Bonus de bienvenue casino en ligne avec 10 euros

  1. Bonus De Machine à Sous Titanic Casino En Ligne: Ce à quoi jouer en premier sera le choix le plus difficile que vous ferez aujourd'hui.
  2. Retrait Especes Casino - Rappelez-vous quand nous venions d'ouvrir votre compte.
  3. Roulette En Ligne La Plus Sûre: Lisez notre revue complète de la machine à sous Lost Relics ci-dessous pour plus de détails sur cette nouvelle version et pour savoir où vous pouvez y jouer en ligne à partir de mai 2026.

Slot machine jeux pour pc téléchargement gratuit

Jouez à Slots Casino Gratuits Gagnez De L Argent Réel
Rejoignez Big Dollar casino et obtenez un dix pour tester les jeux de casino en voiture.
Application Casino Samsung
Tout le monde a besoin de se reposer de la routine quotidienne et d'une tasse de cacao ou, encore mieux, d'un tour au Casino Cocoa, ce dernier étant plus préférable à certains Australiens.
De plus, chaque fois que vous gagnez, vous aurez une chance de doubler votre argent avant de choisir de mettre en œuvre généralement le compte de carte vert et sombre, qui proviendra du sujet d'un écran de moment.

Comment gagne toujours de l'argent sur la roulette

Casino En Ligne Offre De Noël
La rencontre de 62 jours des parcs de Monmouth se déroule jusqu'en septembre.
Meilleur Bonus Sans Dépôt Casino En Ligne
Tous les nouveaux joueurs qui s'inscrivent au Casino 777 pourront réclamer 77 tours gratuits, sans aucune obligation de faire un dépôt.
Drip Casino Bonus Sans Depot 2026

17 avril 2026

Media­part. « Mort de Quen­tin Deranque : un drame inqua­li­fiable, une instru­men­ta­li­sa­tion sordide »

Mort de Quen­tin Deranque : un drame inqua­li­fiable, une instru­men­ta­li­sa­tion sordide

Lénaïg Bredoux et Ellen Salvi

Les arres­ta­tions de mardi soir confortent l’hy­po­thèse de la respon­sa­bi­lité directe de plusieurs mili­tant·es du mouve­ment anti­fas­ciste la Jeune Garde. (…)

Mais sans attendre la vérité judi­ciaire, la mort de Quen­tin Deranque – et les images extrê­me­ment brutales de son passage à tabac – doit nous inter­ro­ger profon­dé­ment. (…)

Des mili­tant·es anti­fas­cistes qui reven­diquent histo­rique­ment le recours à la violence comme une « auto­dé­fense » ou une « contre-violence » ont-ils allè­gre­ment fran­chi la ligne morale et éthique qu’ils et elles promet­taient de préser­ver à tout prix ? LFI, en s’al­liant avec la Jeune Garde, s’est-elle assu­rée que cette digue, essen­tielle, de « l’au­to­dé­fense » était tenue ? Il est permis d’en douter.

Ces ques­tions néces­sitent des réponses. Elles sont indis­pen­sables à la construc­tion d’une alter­na­tive crédible face à la montée de l’ex­trême droite. Mais elles ne doivent pas nous empê­cher de consta­ter ce qui se joue depuis l’an­nonce offi­cielle du décès de Quen­tin Deranque : l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion sordide d’un drame ; une attaque en règle contre l’an­ti­fas­cisme et contre toute alter­na­tive à la poli­tique du gouver­ne­ment ou à l’avè­ne­ment du Rassem­ble­ment natio­nal (RN) ; la remise en cause de certaines liber­tés fonda­men­tales.

Grands habi­tués des raccour­cis, les macro­nistes se sont aussi­tôt engouf­frés dans la brèche. À les entendre, le raison­ne­ment est d’une simpli­cité enfan­tine : Quen­tin Deranque a été tué par des anti­fas­cistes. Les anti­fas­cistes, c’est l’ex­trême gauche. LFI, c’est l’ex­trême gauche, d’ailleurs Laurent Nuñez l’a offi­cia­lisé depuis la Place Beau­vau pour les élec­tions muni­ci­pales. Donc LFI a tué Quen­tin Deranque. CQFD.

Le ministre de la justice Gérald Darma­nin a déroulé une version très simi­laire dès dimanche. « Pendant long­temps, LFI disait que la “police tuait”, là on voit bien que c’est l’ul­tra­gauche qui mani­fes­te­ment a tué », a déclaré celui qui parlait du « terro­risme intel­lec­tuel de l’ex­trême gauche » dès 2023. (…)

« Ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’ex­trême gauche », a égale­ment commenté sur X un autre ancien ministre de l’in­té­rieur d’Em­ma­nuel Macron, Bruno Retailleau, candi­dat Les Répu­bli­cains (LR) déclaré à la prési­den­tielle. « La milice de Mélen­chon et LFI a tué », a résumé aussi l’eu­ro­dé­pu­tée Marion Maré­chal, à l’unis­son des droites.

Plus éton­nant, son collègue Place publique Raphaël Glucks­mann a lui aussi fait le lien entre LFI et le tabas­sage d’un homme à terre, sur RTL : « Vous ne pouvez pas, en perma­nence, utili­ser des mots d’une violence extrême sans penser que ces mots se tradui­ront en actes. »

De quoi encou­ra­ger la porte-parole d’un gouver­ne­ment à en appe­ler à la « respon­sa­bi­lité » des Français·es qui votent LFI, deman­dant dans la foulée à ce qu’il n’y ait « plus jamais un député LFI au sein de l’As­sem­blée natio­nale ».

Toutes ces formules ressemblent à s’y méprendre aux refrains enton­nés par Donald Trump et ses parti­san·es après l’as­sas­si­nat de l’in­fluen­ceur d’ex­trême droite états-unien Char­lie Kirk : une inver­sion des valeurs verti­gi­neuse ; le prétexte – drama­tique – saisi pour en finir une fois pour toutes avec la gauche.

Rappe­lez-vous, c’était en septembre dernier. « La violence vient large­ment de la gauche », avait osé clamer le président états-unien. Comme les ministres français, il avait alors fait un lien entre la dénon­cia­tion de l’ex­trême droite et l’as­sas­si­nat de Kirk, s’en prenant à « ceux de la gauche radi­cale [qui] pendant des années ont comparé des Améri­cains merveilleux comme Char­lie à des nazis et aux plus grands meur­triers de masse et crimi­nels du monde ».

Aux États-Unis, les anti­fas sont désor­mais quali­fiés de terro­ristes. Des ONG, des asso­cia­tions, des jour­na­listes, des fonc­tion­naires ont été pris pour cible dans une ambiance de chasse aux sorcières digne du maccar­thysme.

Ce parfum nauséa­bond se diffuse jusqu’ici : mardi, le ministre de l’en­sei­gne­ment supé­rieur Philippe Baptiste a demandé aux prési­dent·es d’uni­ver­sité d’in­ter­dire toute réunion poli­tique dans les facs suscep­tible de créer un trouble à l’ordre public. (…)

Cette inver­sion des valeurs conduit inévi­ta­ble­ment à une torsion de la réalité : ces dernières années, l’ex­trême droite a tué et c’est comme si personne, ou presque, ne s’en était aperçu.
Si la respon­sa­bi­lité de mili­tant·es anti­fas­cistes est confir­mée par l’enquête sur le meurtre de Quen­tin Deranque, ce serait « une première », explique la socio­logue Isabelle Sommier, coor­di­na­trice de l’ou­vrage Violences poli­tiques en France. De 1986 à nos jours (Presses de Sciences Po, 2021), dans notre émis­sion « À l’air libre ».

Avec une équipe de cher­cheur·es, Isabelle Sommier tient les comptes de ces violences : d’après leurs données, depuis 2017, six personnes sont mortes du fait d’ac­ti­vistes de droite radi­cale. Les mili­tant·es kurdes Emine Kara, Mehmet Şirin Aydin, Abdur­rah­man Kizil abat­tu·es rue d’En­ghien à Paris, en 2022 ; le rugby­man argen­tin Fede­rico Martín Aram­burú, tué à Paris en 2022 ; Djamel Bendja­bal­lah, écrasé par un mili­tant de la Brigade française patriote, à Dunkerque (Nord), en 2024 ; Hichem Miraoui, tué parce qu’a­rabe dans le Var, en 2025…

Mais qui connaît leurs noms ? Quelle Assem­blée a respecté une minute de silence pour leur rendre hommage ? Quel ministre leur a rendu hommage (pas Gérald Darma­nin en tout cas) ? Où figurent ces mort·es dans la mémoire collec­tive ?

Conti­nuons sur les chiffres : toujours selon la base de données compi­lée par Isabelle Sommier et ses collègues, entre 2017 et aujourd’­hui, les agres­sions ont plus que doublé par rapport à la précé­dente période étudiée (1986–2016). Parmi ces agres­sions, 70 % émanent d’ac­ti­vistes de droite – visant en majo­rité des personnes raci­sées ou perçues comme telles (70 %) et des adver­saires poli­tiques (30 %).

Ce contexte de hausse de la violence poli­tique était parfai­te­ment connu des auto­ri­tés. Mais qu’ont-elles fait pour éviter le drame de jeudi soir ? Ont-elles sciem­ment laissé des grou­pus­cules d’ex­trême droite violen­ter des centaines de personnes et des anti­fas­cistes se radi­ca­li­ser ces dernières années ? Tant qu’il n’y avait pas de mort·e, a-t-on laissé faire ?

Là aussi, il faudra obte­nir des réponses.

« Cela fait des années qu’il y a des actions parti­cu­liè­re­ment violentes de la part de grou­pus­cules d’ex­trême droite, des raton­nades, des mises à sac de librai­rie. Mais les réponses poli­cières et judi­ciaires sont parti­cu­liè­re­ment laxistes, pour ne pas dire parfois inexis­tantes, explique dans Poli­tis l’avo­cat lyon­nais Olivier Forray. Cela explique aussi la radi­ca­li­sa­tion du mouve­ment de gauche et anti­fas­ciste : les pouvoirs publics n’ont pas joué leur rôle de régu­la­teur en vue de main­te­nir la paix sociale. »

Ce serait cohé­rent avec la poli­tique menée par Emma­nuel Macron, qui n’a cessé, depuis 2017, d’of­frir des marche­pieds à l’ex­trême droite. La mort tragique de Quen­tin Deranque et son trai­te­ment poli­tique et média­tique risquent aujourd’­hui de nous faire entrer dans « une phase de radi­ca­li­sa­tion de la diabo­li­sa­tion de l’an­ti­fas­cisme », selon les mots d’Ugo Palheta, socio­logue et auteur de Comment le fascisme gagne la France (La Décou­verte, 2025).

(…)

Forte de ses succès élec­to­raux et d’une dérive sans fin du débat public, l’ex­trême droite donne désor­mais le « la » des discus­sions, impo­sant son récit à une vitesse fulgu­rante.(…)

Avec le temps, cette idée a infusé les esprits au point de faire sauter toutes les digues et les prin­cipes. Jusqu’où la société peut-elle glis­ser avant de bascu­ler complè­te­ment ? Diffi­cile de répondre à cette ques­tion tant le confu­sion­nisme s’y est installé.

Alimenté quoti­dien­ne­ment par le cynisme de certain·es et la perte de repères des autres, ce brouillard média­tico-poli­tique ne doit pas nous faire perdre de vue l’es­sen­tiel : la démo­cra­tie repose sur un édifice qu’il convient de proté­ger face aux menaces qui l’érodent chaque jour davan­tage.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.