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Conseil muni­ci­pal de Poitiers du 20 janvier 2014

Inter­ven­tions d e notre élue Maryse Desbourdes, « Pour une Alter­na­tive à Gauche », liste citoyenne soute­nue par les Alter­na­tifs, le NPA et la Gauche Anti­ca­pi­ta­liste

 

Avance de subven­tion de fonc­tion­ne­ment à « Poitiers le Centre » (déli­bé­ra­tion n°11)

« L’as­so­cia­tion des commerçants du centre ville de POITIERS, a pour objec­tifs d’ani­mer, de promou­voir et de défendre les acti­vi­tés écono­miques de cœur d’ag­glo.

Le constat c’est que de nombreux commerces ferment, cela est dû à la crise en premier lieu mais aussi au fait que se déve­loppe à la péri­phé­rie de POITIERS des masto­dontes commer­ciaux ou l’ac­cès est plus facile.

Cœur d’Ag­glo n’est pas attrac­tif, comme vous le dési­riez et les commerces ne sont qu’é­phé­mères, et même s’ils font des béné­fices, ils vont là où ils vont encore faire plus de béné­fices.

Coeur d’Ag­glo a vidé le centre-ville des voitures, mais pas les parkings, aucune propo­si­tion n’a été faite pour amélio­rer les dépla­ce­ments des poite­vins des quar­tiers au centre et du centre vers les quar­tiers, nous avions proposé des navettes gratuites.

Avec la vente du théâtre à un promo­teur privé pour en faire des commerces et des loge­ments de grand stan­ding, vous conti­nuez la même poli­tique, celle de vider le centre ville des fauteurs de bruits et autres désa­gré­ments au détri­ment d’une ville ouverte, vivante. »

Mes commen­taires :

A. Claeys a répondu que je voulais remettre les voitures en centre-ville et faire les trans­ports gratuits, rien de bien nouveau selon lui et pareil pour les Verts.

Je lui ai dit de ne pas faire de réflexion, il a répondu qu’il pouvait en faire en tant que maire.

Je lui ai dit que moi aussi je pouvais faire des réflexions et voilà ce que j’au­rai dit si j’avais pu : il vaut mieux être bien accom­pa­gné que mal marié !!!!

 

Ancien Théâtre  de Poitiers :

En 2008 lors de votre campagne muni­ci­pale vous avez écrit :

« Théâtre : réamé­na­ger le théâtre actuel, qui pour­rait notam­ment accueillir des salles de cinéma d’ art et essai pour répondre à une demande forte dans l’hy­per centre »

En 2010, vous avez mené un projet qui a remo­delé l’offre de cinéma sur GRAND poitiers qui a abouti à un proto­cole d’ac­cord entre GP, CFA Atlan­tique et la société CGR le 12 juillet 2010.

Le deal que vous avez passé avec CGR entraî­nait de fait le démé­na­ge­ment du TAP Cinéma, vers les locaux de CGR pour un loyer exor­bi­tant, vidant ainsi l’an­cien théâtre.

Vous n’avez à aucun moment tenu compte des études réali­sées, des propo­si­tions faites par le CA du TAP, les profes­sion­nels du cinéma, les spec­ta­teurs, le person­nel du TAP qui se sont mobi­li­sés contre votre projet.

Depuis le début vous ne vouliez pas main­te­nir le théâtre dans le domaine public, mais vous avez avancé masqué, en promet­tant une concer­ta­tion avant toute déci­sion

En fait à la réunion de concer­ta­tion du 7 février 2013 ou les invi­tés étaient triés sur le volet vous avez présenté des choix déjà fait par la ville pour ce lieu.

Les poite­vins, atta­chés à ce lieu, dégoû­tés par ce qu’ils avaient entendu (paro­die de démo­cra­tie) ont décidé de se réunir et de créer un collec­tif contre la vente du théâtre, collec­tif devenu une asso­cia­tion, collec­tif actif, imagi­na­tif à l’image de la popu­la­tion poite­vine que vous ne voulez pas entendre.

Une péti­tion en ligne a recueilli en peu de temps des milliers de signa­tures et depuis un an le collec­tif se fait entendre loca­le­ment et aussi natio­na­le­ment.

Aujourd’­hui il a 7000 personnes ont signé la péti­tion et la liste des person­na­li­tés qui soutiennent notre action compte 18 artistes et histo­riens de l’art.

Après Le Monde en septembre, Media­part a publié une enquête sur les aspects poli­tico-finan­ciers du dossier du Théâtre de Poitiers et La Tribune de l’Art a écrit de son côté un article sur l’in­té­rêt artis­tique du bâti­ment.

Depuis, la SPPEF (Société pour la protec­tion des paysages et de l’es­thé­tisme de la France) et la fédé­ra­tion natio­nale Patri­moine-Envi­ron­ne­ment, toutes deux recon­nues d’uti­lité publique, apportent désor­mais leur soutien au Collec­tif. Elles ont publié chacune une page large­ment docu­men­tée sur leur site inter­net.

Enfin, pour complé­ter nos anima­tions régu­lières, les perma­nences d’in­for­ma­tion tous les same­dis devant le théâtre depuis le mois de septembre, la créa­tion d’une page face­book et d’un site inter­net, nous avons le plai­sir de vous annon­cer la paru­tion du premier numéro de notre jour­nal d’in­for­ma­tion « la gazette du théâtre ».

En ce moment et jusqu’au 31 janvier il y a une expo­si­tion au plan B de photos de l’an­cien théâtre qui montre le remarquable bâti­ment que peut-être le théâtre.

Votre projet : vendre le théâtre pour le livrer à des inté­rêts privés pour animer le centre ville en mélan­geant commerces, appar­te­ment de grand stan­ding et art

La dispa­ri­tion d’un monu­ment histo­rique, une dégra­da­tion défi­ni­tive Dégra­da­tion de la façade par l’ou­ver­ture d’une porte détrui­sant les hori­zon­tales, néga­tion de l’équi­libre du bâti­ment par sa surélé­va­tion, destruc­tion des volumes inté­rieurs.

Notre projet :

Faire clas­ser le bâti­ment au titre des monu­ments histo­rique.

Utili­ser la tota­lité du bâti­ment au service d’un projet fédé­ra­teur qui conci­lie culture et éduca­tion popu­laire. Le besoin existe aujourd’­hui à Poitiers d’un lieu de vie sociale et cultu­rel ouvert pour tous les poite­vins et toutes les poite­vines, ouvert à toutes les expres­sions cultu­relles, en parti­cu­lier favo­ri­sant les pratiques amateurs et de profes­sion­nels débu­tants pour leurs créa­tions, les répé­ti­tions et leurs premières scènes, un lieu qui, ouvert sur la ville, ré-insuffle cette vie qui semble en déser­ter le centre.

Que devient aujourd’­hui le centre de Poitiers, une tendance que ce projet semble parache­ver : à côté du Prin­temps qui allie commerce et loge­ments de grand stan­ding (et parking !), voilà le théâtre avec une offre compa­rable, non loin de l’Ibis Style, à proxi­mité du 4 étoiles des anciennes archi­ves… Prenons garde que cette tendance à la gentri­fi­ca­tion de l’hy­per centre, que cette tendance à atti­rer une caté­go­rie sociale bien ciblée et à lui réser­ver le centre, ne se fasse au détri­ment de la cohé­sion sociale et tout simple­ment de la vita­lité de notre ville.

Vous ne voulez pas donner tous les éléments du dossier du théâtre, alors que la loi vous y oblige, ces tracas­se­ries admi­nis­tra­tives sont mesquines et c’est sans doute parce que vous n’avez pas fait toutes les bonnes démarches.

En effet, toute démo­li­tion ou cession d’ac­ti­vité doit faire l’objet d’un arrêté du Minis­tère de la Culture et de la Commu­ni­ca­tion, or à ce jour aucun arrêté n’a été signé. Dans la déli­bé­ra­tion du 23 septembre 2013, vous indiquez pour­tant qu’E­tant désaf­fecté du service public cultu­rel, l’im­meuble peut ainsi être déclassé du domaine public dans sa partie vendue.

Les termes de cette déli­bé­ra­tion sont pour le moins éton­nants. L’ap­pel à projet a été si gros­siè­re­ment ficelé, que vous étant rendu compte de votre erreur, récem­ment, vous avez tenté d’ob­te­nir sans droit, et en douce, un tel arrêté. En tant qu’élu, je vous fait remarquer que vous n’avez obtenu aucun mandat par déli­bé­ra­tion des élus vous auto­ri­sant à obte­nir ce déclas­se­ment du domaine public cultu­rel. Comme il s’agit du dernier conseil muni­ci­pal de votre mandat, désor­mais, vous n’avez plus la possi­bi­lité d’ob­te­nir une telle déli­bé­ra­tion avant les prochaines élec­tions muni­ci­pales.

 

Le maire n’a pas donné la parole à l’op­po­si­tion lors de ce dernier Conseil de la manda­ture. Notre élue a envoyé le commu­niqué de presse suivant en date du 22/01/14 :

« Monsieur Claeys s’ex­cuse de son atti­tude lors du dernier conseil par voie de presse. Je répond donc à M Claeys par voie de presse. Je ne crois pas un seul instant à la sincé­rité de ses excuses.
1– Il est coutu­mier du fait, lorsqu’il a quelque chose à nous dire, il le fait par voie de presse
2-lorsque nous avons inter­pellé le maire, lundi au conseil pour lui deman­der la parole, il quit­tait la salle en disant on va boire un coup
3– il ne voulait pas entendre les décla­ra­tions de l’op­po­si­tion
4-si ses excuses sont réelles il peut toujours convoquer un conseil pour permettre à l’op­po­si­tion de s’ex­pri­mer
5-il renvoie à la presse le soin de publier nos décla­ra­tions : mais la presse n’est pas aux ordres d’A Claeys ?
6-je crois que c’est un coup de commu­ni­ca­tion bien préparé
7-je crois que le cumul des mandats fatigue M Claeys
8-la fonc­tion de maire n’au­to­rise pas une démons­tra­tion de pouvoir contraire à la démo­cra­tie »

 

Notre élue avait prévue l’in­ter­ven­tion suivante en forme de bilan de la manda­ture. Voici ce qu’elle voulait dire et que le maire ne lui a pas laissé expri­mer lor sde ce dernier conseil :

Un mandat de 6 ans s’achève et j’ai bien réflé­chi pour cette inter­ven­tion, je me suis dit, tu as beau­coup de choses à dire mais atten­tion, 200 signes, alors ne t’em­balle pas Maryse !

Vous avez eu beau­coup de mal à m’iden­ti­fier, une oppo­si­tion mais de gauche ! Et vous avez tout essayé en début de mandat pour mini­mi­ser mon expres­sion au sein de ce conseil, mais au fil des années les rela­tions se sont apai­sées comme vous diriez et le respect s’est installé.

Et aujourd’­hui, à part lorsque nous évoquons les trans­ports gratuits qui suscitent hila­rité et mépris, nous tenons notre place en toute indé­pen­dance.

Être seule n’est pas facile et être femme demande de la téna­cité et de l’en­du­rance, mais lorsque l’on a des convic­tions, que l’on est persua­dée que l’on peut faire une autre poli­tique à gauche, ça vaut le coup et c’est utile.

Je ne combat pas les hommes mais les idées, et si vous avez pris mes inter­ven­tions comme des leçons, sachez que je n’ai jamais eu la préten­tion de donner des leçons à qui que ce soit, mais la convic­tion de faire d’autres propo­si­tions pour une autre poli­tique à gauche.

Je n’ai pas de haine, mais des colères contre les poli­tiques libé­rales qui cèdent à la finance, qui imposent au peuple des cures d’aus­té­rité, alors que les richesses existent.

Il y a consen­sus dans le conseil muni­ci­pal de POITIERS, pour une gestion en dehors de la soi-disant poli­tique poli­ti­cienne ! Or dans les conseils muni­ci­paux, il est évident que les consé­quences de la poli­tique natio­nale, quelle soit de droite ou dite de gauche sont une réalité, les habi­tants subissent tous les jours les consé­quences de la poli­tique d’aus­té­rité : au niveau muni­ci­pal, il faut donc les combattre, les dénon­cer et non les accom­pa­gner.

Cette poli­tique se traduit par des désen­ga­ge­ments de l’Etat, par la baisse des subven­tions aux collec­ti­vi­tés.

Les consé­quences sont inva­riables :

  • augmen­ta­tion des impôts locaux, des tarifs muni­ci­paux,
  • dimi­nu­tion des subven­tions aux asso­cia­tions,
  • et cure d’aus­té­rité pour le person­nel muni­ci­pal

Les budgets sont « contraints » mais ce n’est pas à la popu­la­tion qui ne décide pas des choix poli­tiques d’en payer les consé­quences.

J’ai par mes inter­ven­tions imposé un débat poli­tique dans les conseils muni­ci­paux et de fait ils ont duré plus long­temps mais ont été telle­ment plus inté­res­sant que ces chambres d’en­re­gis­tre­ment sans débat.

Oui, les conseils sont des chambres d’en­re­gis­tre­ments, car seuls quelques élus de la majo­rité ont des infos impor­tantes, tout se passe en petit comité et la démo­cra­tie est absente, on peut avoir les infos, oui, mais il faut deman­der, comme à l’école et c’est le parcours du combat­tant qui commence.

Heureu­se­ment, il y a la presse pour nous infor­mer des news !

Vous avez peur de ce que vous ne contrô­lez pas et c’est signi­fi­ca­tif d’un manque de confiance en vous même et de vos admi­nis­trés.

Je n’ai pas été élue pour moi même :

  • j’ai fait d’autres propo­si­tions en lien avec les habi­tants, les asso­cia­tions qui connaissent les dossiers
  • j’ai pu être un point d’ap­pui pour des luttes locales
  • j ’ai pu montrer à contra­rio de ceux qui disent que nous sommes que des « diseux », que nous sommes capables de faire des propo­si­tions en lien avec notre concep­tion poli­tique de réponses aux besoins plutôt que de distri­buer l’argent public aux inté­rêts privés.

J’ai bien « aimé » vos petites phrases, telles :

« il y a les diseux et les faiseux »

« on ne rase pas gratis »

« y en a marre d’en­tendre toujours le même discours y a des riches et des pauvres…. »

« je n’ai pas de leçon à rece­voir »

« tu ne connais rien en sport »

« tu veux les trans­ports gratuits, moins d’im­pôts et des inves­tis­se­ments, je ne sais pas faire, alors devient maire »

Sur le person­nel commu­nal et VITALIS

Pas de condes­cen­dance mais de la recon­nais­sance ; le person­nel a mani­festé son mal être a plusieurs reprises et nous deman­dons qu’il soit entendu car c’est lui qui rend le service public.

Il faut que le gouver­ne­ment revoie sa poli­tique sala­riale, 3 ans sans augmen­ta­tion, c’est into­lé­rable !

Face à la poli­tique du gouver­ne­ment HOLLANDE qui impose l’aus­té­rité à tous les niveaux, qui mène une poli­tique de droite, qui a déclaré la guerre à la majo­rité de la popu­la­tion pour mieux remplir les caisses du patro­nat au nom de l’em­ploi et de la crois­sance, il y a urgence construire une oppo­si­tion à la gauche de ce gouver­ne­ment, pour prépa­rer les mobi­li­sa­tions seules capables de mettre en échec cette nouvelle offen­sive contre le monde du travail.

Il est aussi impor­tant qu’il y ait dans les muni­ci­pa­li­tés des élus indé­pen­dants, anti­ca­pi­ta­listes ou anti­li­bé­raux qui proposent une autre poli­tique à gauche, répon­dant aux besoins du plus grand nombre (Loge­ments, trans­ports, petite enfance) parce qu’a l’échelle d’une muni­ci­pa­lité il est possible de faire de la poli­tique autre­ment, d’être un point d’ap­pui pour les luttes locales, pour plus de démo­cra­tie et pour propo­ser d’autres alter­na­tives aux poli­tiques gestion­naires actuelles et pour ne pas lais­ser la contes­ta­tion au seul FN.

Enfin je voulais offrir à M CLAEYS l’ou­vrage de Magali GIOVANNANGELI et Jean Louis SAGOT DUVAUROUX « Voya­geurs sans ticket LIBERTE EGALITE GRATUITE » sur une expé­rience sociale à Aubagne avec cette dédi­cace :

« La poli­tique est une ques­tion de choix et pour nous, les choix sont ceux que nous pour­rions faire pour le plus grand nombre. C’est le choix d’une réelle répar­ti­tion des richesses à égalité pour toutes et tous. Il reste telle­ment à faire pour une véri­table poli­tique à gauche, mais c’est possible » signé « Pour une Alter­na­tive à Gauche« .

Et je souhai­tais aussi inter­pel­ler les élus commu­nistes : on a pu lire dans l’Huma­nité du lundi 30 décembre 2013 : « la gratuité comme anti­dote à l’aus­té­rité les fédé­ra­tions commu­nistes portent haut et fort le débat de la gratuité des trans­ports et en font une prio­rité de campa­gne…. »…

Je voulais leur dire ce que M le Maire nous a dit pendant tout le mandat : il y a les diseux et les faiseux.

 

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