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Débat : Comment recons­truire la gauche ?

Contri­bu­tion person­nelle au débat lancé par le jour­nal du PCF 86

Notre dépar­te­ment béné­fi­cie d’un climat unitaire assez rare dans le pays. Au niveau des campagnes élec­to­rales cela s’est traduit par la liste « Inven­tons la Vienne » où se retrou­vaient rouges et verts, la liste muni­ci­pale « Osons Poitiers » qui va du NPA au PG et Ensemble ! en passant par EELV. Au sein du comité de liai­son du FDG de la Vienne nous avons réussi à nous respec­ter, à ne pas nous immo­bi­li­ser en cas de diver­gence. Le Sud Vienne a su créer une dyna­mique citoyenne.

Actuel­le­ment, nous savons les un-es et les autres que nous ne pour­rons affron­ter seul (le seul FDG, un seul parti, un seul candi­dat) un rapport de force social défa­vo­rable pour l’ins­tant : loi Macron, répres­sion syndi­cale, loi El Khomri. ; Tafta, refou­le­ment des migrant-es, climat ; montée du racisme et du natio­na­lisme cocar­dier, du FN et une longue liste d’etc.)

Nous n’avons pas d’autre choix que de nous regrou­per pour acqué­rir une taille critique pouvant être vecteur d’es­poir.

Mais il n’y a pas là qu’un choix par défaut.

En effet, le débat à gauche est complexe et les posi­tions des un-es et des autres ne recoupent pas le contour des orga­ni­sa­tions. Le débat est rude au sein d’EELV, du NPA comme au sein du PCF, du PG et d’En­semble ! sans parler du PS.

À l’oc­ca­sion des élec­tions passées nous avons expé­ri­menté ce qui marche pour créer l’union des orga­ni­sa­tions : partir d’un socle commun program­ma­tique et s’adres­ser à toutes les mili­tant-es, sans distinc­tion d’étiquette. C’est cette démarche qu’il faut étendre à tout le pays.

Mais cela ne suffira pas car le but n’est pas de faire bien fonc­tion­ner un cartel d’or­ga­ni­sa­tions, une union de mili­tant-es encarté-es qui marche, mais de créer un mouve­ment dans la société qui entraîne de nouveaux et nouvelles mili­tant-es, plus divers socia­le­ment, plus jeunes, avec d’autres formes de lutte, qui mette fin au divorce entre les luttes et les campagnes élec­to­rales, entre le poli­tique et la poli­tique, entre le mouve­ment social et le combat dans les insti­tu­tions de l’état bour­geois. Il nous faut marcher en équi­libre entre d’une part l’an­cien qui sert encore, la mémoire des luttes, un savoir faire mili­tant, une habi­tude du débat, et d’autre part le nouveau (qui doit chas­ser le vieux sclé­rosé) : nouvelles têtes, nouvelles façons de lutter contre l’ex­ploi­ta­tion, fémi­ni­sa­tion et surtout nouvelles pratiques démo­cra­tiques ce qui implique notam­ment la construc­tion d’un programme créé et maîtrisé collec­ti­ve­ment.

C’est à ce prix que l’on pourra construire un nouveau discours d’éman­ci­pa­tion qui prône l’ami­tié entre les peuples et la lutte contre l’Union euro­péenne, qui privi­lé­gie l’iden­tité sociale à l’iden­tité natio­nale, qui construise la pers­pec­tive d’un univer­sa­lisme sans classe.

Pascal Canaud

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