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Appel de la Coor­di­na­tion Natio­nale Étudiante des 21 et 22 avril 2018

Nous, étudiant-e-s de 33 univer­si­tés mobi­li­sées réuni-e-s en coor­di­na­tion natio­nale étudiante à Paris 8 Saint-Denis les 21 et 22 avril, réaf­fir­mons notre volonté de lutter contre la loi O.R.E et ce gouver­ne­ment Macron qui nous impose une sélec­tion sociale. Fac popu­laire, fac fémi­ni­sée, l’uni­ver­sité de Paris 8 dans laquelle nous nous réunis­sons aujourd’­hui est emblé­ma­tique des facs qui accueillent les étudiant-e-s qui seront les plus péna­lisé-e-s par le plan étudiant. Elle est aussi un lieu d’ac­cueil pour les exilé.e.s qui occupent le bâti­ment A depuis trois mois, c’est pourquoi nous sommes soli­daires de tout.e.s les sans-papier.e.s et refu­sons tant le tri des étudiantes.es que le tri des migrant.es

Après les francs succès des 22 mars et 19 avril, les étudiant-e-s ont réussi à montrer leur force collec­tive et à faire la jonc­tion avec le monde du travail, jonc­tion qui fait peur au gouver­ne­ment et que nous appe­lons à accen­tuer. En tant que futur-e-s travailleur-euse-s (quand nous ne travaillons pas déjà), nous nous battons aux côtés des chemi­not-e-s, postier-e-s, hospi­ta­lier-e-s, sans-papier.e.s, exilé-e-s, deman­deurs d’asile et de tous les secteurs en lutte. Partout, nous appe­lons a main­te­nir les occu­pa­tions et les blocages pendant les vacances. Dès le 30 avril nous pour­sui­vrons la grève.

Par ailleurs, nous appe­lons les lycéen-ne-s et les sala­rié-e-s à nous rejoindre dans la pers­pec­tive de géné­ra­li­ser la grève recon­duc­tible dans un maxi­mum de secteurs.

Face à la mobi­li­sa­tion qui s’est déve­lop­pée contre cette réforme, avec des occu­pa­tions de fac partout en France, la seule réponse du gouver­ne­ment a toujours été la répres­sion ; après les évacua­tions des facs de Bordeaux, Lille, Stras­bourg et Dijon, c’est main­te­nant un des centres les plus mobi­li­sés, Paris 1-Tolbiac, qui a été évacué à l’aube. L’éva­cua­tion fut parti­cu­liè­re­ment violente. Tandis que la police et le gouver­ne­ment affirme qu’elle s’est effec­tuée dans le calme, de nombreux bles­sés (dont deux graves) sont recen­sés et aucune annonce n’est faite quant au possible coma d’un occu­pant. L’AP-HP et la préfec­ture de police nie les bles­sés et orga­nisent une réten­tion d’in­for­ma­tion. Nous condam­nons cette répres­sion et exigeons justice et vérité pour les occu­pants de Tolbiac ainsi que la relaxe de tous les inter­pellé-e-s du mouve­ment. Nous appe­lons a des actions et rassem­ble­ments de soutien devant les préfec­tures dès lundi. Nous défen­drons toutes les facs occu­pées mena­cées d’ex­pul­sion.

Malgré la répres­sion l’heure n’est pas, et n’a jamais été, aux négo­cia­tions et aux compro­mis avec le gouver­ne­ment. Nous appe­lons tous les étudiants à ampli­fier la mobi­li­sa­tion, et à mani­fes­ter massi­ve­ment dans la rue dès le mardi 24 avril, date de grève chemi­note. Nous appe­lons aussi à parti­ci­per au 1er mai avec des cortèges Inter­facs et au 3 mai, temps fort avec jour­née de grève et de mani­fes­ta­tions avec les sala­rié-e-s de l’Edu­ca­tion, et appe­lons les lycéen-ne-s à bloquer leurs lycées. Enfin, nous faisons de la date du 5 mai une échéance de la mobi­li­sa­tion. Deplus, nous appe­lons à parti­ci­per à la coor­di­na­tion lycéenne natio­nale orga­ni­sée ce jour à l’uni­ver­sité bordeaux victoire.

Nous ne céde­rons pas aux pres­sions du gouver­ne­ment et de certaines prési­dences d’uni­ver­sité sur les examens, et nous réaf­fir­mons que nous nous mobi­li­se­rons jusqu’au retrait de la loi O.R.E Pour permettre aux étudiants de conti­nuer à lutter, nous appe­lons à l’amé­na­ge­ment ou à la vali­da­tion auto­ma­tique des examens et à leur blocage si les prési­dences des univer­si­tés cherchent à les main­te­nir envers et contre tout.

Prépa­rons une riposte à la hauteur de l’at­taque, nous réaf­fir­mons la néces­sité d’une grève géné­rale recon­duc­tible pour faire plier le gouver­ne­ment.

Nous exigeons :

  • Le retrait de la loi ORE
  • L’ar­rêt des pour­suites à l’en­contre des étudiants mobi­li­sés, l’ar­rêt des inter­ven­tions poli­cières sur les univer­si­tés.
  • La vérité concer­nant les bles­sés lors de l’éva­cua­tion de l’uni­ver­sité de Tolbiac
  • Un inves­tis­se­ment massif dans l’édu­ca­tion à hauteur des besoins.
  • La CNE affirme son soutien sans faille à tous le secteurs en lutte et à leurs reven­di­ca­tions contre les mesures anti­so­ciales du gouver­ne­ment Macron : contre la casse des services publics, la préca­ri­sa­tion géné­rale du monde du travail et toutes les lois racistes et xéno­phobes.

Nous appe­lons à une prochaine Coor­di­na­tion Natio­nale Étudiante le 5 et 6 à Paris 3

Crédit Photo : Photo­thèque Rouge / JMB

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