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ATTAC et le 17 novembre:La hausse des prix des carbu­rants est injuste et inef­fi­cace en l’ab­sence d’une véri­table tran­si­tion écolo­gique et sociale

 

Attac consi­dère que l’ur­gence clima­tique implique une poli­tique radi­cale pour assu­rer la tran­si­tion écolo­gique et réduire les émis­sions de gaz à effet de serre afin de respec­ter les objec­tifs de l’ac­cord de Paris sur le climat. Elle consi­dère aussi que l’ac­crois­se­ment sans fin des inéga­li­tés sociales impose une poli­tique volon­ta­riste pour l’éga­lité.
Mais le président Macron ne fait ni l’une, ni l’autre.
La poli­tique fiscale d’Em­ma­nuel Macron a renforcé les inéga­li­tés au profit des riches et des grandes entre­prises tandis que l’évasion fiscale reste impu­nie. La ques­tion du pouvoir d’achat devient cruciale pour nombre de personnes dans notre pays : sala­rié·e·s, chômeurs et chômeuses, précaires, retrai­té·e·s.
Ces inéga­li­tés et le senti­ment d’injus­tice fiscale sont encore aggra­vés par les hausses des prix des carbu­rants. Le poids des dépenses éner­gé­tiques repré­sente 14,9 % du revenu des ménages les plus pauvres, et seule­ment 5,9% pour les plus riches qui sont pour­tant les plus gros pollueurs [1]. Pour les riches, les hausses de prix sont indo­lores. Du fait de la ségré­ga­tion sociale dans les terri­toires, beau­coup de personnes modestes n’ont pas d’autres alter­na­tives qu’u­ti­li­ser un véhi­cule et/ou une chau­dière au fioul et sont forte­ment touchées par la hausse des prix des carbu­rants.

La taxe sur les carbu­rants du gouver­ne­ment est présen­tée comme une réponse aux enjeux du réchauf­fe­ment clima­tique. Mais elle va surtout servir à boucher les trous du budget : en 2019, sur les 37 milliards prévus de taxe sur les produits éner­gé­tiques, seuls 7,2 milliards seront affec­tés à la tran­si­tion écolo­gique.

Une tran­si­tion écolo­gique et sociale, appuyée sur plus de justice fiscale

Face aux immenses enjeux envi­ron­ne­men­taux et de santé, la fisca­lité peut être un outil pour finan­cer la tran­si­tion écolo­gique à condi­tion qu’elle ne soit pas inéga­li­taire. Utili­ser la fisca­lité pour inci­ter une société entière à réduire sa consom­ma­tion d’éner­gies fossiles n’a de sens que si dans le même mouve­ment des compen­sa­tions sociales redis­tri­bu­trices le permettent. Il faut égale­ment désin­ves­tir dans les éner­gies fossiles et inves­tir massi­ve­ment dans les alter­na­tives : dans les trans­ports en commun pour les rendre plus denses et pas seule­ment dans les métro­poles, moins chers et plus propres, déve­lop­pe­ment des pistes cyclables, arrêt de l’éta­le­ment urbain qui aggrave les problèmes de trans­port et l’ar­ti­fi­cia­li­sa­tion des terres, relo­ca­li­sa­tion des acti­vi­tés écono­miques, des services publics et des commerces de proxi­mité, déve­lop­pe­ment d’une poli­tique ambi­tieuse pour des loge­ments acces­sibles et bien isolés, réorien­ta­tion de l’ap­pa­reil produc­tif, pour répondre aux besoins sociaux utiles et durables pour la majo­rité de la popu­la­tion.

Le président Macron, devenu le cham­pion du slogan plus que le cham­pion du climat, mène une poli­tique contraire à ces objec­tifs : appro­fon­dis­se­ment de la globa­li­sa­tion écono­mique et finan­cière qui n’est pas climato-compa­tible (CETA, JEFTA, etc), réduc­tion des dépenses publiques et donc des possi­bi­li­tés d’in­ves­tis­se­ment en faveur de la tran­si­tion écolo­gique et sociale, ferme­ture des lignes de desserte locale et pour­suite du déclin du fret ferro­viaire, ferme­ture des services publics de proxi­mité, refus de suppri­mer les niches fiscales sur les éner­gies fossiles, nouvelles auto­ri­sa­tions de forage pour Total en Guyane et pour­suite de la construc­tion d’au­to­rou­tes…

Une véri­table poli­tique de lutte contre le réchauf­fe­ment clima­tique ne peut se faire en aggra­vant les inéga­li­tés mais doit être, au contraire, l’oc­ca­sion de réduire celles-ci pour aller vers une tran­si­tion écolo­gique et sociale, appuyée sur plus de justice fiscale.

Attac France est dispo­nible, avec les asso­cia­tions et syndi­cats qui partagent ces convic­tions, pour prendre toutes les initia­tives qui permet­tront d’avan­cer vers la satis­fac­tion de ces reven­di­ca­tions et un chan­ge­ment radi­cal de poli­tique sociale et écolo­gique.

 

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