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Pour l’ac­cueil incon­di­tion­nel des migrants. Appel natio­nal d’as­so­cia­tions

Source : A rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble | Le Club de Media­part

275 asso­cia­tions et collec­tifs de soli­da­rité lancent aujourd’­hui l’or­ga­ni­sa­tion d’une Confé­rence natio­nale citoyenne sur l’ac­cueil et les droits des personnes migrantes en France. Si le gouver­ne­ment a convoqué plusieurs « États géné­raux » (de l’ali­men­ta­tion) ou « Assise » (de la mobi­lité), il reste sourd aux demandes de dialogue et de concer­ta­tion des acteurs de la société civile. Et persiste dans l’igno­rance des droits des migrants et dans la crimi­na­li­sa­tion de tous ceux et celles qui leur viennent en aide.

470 orga­ni­sa­tions ont adressé le 15 juin dernier au président de la répu­blique et au gouver­ne­ment un « Appel à un chan­ge­ment radi­cal de poli­tique migra­toire en France ».

Cet appel expri­mait la volonté des signa­taires de voir s’en­ga­ger une poli­tique alter­na­tive, respec­tueuse des droits fonda­men­taux. Il deman­dait qu’il soit mis fin aux violences poli­cières à l’en­contre des personnes exilées ainsi qu’à l’in­ti­mi­da­tion de citoyen-ne-s et asso­cia­tions dési­gné-e-s comme coupables de « délit de soli­da­rité ». Il récla­mait, enfin, la tenue d’une large confé­rence natio­nale sur les ques­tions migra­toires.

Depuis plus de vingt ans, les gouver­ne­ments succes­sifs perpé­tuent une poli­tique de mise à l’écart et d’ex­clu­sion. Des milliers d’en­fants, de femmes et d’hommes qui ont réussi à atteindre l’Eu­rope, dont la France, souvent au risque de leur vie, voient leurs droits les plus fonda­men­taux mépri­sés. Ils et elles sont relé­gué-e-s, main­tenu-e-s dans la préca­rité, enfermé-e-s, expulsé-e-s, parfois vers des pays où ils et elles sont en danger de mort.

Face à cette situa­tion, des dizaines de milliers de personnes soli­daires et des centaines d’as­so­cia­tions œuvrent au quoti­dien et pour­voient au plus urgent. Mais ni leur exper­tise d’ac­teur de terrain ni leur volonté citoyenne d’agir pour un accueil digne ne sont recon­nues par les pouvoirs publics. Au contraire, ces personnes et asso­cia­tions voient leur action entra­vée, quand elles ne sont pas trai­tées comme des délinquantes et pour­sui­vies péna­le­ment.

Le « plan migrants », présenté ces jours derniers par le gouver­ne­ment, décidé en quelques semaines, n’est en rien le fruit d’une concer­ta­tion, encore moins de la réflexion natio­nale que nous voulons. En outre il est loin d’al­ler dans le sens de la poli­tique d’hos­pi­ta­lité, de respect du droit d’asile et plus large­ment de respect des droits humains que nous reven­diquons. Non seule­ment il ne rompt avec aucune des précé­dentes poli­tiques migra­toires, mais il nous enferme encore davan­tage dans une approche sécu­ri­taire, oppo­sant réfu­gié-e-s et migrant-e-s, en parti­cu­lier ceux et celles quali­fié-e-s d’« écono­miques ».

Nous réité­rons donc notre appel au lance­ment d’une confé­rence natio­nale sur les migra­tions, permet­tant de poser une analyse précise et éclai­rée de l’ac­cueil des étran­gers en France et d’en­vi­sa­ger serei­ne­ment les façons de construire une poli­tique respec­tueuse des obli­ga­tions de la France en matière d’ac­cueil et de respect des droits humains.

Des espaces de débat public ont été ouverts sur d’autres théma­tiques dans le passé, comme le Grenelle de l’en­vi­ron­ne­ment ou les confé­rences sociales. Nous ne les idéa­li­sons pas, mais nous savons d’ex­pé­rience que cela a permis aux respon­sables poli­tiques de s’ap­puyer sur l’ex­per­tise des acteurs de la société civile, des collec­ti­vi­tés locales, des cher­cheur-se-s, pour débou­cher sur des propo­si­tions d’ac­tion nour­ries de cette concer­ta­tion.

Notre requête n’a pour l’heure pas été enten­due, mais nous ne renon­ce­rons pas à la dyna­mique de rassem­ble­ment mani­fes­tée par le succès de notre appel. Nous lance­rons une concer­ta­tion citoyenne mobi­li­sant asso­cia­tions natio­nales et locales, collec­tifs de migrant-e-s et citoyen-ne-s réunis dans des initia­tives locales de soli­da­rité. Ensemble nous voulons faire émer­ger une propo­si­tion de poli­tique d’ac­cueil conforme à nos valeurs de soli­da­rité et d’hu­ma­nité.

 

 

Premiers signa­taires :

Amnesty Inter­na­tio­nal France, La Cabane juri­dique, le CCFD, la Cimade, le CRID, Emmaüs France, Emmaüs Inter­na­tio­nal, le Gisti, Habi­tat et citoyen­neté, Les P’tits déj à Flandre, Roya Citoyenne, le Secours catho­lique-Cari­tas France, Terre d’Er­ran­ce…

 

(pdf, 51.1 kB)

DNSI Poitiers a signé aussi, entre autres asso­cia­tions.