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Menaces sur le droit à l’avor­te­ment aux Etats-Unis

Le collec­tif Avor­te­ment Europe dénonce une énième tenta­tive de restreindre le droit des femmes à dispo­ser de leur corps !

Nous le savons, nos droits ne sont jamais acquis. L’ap­pro­pria­tion du corps des femmes par le patriar­cat a la peau dure comme le démontrent les révé­la­tions du jour­nal Poli­tico. Les effets délé­tères des poli­tiques réac­tion­naires du gouver­ne­ment répu­bli­cain de Donald Trump et des mouve­ments anti-avor­te­ment se pour­suivent malgré le chan­ge­ment poli­tique démo­crate à la prési­dence des USA.

Le jour­nal Poli­tico a révélé le 2 mai 2022 que des menaces pèsent sur la juris­pru­dence dite « Roe vs Wade ». D’après cette juris­pru­dence, le droit à l’avor­te­ment est garanti par la Cons­ti­tu­tion au titre du respect de la vie privée. Le jour­nal affirme cela en s’ap­puyant sur l’avant-projet d’une déci­sion majo­ri­taire de la Cour Suprême améri­caine le 10 février dernier rédi­gée par le juge conser­va­teur Samuel Alito. Le texte prétend que l’ar­rêt Roe vs Wade serait « infondé » et doit faire l’objet de négo­cia­tions jusqu’au 30 juin de cette année.

Comment une telle régres­sion a-t-elle été rendue possible ?

Donald Trump, adver­saire déclaré du droit à l’avor­te­ment, avait à l’époque de son mandat œuvré contre celui-ci en nommant à la Cour Suprême trois magis­trats conser­va­teurs. Ils confor­taient ainsi sa majo­rité anti­choix comp­tant 6 juges sur les 9 que dénombre la Cour Suprême. C’est cette même cour voulue par Trump qui n’a pas empê­ché la promul­ga­tion d’une loi texane limi­tant le droit à l’avor­te­ment aux 6 premières semaines de gros­sesse et c’est en déli­bé­rant au sujet d’une loi de l’état du Missis­sipi, qui remet en ques­tion le délai légal pour recou­rir à un avor­te­ment qu’une majo­rité des juges de la Cour Suprême s’est dite prête à annu­ler pure­ment et simple­ment l’ar­rêt Roe vs Wade. Le docu­ment publié par Poli­tico concerne ces déli­bé­ra­tions.

Si cette déci­sion entre en vigueur, le droit à l’avor­te­ment aux USA ne sera plus garanti par la Cons­ti­tu­tion, la déci­sion de main­te­nir l’ac­cès à l’avor­te­ment pour les femmes sera donc lais­sée à l’ap­pré­cia­tion de chaque Etat. Ce serait près de 26 États qui pour­raient déci­der d’in­ter­dire l’avor­te­ment, ce qui affec­te­rait 36 millions de femmes selon Plan­ned Paren­thood action Fund. Par ailleurs, inter­dire l’avor­te­ment ne signi­fie pas qu’il en y aura moins. Les femmes qui ont besoin d’avor­ter trou­ve­ront un moyen de le faire et beau­coup seront obli­gées de se tour­ner vers des méthodes dange­reuses qui pour­raient causer des dommages graves, voire entraî­ner la mort.

Les femmes précaires et margi­na­li­sées qui ont déjà des diffi­cul­tés d’ac­cès aux soins, seraient d’au­tant plus impac­tées. Cela consti­tue­rait une immense régres­sion en termes de droits des femmes dans le pays et un symbole effroyable pour le monde entier !

Nous, collec­tif avor­te­ment Europe, dénonçons une menace inad­mis­sible au droit à dispo­ser de notre corps ! Nous soute­nons sans réserve les mobi­li­sa­tions des femmes améri­caines et appe­lons à mani­fes­ter vendredi 6 mai 2022 à 18 heures place de la Répu­blique et partout en France où cela est possible !

Les membres du Collec­tif Avor­te­ment Europe, les femmes décident dont notam­ment : ANCIC, ANSFO, Collec­tif CIVG Tenon, Demo­cracy, FSU, Fédé­ra­tion SUD Santé Sociaux , Femmes Egalité, Collec­tif Natio­nal pour le Droit des Femmes, CADAC, Ensemble, Osez Le Fémi­nisme, Parti Commu­niste, le Plan­ning Fami­lial, Mouve­ment des femmes kurdes, NPA, Union syndi­cale Soli­daires Marche Mondiale des Femmes France

 Pour nous joindre : avor­te­ment­les­fem­mes­de­ci­dent@g­mail.com

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