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La liberté de la presse , en 2021. La haine des médias.

Ci-après, une réflexion sur la liberté de la presse et l’im­pos­si­bi­lité de tran­si­ger avec elle. En toutes circons­tances.
Article de Roger Martelli, paru dans Regards, revue à laquelle parti­cipe aussi Clémen­tine Autain, par ailleurs dépu­tée FI.
Revue qui a édité récem­ment avec Poli­tis et Media­part un appel de soli­da­rité avec les migrants que nous avons diffusé.
Extrait:

(…)Il est arrivé, dans la dernière période, que des mots très durs soient employés contre la presse, parfois assor­tis de propos légi­ti­mant la « haine » à l’égard de la « média­cra­tie ». Stig­ma­ti­ser en bloc une galaxie qui relève de statuts, d’op­tions et surtout de moyens sans commune mesure entre eux est une faci­lité que l’on pardonne diffi­ci­le­ment à qui veut chan­ger le monde. Et que dire alors, quand les cibles ne sont pas les titres possé­dés par les puis­sances d’argent, mais des organes indé­pen­dants (Media­part est un des rares qui soit parvenu à cette indé­pen­dance) et des médias du service public ? Comme si la dépen­dance présu­mée à l’égard du poli­tique comp­tait bien davan­tage que la soumis­sion bien réelle aux ratios finan­ciers, à l’opi­nion publique cali­brée et à l’air du temps. Comme si, parce que toute ques­tion sociale est fonda­men­ta­le­ment poli­tique, tout rele­vait dans le détail des orga­nismes et des hommes poli­tiques insti­tués.

Qu’un respon­sable poli­tique ou qu’un mouve­ment poli­tique proteste contre ce qu’il croit être une injus­tice est un droit que nul ne peut contes­ter. Mieux vaut toute­fois se méfier de la façon d’exer­cer ce droit. Il est évident que, dans la pratique, la justice n’est pas si égale qu’elle doit l’être en théo­rie. Il n’est donc pas faux, hélas, de dire qu’il y a deux poids et deux mesures. Mais protes­ter contre le fait que, par exemple, tel ou tel à droite a été moins sévè­re­ment traité, quand les accu­sa­tions portées étaient plus graves, est un exer­cice à double tran­chant. On ne demande pas à la gauche d’être moins pire que la droite : on lui demande d’être autre­ment que la droite, dans un autre rapport à l’argent et au pouvoir. La gauche doit être irré­pro­chable, ou bien, à un moment ou à un autre, elle se renie. Celui qui s’es­time dans son bon droit doit s’at­ta­cher à démon­trer son irré­pro­cha­bi­lité, pas à étaler son agres­si­vité. (…+)

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