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Le scena­rio Nega­watt : 100% d’éner­gies renou­ve­lables en 2050 en France + 600 000 emplois

Le négaWatt désigne de manière globale l’éner­gie non consom­mée ou écono­mi­sée par des actions de sobriété ou d’ef­fi­ca­cité éner­gé­tique.

Créée en 2001, l’As­so­cia­tion négaWatt regroupe des experts et prati­ciens de l’éner­gie qui agissent, en toute indé­pen­dance, en faveur d’un nouveau modèle éner­gé­tique fondé sur trois éléments indis­so­ciables : sobriété, effi­ca­cité éner­gé­tique et éner­gies renou­ve­lables. En appliquant cette démarche à l’en­semble de nos besoins, l’As­so­cia­tion négaWatt a élaboré un scéna­rio pros­pec­tif à hori­zon 2050 basé quasi-exclu­si­ve­ment sur des sources d’éner­gie d’ori­gine renou­ve­lable, perfor­mance rendue possible grâce à une explo­ra­tion en détail du formi­dable poten­tiel d’éco­no­mie d’éner­gie qui nous entoure.

Une version actua­li­sée du scéna­rio à été présen­tée fin janvier. Cf le site de l’as­so­cia­tion pour consul­ter l’en­semble des infor­ma­tions et des préci­sions sur la démarche adop­tée. A noter aussi, la mise en ligne de graphiques dyna­miques parti­cu­liè­re­ment éclai­rants.

Les 12 points-clés du scéna­rio 2017–2050

par l’as­so­cia­tion négaWatt

  1. Un constat majeur : la courbe de la consom­ma­tion s’est inver­sée
    La consom­ma­tion d’éner­gie est orien­tée à la baisse depuis quelques années dans l’en­semble des pays de l’OCDE. Pour la France la courbe de consom­ma­tion rejoint de fait celle tracée par le scéna­rio négaWatt dès 2003. Cette baisse affecte égale­ment les émis­sions de gaz à effet de serre, non seule­ment celles mesu­rées sur le terri­toire natio­nal mais aussi celles conte­nues dans nos impor­ta­tions : le phéno­mène n’est pas lié à la crise de 2008–2009 ni à un mouve­ment de délo­ca­li­sa­tion, il est bien struc­tu­rel et non conjonc­tu­rel.
  2. La sobriété et l’ef­fi­ca­cité sont les clés de l’in­flexion de la demande
    Grâce aux actions de sobriété et d’ef­fi­ca­cité qui se traduisent par la suppres­sion des gaspillages, la consom­ma­tion d’éner­gie finale en 2050, au terme du scéna­rio négaWatt 2017, est réduite de moitié et l’éner­gie primaire de 63 %, tout en main­te­nant un haut niveau de services. Ce résul­tat est obtenu grâce à la maîtrise du dimen­sion­ne­ment, du nombre et de l’usage de nos appa­reils et équi­pe­ments, au déve­lop­pe­ment d’une mobi­lité “servi­cielle”, à un programme ambi­tieux de réno­va­tion éner­gé­tique des bâti­ments et à une occu­pa­tion plus raison­née de l’es­pace.
  3. Une confir­ma­tion : le “100 % renou­ve­lables” est possible dès 2050
    Il est possible de couvrir la tota­lité des besoins éner­gé­tiques de la France par des sources renou­ve­lables à l’ho­ri­zon 2050. La biomasse solide reste la première source de produc­tion d’éner­gie renou­ve­lable, suivie de très près par l’éo­lien puis le photo­vol­taïque, lui-même suivi de très près par le biogaz. Les éner­gies fossiles impor­tées ne servent plus qu’à des usages non éner­gé­tiques. Le fonc­tion­ne­ment des 58 réac­teurs nucléaires actuels n’étant pas prolongé au-delà de la quatrième visite décen­nale (envi­ron 40 ans), le dernier d’entre eux est arrêté en 2035. Basée sur l’ex­ploi­ta­tion partout sur son terri­toire de ses ressources diver­si­fiées, la France assure plei­ne­ment sa sécu­rité éner­gé­tique.
  4. Zéro émis­sions nettes en 2050 : la France devient neutre en carbone
    Le couplage des scéna­rios négaWatt et After­res2050 montre que les émis­sions nettes de gaz à effet de serre, toutes sources confon­dues, deviennent nulles en 2050 : les « puits de carbone » agri­coles et fores­tiers compensent alors les émis­sions rési­duelles, prin­ci­pa­le­ment dues à l’agri­cul­ture. Par la suite, la quan­tité de carbone stockée finit par plafon­ner, et la fonc­tion puits de carbone se réduit progres­si­ve­ment sur la période 2050–2100.
  5. Gaz et élec­tri­cité, une complé­men­ta­rité incon­tour­nable
    Les vecteurs gaz et élec­tri­cité voient leur part augmen­ter de manière conco­mi­tante, au détri­ment notam­ment des carbu­rants liquides, pour repré­sen­ter en 2050 plus de 70 % de la consom­ma­tion d’éner­gie finale. Capables de couvrir une très grande part de nos usages, ces deux vecteurs sont d’évi­dence complé­men­taires et non concur­rents. La valo­ri­sa­tion et le stockage possible des excé­dents d’élec­tri­cité renou­ve­lable sous forme de méthane de synthèse (power-to-gas) est l’une des clés de voûte du système éner­gé­tique de 2050.
  6. L’agri­cul­ture et la forêt jouent un rôle majeur
    Couplé au scéna­rio négaWatt, le scéna­rio After­res2050 montre égale­ment que l’agri­cul­ture et la forêt jouent un rôle majeur sur le climat, à la croi­sée des enjeux clima­tiques et éner­gé­tiques, par la four­ni­ture de ressources renou­ve­lables, le stockage de carbone et la réduc­tion des gaz à effet de serre. Le trip­tyque négaWatt appliqué au système alimen­taire démontre ici aussi toute sa perti­nence : sobriété dans la consom­ma­tion, effi­ca­cité des modes de produc­tion, utili­sa­tion et produc­tion de ressources renou­ve­lables.
  7. L’éco­no­mie circu­laire, moteur du renou­veau indus­triel
    Pour répondre à l’évo­lu­tion des besoins, l’in­dus­trie doit réorien­ter ses produc­tions vers des biens et équi­pe­ments plus durables, loin de la surcon­som­ma­tion actuelle, et veiller au contenu de ses produits en éner­gie grise et en maté­riaux. En déve­lop­pant les filières de répa­ra­tion, de recy­clage et de récu­pé­ra­tion, il est possible de divi­ser par deux les quan­ti­tés de matières minières consom­mées, y compris en prenant en compte le déve­lop­pe­ment des éner­gies renou­ve­lables qui offrent par ailleurs de nouvelles oppor­tu­ni­tés pour l’in­dus­trie.
  8. Des béné­fices multiples pour la santé et l’en­vi­ron­ne­ment
    Le scéna­rio négaWatt améliore très signi­fi­ca­ti­ve­ment la qualité de l’air, de l’eau et des sols ainsi que la biodi­ver­sité avec des consé­quences posi­tives majeures sur la santé publique. Il rend notre air bien plus sain par la quasi-suppres­sion des parti­cules émises par les combus­tibles et carbu­rants (rempla­cés par du méthane), par l’uti­li­sa­tion d’équi­pe­ments de combus­tion perfor­mants pour la biomasse et par une forte dimi­nu­tion des émis­sions d’am­mo­niac agri­cole.
  9. La tran­si­tion éner­gé­tique, un bien­fait pour l’éco­no­mie et l’em­ploi
    Le scéna­rio négaWatt s’avère globa­le­ment moins coûteux que le scéna­rio tendan­ciel, même en consi­dé­rant un prix des éner­gies impor­tées stable. Il est aussi nette­ment plus riche en emplois : la tran­si­tion éner­gé­tique crée pas moins de 400 000 emplois nets d’ici 2030, confir­mant les analyses anté­rieures. La société française devient ainsi plus rési­liente face à d’éven­tuels chocs exté­rieurs tels que, par exemple, une crise géopo­li­tique entraî­nant une rupture d’ap­pro­vi­sion­ne­ment ou une hausse soudaine du prix du baril.
  10. Une France plus soli­daire et plus respon­sable.
    La mise en œuvre de la sobriété, de l’ef­fi­ca­cité et du déve­lop­pe­ment des éner­gies renou­ve­lables apporte à tous les terri­toires, ruraux comme urbains, de l’ac­ti­vité et des richesses qui permettent de construire à terme un paysage éner­gé­tique réparti plus équi­ta­ble­ment : elle permet notam­ment de réduire très forte­ment le nombre de personnes en situa­tion de préca­rité éner­gé­tique. À l’in­ter­na­tio­nal, la France envoie un triple message : de respon­sa­bi­lité en prenant toute sa part de l’ef­fort clima­tique, d’exem­pla­rité en contri­buant à l’émer­gence d’un nouveau modèle de déve­lop­pe­ment et enfin de soli­da­rité vis-à-vis des pays où la crois­sance de la consom­ma­tion d’éner­gie reste une néces­sité.
  11. Il n’y a plus de temps à perdre
    Il ne faut ni attendre de grand soir éner­gé­tique, ni se conten­ter de gadgets : la prio­rité pour les 5 ans à venir est à la mise en œuvre des lois et mesures déci­dées durant les deux quinquen­nats précé­dents, mais dont le rythme d’ap­pli­ca­tion est très insuf­fi­sant. Une réelle volonté d’agir doit se mani­fes­ter clai­re­ment et à toutes les échelles, entre conti­nuité des enga­ge­ments et nouveaux trains de mesures. Le combat pour le climat n’est pas perdu, mais chaque année d’ater­moie­ments obère notre avenir éner­gé­tique et clima­tique.
  12. Le scéna­rio négaWatt, une bous­sole et un tempo pour agir
    Partout dans les terri­toires, des acteurs de toutes natures, citoyens, entre­pre­neurs, élus se sont déjà enga­gés concrè­te­ment pour construire un nouveau paysage éner­gé­tique.
    À ceux-là et à tous les autres qui, toujours plus nombreux, leur emboîtent le pas, le scéna­rio négaWatt offre une trajec­toire et un rythme pour guider l’ac­tion : à tous, nous disons de s’en saisir pour réus­sir la tran­si­tion éner­gé­tique, notre immense et vital chan­tier pour la première moitié de ce siècle.

télé­char­gez la synthèse du scena­rio Nega­watt 2017–2050

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