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Décla­ra­tion de la réunion natio­nale d’En­semble insou­mise

Le premier tour de l’élec­tion prési­den­tielle a créé une situa­tion inédite. Le score de Jean-Luc Mélen­chon et la déci­sion prise ensuite de construire un rassem­ble­ment de la gauche pour les légis­la­tives ont boule­versé une situa­tion poli­tique jusque-là marquée par la faiblesse d’une gauche frag­men­tée dont une partie n’avait toujours pas rompu avec le social-libé­ra­lisme. La clari­fi­ca­tion poli­tique est désor­mais large­ment faite, avec frac­tu­ra­tion du PS au passage. Nous avons la possi­bi­lité histo­rique de refon­der dura­ble­ment un espace poli­tique large avec comme centre de gravité l’Union Popu­laire et donc une gauche de rupture avec le libé­ra­lisme et le produc­ti­visme.

On le doit à la campagne de Jean-Luc Mélen­chon et à l’orien­ta­tion déployée ensuite par la FI, qui relève du sans-faute. On le doit aussi à l’in­tel­li­gence du peuple de gauche qui, devant un champ poli­tique appa­rem­ment stérile et la menace de l’ex­trême droite, a fait le choix du rassem­ble­ment derrière le candi­dat le plus radi­cal, impo­sant un élément fonda­men­tal de la situa­tion : le cycle ouvert en 1983 – avec la croyance domi­nante à gauche en la supé­rio­rité des réponses capi­ta­listes et produc­ti­vistes – se referme. Il est clair désor­mais que la Gauche ne peut reve­nir au pouvoir, que si elle rompt clai­re­ment avec le social-libé­ra­lisme.

Nous sommes aujourd’­hui dans une période d’in­tense boule­ver­se­ment et de possible refon­da­tion et recons­truc­tion à gauche. La dyna­mique mili­tante qui s’est renfor­cée après la prési­den­tielle, le poids de la jeunesse en son sein, le poids des luttes fémi­nistes et anti­ra­cistes, en sont des signes impor­tants. Pour­tant, bien des débats restent ouverts, bien des incer­ti­tudes et des fragi­li­tés demeurent, notam­ment le poids de l’ex­trême droite.

Les élec­tions légis­la­tives consti­tuent un second boule­ver­se­ment, avec trois événe­ments majeurs, outre l’abs­ten­tion massive, notam­ment dans les classes popu­laires. On assiste à une crise poli­tique sans précé­dent à la mesure du rejet suscité par Macron, qu’une Ve Répu­blique à bout de souffle n’a pas pu proté­ger. Le président est sans majo­rité pour appliquer sa poli­tique. Deuxième élément, la NUPES consti­tue la première force d’op­po­si­tion (plus du double de député.es de gauche, groupe FI passant de 17 à près de 80), même si elle est derrière la coali­tion prési­den­tielle. Enfin, le Rassem­ble­ment natio­nal est parvenu, sans même avoir eu besoin de faire campagne, à obte­nir 90 député.es. Il profite à fond du rejet de Macron et rappelle à quel point il consti­tue une force poli­tique majeure et un adver­saire redou­table. Ces trois données arti­cu­lées modi­fient profon­dé­ment le contexte de notre action poli­tique à venir

Les coor­don­nées de la situa­tion qui s’est ouverte à gauche grâce au succès de Jean-Luc Mélen­chon à la prési­den­tielle et à la stra­té­gie réus­sie d’union aux légis­la­tives mise en œuvre par l’UP sont nouvelles et riches de poten­tia­li­tés. Elles ne sont pas encore défi­ni­ti­ve­ment fixées et sont modi­fiées par le résul­tat des légis­la­tives. Dans ce contexte nous conti­nuons d’in­ter­ve­nir dans la FI/UP, la force qui incarne aujourd’­hui à gauche le pôle de radi­ca­lité et dans laquelle il est néces­saire que nous soyons collec­ti­ve­ment impliqué.es. Face aux confron­ta­tions à venir, nous mili­tons pour que la coali­tion formée par la NUPES devienne la force struc­tu­rante d’un large front poli­tique et sociale.

La construc­tion d’une force de cette nature, ayant comme objec­tif la rupture avec le néoli­bé­ra­lisme et le produc­ti­visme, et la trans­for­ma­tion démo­cra­tique, écolo­gique et sociale de notre société, doit être une de nos prio­ri­tés dans la période qui s’ouvre.

Nous œuvre­rons pour cela à un néces­saire renou­veau des mobi­li­sa­tions, combi­nant la relance de luttes sociales de résis­tance et l’émer­gence de mobi­li­sa­tions nouvelles, notam­ment sur le terrain écolo­gique, sur le terrain anti­ra­ciste et sur celui des luttes fémi­nistes. Il est déter­mi­nant que la force en construc­tion ne se limite pas au terrain élec­to­ral, mais soit capable de soute­nir, au-delà de l’épreuve élec­to­rale des prési­den­tielles et des légis­la­tives, sur le long terme, le rapport de force vis à vis des classes domi­nantes. La trans­for­ma­tion sociale et poli­tique exige un haut niveau d’in­ter­ven­tion popu­laire et la mise en mouve­ment conti­nue de toutes les luttes dans leur diver­sité.

Pour avan­cer sur ces tâches, il est urgent de que nous fondions un nouveau courant poli­tique orga­nisé asso­ciant radi­ca­lité sociale et écolo­gique qui permettent le dépas­se­ment d’En­semble Insou­mise. De ce point de vue, Ensemble ! a épuisé sa fonc­tion. Il faut donc passer à une nouvelle étape. Nous appe­lons à consti­tuer ce courant orga­nisé, à la fois pour contri­buer au déve­lop­pe­ment, à l’évo­lu­tion et à l’an­crage du pôle radi­cal incarné par l’UP et pour agir afin que la NUPES puisse se péren­ni­ser comme front poli­tique et social, et qu’elle puisse deve­nir le creu­set d’une force large de trans­for­ma­tion de la société face à l’hé­gé­mo­nie néoli­bé­rale

Pour cela il faut un cadre d’or­ga­ni­sa­tion parti­cu­lier, à la fois radi­cal et unitaire, se préoc­cu­pant de la défi­ni­tion d’une stra­té­gie de rupture avec le capi­ta­lisme et le produc­ti­visme, de la bataille cultu­relle contre l’hé­gé­mo­nie néo-libé­rale et contre les courants réac­tion­naires et l’ex­trême droit. Ce courant orga­nisé doit aussi se préoc­cu­per de la forma­tion par le débat et l’in­ter­ven­tion de masse d’une nouvelle géné­ra­tion mili­tante.

Nous avons donc besoin d’un courant poli­tique plura­liste, anti­ca­pi­ta­liste, écolo­giste, anti­ra­ciste, anti­fas­ciste, fémi­niste et inter­na­tio­na­liste, appuyé sur un collec­tif mili­tant orga­nisé, auto­nome poli­tique­ment et finan­ciè­re­ment, impliqué collec­ti­ve­ment dans l’UP et la NUPES. Ce courant orga­nisé ne se limite pas à ce que nous sommes aujourd’­hui, nous voulons le co-construire avec toutes celles et ceux – indi­vi­dus et collec­tifs mili­tants – qui partagent ces objec­tifs. Nous voulons construire un courant rajeuni, fémi­nisé, aux couleurs de la société, ouvert aux radi­ca­li­tés émer­gentes.

Mettons nous au travail dès à présent et prépa­rons une initia­tive de fonda­tion à l’au­tomne.

Décla­ra­tion adop­tée le 26 juin 2022 à la réunion natio­nale d’En­semble Insou­mise

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