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Mani­feste rédigé par les orga­ni­sa­tions des plate­formes Alter­na­tives G7 et G7 EZ ! à l’oc­ca­sion de la clôture du contre-sommet à Hendaye et Irun.

Mani­feste – L’Ap­pel du contre-G7

lundi 26 août 2019,

paru sur le site d’ATTAC

Mani­feste rédigé par les orga­ni­sa­tions des plate­formes Alter­na­tives G7 et G7 EZ ! à l’oc­ca­sion de la clôture du contre-sommet à Hendaye et Irun.

Le contre-G7 d’Hen­daye et Irun a rassem­blé des milliers de parti­ci­pant.e.s et permis d’or­ga­ni­ser des centaines d’ac­ti­vi­tés, de faire vivre un camp alter­na­tif et de multi­plier les actions et mani­fes­ta­tions de rue.

Nous nous mobi­li­sons face à un G7 divisé et dont il ne sortira rien. Il reste, malgré ses beaux discours sur la réduc­tion des inéga­li­tés, le symbole de poli­tiques néoli­bé­rales et auto­ri­taires. Il porte des poli­tiques qui ont creusé les inéga­li­tés sociales, renforcé les divi­sions et les domi­na­tions dues au racisme et au patriar­cat, orga­nisé l’in­dus­tria­li­sa­tion de l’agri­cul­ture, nourri l’in­dus­trie de l’ar­me­ment, accé­léré les crises envi­ron­ne­men­tales, les dérè­gle­ments clima­tiques et la chute de la biodi­ver­sité. Il colo­nise des conti­nents et pille leurs ressources natu­relles. Il lève des murailles et empêche la libre circu­la­tion des personnes les plus pauvres.

Dans les années 1990, les insti­tu­tions inter­na­tio­nales et le G7 avaient promis que la mondia­li­sa­tion néoli­bé­rale allait permettre le triomphe de la “démo­cra­tie de marché”, le déve­lop­pe­ment des pays et la réduc­tion des inéga­li­tés. Toutes ces promesses se sont fracas­sées sur les crises majeures du système, la montée de l’au­to­ri­ta­risme sur tous les conti­nents et l’ex­plo­sion des inéga­li­tés et de la préca­rité, qui touche en prio­rité les femmes. Et il n’est resté qu’une vérité crue : ce système à la préten­tion de trans­for­mer toutes les réali­tés du monde, qu’elles soient humaines ou natu­relles, en marchan­dises à la merci de marchés finan­ciers avides de profits ; d’of­frir aux multi­na­tio­nales un marché-monde pour leurs produits unifor­mi­sés ; et de propo­ser comme seules aspi­ra­tions et rêves aux popu­la­tions du monde entier une consom­ma­tion sans limite de ces marchan­dises. Tout cela en multi­pliant leurs profits au détri­ment de travailleur.se.s eux-aussi réduit.e.s en marchan­dise jetable et préca­ri­sée.

Avec ce contre-G7 nous voulons démon­trer qu’il est possible de résis­ter au système capi­ta­liste qui scie la branche sur laquelle l’Hu­ma­nité est assise. A l’in­verse de la mondia­li­sa­tion néoli­bé­rale, il est possible de déve­lop­per des alter­na­tives en partant des terri­toires et des collec­tifs humains qui prio­risent la colla­bo­ra­tion à la compé­ti­tion, les biens communs et les droits humains aux profits privés, la garan­tie d’un loge­ment digne pour toutes et tous à la spécu­la­tion, l’éga­lité et la diver­sité à la réus­site indi­vi­duelle et à l’uni­for­mi­sa­tion cultu­relle. Ici au Pays Basque, comme dans beau­coup d’autres endroits du monde, se construisent des rela­tions diffé­rentes, d’autres systèmes fondés sur la coopé­ra­tion, les circuits courts, des rela­tions entre humains et nature respec­tueuses et une démo­cra­tie réelle.

Il ne s’agit pas d’idéa­li­ser des réali­tés qui sont contra­dic­toires, mais de comprendre que remettre les pieds sur nos terri­toires et déve­lop­per des coopé­ra­tions multiples permettent de mieux répondre aux défis auxquels nous faisons face. Oppres­sion des femmes, drame et chasse des migrant.e.s, dérè­gle­ments clima­tiques, indus­tria­li­sa­tion de l’agri­cul­ture et de l’ali­men­ta­tion, extinc­tion de la biodi­ver­sité, détri­co­tage du droit du travail, recul des liber­tés publiques, déman­tè­le­ment des États provi­den­ce… tout ceci nous appelle à renfor­cer les luttes et les soli­da­ri­tés aux niveaux local, natio­nal, étatique, conti­nen­tal et mondial.

Nos alter­na­tives, qui mettent en oeuvre les valeurs de démo­cra­tie, de soli­da­rité et d’éga­lité entre les femmes et les hommes, sont incom­pa­tibles avec le déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme néoli­bé­ral qui s’ap­puie sur les États domi­nants et défend les inté­rêts des marchés finan­ciers et des multi­na­tio­nales par la multi­pli­ca­tion d’ac­cords de libre-échange destruc­teurs, la priva­ti­sa­tion des services publics et des biens communs…. Aujourd’­hui, toute forme de contes­ta­tion de ce système se traduit par des répres­sions poli­cières et des restric­tions aux liber­tés publiques de plus en plus impor­tantes et la bana­li­sa­tion des inter­ven­tions mili­taires.

Nos alter­na­tives construisent des terri­toires plus soli­daires, plus rési­lients face aux crises majeures et à l’ef­fon­dre­ment à venir, et mieux armés contre la marchan­di­sa­tion de nos socié­tés et de nos vies, la délo­ca­li­sa­tion et la mise en compé­ti­tion des peuples et des indi­vi­dus, la destruc­tion de la nature et des cultures popu­laires. Nos alter­na­tives .

Elles permettent égale­ment aux citoyen.ne.s, et en parti­cu­lier aux plus précaires, de se réap­pro­prier l’exer­cice de la démo­cra­tie, de renouer avec l’en­ga­ge­ment poli­tique, de reprendre conscience de leur pouvoir de peser sur le cours des choses, comme nous l’avons vu avec le mouve­ment des Gilets Jaunes, les mobi­li­sa­tions fémi­nistes et les marches pour le climat. Ceci implique de recon­naître le droit à l’ex­pé­ri­men­ta­tion et à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion sur les terrains poli­tiques, écono­miques, alimen­taires, éner­gé­tiques et cultu­rels. Nous sommes à ce titre soli­daires des mobi­li­sa­tions actuelles des citoyen.ne.s en Algé­rie, à Hong Kong, en Cata­logne, en Pales­tine, au Soudan et ailleurs.

L’ac­cé­lé­ra­tion et l’ag­gra­va­tion des dégâts sociaux, écolo­giques et démo­cra­tiques causés à l’échelle plané­taire par l’of­fen­sive néoli­bé­rale, comme nous le voyons aujourd’­hui en Amazo­nie, rend urgente la mise en place d’al­liances et de stra­té­gies permet­tant d’in­ver­ser au plus vite le cours des choses. Ce contre-G7 est une étape impor­tante pour la construc­tion de ces alliances néces­saires entre mouve­ments sociaux, envi­ron­ne­men­taux, syndi­caux, fémi­nistes, poli­tiques. Une étape pour les construc­tions d’al­liances sur des terrains spéci­fiques, mais aussi pour des alliances de plus large portée, d’al­liances globales qui pour­ront être déci­sives pour les actions à venir.

Les plate­formes Alter­na­tives G7 et G7 EZ !

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