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Ensemble en lutte fron­tale contre un ami de Valls, Le Guen.

Jean-Marie Le Guen , un porte-flingue de Valls, secré­taire d’État, dénonce dans un livre récent Clémen­tine Autain comme « porte-parole de l’is­lamo-gauchisme ». Outre la vacuité de ce concept (mais au Ps on ne pense pas ou si peu), rien dans les décla­ra­tions de Clémen­tine Autain ne permet de la carac­té­ri­ser ainsi. Ci-dessous vous trou­ve­rez l’ar­ticle du Figaro où le propos de Le Guen est retrans­crit; puis la réponse de Clémen­tine Autain, dans Le Figaro puis dans Le Monde.

Clémen­tine Autain est l’une des porte-paroles d’En­semble!, sans nul doute la plus média­ti­sée. A ce titre, l’at­taque d’un hiérarque du PS contre Clémen­tine Autain est consi­dé­rée par notre mouve­ment comme une insulte à notre mouve­ment.

Venant d’un Le Guen, il est sans doute plutôt flat­teur d’être l’objet de sa vindicte veni­meuse. Il veut, avec son dernier maître, Valls, détruire la gauche, l’éra­diquer. Nous, nous voulons la recons­truire. Contre eux. Contre ce gouver­ne­ment qui veut détruire le Code du Travail, qui, respon­sable de la mort de Rémi Fraisse, instaure un état d’ur­gence indé­fini, qui justi­fie les licen­cie­ments de mili­tants à Air France et  l’em­pri­son­ne­ment de syndi­ca­listes de Goodyear, qui a voulu créer des apatrides en un projet de loi scélé­rat.

Il faut en finir avec les Valls et Hollande, flanqués des Le Guen, et leur rage destruc­trice.

PB

La charge de Le Guen contre l’ »Islamo-gauchisme ». Le Figaro du 24 avril.

 » Dans un livre qui vient de paraître, le secré­taire d’État, proche de Manuel Valls, s’en prend aux respon­sables de gauche qui, par oppor­tu­nisme ou compas­sion, sont « prêts à céder au diffé­ren­tia­lisme cultu­rel ».

Il n’a pas sa langue dans sa poche et l’a prouvé à de nombreuses reprises. Repré­sen­tant de l’aile droite du PS, Jean-Marie Le Guen vient de paraître un nouvel essai qui pour­rait faire parler de lui. Dans La gauche qui vient, publié par la fonda­tion Jean Jaurès (dispo­nible en ligne ici), le secré­taire d’État aux Rela­tions avec le Parle­ment tente de dres­ser la feuille de route de la « gauche répu­bli­caine » à l’ap­proche de 2017. Son pari: obli­ger la gauche à revoir son « logi­ciel » en actant la « fin de l’in­no­cence » pour mieux lutter contre l’es­sor du Front natio­nal.

« Si nous, au sein de la gauche de gouver­ne­ment, n’avons pas le courage d’en­ga­ger le combat pour l’uni­ver­sa­lisme répu­bli­cain, les Français fini­ront par confier à d’autres la respon­sa­bi­lité de le mener », constate-t-il. « À notre vision répu­bli­caine et progres­siste répond une vision ethni­ciste qui abou­tit à une poli­tique de zonage, de ségré­ga­tion, de créa­tion de réels ghet­tos pour les popu­la­tions concer­nées et d’abais­se­ment des droits indi­vi­duels », écrit-il encore. « Ce modèle est porté (…) par le bloc réac­tion­naire, de l’ex­trême droite et de la droite extrême, bien sûr, qui veut contin­gen­ter, stig­ma­ti­ser, relé­guer et réduire les droits des popu­la­tions qui ne sont pas origi­naires de pays ayant une tradi­tion chré­tienne », analyse le ministre.

Clémen­tine Autain dénonce une « cari­ca­ture inouïe ».

La respon­sable du Front de gauche s’est dite « révol­tée » par ces propos sur sa page Face­book. « Je suis révol­tée par les propos de Jean-Marie Le Guen à mon égard. Où a-t-il vu que je souhaite rempla­cer nos règles répu­bli­caines par des normes reli­gieuses? Jamais je n’ai défendu une telle inep­tie. Que signi­fie « islamo-gauchiste »? Jamais je n’ai défendu le « diffé­ren­tia­lisme cultu­rel », je suis profon­dé­ment univer­sa­liste et laïque mais je défends la mixité cultu­relle, comme une richesse, et je me bats et conti­nue­rai à me battre contre le rejet des musul­mans dans notre pays, qui est une forme de racisme contem­po­rain », écrit-elle. « A-t-on entendu Jean-Marie Le Guen critiquer la remise de la légion d’hon­neur à un prince d’Ara­bie Saou­dite? Non. », pour­suit-elle. « Je suis vent debout face à cette cari­ca­ture inouïe de mes posi­tions. », conclut-elle.

C’est la première fois qu’un membre du gouver­ne­ment reprend à son compte l’ex­pres­sion contes­tée d’« islamo-gauchisme », qui a récem­ment été dépous­sié­rée par la philo­sophe Elisa­beth Badin­ter dans Le Monde. Inter­rogé au Grand Rendez-Vous Europe 1-Le Monde-iTélé, Jean-Marie Le Guen a renchéri en dénonçant « une part de la gauche socia­liste qui se rallie à des idéo­lo­gies anti-répu­bli­caines ». « Nous avons trop long­temps laissé faire, parce que nous ne voyions pas ce qui se passait dans certains quar­tiers (…) Ce que je reproche à cette idéo­lo­gie poli­tique de l’is­lamo-gauchisme, (outre qu’elle) met en cause les valeurs de la Répu­blique en géné­ral, c’est d’abord qu’elle vise à asser­vir les personnes qui sont dans leur orbite », a-t-il assuré.

Autre réponse de Clémen­tine Autain, ce jour:

Clémen­tine Autain : « M. Le Guen cherche à débattre d’iden­tité pour faire oublier les inéga­li­tés »

LE MONDE | 26.04.2016 à 12h24

Non contents de détruire la gauche et de mener une poli­tique misé­rable, les hérauts du gouver­ne­ment tentent de jeter l’ana­thème sur ceux qui les contestent. Seraient-ils aux abois ? Après Julien Dray et Manuel Valls, c’est au tour de Jean-Marie Le Guen de s’en prendre à moi, non sur le cœur de mon projet poli­tique mais sur une ques­tion, aussi brûlante qu’é­pi­neuse par les temps qui courent, l’une de ces ques­tions avec lesquelles on ne devrait pas jouer en mépri­sant les faits et les argu­ments. Me voilà donc promue porte-drapeau impro­bable d’un « islamo-gauchisme », prête à « céder tota­le­ment au diffé­ren­tia­lisme cultu­rel » en accep­tant – tenez-vous bien – « de substi­tuer des normes reli­gieuses et commu­nau­taires à nos droits et nos règles répu­bli­caines » (sic). Cette charge, aussi violente que déli­rante, est indigne. Elle mérite de porter plainte poli­tique­ment.

Je voudrais en premier lieu dire à quel point je n’ac­cepte pas les leçons de ceux qui n’ont pas su balayer devant leur porte. A-t-on entendu Jean-Marie Le Guen critiquer la remise de la légion d’hon­neur à un prince-héri­tier d’Ara­bie Saou­dite ? Non. A-t-on entendu Jean-Marie Le Guen au sujet de la main que n’a pas voulu serrer un ministre israé­lien ortho­doxe à la ministre Mari­sol Touraine ? Non. A-t-on entendu Jean-Marie Le Guen s’in­ter­ro­ger sur la légi­ti­mité d’Eli­sa­beth Badin­ter quant à ses prises de posi­tion contre Daesh et l’Is­lam alors qu’elle figure parmi les action­naires prin­ci­paux de Publi­cis qui vient de signer un contrat pour redo­rer l’image de l’Ara­bie Saou­dite ? Non. Est-ce moi qui vends des armes au Qatar et à l’Ara­bie saou­dite ? Évidem­ment non. Enfin, qui a cédé aux pres­sions de la sainte alliance de la Manif-pour-tous et des inté­gristes isla­miques en reti­rant l’ABCD de l’éga­lité, outil qui devait permettre de lutter contre les stéréo­types sexistes à l’école ? Ce n’est pas moi non plus mais le gouver­ne­ment.

Comme tout le monde peut le véri­fier aisé­ment s’il s’en donne la peine, je n’ai cessé de lutter contre les fonda­men­ta­lismes reli­gieux, d’où qu’ils viennent. Fémi­niste, je sais ce qu’il en coûte à l’éman­ci­pa­tion des femmes. Atta­chée à la laïcité et à la paix, je sais aussi ce que les inté­grismes peuvent détruire sur les terrains déci­sifs du vivre ensemble et de la liberté. Une rumeur, relayée par certains diri­geants socia­listes, a conduit à ce que de nombreuses personnes me demandent pourquoi j’avais orga­nisé un meeting avec Tariq Rama­dan ! Non seule­ment je n’ai jamais orga­nisé de meeting avec Tariq Rama­dan, mais je n’ai même jamais partagé de tribune avec lui. Pourquoi ? Parce que Tariq Rama­dan est un ortho­doxe conser­va­teur, lié aux frères musul­mans : il n’est pas mon « cama­rade », comme a osé le sous-entendre Jean-Marie Le Guen sur Twee­ter. J’ai­me­rais donc que l’on débatte à partir des posi­tions réelles des uns et des autres. Je constate que le nom de Tariq Rama­dan suscite des réac­tions hyper­vio­lentes qu’au­cune autre person­na­lité reli­gieuse à ortho­doxie équi­va­lente dans d’autres Églises ne suscite. Je comprends que le contexte de Daesh conduise à un regard précau­tion­neux mais j’ap­pelle à la vigi­lance sur le deux poids, deux mesures qui peut géné­rer des replis iden­ti­taires que nous voulons préci­sé­ment éviter. En outre, il peut arri­ver qu’a­vec des reli­gieux conser­va­teurs, on partage un combat. J’ai applaudi quand le pape François a porté le fer sur la ques­tion des réfu­giés à l’échelle euro­péenne. Est-ce pour autant que le pape François est mon allié ? Bien sûr que non.

Où Jean-Marie Le Guen a-t-il vu que je souhaite rempla­cer nos règles répu­bli­caines par des normes reli­gieuses ? Jamais je n’ai défendu une telle inep­tie. Je tiens à la laïcité, j’en reven­dique le prin­cipe dans la lignée de la concep­tion de Jaurès. Ce que je n’ac­cepte pas, c’est que la laïcité, comme l’éga­lité hommes/femmes, soit instru­men­ta­li­sée au service d’une chasse aux musul­mans. Et pour ma part, contrai­re­ment à un certain nombre de leaders du PS, je n’ai pas l’in­ten­tion de redé­fi­nir la laïcité et la Répu­blique avec Causeur et leurs amis de la droite extrême au sein d’un curieux « Prin­temps répu­bli­cain ». À mon sens, les condi­tions de l’apai­se­ment supposent de tenir deux bouts : combattre sans faiblir Daesh et les réseaux de recru­teurs djiha­distes d’une part, lutter contre ce racisme qui prend la forme d’un rejet des musul­mans d’autre part. Lais­ser penser que l’Is­lam n’a qu’une seule lecture possible, inté­griste, conser­va­trice, morti­fère, est de nature à nour­rir le projet djiha­diste. L’in­sulte ne me fera pas taire. Je suis et reste­rai à la fois aux côtés des victimes de Char­lie, de l’Hy­per Casher, des tueries de novembre, et de tous ceux qui refusent d’en faire payer le prix à tous les musul­mans, qui se trouvent être d’ailleurs les premières victimes de Daesh à l’échelle mondiale. Ma convic­tion est que c’est aussi sur la base de cette cohé­rence que nous pour­rons combattre effi­ca­ce­ment le Front natio­nal.

Que signi­fie donc ce quali­fi­ca­tif « islamo-gauchiste » ? Il vise à jeter un anathème, à discré­di­ter sans autre forme de procès argu­menté. Je suis élue de Sevran et donc bien placée pour connaître les drames en cours des recru­te­ments djiha­distes comme les méfaits d’un islam inté­griste qui progresse. Jean-Marie Le Guen ne sait sans doute pas que c’est mon groupe poli­tique qui est inter­venu au conseil muni­ci­pal pour que notre ville affiche sur son site Inter­net et dans les lieux publics le numéro vert « Stop djiha­disme ». Un mini­mum. La majo­rité de Stéphane Gati­gnon, avec le PS, n’y avait pas encore songé. Ce que je sais égale­ment, c’est la violence des préju­gés contre les musul­mans qui se trouvent aujourd’­hui stig­ma­ti­sés et les dégâts profonds des inéga­li­tés sociales et terri­to­riales, décombres sur lesquels se dressent aujourd’­hui les murs du repli et du racisme. Jamais je n’ai défendu le « diffé­ren­tia­lisme cultu­rel ». Univer­sa­liste même si j’en conteste le carac­tère souvent abstrait ou ses décli­nai­sons impé­ria­listes, je suis oppo­sée à toute forme d’es­sen­tia­lisme, comme l’at­testent notam­ment mes posi­tions fémi­nistes depuis vingt ans. Je défends la mixité cultu­relle, comme une richesse.

Poli­tique à la petite semaine

Avec Manuel Valls ou Jean-Marie Le Guen, j’ai de nombreux désac­cords. Leur poli­tique au gouver­ne­ment, qui déploie libé­ra­lisme écono­mique et contrôle social, est aux anti­podes de celle que j’ap­pelle de mes vœux. Pour masquer leurs partis pris qui ne sont ni de gauche, ni de gauche, et éviter de discu­ter de leur bilan comme du vide de leur projet, ils tentent de pola­ri­ser le débat poli­tique sur la ques­tion de l’iden­tité au détri­ment de l’éga­lité. C’est un piège dans lequel une gauche digne de ce nom a le devoir de ne pas tomber.

Nous avons besoin de muscler notre vision du monde et de recons­ti­tuer un idéal inter­na­tio­nal. Ce n’est pas avec de la poli­tique à la petite semaine avec des « Eh oh » que nous bâti­rons à nouveau l’es­pé­rance. L’in­té­grisme reli­gieux se nour­rit de la panne poli­tique, de la chute des grandes idéo­lo­gies. L’hu­main a besoin de trans­cen­dance.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ho­ri­zon gouver­ne­men­tal n’est pas trans­cen­dant… Tout au long de son dernier livre (La gauche qui vient, Fonda­tion Jean-Jaurès 92 pages, gratuit), Jean-Marie Le Guen annonce qu’il faut rassem­bler la gauche pour mieux gouver­ner demain avec la droite : « J’en appelle donc à un double dépas­se­ment simul­tané : celui du clivage droite-gauche dans le camp répu­bli­cain, et celui des deux gauches dans une gauche rassem­blée ». La dialec­tique est osée, le projet sans avenir. Ce n’est pas une raison pour disqua­li­fier par des mots-valises insul­tants celles et ceux qui n’ont pas renoncé à rêver d’un monde meilleur et à recher­cher les moyens de le construire.

Clémen­tine Autain est conseillère régio­nale Ensemble-Front de Gauche

 

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