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Cata­logne: soli­da­rité face à la répres­sion de l’Etat central. Le refé­ren­dum du 1er octobre doit avoir lieu!

Un article d’un cama­rade d’En­semble! publié dans la revue en ligne Regards.
Puis une inter­view sur le site du NPA d’une cama­rade d’An­ti­ca­pi­ta­lis­tas de Cata­logne.


http://www.regards.fr/web/article/respect-du-droit-de-deci­der-pour-le-peuple-cata­lan

En bascu­lant dans la répres­sion du mouve­ment indé­pen­dan­tiste cata­lan, l’Es­pagne d’un PP réac­tion­naire et d’un PSOE pusil­la­nime entre dans une grave de régime.

L’État espa­gnol a peu de choses à voir avec l’État français. La ques­tion natio­nale y est bien présente et depuis bien long­temps. La Cata­logne, le Pays basque, la Galice ont une langue, une culture, le franquisme a bien essayé d’in­ter­dire et d’éra­diquer leur langue, de les « espa­gno­li­ser », mais sans y parve­nir. La tran­si­tion, à la suite de la mort du dicta­teur Franco, a établi un régime des auto­no­mies, mais n’a pas réglé la ques­tion. C’est d’ailleurs ce régime issu de la tran­si­tion qui est en crise dans l’Es­pagne d’aujourd’­hui.

Du cata­la­nisme cultu­rel à l’in­dé­pen­dan­tisme

En 2006, la Cata­logne se dote d’un nouveau statut d’au­to­no­mie. Ce statut sera adopté après négo­cia­tion aux parle­ments espa­gnol et cata­lan, il sera même validé par un refe­ren­dum cata­lan. Malgré cette double appro­ba­tion, le Parti popu­laire (droite) engage un recours juri­dique au Tribu­nal consti­tu­tion­nel. Pour celui-ci, le nouveau statut est non conforme à la consti­tu­tion espa­gnole en raison de la réfé­rence à une nation, à une justice auto­nome et à la fisca­lité. Le nouveau statut est, en consé­quence, vidé de son contenu et de son sens.

Le 10 Juillet 2010, une mani­fes­ta­tion d’un million de personnes défile avec pour mot d’ordre « Nous sommes une nation, nous déci­dons » C’est le début d’un nouveau cycle de mobi­li­sa­tion. C’est aussi une rupture avec le parti de l’époque de la bour­geoi­sie cata­lane, Conver­gen­cia i Unio. Ce parti, tout comme le PNV basque, a servi de supplé­tif, depuis la Tran­si­tion, aux gouver­ne­ments du PP ou du PSOE. Pour quelques avan­tages, il permet­tait le passage de certaines lois ou du budget. Il en va de même avec ERC, parti histo­rique, qui est une sorte de forma­tion social-démo­cra­tie cata­lane.

Ces deux partis de masse et de gouver­ne­ment comprennent alors que le PP ferme défi­ni­ti­ve­ment la porte à toute évolu­tion. D’un cata­la­nisme cultu­rel et auto­no­miste, ils passent à l’in­dé­pen­dan­tisme. Cela s’ac­com­pagne aussi d’un discours sur les mesures d’aus­té­rité – mises en place en Cata­logne comme impo­sées par Madrid à la Gene­ra­li­tat (gouver­ne­ment cata­lan).

Trois camps consti­tués

Le 1er octobre 2017, un nouveau réfé­ren­dum est convoqué. La ques­tion posée est celle-ci : « Voulez-vous que la Cata­logne soit un État indé­pen­dant sous la forme d’une Répu­blique ? » 80% des Cata­lans sont favo­rables à un refe­ren­dum sur le « droit à déci­der », ce qui ne veut pas dire que 80% sont pour l’in­dé­pen­dance.

Dès l’an­nonce du réfé­ren­dum, du côté des partis trois camps se consti­tuent :
 les indé­pen­dan­tistes du gouver­ne­ment cata­lan (PDCat et ERC) et la CUP ;
 les défen­seurs du refe­ren­dum négo­cié et avec garan­ties comme en Écosse – nous trou­vons là Pode­mos et le parti d’Ada Colau, maire de Barce­lone ;
 les défen­seurs de l’Es­pagne avec le PP, Ciuda­da­nos et le PSOE.

Les deux premiers vont se retrou­ver à diffé­rents moments. Ainsi, au Parle­ment cata­lan, les partis indé­pen­dan­tistes vote­ront la motion soute­nant le refe­ren­dum négo­cié. Mais les deux acteurs prin­ci­paux de l’af­fron­te­ment à venir vont être le gouver­ne­ment du Parti Popu­laire et les partis indé­pen­dan­tistes.

Le Parti popu­laire a refusé tota­le­ment d’en­tendre le peuple cata­lan. Il a déclaré le refe­ren­dum illé­gal et porté au Tribu­nal consti­tu­tion­nel toutes les déci­sions du Parle­ment ou du gouver­ne­ment cata­lan. Si, pour le PP, il y a en héri­tage l’Es­pagne indi­vi­sible de Franco, nous ne devons pas oublier le roi parmi les puis­sants pouvoirs locaux. La reven­di­ca­tion cata­lane est répu­bli­caine, c’est à dire sans le roi ! La royauté est un des piliers de la tran­si­tion et perdre la Cata­logne est impen­sable pour elle.

Margi­na­li­sa­tion des solu­tions de compro­mis

Pour­tant, des possi­bi­li­tés de discus­sion et d’évo­lu­tion de la consti­tu­tion peuvent exis­ter, tout en sachant qu’elles consti­tue­ront une rupture avec le tran­si­tion et la royauté. Dans un pays comme l’Es­pagne, où coha­bitent plusieurs pays et plusieurs langues, pourquoi ne pas envi­sa­ger un État fédé­ral ou une confé­dé­ra­tion ? Pourquoi tout simple­ment ne pas accor­der aux Cata­lans les mêmes droits qu’aux Basques ? Le gouver­ne­ment basque prélève l’im­pôt et ensuite reverse un quota à Madrid ; en Cata­logne, c’est l’État espa­gnol qui prélève et reverse ensuite à la Gene­ra­li­tat.

Par exemple aussi, Cata­lu­nya en Comu, le parti d’Ada Colau se prononce pour « une répu­blique cata­lane dans une confé­dé­ra­tion espa­gnole ». Le choix du gouver­ne­ment du PP est tout autre, c’est celui de l’im­mo­bi­lisme et de la répres­sion.

Les partis mobi­li­sés pour un refe­ren­dum négo­cié ou un chan­ge­ment de la Cons­ti­tu­tion sont margi­na­li­sés. Comment avan­cer sur un réfé­ren­dum négo­cié avec garan­ties quand le PP, Ciuda­da­nos et le PSOE ne veulent pas en entendre parler ? Ces trois partis repré­sentent 70% du Parle­ment espa­gnol. De l’autre côté, les partis indé­pen­dan­tistes sont dans la rupture avec l’Es­pagne. Le PP soutenu par Ciuda­da­nos et le PSOE a fait le choix de l’es­ca­lade répres­sive.

Le droit à déci­der ou droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion est un droit démo­cra­tique. Il est même reconnu par les Nations unies, il s’est appliqué en diffé­rents endroits du globe, comme en Écosse derniè­re­ment.

Un saut dans la poli­tique répres­sive

Les signes de soutien au réfé­ren­dum, malgré toutes les déci­sions du gouver­ne­ment espa­gnol, ne faiblissent pas. Le 11 septembre 2017, un million de personnes mani­festent à nouveau dans Barce­lone pour soute­nir le réfé­ren­dum. 700 Maires sur les 900 orga­nisent la consul­ta­tion malgré les menaces judi­ciaires. Alors que la répres­sion a commencé, le 18 septembre El Diario publié une enquête indiquant que 60% des Cata­lans avaient décidé d’al­ler voter malgré l’in­ter­dic­tion.

Au moment où nous écri­vons cet article, le PP vient de fran­chir un saut quali­ta­tif dans sa poli­tique répres­sive. À travers une sorte de coup d’État, il a établi un régime d’ex­cep­tion en Cata­logne. La Guar­dia civil, corps de l’État espa­gnol dépen­dant du minis­tère des Armées, est entrée dans les bâti­ments publics à la recherche du maté­riel élec­to­ral. Elle est restée une jour­née entière devant ces bâti­ments, le local de la CUP a été encer­clé.

Quatorze repré­sen­tants de la Gene­ra­li­tat ont été arrê­tés, les amendes de milliers d’eu­ros tombent, des blogs et des sites Inter­net sont fermés… Les finances de la Cata­logne sont mises sous tutelle, il s’agit là de fait d’une suspen­sion de l’au­to­no­mie ! Une première vague de quarante maires orga­ni­sa­teurs ont été trai­nés devant les tribu­naux. Des meetings ont été inter­dits sur tout le terri­toire espa­gnol…

Le PP héri­tier du franquisme, le PSOE prison­nier de ses lâche­tés

L’hé­ri­tage franquiste du PP est bien réel. Ce parti, après la tran­si­tion, a recy­clé tous les mili­tants franquistes et leurs familles. Nous sommes main­te­nant entrés, d’ici au 1er octobre, dans une situa­tion très impré­vi­sible. La poli­tique de répres­sion poli­cière et juri­dique du PP est en train d’en­ter­rer toute possi­bi­lité de troi­sième voie comme celle de la fédé­ra­tion ou d’une confé­dé­ra­tion. Le PP vient de le démon­trer à grande échelle : l’al­ter­na­tive est soit « la grande Espagne », soit la répu­blique cata­lane indé­pen­dante. Ce choix est plus que jamais une réalité.

Si, du PP, nous connais­sons bien l’his­toire et la loyauté au franquisme, la lâcheté du PSOE est terrible. Pode­mos, pas très à l’aise avec le réfé­ren­dum cata­lan, a proposé une motion de censure pour faire tomber le gouver­ne­ment de Rajoy. Effec­ti­ve­ment, l’ad­di­tion des voix des dépu­tés de Unidos Pode­mos, du PSOE et de ERC serait majo­ri­taire au Parle­ment. Mais le PSOE reste aux abon­nés absents et refuse de s’en­ga­ger sur une motion de censure. Souve­nons-nous que le PP est au gouver­ne­ment grâce à l’abs­ten­tion des dépu­tés du PSOE…

Une ques­tion se pose sérieu­se­ment : ce qui peut appa­raître comme une victoire poli­cière ne va-t-il pas se trans­for­mer en défaite poli­tique ? Nous ne pouvons que le souhai­ter. Une vague de soli­da­rité commence à se construire à travers de nombreuses mani­fes­ta­tions dans tout l’État espa­gnol, la mobi­li­sa­tion de la jeunesse cata­lane en est un signe.

Nous ne pouvons que renfor­cer notre soutien au droit à déci­der et au rejet de la poli­tique répres­sive et judi­ciaire du gouver­ne­ment Rajoy. La tenue d’un refe­ren­dum massif serait une victoire contre le gouver­ne­ment et le PP. Les jours qui viennent vont comp­ter et nous entrons dans une zone de tous les dangers. Une crise majeure est ouverte dans un des pays clés de l’UE, il serait irres­pon­sable de rester spec­ta­teurs.

Fran­cis Viguié.

« Le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion signi­fie un défi au consen­sus de la tran­si­tion issu de la fin du franquisme »

Entre­tien. Alors que le gouver­ne­ment central de l’État espa­gnol tente par tous les moyens d’em­pê­cher la tenue du réfé­ren­dum d’au­to­dé­ter­mi­na­tion du 1er octobre en Cata­logne, nous avons rencon­tré Laia Facet, mili­tante d’An­ti­ca­pi­ta­lis­tas Cata­lu­nya.

 

Comment expliques-tu l’at­ti­tude extrê­me­ment répres­sive et brutale du gouver­ne­ment qui prend le risque d’un affron­te­ment très incer­tain pour lui ?

L’État espa­gnol faisait face a un dilemme : s’il permet­tait un réfé­ren­dum d’au­to­dé­ter­mi­na­tion, cela créait un précé­dent qui rompait avec le cadre consti­tu­tion­nel et donnait la possi­bi­lité d’ou­vrir des débats au delà du terrain natio­nal ; s’il ne le permet­tait pas il devait assu­mer un tour­nant auto­ri­taire alors que jusqu’à main­te­nant il s’était main­tenu dans l’at­ten­tisme. Le dilemme a été tran­ché du côté auto­ri­taire. La répres­sion est menée par le Parti popu­laire et son gouver­ne­ment, ses alliés de Ciuda­da­nos et le silence complice du PSOE. La justice et de la police colla­borent et font le sale boulot, avec le soutien de toute la presse liée au régime qui relaie sa propa­gande.

Nous ne nous trou­vons pas seule­ment face au gouver­ne­ment PP, mais face a l’en­semble du régime : dans l’État espa­gnol le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion signi­fie un défi au consen­sus de la tran­si­tion issu de la fin du franquisme, que le régime cherche a préser­ver à tout prix. Le proces­sus actuel en Cata­logne a en réalité généré une brèche dans les fonde­ments de l’État.

Jusqu’où le pouvoir est-il prêt à aller ?

Actuel­le­ment ils réqui­si­tionnent tout le maté­riel offi­ciel de la Gene­ra­li­tat de Cata­logne : maté­riel de propa­gande du réfé­ren­dum, tracts, cartes de recen­se­ment, etc. Ils ont procédé à des arres­ta­tions de respon­sables du Gouver­ne­ment et cité à compa­raître plus de 700 maires. Ils ont fiché des milliers de personnes ayant parti­cipé et orga­nisé des meetings, collages, etc. Ils ont perqui­si­tionné des entre­prises privées qui ont édité du maté­riel sur le réfé­ren­dum, et ils ont entre­pris nombre d’autres actions qui mettent en cause les liber­tés publiques, la liberté d’ex­pres­sion et droits démo­cra­tiques. De facto, le 20 septembre, l’ar­ticle 155 de la consti­tu­tion s’est appliqué. Celui-ci permet de suspendre l’au­to­no­mie poli­tique de la Cata­logne et de contrô­ler les comptes de la Gene­ra­li­tat

Je ne sais pas s’ils pour­ront aller plus loin dans la répres­sion, à part d’es­sayer d’em­pê­cher l’ou­ver­ture de bureaux de vote le 1er octobre, ce qu’ils vont tenter de faire, et peut-être aussi prendre davan­tage de sanc­tions judi­ciaires contre le Gouver­ne­ment de Cata­logne.

Ce qui est impres­sion­nant, c’est que face à cela les gens n’ont pas eu peur. Tous les jours on assiste à  des mobi­li­sa­tions massives pendant des heures, des collages, des diffu­sions de tracts, des débats… et pour­tant les gens savent qu’ils vont proba­ble­ment être fichés par la police, tandis que des impri­me­ries prennent le risque de se voir fermer.

Le degré d’im­pli­ca­tion des gens augmente, et c’est extrê­me­ment impor­tant pour défendre concrè­te­ment le droit à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion, mais aussi pour recons­truire une conscience de classe aujourd’­hui en crise.

Comment réagit la popu­la­tion dans l’État espa­gnol ?

Comme je disais précé­dem­ment le niveau d’im­pli­ca­tion des gens augmente en Cata­logne et, chose impor­tante, nous n’avons pas assisté à des mani­fes­ta­tions signi­fi­ca­tives d’op­po­si­tion de type réac­tion­naires ou espa­gno­listes. Dans le reste de l’État la dérive répres­sive du régime fait réflé­chir les gens sur le réfé­ren­dum. Si de larges couches de la popu­la­tion sont en désac­cord sur le chemi­ne­ment suivi par la Cata­logne, nous assis­tons ces jours-ci à des mobi­li­sa­tions de plus en plus impor­tantes en soli­da­rité et en soutien au réfé­ren­dum et à la Cata­logne.

La mani­fes­ta­tion très massive à Bilbao la semaine passée a été suivie dès le 20 septembre par d’autres dans des dizaines de villes, où les gens ont rempli les rues pour montrer leur soli­da­rité. La tenta­tive d’in­ter­dic­tion des mani­fes­ta­tions a en réalité ampli­fié le mouve­ment.

Nous devons propo­ser des pers­pec­tives consti­tuantes en nous appuyant sur la vague Cata­lane, mais cela va être parti­cu­liè­re­ment diffi­cile car le régime a resserré ses rangs et ils forment un bloc de pouvoir consti­tu­tion­na­liste pro-régime, déses­péré dans ses formes mais fort.

Dans ce contexte deux ques­tions sont impor­tantes : nous devons tisser des alliances avec toutes les personnes, tous les collec­tifs, syndi­cats, partis qui dénoncent la répres­sion, incluant les soutiens inter­na­tio­naux ; nous devons tout faire pour que la dyna­mique de mobi­li­sa­tion soute­nue et anti­ré­gime en Cata­logne déborde au delà de celle-ci.

Quelle peut être la suite après le réfé­ren­dum du 1er octobre ?

Il est très compliqué de prévoir des scéna­rios. Nous sommes dans un de ces moments où en un jour il se passe plus de choses qu’en plusieurs années. Actuel­le­ment une double lutte de légi­ti­mité- léga­lité est en cours, celle qui émane de la tran­si­tion espa­gnole et celle surgie de la volonté d’une majo­rité en Cata­logne de débor­der cette tran­si­tion, qui se concré­tise dans un réfé­ren­dum d’au­to­dé­ter­mi­na­tion. La confron­ta­tion à laquelle nous assis­tons ces jours-ci, dans la rue, les insti­tu­tions, les lieux de travail et d’étude, va être longue, vient de loin et se cris­tal­lise ces dernières semaines.Ce qu’il se passera le 1er octobre sera déci­sif, ainsi que ce qu’il en sortira. Si le réfé­ren­dum donne une majo­rité substan­tielle au « oui », on devra défendre le résul­tat et favo­ri­ser l’ou­ver­ture d’un proces­sus consti­tuant en Cata­logne. La tâche sera diffi­cile. Si on nous empêche de voter, la dyna­mique de mobi­li­sa­tion peut s’am­pli­fier

 

Dans cet affron­te­ment, quelle poli­tique défen­dez-vous pour la classe ouvrière en parti­cu­lier face à un droit à l’au­todéter­mi­na­tion qui pour­rait prend la forme d’une union natio­nale ? 

Nous avons un mouve­ment vivant, quelque peu impré­vi­sible, et qui peut débor­der les calculs du gouver­ne­ment cata­lan et des partis de la droite cata­lane à tout moment. Le mouve­ment, jusqu’ici, avait laissé l’ini­tia­tive au gouver­ne­ment cata­lan. Nous croyons qu’un réfé­ren­dum pour­rait chan­ger la dyna­mique, que cela implique­rait un défi réel au régime, loin de la rhéto­rique du gouver­ne­ment qui ne s’est jamais traduite dans des solu­tions conrètes. Actuel­le­ment, on vit dans les rues un mouve­ment ample et un défi sans précé­dent depuis la tran­si­tion, qui peut chan­ger les rapports de forces, y compris en Cata­logne. Il y a aussi la pers­pec­tive de l’ou­ver­ture d’un proces­sus consti­tuant. C’est pour cela que les mobi­li­sa­tions actuelles nous permettent d’ac­cu­mu­ler des forces et des expé­riences pour mener cette bataille poli­tico-progra­ma­tique où nous avons de fortes diffé­rences avec la droite cata­lane, une bataille qui jusqu’à ce jour parais­sait une utopie. Les mobi­li­sa­tions étudiantes et les occu­pa­tions de facs de cette semaine sont déter­mi­nantes pour envi­sa­ger une lutte plus radi­cale

Pour termi­ner, il faut savoir que les deux prin­ci­paux syndi­cats comba­tifs cata­lans IAC et CGT ont déposé un préavis de gréve géné­rale a partir du 1er octobre si le pouvoir empêche la tenue du réfé­ren­dum. Dans les mobi­li­sa­tions on entend de plus en plus souvent une musique qui dit « on a besoin main­te­nant d’une gréve géné­rale ».

Le fait d’in­tro­duire la gréve dans le réper­toire des actions du mouve­ment cata­lan est quelque chose d’im­por­tant en soi, mais aussi pour que des secteurs de travailleurs puissent voir les orga­ni­sa­tions syndi­cales comme des outils leur permet­tant de s’im­pliquer dans la lutte. Cela pour­rait s’avé­rer fonda­men­tal pour être en posi­tion de force du point de vue de la légi­ti­mité lorsque le moment vien­dra de déclen­cher la bataille consti­tuante.

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