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12° festi­val Raisons d’Agir Poitiers : « Consom­mez ! Consom­mons ? »

Quand :
29 mars 2017 @ 10h00 – 31 mars 2017 @ 20h30
2017-03-29T10:00:00+02:00
2017-03-31T20:30:00+02:00
Où :
86000 Poitiers
France
12° festival Raisons d'Agir Poitiers :  « Consommez ! Consommons ? » @ Poitiers | Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes | France

Festi­val Raisons d’agir 2017 – Consom­mez ! Consom­mons ?


Du mercredi 29 au vendredi 31 mar 2017 à Poitiers 
Espace Mendès France, faculté sciences humaines et arts, cinéma Le Dietrich, Plan B

Tous publics. Accès libre.

Ce festi­val multi­forme, acces­sible à toutes et tous, s’at­tache à croi­ser les expé­riences indi­vi­duelles et collec­tives, ainsi que les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes et la sensi­bi­lité des artistes.

Co-orga­nisé avec l’as­so­cia­tion Raisons d’agir avec le soutien de nombreux parte­naires.

Télé­char­gez l’af­fiche et le programme.

Programme

Suscep­tible de modi­fi­ca­tions, actua­lisé sur festi­val­rai­son­sa­gir.org

L’injonc­tion à consom­mer est partout : elle s’in­cruste sur nos écrans, enva­hit notre vie privée, s’in­si­nue jusque dans la sphère de la santé ou de l’édu­ca­tion. Pour­tant la volonté de rompre avec cet état de choses semble resur­gir de toutes parts, dans les expé­riences d’au­to­pro­duc­tion, les circuits courts ou les nouvelles pratiques de coopé­ra­tion, aussi bien que dans les débats de « Nuit debout » ou dans certains programmes élec­to­raux. Il n’est que temps. Les menaces sur le climat et sur la biodi­ver­sité supposent de révi­ser au plus vite nos modes de produc­tion et de consom­ma­tion. Les périls liés à la montée des idéo­lo­gies réac­tion­naires invitent à repen­ser tout ce qui nous est commun.

Pour sa douzième édition, le Festi­val Raisons d’Agir s’in­té­res­sera donc à la consom­ma­tion, à l’ana­lyse que l’on peut faire du phéno­mène et aux expé­riences qui s’ef­forcent d’en redes­si­ner les contours. Il s’agira d’in­ter­ro­ger la fabrique, non seule­ment du consom­ma­teur mais, au-delà, de l’idée même de marchan­dise et de marchan­di­sa­tion de nos socié­tés ; de réflé­chir aux tensions, aux luttes qui traversent l’acte de consom­ma­tion ; de ques­tion­ner, aussi, des façons alter­na­tives de consom­mer comme de produire.

Fidèle à sa formule, le festi­val asso­ciera le regard objec­ti­vant des cher­cheurs à celui, autre­ment subjec­tif, des artistes, des mili­tants et des étudiants, afin de mener une réflexion collec­tive sur les débats poli­tiques contem­po­rains et ainsi d’y prendre part. Il s’agira de croi­ser, sur ces ques­tions diffi­ciles, les expé­riences indi­vi­duelles et collec­tives, les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes et la sensi­bi­lité des artistes.

Le festi­val Raisons d’agir est orga­nisé par l’as­so­cia­tion Raisons d’agir-Poitiers, en parte­na­riat avec l’Es­pace Mendès France et le cinéma Le Dietrich, avec le soutien finan­cier de la ville de Poitiers, de l’U.F.R Lettres et Langues et de l’U.F.R. Sciences Humaines et Arts de l’uni­ver­sité de Poitiers.

Infor­ma­tions pratiques

Entrée gratuite à tous les évè­ne­ments sauf pour la projec­tion du jeudi soir, au Cinéma Le Dietrich.

Mercredi 29 mars 2017
Luttes autour de l’ex­ten­sion de la consom­ma­tion

à l’es­pace Mendès France

Jour­née co-orga­ni­sée avec la CGT, la FSU et Soli­daires, ouverte à la forma­tion syndi­cale. Pour parti­ci­per à cette jour­née, les sala­riés du public peuvent dépo­ser une demande d’au­to­ri­sa­tion d’ab­sence pour forma­tion syndi­cale. Comme l’en­semble du festi­val, cette jour­née est ouverte à tous les publics. L’objec­tif est préci­sé­ment de croi­ser les regards et les expé­riences, pour mieux appré­hen­der les ques­tions de société autour de la marchan­di­sa­tion et du consu­mé­risme.

10 h – 12 h TAFTA, CETA etc. : les enjeux de la qualité des produits et des services
Confé­rence – débat de Julien Rivoire, respon­sable natio­nal de la FSU chargé des ques­tions inter­na­tio­nales. Animée par Bertrand Geay, poli­tiste, et Patrick Lainé, ancien profes­seur, syndi­ca­liste.

Depuis bien­tôt 30 ans, inlas­sa­ble­ment, les mêmes solu­tions toutes faites reviennent à l’agenda. Pour « sortir de la crise », il faudrait déve­lop­per les échanges, expor­ter davan­tage, libé­rer l’ini­tia­tive privée. Les choix à faire en matière d’agri­cul­ture, d’in­dus­trie ou de services publics sont ici forte­ment dépen­dants les uns des autres. Est-ce que les besoins des popu­la­tions et les inté­rêts des peuples ne devraient pas guider les poli­tiques de coopé­ra­tion écono­mique ? Où en sont les trac­ta­tions entre l’Eu­rope et les pays améri­cains ? Comment inter­ve­nir sur ces enjeux ?

14 h – 16 h 30 Poli­tiques mana­gé­riales et usagers-clients à l’hô­pi­tal, à l’école et dans le travail social
Table-ronde avec Gilles Métais, psycho­logue au Centre hospi­ta­lier Labo­rit (CGT), Daniel Desce­liers, ancien forma­teur à l’IRTS de Poitiers (Soli­daires), Pascal Canaud, profes­seur de lycée (FSU). Animée par Pascal Bois­sel, psychiatre, et Hélène Stevens, socio­logue.

D’un côté, la montée du mana­ge­ment, de l’éva­lua­tion et de la ratio­na­lité comp­table. De l’autre, des usagers trans­for­més en clients, dépouillés de leur capa­cité à inter­ve­nir collec­ti­ve­ment sur la qualité des services rendus. Comprendre les logiques qui s’im­posent dans l’ac­tion quoti­dienne des person­nels de la santé, du médico-social ou de l’en­sei­gne­ment, c’est se donner les moyens d’ana­ly­ser la pres­sion qui s’exerce sur chacun et d’éla­bo­rer des stra­té­gies de résis­tance collec­tive à ce nouvel ordre des services publics.

17 h – 18 h L’enjeu poli­tique du « luxe ». Peut-on être consom­ma­teur et bon citoyen ?
Confé­rence de Anne Jollet, maîtresse de confé­rences en histoire moderne à l’Uni­ver­sité de Poitiers.

La ques­tion du luxe est vive dans les débats du XVIIIe siècle. Tous les penseurs de Voltaire à Dide­rot, et bien sûr Rous­seau, s’en sont saisis. Asso­cié à la pros­pé­rité, il peut signi­fier le raffi­ne­ment, l’adou­cis­se­ment des mœurs comme la dissi­pa­tion nuisible, la consom­ma­tion somp­tuaire, dila­pi­da­trice des fortunes et menaçante pour les bonnes mœurs. Les révo­lu­tion­naires améri­cains l’ont  placé du côté des socié­tés monar­chiques, favo­ri­sant l’os­ten­ta­tion inutile et immo­rale de l’iné­ga­lité des condi­tions. Dans la France de 1789, les cahiers de doléances appellent à taxer le luxe. La condam­na­tion du luxe comme consom­ma­tion super­flue est de plus en plus vive au fur et à mesure que les conflits sociaux trans­forment la révo­lu­tion. Il devient l’ex­pres­sion d’un égoïsme, asso­cié au monde ancien, et contraire aux devoirs civiques d’éga­lité et de frater­nité que la répu­blique requiert des bons citoyens. En quoi cette critique rejoint-elle nos préoc­cu­pa­tions actuelles ?

20 h 30 – 23 h Capi­ta­lisme, gaspillage consu­mé­riste et érosion du commun
Confé­rence-débat avec Gene­viève Azam, écono­miste, membre du conseil scien­ti­fique d’ATTAC. Présen­tée par Gilles Caire, écono­miste à l’uni­ver­sité de Poitiers.

Les biens comme l’eau, la nature ou la culture, dont nous sommes co-béné­fi­ciaires, font l’objet de stra­té­gies d’ap­pro­pria­tion sans cesse renou­ve­lées par les grandes entre­prises trans­na­tio­nales. Au nord comme au sud, l’in­té­rêt des peuples est de résis­ter à cette entre­prise de domi­na­tion par l’éco­no­mie néo-libé­rale et d’en­ga­ger une tran­si­tion vers une écono­mie écolo­gique et coopé­ra­tive. Contre l’ima­gi­naire de l’ex­pan­sion infi­nie, il s’agit d’ima­gi­ner de nouvelles manières de vivre et de produire, répon­dant aux besoins du plus grand nombre.

Jeudi 30 mars 2017
Ce que consom­mer veut dire

Amphi Bour­dieu, Hôtel Fumé, faculté de Sciences Humaines et Arts, en parte­na­riat avec l’As­so­cio

10 h – 12 h Agri­cul­ture et circuits courts : un contre-modèle géné­ra­li­sable ?
Confé­rence-débat avec Laurence Rouher de l’as­so­cia­tion de forma­tion et d’in­for­ma­tion pour le déve­lop­pe­ment d’ini­tia­tives rurales (AFIPAR) et Roger Demiot, agri­cul­teur, confé­dé­ra­tion paysanne. Animée par Benoît Leroux, maître de confé­rences en socio­lo­gie (GRESCO).

Les circuits courts mettent en lien un ou plusieurs produc­teurs avec des consom­ma­teurs, le plus souvent en privi­lé­giant la proxi­mité géogra­phique. Ils visent à se rappro­cher du coût réel, créer des emplois locaux, limi­ter l’uti­li­sa­tion d’in­trants et de pesti­cides, réduire les temps de paie­ment pour les paysans, utili­ser moins d’em­bal­lages, etc. Ce modèle en plein essor repré­sente un enjeu écono­mique énorme et peut être inter­rogé comme alter­na­tive de produc­tion et de consom­ma­tion à l’agro­bu­si­ness et aux grandes surfaces.

12 h déjeu­ner-buffet
14 h – 17 h Consom­ma­tion et styles de vie
Table-ronde avec Nata­cha Coquery, profes­seur en histoire moderne (LARHRA – Univer­sité Lumière – Lyon2), Anne Bory et Blan­dine Mortain, maîtresses de confé­rences en socio­lo­gie (collec­tif Rosa Bonheur, Clersé, Lille 1) et Jean-Baptiste Comby, maître de confé­rences en socio­lo­gie à l’Ins­ti­tut Français de Presse (Univer­sité Paris-2). Présen­tée par Laurent Le Moulec et Hélène Stevens, socio­logues à l’Uni­ver­sité de Poitiers.

Les pratiques de consom­ma­tion ne dépendent pas seule­ment de néces­si­tés ou de possi­bi­li­tés écono­miques. Elles sont large­ment déter­mi­nées par des styles de vie, des obli­ga­tions et des aspi­ra­tions sociales qui donnent lieu à des usages diffé­ren­ciés. Cette table-ronde propose une analyse des rapports sociaux qui se jouent dans les actes de consom­ma­tion en y inscri­vant le temps de l’his­toire, du XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’­hui.

17 h 15 – 18 h 45 De la critique de la consom­ma­tion à la critique de la marchan­dise
Confé­rence de Anselm Jappe, philo­sophe, auteur de Les Aven­tures de la marchan­dise, Pour une nouvelle critique de la valeur (Denoël) et de Guy Debord (Denoël).

Lorsque Guy Debord a publié en 1967 La Société du spec­tacle, il ne voulait pas seule­ment critiquer les médias et la repré­sen­ta­tion du monde qu’ils offrent, mais aussi ce monde lui-même : la société capi­ta­liste et son stade contem­po­rain, la société de consom­ma­tion. Il est  facile aujourd’­hui de poin­ter du doigt les dérives des médias. Cepen­dant, cette critique du « spec­tacle » expri­mée par Debord vise toute société capi­ta­liste, basée sur la marchan­dise, le travail et l’argent, les hiérar­chies sociales et le règne des experts. C’est cet aspect de la théo­rie de Debord qui trouve sa source chez Marx qu’il s’agit de reprendre ici.

Cinéma Le Dietrich

21 h La Société du Spec­tacle
Projec­tion du film de Guy Debord (1973) suivie d’un débat avec Anselm Jappe, philo­sophe, spécia­liste de la pensée de Guy Debord.

A partir de docu­ments d’ac­tua­lité et de films publi­ci­taires, Guy Debord démonte la méca­nique de la société de consom­ma­tion, appliquant en cela les prin­cipes subver­sifs du situa­tion­nisme.

Plein tarif : 5,5 € –  tous tarifs réduits : 4 € – bourses spec­tacles : 3 €

Vendredi 31 mars 2017
En finir avec le tout consom­ma­tion

à l’es­pace Mendès France

10 h – 12 h La soli­da­rité contre le consu­mé­risme
Table-ronde avec Gilles Caire, maître de confé­rences à l’uni­ver­sité de Poitiers (CRIEF) et Alain Peyrotte, mili­tant mutua­liste et syndi­ca­liste CGT. Présen­tée par Bertrand Geay, poli­tiste.

La Sécu­rité Sociale, les coopé­ra­tives de consom­ma­teurs et les comi­tés d’en­tre­prise ont été créés pour contri­buer à éman­ci­per les sala­riés des rapports marchands. Les idéaux origi­nels ont bien souvent été trahis même si subsistent des lieux de résis­tance à la marchan­di­sa­tion et au consu­mé­risme. Face au pouvoir des experts et des comp­tables, l’im­pli­ca­tion citoyenne et la soli­da­rité restent des idées neuves.

14 h – 15 h Lectures de Debord
Lectures par des étudiants Licence de Lettres, coor­don­nées par Véro­nique Rauline, maîtresse de confé­rences à l’uni­ver­sité de Nanterre.

Projet collec­tif élaboré par un groupe d’étu­diant.e.s de Lettres dans le cadre de leur ensei­gne­ment en analyse des discours. Consa­cré cette année aux réflexions de Guy Debord sur la « société du spec­tacle », ce « moment où la marchan­dise est parve­nue à l’oc­cu­pa­tion totale de la vie sociale », le cours a asso­cié lectures guidées et recherche de formes pour resti­tuer l’ex­pé­rience de ce texte et faire réson­ner sa critique de la trans­for­ma­tion de l’in­di­vidu en consom­ma­teur, sinon en marchan­dise.

15 h 30 – 18 h Quelles Alter­na­tives ? Consom­mer et distri­buer dans les marges du système
Table ronde avec Louise Ollier, accom­pa­gna­trice de démarches coopé­ra­tives, membre de La Gibbeuse, Julie Reynard, co-gérante de la SCOP Le Plan B, et Arnaud Mège, socio­logue, auteur d’une thèse sur le mouve­ment décrois­sant, Gresco. Animée par Sofian Beldjerd, socio­logue.

AMAP, boutiques équi­tables, bars et gale­ries soli­daires, mais aussi hackers­paces (ateliers commu­nau­taires d’ap­pro­pria­tion de la tech­no­lo­gie), autant de formes rela­ti­ve­ment récentes qui, dans les marges du système, visent à expé­ri­men­ter d’autres manières de distri­buer, de s’ap­pro­vi­sion­ner et de consom­mer. Quelles posi­tions les promo­teurs et promo­trices de telles alter­na­tives adoptent-ils-elles à l’égard des réus­sites et des échecs de leurs prédé­ces­seurs (auto-construc­teurs, coopé­ra­teurs, commu­nards auto-gestion­naires, squat­ters liber­taires, etc.)? Comment s’ac­com­modent-ils-elles de l’om­ni­pré­sence contem­po­raine des stan­dards de l’éco­no­mie domi­nante ? A quelles condi­tions leurs acti­vi­tés soli­daires, repo­sant prio­ri­tai­re­ment sur une circu­la­tion de richesses, sont-elles suscep­tibles de favo­ri­ser de nouveaux élans critiques et mili­tants ?

Plan B

21 h Soirée de clôture du festi­val
Spec­tacle de Yves Cusset « Manuel d’en­ga­ge­ment poli­tique à l’usage des mammi­fères doués de raison et autres homi­ni­dés un peu moins doués »

Un examen humo­ris­tique et désen­chanté sur les caté­go­ries poli­tiques actuelles qui, au-delà de la diffé­rence droite-gauche, dresse un véri­table tableau sans conces­sion de la société contem­po­raine. Yves Cusset s’aven­ture avec une ironie déli­cieuse sur le terrain glis­sant de la poli­tique, en jouant avec les mots et les concepts, et en gardant intacte sa capa­cité joyeuse d’éton­ne­ment philo­so­phique.

Concerts propo­sés par le Collec­ti­cat

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