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La France droguée aux pesti­cides

Un article de Bruno Rion­det

« On est dépen­dant quand résis­ter au besoin de consom­mer devient impos­sible. On ne peut plus se passer de consom­mer un produit sous peine de souf­frances physiques et/ou psychiques. La vie quoti­dienne tourne large­ment ou exclu­si­ve­ment autour de la recherche et de la prise du produit. La dépen­dance peut s’ins­tal­ler bruta­le­ment ou progres­si­ve­ment, en fonc­tion de l’in­di­vidu et du produit. On peut deve­nir dépen­dant d’un produit sans s’en rendre compte » expliquent les sites consa­crés à la santé.

« Faites ce que je dis mais ne dites pas …

A force d’en­tendre tel ministre ou autre « respon­sable » dire qu’il faut réduire l’usage des pesti­cides, on fini­rait presque par croire qu’il n’y en a plus beau­coup !! Qu’on serait même pas loin d’une alimen­ta­tion saine, à consom­mer les yeux fermés !
La réalité est bien diffé­rente !
Le Minis­tère de l’agri­cul­ture a rendu publics mardi 8 mars 2016 les nouveaux chiffres sur l’uti­li­sa­tion des pesti­cides en France. Ils sont inquié­tants. Loin de dimi­nuer, l’usage de pesti­cides a encore augmenté entre 2013 et 2014.

Des résul­tats acca­blants

Rappe­lons-nous l’objec­tif affi­ché avec emphase lors du Grenelle de l’en­vi­ron­ne­ment : divi­ser par deux la consom­ma­tion de pesti­cides. C’est un échec : la consom­ma­tion de pesti­cides a augmenté de 16% en tonnes entre 2013 et 2014.

Toujours entre 2013 et 2014, les trai­te­ments de semences ont bondi de 31,4% et les produits conte­nant des molé­cules suspec­tées cancé­ri­gènes, muta­gènes ou toxiques pour la repro­duc­tion ont augmenté de 12,9%. Les pesti­cides imprègnent tous les milieux natu­rels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés.

Ecophyto 1 … 2 … 3 demain ?

Ce plan, approuvé lors du Grenelle de l’en­vi­ron­ne­ment par l’en­semble des acteurs, se heurte au manque d’en­ga­ge­ment d’une majo­rité d’agri­cul­teurs, de distri­bu­teurs de pesti­cides et d’or­ga­ni­sa­tions agri­coles.
En 2014, le minis­tère a fini par recon­naitre la réalité : loin de dimi­nuer, entre 2009 et 2013, la consom­ma­tion de pesti­cides conti­nuait à augmen­ter. De 5 % en moyenne, et même de 9,2 % entre 2012 et 2013. L’Etat français a donc dû revoir ses ambi­tions à la baisse. La réduc­tion de 50 % de la consom­ma­tion de pesti­cides a donc été repor­tée de 2018 à 2025.

Du courage ?

Pour atteindre les objec­tifs du plan Ecophyto, il est urgent d’in­ter­dire les pesti­cides les plus dange­reux. A commen­cer par les néoni­co­ti­noïdes, des insec­ti­cides dange­reux pour les polli­ni­sa­teurs actuel­le­ment en débat dans la loi sur la biodi­ver­sité, du glypho­sate, dont la réau­to­ri­sa­tion est en débat au niveau euro­péen, et des insec­ti­cides utili­sés dans le trai­te­ment post-récolte des cultures, à l’ori­gine de la majo­rité des conta­mi­na­tions de produits alimen­taires.

Rappe­lons que certains insec­ti­cides – à base de chlor­py­ri­phos-méthyl – sont forte­ment impliqués dans le déve­lop­pe­ment des leucé­mies et des problèmes de neuro-déve­lop­pe­ment chez l’en­fant.

Et pendant ce temps …

… pendant ce temps, les enquê­teurs de la Concur­rence et des Fraudes ( commu­niqué de la DGCCRF, 2 mars 2016) publiaient le résul­tat du contrôle de 5 480 échan­tillons de produits d’ori­gine végé­tale (fruits, légumes, céréales, épices, etc.) mis sur le marché français, contrôle dans lequel 482 substances diffé­rentes ont été recher­chées.

Résul­tat : rési­dus de pesti­cides quan­ti­fiables dans un échan­tillon sur deux. Plus préci­sé­ment dans 74 % des échan­tillons de fruits, 59 % des céréales et un produit d’ali­men­ta­tion infan­tile sur 16. Les non-confor­mi­tés touchent prin­ci­pa­le­ment les oranges, ainsi que les pêches et les necta­rines.

… et pendant ce temps, l’agri­cul­ture indus­trielle se pour­suit. Très gour­mande en pesti­cides et autres produits phyto­sa­ni­taires. Les projets de ferme-usines se multi­plient, les petites exploi­ta­tions fami­liales dispa­raissent 1 , les grands groupes agro-alimen­taires 2 se portent bien.

L’Hu­main d’abord ? Il est urgent de réagir.

Bruno Rion­det

Bruno Rion­det est l’au­teur de nombreux ouvrages dont rois romans (cf « billets en rela­tion » ci-dessous)

1 – Dimi­nu­tion de 26 % du nombre de fermes entre 2000 et 2010, en France. En Europe, d’après la Confé­dé­ra­tion Paysanne, « une ferme dispa­rait toutes les 3 minutes ».
2 – 10 entre­prises dominent ce marché et possèdent la plupart des marques connues !
En savoir plus sur http://www.conso­globe.com/marques-produits-alimen­taires-cg#R6iVwbdqe0BsEePG.99

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