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Festi­val Raisons d’agir 2019: « D’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’­hui : parcours de migrants »

Ce mercredi 3 avril, à l’Es­pace Mendès France,
Avec Stéphane Beaud et Mahyar Monshi­pour

« Alors que les pays euro­péens traitent les migra­tions dans un registre toujours plus sécu­ri­taire et que les repré­sen­ta­tions les plus folles circulent
sur le thème du « grand rempla­ce­ment », il est temps de porter un autre regard sur les jeunes et les familles venus se réfu­gier, vivre et travailler ici.
Au-delà de l’ur­gence de l’ac­cueil, il est inté­res­sant de reve­nir sur
l’ex­pé­rience des géné­ra­tions récentes ou plus anciennes de migrants,
de comprendre les parcours de mobi­lité et d’ins­tal­la­tion en France, les
atouts et les obstacles que rencontrent les immi­grés pour leur inser­tion,
le rôle joué par les diffé­rentes insti­tu­tions de l’Etat, par les asso­cia­tions
et les réseaux d’en­traide.
Il est tout aussi utile de donner à voir ce qui vient boule­ver­ser la vie des personnes concer­nées, de la trans­for­ma­tion des rela­tions fami­liales à celle des aspi­ra­tions et des concep­tions de la vie, d’un âge et d’une
géné­ra­tion à l’autre.
Ce festi­val multi­forme s’at­tache à croi­ser les expé­riences indi­vi­duelles et collec­tives et les savoirs issus des sciences sociales. Il asso­cie
cher­cheurs, créa­teurs, mili­tants et étudiants, afin de mener une
réflexion collec­tive sur les débats poli­tiques contem­po­rains
et ainsi d’y prendre part.
Sa program­ma­tion est réso­lu­ment ouverte et acces­sible à toutes et
tous. »

PROGRAMME
Mercredi 3 avril – À l’Es­pace Mendès France

14 heures .
Gran­dir en France : entre famille, école et citoyen­neté.
Des étudiants de master et de docto­rat de Poitiers, Limoges et Tours
présen­te­ront leurs recherches en cours sur des jeunes récem­ment arri­vés en France, des descen­dants d’im­mi­grés et des trajec­toires fami­liales dans ces trois villes. Les parcours migra­toires, les condi­tions d’émi­gra­tion ou
le rapport aux diffé­rentes insti­tu­tions qui « accueillent » ces jeunes ou
ces familles seront notam­ment abor­dées. Le public parta­gera à son tour
ses expé­riences ou ses ques­tion­ne­ments.

17 heures . Projec­tions
The Immi­grant de Char­lie Chaplin (1917) —
Le film est une courte comé­die roman­tique qui met en scène le
person­nage de Char­lot en tant qu’im­mi­grant venant aux États-Unis,
accusé de vol lors de son voyage à travers l’océan Atlan­tique, et qui
tombe amou­reux d’une belle jeune femme en chemin.

Salam de Souad El-Bouhati (2001) — Ali, un travailleur immi­gré, est dépos­sédé de son statut alors qu’il s’ap­prête à rentrer dans son pays. Il est
décidé à finir ses jours au Maroc, et consi­dère qu’il n’a plus rien à faire
en France. Mais il est dechiré entre sa peur de mourir en France et sa
peur du retour au Maroc.

20h30 SOIREE -DEBAT avec Stéphane Beaud, socio­logue, univer­sité de Poitiers, et Mahyar Monshi­pour, ancien cham­pion du monde de boxe.

Stéphane Beaud présen­tera notam­ment son enquête sur une famille
issue de l’im­mi­gra­tion algé­rienne, publiée dans son dernier livre : « « La France des Belhoumi. Portraits de famille (1977–2017)« . En suivant le fil de ces histoires de vie, il fait décou­vrir le rôle majeur de la trans­mis­sion
des savoirs par l’école en milieu popu­laire et l’im­por­tance du diplôme.
Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux sœurs aînées qui
redis­tri­buent les ressources accu­mu­lées au profit des cadets :
infor­ma­tions sur l’école, ficelles qui mènent à l’em­ploi, accès à la culture, soutien moral, capi­tal profes­sion­nel…
Cette biogra­phie à plusieurs voix montre diffé­rents proces­sus
d’in­té­gra­tion en train de se faire. Elle pointe aussi les diffi­cul­tés
rencon­trées par les enfants Belhoumi pour conqué­rir une place dans le
«  club France », en parti­cu­lier depuis les atten­tats terro­ristes de janvier 2015 qui ont singu­liè­re­ment compliqué la donne pour les descen­dants d’im­mi­grés algé­riens.

Mahyar Monshi­pour, ancien cham­pion du monde de boxe poite­vin,
évoquera son parcours et ses enga­ge­ments, racon­tés dans son livre
« La rage d’être français », publié en 2007. Il y fait le récit d’un enfant sage né en 1975 à Téhé­ran d’un père vice-préfet de la police, qui l’éleva seul
sous un régime qui n’en­cou­ra­geait guère les liber­tés indi­vi­duelles, puis
de son arri­vée à Poitiers chez l’une de ses tantes, âgé de 11 ans, ne
parlant pas un mot de français.
Il brosse égale­ment la fresque d’un gamin accro­cheur, de ses combats de boxe, des coulisses pas toujours glorieuses du boxing busi­ness, de la
fréné­sie de vaincre, mais aussi du combat qu’il remporte contre
lui-même en retrou­vant sa mère, Shahine (origi­naire du Kurdis­tan), qu’il n’avait jamais connue. Il parlera aussi de l’im­por­tance de l’ac­cueil, du
rôle joué par l’école dans l’in­té­gra­tion et de son atta­che­ment à la France.

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