La loi Yadan arrive à l’Assemblée nationale ce jeudi 16 avril. Avec les député·es de gauche et écologistes, je mènerai la bataille dans l’hémicycle pour qu’elle ne soit pas adoptée. Car ce texte est liberticide et dangereux.
De quoi s’agit-il ?
Au nom de la lutte contre l’antisémitisme, cette proposition de loi de Caroline Yadan criminalise la critique de la politique d’Israël. Elle crée un dangereux amalgame entre la contestation du gouvernement Netanyahou et l’antisémitisme. Elle affirme par exemple : « cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs ». Ce continuum est aussi injuste qu’inacceptable. L’inscrire dans le marbre de la loi est une folie.
La montée réelle des actes antisémites est frappante et intolérable. Pour la combattre, nous avons besoin d’être rassemblés et déterminés à défendre l’égalité, pas d’instrumentaliser la lutte contre l’antisémitisme pour suivre l’agenda politique de Benjamin Netanyahou et ses amis. L’assignation des juifs de France à un soutien à Israël ne nous aide pas. Elle est de nature à accroître les tensions. C’est pourquoi cette loi ne protégerait pas les juifs comme elle le prétend : elle aura pour conséquence d’accroître les tensions. Ce texte amalgame antisémitisme et antisionisme, dans une acception stricte. Ici, le sionisme est entendu comme la défense du droit à l’existence de l’État d’Israël, quand d’autres signifient par ce mot les visées expansionnistes israéliennes.
Au moment où le gouvernement israélien multiplie les crimes, de guerre, contre l’humanité et de génocide à l’égard du peuple palestinien, la liberté de contester sa politique doit être garantie en France. La loi ne peut pas faire taire celles et ceux qui se battent pour la justice, et donc pour la paix.
Je dirais même que cette critique de la politique israélienne, d’un État qui enfreint depuis des décennies le droit international, est en cohérence avec les principes affirmés par notre République française.
La loi Yadan crée un nouveau délit de provocation et d’apologie du terrorisme indirecte, implicite, et un autre, d’« appel à destruction d’un État ». Cette extension ouvre la porte aux injustices et au musellement. Pourra-t-on demain dénoncer le régime d’apartheid, comme la loi sur la peine de mort récemment votée par la Knesset qui vise les seuls Palestiniens ? Pourra-t-on demain dire que l’on est favorable à un État binational, avec des droits égaux pour les Israéliens et les Palestiniens ? Rien n’est moins sûr.
Alors que les propos et les actes antisémites sont réprimés dans notre droit, c’est à un enfermement de la pensée et à une attaque de la liberté d’expression que conduit cette proposition de loi.
Vous pouvez compter sur moi : je serai présente dans l’hémicycle pour argumenter contre la proposition de Caroline Yadan, soutenue par les droites. Tous les groupes de gauche et écologistes ont déjà pris position contre.
Je compte sur vous pour amplifier la mobilisation, notamment en signant et en faisant signer la pétition en ligne sur le site de l’Assemblée nationale contre la loi Yadan qui a déjà recueilli près de 700.000 signataires.
