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Face au mépris des médias domi­nants

Face au mépris des médias domi­nants, à leur trai­te­ment délé­tère des mouve­ments sociaux : mobi­li­sons-nous !

par Acri­med, jeudi 13 décembre 2018

Nous lançons un appel à l’en­semble des forces poli­tiques de la gauche de gauche, aux jour­na­listes et à leurs syndi­cats, aux collec­tifs de jour­na­listes précaires, aux médias alter­na­tifs comme à l’en­semble des usagers des médias, pour contes­ter les dérives média­tiques actuelles et penser urgem­ment la réap­pro­pria­tion démo­cra­tique des médias (des) domi­nants !

Le trai­te­ment média­tique des mouve­ments sociaux en cours, et en parti­cu­lier celui des gilets jaunes, n’est hélas pas surpre­nant. Toute­fois, la mobi­li­sa­tion des médias domi­nants en défense du pouvoir poli­tique et des forces de répres­sion a pris depuis quelques semaines des propor­tions inédites.

Plus que jamais, les médias domi­nants jouent le rôle de gardiens de l’ordre établi.


Face à un mouve­ment s’ins­cri­vant dans la durée, à la diver­sité de ses reven­di­ca­tions, à sa popu­la­rité, et à la situa­tion de crise poli­tique dans laquelle il est en train de plon­ger le gouver­ne­ment, les maîtres (grands ducs et petits marquis) de l’es­pace média­tique resserrent les rangs. Il s’agit coûte que coûte de trou­ver des solu­tions de « sortie de crise » pour préser­ver le gouver­ne­ment en place, afin qu’il « garde le cap » des « réformes » libé­rales, et surtout de défendre les insti­tu­tions qui contri­buent à légi­ti­mer son pouvoir comme celui des tenan­ciers des grands médias. Le tout dans une suren­chère auto­ri­taire qui appuie et avalise l’em­ploi de la force par l’État ou appelle à davan­tage de répres­sion. Des objec­tifs parfai­te­ment synthé­ti­sés par Bernard-Henri Lévy, éter­nel phare de la pensée média­tique, dans un appel résu­mant l’es­prit qui règne parmi les chef­fe­ries édito­riales des « grandes » rédac­tions : « Que Macron parle ou pas, que l’on soit d’ac­cord avec lui ou non, qu’on soit pour ses réformes ou contre, n’a, à cet instant, aucune impor­tance. Face à la montée en puis­sance des fachos, des factieux et des enne­mis de la Répu­blique, une seule option digne : soutien au Président Macron. »

Contre les médias de démo­bi­li­sa­tion socia­le…


Comme à l’oc­ca­sion de chaque mouve­ment social, les chiens de garde se démul­ti­plient et quadrillent la quasi-tota­lité de l’es­pace média­tique en décré­tant ce que nous devons penser et ce dont il faut parler. Symp­tôme de la « grande peur » média­tique, tous les méca­nismes d’or­di­naire utili­sés pour la préser­va­tion de l’ordre établi sont ici mobi­li­sés à la puis­sance dix : suivisme vis-à-vis de la commu­ni­ca­tion gouver­ne­men­tale ; somma­tions inces­santes à ne pas aller mani­fes­ter ; surex­po­si­tion des violences (des mani­fes­tants) ; injonc­tions unanimes et unila­té­rales à les condam­ner ; délé­gi­ti­ma­tion des reven­di­ca­tions sociales et de certains repré­sen­tants des mobi­li­sa­tions, etc. Autant de rappels à l’ordre déver­sés de manière conti­nue sur les chaînes d’in­for­ma­tion telles que BFM-TV, LCI ou CNews.

Si les médias domi­nants ne fabriquent pas l’opi­nion à propre­ment parler (la défiance qu’ex­priment nombre de mani­fes­tants à leur égard en étant une des preuves), ils contri­buent, par tous ces méca­nismes, à :

– construire une atmo­sphère anxio­gène ;
– défi­nir les reven­di­ca­tions sociales et poli­tiques « légi­times » et défi­nir le cadre dans lequel ces reven­di­ca­tions doivent s’ex­pri­mer ;
– sélec­tion­ner et promou­voir la visi­bi­lité publique de porte-parole légi­times et de ceux qui ont le droit de s’ex­pri­mer.

Dans un tel contexte, les chef­fe­ries édito­riales se mobi­lisent en première ligne : chefs des services poli­tique/justice/police, rédac­teurs en chef, édito­ria­listes et chro­niqueurs idéo­logues sont, de manière encore plus flagrante que d’or­di­naire, de véri­tables mili­tants en service commandé pour la classe domi­nante et ses oligarques.

Contre ceux-là, notre appel s’adresse aussi à l’en­semble des jour­na­listes, précaires, forçats de l’in­for­ma­tion domi­nés par ces hiérar­chies étouf­fantes et dont le travail se trouve souvent mutilé, détourné et saboté selon le seul bon vouloir de leurs patrons et « respon­sables » : combien de temps encore les tenants du système média­tique pour­ront-ils exer­cer leur pouvoir sur le dos des jour­na­listes et en leur nom ?

… mobi­li­sons-nous !


Née dans la foulée du mouve­ment social de 1995, Acri­med est une asso­cia­tion qui dénonce les dérives d’une infor­ma­tion trop souvent partiale et biai­sée, fabriquée par des fondés de pouvoir de la classe domi­nante, qui ne trouvent jamais rien à redire au monde tel qu’il va. Un des objec­tifs de cette lutte consiste dans une trans­for­ma­tion radi­cale de l’es­pace média­tique, qui passe notam­ment par l’ex­pul­sion des forces de l’argent de cet espace et par l’ins­tau­ra­tion de condi­tions permet­tant une réelle appro­pria­tion démo­cra­tique de l’ex­pres­sion média­tique et une infor­ma­tion libre, indé­pen­dante et plura­liste.

C’est pourquoi nous lançons aujourd’­hui un appel déter­miné, à l’en­semble des forces poli­tiques de la gauche de gauche, à l’en­semble des jour­na­listes, à leurs syndi­cats, aux collec­tifs de jour­na­listes précaires, aux médias alter­na­tifs comme à l’en­semble des usagers des médias à tous nous réunir urgem­ment. Comment ? Une grande réunion publique en janvier serait une première étape : pour mettre en commun les expé­riences et préoc­cu­pa­tions des uns et des autres, et pour discu­ter ensemble des actions concrètes à mener afin d’ex­pri­mer et faire entendre notre refus des dérives actuelles des médias domi­nants.


L’es­pace public et média­tique appar­tient à tous et ne saurait en aucun cas rester la propriété de la classe domi­nante. Notre combat doit deve­nir celui de tout le monde et nous invi­tons les acteurs des mouve­ments sociaux à s’em­pa­rer de la cause de la libé­ra­tion des médias.


Si vous souhai­tez connaitre les suites de cet appel ou vous impliquer dans de futures initia­tives, vous pouvez envoyer un message à l’adresse acri­me­dinfo(à)gmail.com. N’hé­si­tez pas à faire circu­ler et à relayer massi­ve­ment cet appel !

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