Il faut dire que le spectacle de la division et de l’entre-soi écoeure, de la gauche et de la politique…
Du haut du désastre de son bilan au pouvoir, l’ancien président de la République François Hollande proclame la fin de la primaire « avec François Ruffin, Marine Tondelier, et Clémentine Autain ».
Avec les 5 000 votant·es de son courant et le flop de son initiative « Construire » avec Raphaël Glucksmann et Yannick Jadot, Boris Vallaud torpille la primaire, sans proposer un autre processus de désignation qu’une décision en chambre reposant sur un cartel de partis malheureusement bien affaiblis. Nous voici otages d’un congrès permanent du PS, à ciel ouvert et à mille lieues des préoccupations des Français.
Le candidat perpétuel à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, fait le choix d’une quatrième campagne solitaire. Le voilà tendant la main à des partenaires, qu’il insulte copieusement, et auquel il veut imposer le choix du candidat : lui.
Cerise sur le gâteau : le secrétaire général du PCF, Fabien Roussel, déclare vouloir ajouter sa candidature, contribuant à tuer l’espoir et à ouvrir la fenêtre en grand pour le RN, dont le plan est de détruire ce qui permet de faire société.
Cette situation ne correspond pas à l’impératif de rassemblement, clé de la victoire. Ce spectacle, dont les médias se délectent, écœure de la politique et de la gauche.
On entend que la primaire serait mort-née car inefficace à produire du rassemblement. Mais de quoi parle-t-on ?
De remplacer un exercice démocratique – le choix du ou de la candidat.e par le peuple de gauche – par des réunions en chambre, réunissant des cadres d’appareils manquant de rayonnement et de crédit ?
Qui mieux que les électrices et électeurs de gauche et écologistes pour choisir notre incarnation à la présidentielle ?
Quel mépris pour les électeurs du NFP ! Quelle cécité ! Comment, au vu de la faible représentation et du déficit de crédit des partis politiques aujourd’hui, ne pas comprendre qu’une légitimation citoyenne est un gage essentiel de dynamique ?
Mais peut-être est-ce là le fond du problème : un renoncement à faire de 2027 une possibilité de victoire. Le calcul cynique sur la reconstruction de la gauche – qui va la diriger, après la défaite ? – prend le pas sur l’intérêt commun. Le problème ne serait plus de savoir comment être au second tour mais qui sera en tête au premier tour. Quelle misère !
Derrière le débat sur la primaire, c’est un choix politique qui se joue : veut-on galvaniser le cœur de la gauche ou fabriquer par en haut une union des centres ?
Je ne dévierai pas. Ma détermination est totale à me battre jusqu’au bout pour une candidature commune, sur la base d’un projet de transformation profonde du pays.
J’appelle au sursaut.
Les socialistes doivent maintenant trancher, et ne pas prendre la gauche en otage.
Et le mouvement de la société doit s’affirmer pour faire entendre raison à des appareils et des leaders empêtrés dans leurs guerres d’égos et de boutiques.
C’est notre affaire à toutes et tous.
Comptez sur moi pour tenir le cap !
Clémentine Autain