé­rer l’ap­pli­ca­tion de la dernière loi « ma santé 2022 », dite loi Buzyn, avec Véran aux manettes qui opérait déjà sous…Tou­raine.
Les ferme­tures de lits et suppres­sions de postes vont conti­nuer comme au CHU de Nancy, au Vina­tier de Lyon ou à l’hô­pi­tal de Douai les ferme­tures de services « provi­soires » pour cause de Covid 19 comme les Urgences à Concar­neau et à Lave­la­net, la Chirur­gie au Blanc, qui risquent de s’éter­ni­ser.
Cela va permettre de label­li­ser les fameux « hôpi­taux de proxi­mité » dans lesquels il n’y aura plus que des soins de suite et de réadap­ta­tion (SSR) ou de la méde­cine à orien­ta­tion géria­trique. Le reste des établis­se­ments, les hôpi­taux « pivots » des Grou­pe­ments Hospi­ta­liers de terri­toire (GHT) ne vont plus pouvoir faire face à l’aug­men­ta­tion d’ac­ti­vité à moyens constants mais, comme pour le Covid 19, le secteur privé sera là et, comme pour le Covid 19, il pren­dra en charge ce qui lui rappor­tera le plus : chirur­gie program­mée, cancé­ro­lo­gie…. Tout cela est déjà bien huilé et permet­tra ce que la loi appelle : aller au bout des GHT en mutua­li­sant avec le secteur privé. C’est vrai quoi, nous sommes un peu ringards à vouloir défendre le public à toute force !
Mais, comme le dit la formule, quand tout sera privé, nous serons privés de tout et pour les soins : dépas­se­ments d’ho­no­raires, refus de prise en charge, notam­ment des béné­fi­ciaires de la CMU… Voilà ce que le privé va nous offrir et nous n’au­rons plus d’autre choix que le renon­ce­ment aux soins.
L’hô­pi­tal public a donc bel et bien été bradé sur l’au­tel de la renta­bi­lité finan­cière, mais il en est de même pour la recherche avec les consé­quences drama­tiques suite à l’ar­rêt des recherches publiques sur les vaccins, par exemple.
Le premier recours a été aban­donné à la « liberté d’ins­tal­la­tion », en fait la priva­tion du droit d’être soigné correc­te­ment dans toute une partie de notre pays
Même catas­trophe avec le choix d’ex­ter­na­li­ser la produc­tion de maté­riels néces­saires à la santé : masques, gels, réac­tifs pour les tests, respi­ra­teurs…
Il est plus que temps de nous mêler de ce qui nous regarde : notre santé.
Le Président a dit que nous étions en guerre, argu­ment plus que discu­table qui va permettre de muse­ler la démo­cra­tie pendant un bon moment.
Il est vrai que notre pays, à l’is­sue de la pandé­mie, va se trou­ver presque aussi exsangue qu’à la sortie de la 2ème guerre mondiale. Alors, rappe­lons-nous que c’est à ce moment que le Conseil Natio­nal de la résis­tance (CNR) a créé la Sécu­rité Sociale, a natio­na­lisé les indus­tries dont les produc­tions étaient indis­pen­sables à la vie de la nation. Repre­nons les choses en main !

La décla­ra­tion

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