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La gauche radi­cale à la relance

Un article de Fred Borras, Samy Johsua.
Mili­tants à Ensemble
, Mouve­ment pour une alter­na­tive de gauche, écolo­giste et soli­daire, respec­ti­ve­ment à Toulouse et à Marseille.
Ce texte n’en­gage que leurs auteurs.
http://blogs.media­part.fr/blog/samy-johsua/260214/la-gauche-radi­cale-la-relance

Une formule facile dit que gouver­ner c’est prévoir. Et il n’est pas si diffi­cile de juger de la météo actuelle du Front de Gauche : « ciel couvert, averses éparses, risques d’orages renou­ve­lés ». Mais bonne surprise, désor­mais, c’est « tendance à une nette amélio­ra­tion », même si la prévi­sion à un mois reste un exer­cice risqué.

Les choix pari­sien et toulou­sain du PCF de rallier le PS dès le premier tour ont incon­tes­ta­ble­ment brouillé le message du Front de Gauche alors même que se confir­mait le virage à droite de Hollande. Diffi­cile du coup de donner une impul­sion natio­nale aux très nombreuses campagnes menées dans l’unité par la tota­lité du Front de Gauche. Comme dans les deuxième et troi­sième villes du pays, Marseille et Lyon.

Les tensions qui en ont découlé, parfois exagé­rées et diffi­ciles à saisir de l’ex­té­rieur, ont pu lais­ser planer le doute sur la péren­nité de l’al­liance. Or sans elle aucune alter­na­tive réelle ne peut s’ima­gi­ner pour une oppo­si­tion de gauche, indis­pen­sable face à l’évo­lu­tion droi­tière répé­tée du Hollan­disme. Dont on peut mesu­rer que, contrai­re­ment à ce qu’a­vançaient tant d’ana­lystes de plateaux télé, elle ne se limi­tera pas aux ques­tions écono­miques et sociales, mais s’éten­dra toujours plus aux ques­tions socié­tales elles-mêmes.

La droite extré­mi­sée occupe le terrain en concur­rence accen­tuée avec le FN. La droite fasciste a, pour la première fois depuis la guerre, fait reten­tir dans la rue slogans anti­sé­mites et isla­mo­phobes. Pendant qu’au nom d’un inté­grisme reli­gieux de tous hori­zons un délire s’em­pa­rait de certains secteurs, mani­pu­lés par des rumeurs plus folles les unes que les autres, sur la soi-disant « théo­rie du genre ». La lâcheté du gouver­ne­ment face à ces dérives gravis­simes n’est plus à démon­trer avec l’aban­don en une jour­née du projet même d’une « Loi Famille ».

Tout ceci a fini par jouer comme un signal évident. Si la gauche radi­cale ne trou­vait pas le moyen de rebon­dir, elle aussi démis­sion­nait de ses respon­sa­bi­li­tés les plus pres­santes. Un premier signal est venu de Marseille, où, à l’ini­tia­tive syndi­cale, un front poli­tique, asso­cia­tif, syndi­cal a vu le jour avec une mani­fes­ta­tion tenue sous des trombes d’eau contre les poli­tiques austé­ri­taires, front qui se main­tient depuis. Et qui aura son pendant avec une initia­tive compa­rable à Toulouse le 1er mars. Mais force est de consta­ter qu’à l’échelle natio­nale il n’en est pas de même, loin de là, après les décla­ra­tions du diri­geant de la CGT, Thierry Lepaon. C’est donc du niveau poli­tique que la flam­mèche s’est rallu­mée avec un premier appel de Clémen­tine Autain à reprendre la rue. Puis par cet évène­ment qui marque (enfin !) la sortie de l’iso­le­ment volon­taire du NPA, avec une décla­ra­tion et un appel communs de Jean-Luc Mélen­chon et d’Oli­vier Besan­ce­not propo­sant une analyse parta­gée de la gravité de la situa­tion et mettant en discus­sion les dates des 12 et 13 avril pour une riposte de rue. La seule effi­cace, à la fois contre les poli­tiques austé­ri­taires renfor­cées et pour montrer que non, déci­dé­ment, la rue n’ap­par­tient pas à la droite extré­mi­sée. Initia­tive immé­dia­te­ment renfor­cée par Pierre Laurent pour le PCF, qui avait lui aussi déjà proposé une grande initia­tive euro­péenne contre l’aus­té­rité aux mêmes dates.

Il faut l’unité de la vraie gauche aux élec­tions euro­péennes

Il était temps. Temps de réagir en fixant une échéance qui peut regrou­per large­ment les secteurs poli­tiques (gauche de EELV ou du PS, si les actes suivent les paroles), syndi­caux, asso­cia­tifs, ceci en respec­tant les rythmes et spéci­fi­ci­tés de chacun. Temps aussi que le Front de Gauche retrouve ses racines. Temps même que l’élar­gis­se­ment bien­venu au NPA repose la ques­tion qui coule de source, celle d’une alliance élec­to­rale grand angle pour les élec­tions euro­péennes. Comment en effet comprendre que ce qui est possible dans la rue avec une telle ampleur espé­rée et une telle clarté poli­tique ne soit pas possible fin mai dans les urnes lors d’une campagne placée sous le signe de l’in­ter­na­tio­na­lisme avec le choix d’un mili­tant grec comme chef de file, Alexis Tsipras ?

Par delà ses diffi­cul­tés actuelles (incon­tes­tables) la gauche radi­cale, et le Front de Gauche en parti­cu­lier, a donc les moyens de rebon­dir. Certes cela ne suffira pas à régler les ques­tions d’am­pleur stra­té­giques qui se sont faites jour à l’oc­ca­sion des élec­tions muni­ci­pales. Peuvent-elles d’ailleurs l’être dans un seul tête à tête au sommet sans un élar­gis­se­ment massif du Front de Gauche à la base ? Et pour­tant oui, la météo à gauche de la gauche s’est brusque­ment amélio­rée pour les mois à venir. Espé­rons qu’elle annonce un prin­temps rayon­nant pour l’op­po­si­tion de gauche ! Main­te­nant réus­sir la mobi­li­sa­tion des 12 et 13 avril devient l’enjeu majeur. Pour elle-même, mais bien au-delà, pour que revive l’es­poir qu’une réelle alter­na­tive à gauche se mani­feste et se déve­loppe face au désastre de l’évo­lu­tion socia­liste et face à la montée des dangers de droite et d’ex­trême-droite.

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