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Débat avec les Como­rien-nes aux Couron­ne­ries

Samedi 15 novembre avait lieu une après-midi de débat et de rencontre au CAC des Couron­ne­ries de Poitiers orga­ni­sée par deux asso­cia­tions, l’Ins­ti­tut d’Etudes Popu­laires (IEPop) et l’As­so­cia­tion des Familles et des Etudiants Como­riens du Poitou Charentes (AFECP).

Le but déclaré  de l’évé­ne­ment était de faire “décou­vrir l’his­toire poli­tique et la culture des Comores, échan­ger sur l’évo­lu­tion de la famille aux Comores et en France, résis­ter à l’air du temps en construi­sant ensemble de la citoyen­neté et de l’in­té­gra­tion sociale !”.

La première approche de l’évé­ne­ment était origi­nale. Bertrand Geay au nom de l’IEPop a présenté les Comores … aux Como­rien-nes présent-es : « voici ce que j’ai cru comprendre », « voici ce que je n’ai pas du tout compris », « dites-nous ce que vous en pensez, ce que vous savez ».

Le parti-pris de centrer l’in­ter­ven­tion sur l’or­ga­ni­sa­tion fami­liale aux Comores devait permettre d’en­clen­cher un échange avec la salle où même les non spécia­listes pouvaient parti­ci­per. La réunion avait d’ailleurs été prépa­rée par des entre­tiens enre­gis­trés de témoi­gnages de Como­rien-nes dont nous avons pu entendre quelques extraits.

Mais il a fallu un certain temps pour que les réponses d’abord timides des Como­rien-nes éclairent les incom­pré­hen­sions du public igno­rant des Comores.

De loin les Étran­gers, en l’oc­cur­rence ici les Como­rien-nes, paraissent souvent uni-es voire uniformes. Le débat a permis de voir la diver­sité des parcours et des opinions : diffé­rences de géné­ra­tions, diffé­rences entre les îles, diffé­rences d’or­ga­ni­sa­tions fami­liales, diffé­rences d’opi­nions sur le rôle de l’État par rapport aux tradi­tions, diffé­rences d’ap­pré­cia­tions sur la tradi­tion du Grand Mariage, etc.

Ce dernier point sur l’Ada (le Grand Mariage, céré­mo­nie coutu­mière occu­pant une fonc­tion sociale très voire trop impor­tante aux Comores) a créé un débat polé­mique et néan­moins respec­tueux entre Como­rien-nes. Au début cela partait un peu dans tous les sens mais au fur et à mesure les non Como­rien-nes ont pu saisir quelques enjeux et réali­tés , bien mieux que dans un exposé acadé­mique.

Le rôle de l’an­thro­po­logue et comé­dien Ibra­him Barwane a été déter­mi­nant pour dyna­mi­ter le discours consen­suel sur les Comores qui aurait tendu à enfer­mer la diver­sité des réali­tés dans des visions par trop proche du folk­lore.

Les orga­ni­sa­teurs et orga­ni­sa­trices, à leur plus grande satis­fac­tion, ont été rapi­de­ment débordé-es par les inter­ven­tions qui ont pris une tour­nure inat­ten­due : quel rôle de la coutume par rapport à l’État ? Que faire face à la corrup­tion ? Quelle place des jeunes quand ils/elles rentrent au pays ? Quelles respon­sa­bi­lité de la puis­sance colo­niale française dans l’his­toire, même très récente, des Comores ? Le débat fut (grâce au débor­de­ment?)  dense, complexe, robo­ra­tif, enri­chis­sant pour tou-tes les parti­ci­pant-es, Como­rien-nes ou pas.

Les absent-es ont eu tort ! On en rede­mande !

Vite, une suite !

Pascal C.

Pour l’ins­tant on peut retrou­ver une partie de la réalité como­rienne ce jeudi 20 octobre à Vouneuil sous Biard avec une inter­ven­tion de Yohan Delhomme, perma­nent de la Cimade sur la situa­tion migra­toire actuelle et les atteintes aux droits des étran­gers avec une infor­ma­tion sur les « déca­sages » de 2016 (évacua­tion et destruc­tion de loge­ments).

Vendredi 9 décembre de 18h00 à 21h00 l’ IEPop annonce d’ores et déjà une soirée débat sur « la laïcité contre le racisme » où inter­vien­dront notam­ment des ensei­gnant-es d’His­toire et de classes de français pour étran­gers.

Si vous êtes inté­ressé-e pour parti­ci­per aux IEPop, contac­tez-nous et on fera suivre votre cour­riel

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