Aller au contenu

SNCF: la direc­tion calom­nie les grévistes. La lecture d’une enquête de France info le montre

France info: « Conflit à la SNCF : les grévistes réclament-ils le paie­ment des jours de grève et une prime de reprise du travail ? »

https://www.fran­cet­vinfo.fr/econo­mie/trans­ports/sncf/greve-a-la-sncf/conflit-a-la-sncf-les-grevistes-reclament-ils-le-paie­ment-des-jours-de-greve-et-une-prime-de-reprise-du-travail_3682807.html

« Depuis plus d’une semaine, la circu­la­tion des TGV est pertur­bée sur certains axes, en raison d’une grève au Tech­ni­centre de Châtillon, qui assure la main­te­nance des trains. La direc­tion de la SNCF et les agents ne s’ac­cordent pas sur les reven­di­ca­tions des grévistes.

« (…)Depuis le 21 octobre, le Tech­ni­centre de Châtillon (Hauts-de-Seine) est touché par une grève. Sur les quelque 700 personnes qui travaillent sur ce site stra­té­gique de la SNCF, chargé de la main­te­nance des TGV Atlan­tique, envi­ron 200 ont cessé le travail. Ce débrayage a de lourdes consé­quences. Les trains ne passent plus les contrôles de sécu­rité et ne peuvent donc pas être mis en circu­la­tion. Et, faute de rames dispo­nibles, le service est très perturbé entre Paris, la Bretagne, les Pays de la Loire et le Sud-Ouest. 

« Dans le live de fran­ceinfo, vous nous avez inter­ro­gés sur les reven­di­ca­tions réelles des chemi­nots. (…)Voici des éléments de réponse.

« Un projet de la direc­tion à l’ori­gine du débrayage »

« Au Tech­ni­centre, les agents qui entre­tiennent et réparent les trains travaillent en équipes et font les trois-huit, sept jours sur sept. La grève a débuté lundi 21 octobre avec, pour point de départ, le projet de réor­ga­ni­sa­tion présenté par leur direc­tion. « Ils ont allumé la mèche en disant : ‘Dans trois mois, on change tous vos roule­ments et on vous retire douze jours de repos‘ », dénonce un des agents grévistes, contacté par fran­ceinfo et qui a requis l’ano­ny­mat par crainte de sanc­tions disci­pli­naires.

« Les roule­ments que la direc­tion voulait impo­ser touchaient aussi les équipes de renfort et le dispo­si­tif de nuit. L’idée, c’était de pouvoir chan­ger les roule­ments 48 heures à l’avance seule­ment. Les agents pouvaient se retrou­ver à devoir travailler de 6 heures à 14 heures au lieu de faire une jour­née de 8 heures à 16 heures, pointe le gréviste. Certains collègues sont parents avec des enfants en bas âge, d’autres divor­cés… Comment peuvent-ils orga­ni­ser leur vie person­nelle avec ça ? » La grève est partie de la base, sans préavis, les agents ayant choisi de se passer de l’in­ter­mé­diaire des syndi­cats.

« (…) La direc­tion est soute­nue par l’exé­cu­tif. Le secré­taire d’Etat aux Tran­sports, Jean-Baptiste Djeb­bari, a exclu tout paie­ment d’une prime et des jours de grève. Il l’a affirmé mardi lors de la séance des ques­tions à l’As­sem­blée natio­nale et l’a répété jeudi sur France Inter. (…)

« Des reven­di­ca­tions clari­fiées par les grévistes

« Le gréviste inter­rogé par fran­ceinfo affirme que ses cama­rades n’ont jamais formulé de telles exigences. (…)

« Dimanche 27 octobre, afin d’ex­pliquer leur action, les agents ont rédigé un premier commu­niqué, consul­table notam­ment sur la page inter­net de la cagnotte lancée pour les soute­nir. Il n’y est fait aucune mention de ces deux reven­di­ca­tions évoquées par la direc­tion. « Nous deman­dons d’exer­cer notre métier avec respect et dignité », écrivent les agents, qui disent en avoir « marre des réor­ga­ni­sa­tions, des bas salaires, des suppres­sions d’em­plois et des sous-effec­tifs » et réclament « l’amé­lio­ra­tion de [leurs] condi­tions de travail ».

« Mercredi 30 octobre, un nouveau commu­niqué des grévistes a été lu à la presse, afin de répondre aux affir­ma­tions de la direc­tion aux sujets de leurs reven­di­ca­tions. (…)

« Selon ce commu­niqué, les grévistes demandent que leurs jours de grève ne soient plus consi­dé­rés comme des absences irré­gu­lières par leur direc­tion – ce qui les exposent à des sanc­tions disci­pli­naires –, mais ils n’en exigent pas le paie­ment. Ils réclament bien, en revanche, « une prime excep­tion­nelle au titre de la reva­lo­ri­sa­tion de [leurs] condi­tions de salaire, de la charge de travail qui a augmenté, du sous-effec­tif et des chiffres de produc­tion ».

« Mais cette prime n’est pas présen­tée comme un bonus finan­cier pour la reprise du travail. Les grévistes veulent en outre « une amélio­ra­tion finan­cière des astreintes et des dépan­nages en province ». Ils n’avancent toute­fois aucun montant. Enfin, ils dénoncent une direc­tion « jusqu’au-boutiste » qui refuse le dialogue, ne leur fait « aucune contre-propo­si­tion » et « préfère jouer le pour­ris­se­ment ».

« Le gréviste contacté par fran­ceinfo parle d’un « climat délé­tère depuis plusieurs mois » au sein du Tech­ni­centre, voire de l’en­tre­prise. « C’est un ras-le-bol géné­ral. On est des petites mains. Je gagne 1 700 euros après douze ans de boîte. Et les salaires sont gelés. On a davan­tage de départs que d’em­bauches, on n’a pas de recon­nais­sance de l’en­tre­prise, on veut que ça cesse. Alors là, ça pète en atelier. » (…) »

Billets en relation :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.