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9 mars, Poitiers. La liberté perd sa place encore une fois.

Voici des extraits de l’ar­ticle de la Nouvelle répu­blique :

« Malgré l’ar­rêté préfec­to­ral inter­di­sant rassem­ble­ment et mani­fes­ta­tion, les Gilets jaunes se sont regrou­pés, hier, sur la place Notre-Dame avant d’être repous­sés dans le calme vers la sortie.

Les annonces sur les réseaux sociaux ressem­blaient à la météo du jour : mauvais temps sur Poitiers. Il n’y a rien eu de tout cela. Et les Gilets jaunes ont pu montrer leur déter­mi­na­tion en bravant l’ar­rêté préfec­to­ral portant sur l’in­ter­dic­tion de rassem­ble­ment et de mani­fes­ta­tion sur la voie publique dans le centre-ville et le boule­vard péri­phé­rique.
“ Poitiers debout, soulève-toi ” Après une fouille systé­ma­tique des personnes et des voitures se diri­geant vers le marché, place Notre-Dame, les mili­tants se sont regrou­pés dans ce lieu bouclé par une présence poli­cière massive. Une demi-compa­gnie de quarante-deux hommes et femmes, la CRS de Bordeaux, est venue en renfort des effec­tifs du commis­sa­riat. Quelque 110 fonc­tion­naires de police au total étaient, samedi, mobi­li­sés sur quelques centaines de mètres carrés, au cœur de la ville.
(…) Puis devant l’église Notre-Dame-la-Grande dont les entrées étaient fermées, s’est formé un groupe impor­tant, estimé entre 250 et 300 personnes, déployant une bande­role sur laquelle était inscrit « Macron Masca­rade ».
La police a laissé faire ce rassem­ble­ment inter­dit par la préfec­ture avant que le chef du dispo­si­tif poli­cier demande aux occu­pants de partir en passant par la rue Mexico (N.D.L.R. renom­mée place De Gaulle) pour rejoindre la voie Malraux. « Vous allez devoir suivre les forces de police pour quit­ter votre empla­ce­ment ». (…)A pas lent, poussé par la compa­gnie répu­bli­caine de sécu­rité qui, par ailleurs, avait bouclé toutes les autres issues, le cortège s’est retrouvé voie André-Malraux.
(…) Refou­lés, les mani­fes­tants ont descendu la voie André-Malraux pour emprun­ter le boule­vard Chas­seigne et la porte de Paris. Les forces de l’ordre ayant pour mission de pous­ser tout le monde hors du centre-ville. Avec pour ulti­ma­tum de se disloquer au pont de l’In­ten­dant Le Nain. (…)Les quelques dizaines de membres restant du cortège ont préféré se sépa­rer face à un cordon de CRS très dense. Il était 15 h. (…)

Commen­taires

Le premier commen­taire est de rappe­ler un histo­rique de la répres­sion à Poitiers comme nous venons de faire dans un post de ce jour.

Se rassem­bler à plusieurs centaines malgré les menaces réité­rées de l’im­bé­cile Casta­ner, malgré les quali­fi­ca­tifs de « débiles », d’ « anti­sé­mites », de « brutes », répé­tés par des édito­ria­listes serviles pour quali­fier de façon odieu­se­ment calom­nia­trice les Gilets jaunes, ce fut une victoire.

Ensuite nous avons vécu une nasse mobile: nous ne pouvions pas quit­ter la mani­fes­ta­tion car les flics en surnombre bloquaient toutes les issues et se déplaçaient pour bliquer en core et encore. La BAC étant au premier plan de cette répres­sion absurde.

Recon­nais­sons qu’au­cune bruta­lité poli­cière n’est à noter ce 9 mars, à notre connais­sance. Aucun CRS ni aucun baqueux n’a ébor­gné un.e mani­fes­tant.e. Ce qui par les temps qui courent est une nouvelle éton­nante.

A Poitiers depuis fin 2009, puis en 2010, des dispo­si­tifs répres­sifs furent tentés pendant des mois. La Ligue des droits de l’homme et le SAF s’en préoc­cu­pèrent , avec bien sûr le Comité anti répres­sion auquel je parti­ci­pais alors.

Aujourd’­hui, les ébor­gnés dûs aux exac­tions poli­cières se multi­plient. Pas à Poitiers à ce jour.Nous voici à nous réjouir de ce recul local de la barba­rie d’État.

Et à nous inquié­ter du recul ici comme ailleurs de notre liberté de mani­fes­ter. Recul brutal.

Pascal Bois­sel , 10 mars

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