Israël, laboratoire de l’union des droites et de l’extrême droite
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Tally Gotliv, la seule femme à figurer sur les affiches d’une campagne où toutes les têtes de liste sont masculines, incarne les frontières floues entre la droite et l’extrême droite israélienne, cette union des droites et de l’extrême droite, mise en place en 2022 par Benyamin Nétanyahou pour conquérir le pouvoir grâce à une coalition considérée comme la plus radicale de l’histoire du pays.
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Dans un pays qui n’a jamais été aussi nationaliste et religieux, les candidats ne peuvent se distinguer que par l’outrance. La campagne pour les élections législatives du 27 octobre l’a confirmé. Sur ses affiches de propagande électorale en direction des colons, Itamar Ben Gvir a disposé des photos de prisonniers à genoux pour illustrer sa politique, parfaitement assumée, de mauvais traitements pour les détenus de Gaza et de Cisjordanie. Le vote d’une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens accusés d’acte terroriste meurtrier complète le bilan mis en avant dans la campagne par le ministre de la sécurité nationale, célébré comme une star par une partie de la jeunesse.
L’autre pilier radical de la coalition, Bezalel Smotrich, ministre des finances et des colonies, promet d’importer en Israël la « révolution » qu’il a mise en place en Cisjordanie occupée afin de procéder à l’annexion de facto d’une grande partie du territoire palestinien
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Depuis quatre ans, pourtant, le Likoud a clairement glissé vers l’extrême droite, plaçant la remise en question de l’Etat de droit au cœur de son projet, rejetant toute solution politique pour le conflit israélo-palestinien. Une stratégie aussi appliquée sur le plan international.
Le ministre de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, Amichai Chikli, s’est ainsi illustré en promouvant ouvertement une alliance avec l’extrême droite européenne. Il avait notamment convié Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN), à participer à une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem, en mars 2025. Depuis, le ministre du Likoud a pris sa défense face aux révélations de Mediapart à propos de ses écrits antisémites, quand il était jeune militant du RN.
Adoubé de façon spectaculaire par Donald Trump, Benyamin Nétanyahou a exprimé, lundi 19 octobre, son soutien implicite à Marine Le Pen dans la campagne présidentielle française, en indiquant que les relations entre l’Etat hébreu et Paris s’amélioreraient en cas de victoire du RN.
« Si nous n’arrêtons pas le Hamas ici, vous les verrez dans les rues de Paris, et c’est exactement ce qui est en train de se passer en ce moment », a expliqué Benyamin Nétanyahou à propos des violences de ces derniers jours en France. « C’est l’ennemi commun qui crée l’intérêt commun », a résumé le premier ministre dans une formule qui raconte l’union des droites et des extrêmes droites en Israël et dans le monde.
