Surveillance, contrôle et coercition sont les leviers de ce texte.
Le renforcement des logiques de fichage à travers l’Union européenne menace la vie privée et familiale et empêche la régularisation des personnes, les forçant à demeurer sans papiers aux marges de la société, ce qui accroît les risques de précarisation et d’exploitation.
Le texte compromet également l’assistance juridique, la représentation en justice gratuite pour les personnes n’ayant pas les moyens de se défendre, et remet en question le fait qu’une décision de justice puisse être mise en pause le temps qu’un recours soit examiné (les personnes pourraient être expulsées avant la décision finale d’un juge), autant d’éléments pourtant essentiels au respect de l’état de droit.
En multipliant les motifs de placement en rétention et la durée maximale de détention (jusqu’à 24 mois, voire plus en cas de «risques sécuritaires»), cette réforme aura des conséquences dramatiques pour les personnes concernées.
Cette réforme part une nouvelle fois du postulat que l’immigration serait un problème, et que toutes les politiques, y compris les plus attentatoires aux droits humains et à la dignité des personnes, peuvent être mises en place pour empêcher l’arrivée de celles et ceux qui sont considérées comme indésirables. A rebours de ce durcissement des réglementations qui va encore précariser, marginaliser et criminaliser les personnes étrangères, d’autres politiques sont pourtant possibles pour remettre les principes d’accueil et de solidarité au cœur de notre avenir commun.