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Une mili­tante poite­vine à une Nuits Debouts Paris

Un témoi­gnage de Chris­tiane Quey­reix

Dès le début de l’après midi, les commis­sions se tiennent. Les personnes inté­res­sées s’as­soient par terre, en cercle, et le débat commence. Les règles sont les mêmes dans chaque commis­sion. La parole est libé­rée, les déci­sions se prennent vote à l’ap­pui, les débats débouchent sur des mani­festes, des actions, des demandes à faire remon­ter en AG du soir.
Les commis­sions sont ouvertes à tous, et infi­nies dans leur variété: fémi­nisme, actions, démo­cra­tie, assem­blée géné­rale, grève géné­rale, écono­mie, monnaie locale Paris, self défense femmes, boxe pour tous, climat écolo­gie, conver­gence des luttes, ateliers consti­tuants, coor­di­na­tion, infir­me­rie, séré­nité, anima­tion, rela­tion presse, numé­rique, tréso­re­rie, animaux, éduca­tion, travail, sciences, LGBT, langues, langue des signes, consom­ma­tion, culture, musée, art, inter­na­tio­nal, alimen­ta­tion, restau­ra­tion, jury citoyen, migrants, éduca­tion popu­laire, dessin, ….etc…
Chaque jour, de nouvelles commis­sions se créent.
Les débats sont animés, et le soir, les commis­sions rendent compte à l’as­sem­blée géné­rale devant tous, entre­cou­pées par les inter­ven­tions indi­vi­duelles dans le public. Tout le monde peut s’ins­crire dans le tour de paroles. Chacun dispose d’en­vi­ron deux minutes pour s’ex­pri­mer. Se succèdent un ministre grec, un ouvrier de Renault, un syndi­ca­liste d’IBM, un SDF, un intel­lec­tuel connu, des incon­nus. Chacun est simple­ment un prénom. C’est tout.
Sur la place, un accueil, des espaces restau­ra­tion, des sourds qui signent, des gens qui portent une pancarte; « je suis physi­cien, posez moi une ques­tion », un stand juri­dique où des avocats donnent des conseils dans le domaine du travail ou en cas de garde à vue, de confron­ta­tion avec la police, des enfants qui jouent à des jeux anciens, …la télé et la radio nuit debout, des porteurs de paroles, un atelier plan­ta­tion de graines, un atelier brico­lage pour construire des choses utiles pour la place de la Répu­blique, …
J’ai assisté à un débat sur le nucléaire, et à la fina­li­sa­tion du mani­feste  de la commis­sion « climat écolo­gie ». Ce mani­feste plutôt dénon­cia­teur  sera suivi d’une partie propo­sant des solu­tions concrètes. J’ai assisté aussi à un atelier non mixte d’une heure proposé par les fémi­nistes sur la ques­tion du plai­sir fémi­nin. J’ai été très surprise de voir plusieurs réac­tions violentes d’hommes invi­tés à passer leur chemin, refu­sant de comprendre que les femmes aient envie et besoin de parler simple­ment ensemble de sujets qui les concernent parti­cu­liè­re­ment. Hier soir, un débat avec un des réali­sa­teurs a suivi la projec­tion du film DEMAIN.
Pour la logis­tique, des anonymes donnent une voiture, du maté­riel, se mettent à dispo­si­tion pour conduire, animer, coor­don­ner, …
C’est parti pour durer. Le programme de cette semaine est presque bouclé.
Mercredi soir, la sympho­nie du nouveau monde sera jouée par l’en­semble des gens, anonymes, musi­ciens peu ou prou, de Paris ou d’ailleurs, qui se sont inscrits pour jouer ensemble. La démo­cra­tie est en marche sur la place de la Répu­blique, et ailleurs.
Je vous invite tous à rejoindre nuit­de­bout86 pour déve­lop­per aussi des commis­sions sur les sujets qui inté­ressent chacun à Poitiers.

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