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La dépense publique n’est pas une dépense ! C’est d’abord un inves­tis­se­ment

Court article de Pascal Angers d’En­semble!17

Un des problèmes de la France serait son niveau de dépense publique (DP) trop élevé par rapport au PIB (57%) et lais­sant croire qu’il ne reste­rait que 43% pour les dépenses privées. Or la DP n’est pas une part du PIB. On peut éven­tuel­le­ment les compa­rer sous forme de ratio (moyen de rappro­cher deux valeurs de nature diffé­rente). En effec­tuant la même compa­rai­son sur d’autres chiffres on trou­ve­rait que la dépense privée des ménages et des entre­prises peut être esti­mée à plus de 200 % du PIB…

La DP en France, d’en­vi­ron 1 208 Mds en 2013 (en attente de chiffres 2014), se décom­pose en trois secteurs : le budget de l’État pour 33%, le budget des collec­ti­vi­tés terri­to­riales (CT) pour 20,5 % et le budget de la protec­tion sociale (couver­ture vieillesse, mala­die, acci­dents du travail, chômage, famille, autres pres­ta­tions sociales) pour 46,5%. Les DP recouvrent aussi le fonc­tion­ne­ment de services publics dont les rému­né­ra­tions des person­nels et l’in­ves­tis­se­ment.

Ainsi une grande partie des DP va à la protec­tion sociale et à la santé (socia­li­sées en France contrai­re­ment à d’autres pays, par exemple aux USA, où l’as­su­rance sociale est du domaine privé et donc non comp­tée dans les DP). La compa­rai­son de ce ratio entre pays est donc souvent biai­sée car le péri­mètre pris en compte n’est pas iden­tique entre les pays. Ces « DP » sont alimen­tées par les coti­sa­tions ou l’im­pôt et ce sont égale­ment des reve­nus pour nombre de citoyens (retraites, allo­ca­tions fami­liales, salaires,…).
Souli­gnons que ces pres­ta­tions sont réin­ves­ties dans l’éco­no­mie réelle et non dans la spécu­la­tion ou l’éva­sion fiscale.

Pourquoi dénon­cer la DP alors ? Les finan­ce­ments publics ou socia­li­sés, comme par exemple les retraites par répar­ti­tion, échappent aux circuits (marchés) finan­ciers privés ou aux secteurs privés. Moins de dépenses publiques, moins de services publics créent géné­ra­le­ment des nouveaux marchés pour le secteur privé et satis­font les marchés finan­ciers (dont les fameux fonds de pensions). Là est le risque, ou rester dans un système soli­daire soucieux de l’in­té­rêt collec­tif, ou bascu­ler vers le privé pour le profit de quelques uns au détri­ment du plus grand nombre !

Pour conclure : ce n’est pas une tare d’avoir un ratio élevé de DP sur PIB, c’est tout simple­ment le signe d’une forte socia­li­sa­tion, mutua­li­sa­tion et redis­tri­bu­tion. C’est un choix de société au béné­fice de tous.

Face aux consé­quences des poli­tiques austé­ri­taires (chômage, préca­ri­sa­tion,…) ou tout simple­ment des aléas de la vie, nous avons besoin de citoyens éduqués, formés, en bonne santé et « assis­tés » lorsque ceux-ci subissent les restruc­tu­ra­tions capi­ta­listes syno­nyme de chômage, préca­ri­sa­tion et pauvreté !

Dimi­nuer la dépense publique, comme c’est le prin­cipe des poli­tiques austé­ri­tai­res* du gouver­ne­ment actuel (mais aussi des précé­dents), devient un facteur réces­sif pour l’éco­no­mie (en parti­cu­lier pour l’in­ves­tis­se­ment public), qui appau­vrit de plus en plus de citoyens et mine la cohé­sion sociale.

Pascal Anger

* De 2013 jusqu’en 2017 les budgets publics (Etat, CT, Protec­tions sociales) auront dimi­nué a minima de 80 Mds (4% du PIB). Et la Commis­sion Euro­péenne demande à la France encore 30 Mds d’éco­no­mies supplé­men­taires jusqu’en 2017 !

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