29 avril 2026

LA RENTRÉE BIG BANG !

Retrouvez l’appel : www.pourunbigbang.fr Facebook : Big Bang  – Twitter : @pourunbigbang
Six cent personnes rassemblées fin juin au Cirque Romanès, un arc de force politique, social, culturel, faisant valoir des urgences, des luttes, des idées, des partis pris stratégiques, ça donne du souffle.
Un mot d’ordre commun : fédérer et inventer ! Nous y avons affirmé la volonté de déjouer le piège du
duopole Macron/Le Pen, en contribuant à rassembler
tous les individus et collectifs, toutes les intelligences et énergies qui veulent un changement profond de
société visant l’émancipation humaine. 
Ce ne fut qu’un début. Cette belle dynamique pour un Big Bang dans la gauche écologiste et populaire a
semble-t-il depuis propagé son parfum, doucement mais sûrement… Durant l’été, des prises de position et des
dynamiques engagées pour les élections municipales
confirment notre intuition. La gauche de
transformation sociale et écologiste est travaillée par
ses responsabilités. Que ce soit la tribune
“Créons l’archipel de la métamorphose écologique”,
l’appel de François Ruffin à former un « nouveau Front Populaire », le dialogue renoué à Toulouse fin août
entre les dirigeants de la France Insoumise et ceux
d’EELV ou encore dans des constructions comme
« l’archipel citoyen » à Toulouse, il se cherche une
volonté de convergences nouvelles entre les univers
citoyen, politique, syndical, associatif et culturel. 
Nous avons la conviction que les mobilisations
sociales qui s’annoncent seront l’occasion de tisser
des liens et de briser des murs. Avec la bataille pour
ADP ou celle des retraites, autour des défis climatiques ou du monde hospitalier, cette année s’ouvre avec des combats aussi urgents que décisifs pour poursuivre le
travail de remise sur pied d’une espérance de progrès
humain. Vous nous direz qu’entre un été incendiaire et l’odeur nauséabonde des premières déclarations sur la réforme des retraites, il n’est pas évident de saisir les
raisons d’espérer en cette rentrée politique. C’est
pourquoi notre détermination et notre travail sont
dirigés vers la création de perspectives. L’enjeu est
maintenant de faire vivre le Big Bang partout en France, à l’échelle des villes, des quartiers, des entreprises…
L’enjeu est aussi de mener des rencontres sur des
grands thèmes pour gamberger plus encore et
contribuer à l’élaboration de fond. Nous sommes au
travail depuis la rentrée pour organiser des initiatives
cet automne dans plusieurs villes. Nous construisons
une plateforme numérique collaborative, comme
nous nous y sommes engagés. (…) 
Clémentine Autain et Elsa Faucillon

Pour info

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20190913/faire-vivre-ensemble-un-etat-d-esprit-pluraliste


Clémentine Autain : “Faire vivre ensemble un état d’esprit pluraliste”

Présente au Ficoba pour le contre-sommet du G7,
Clémentine Autain, députée La France insoumise
(LFI) de Seine-Saint-Denis a répondu à MEDIABASK
avant de se rendre aux Universités d’été de son parti à Toulouse. L’une des initiatrices du “Big bang de la gauche écologiste”  est revenue sur les dossiers brûlants de la rentrée pour le gouvernement.
Médiabask Willy ROUX | 13/09/2019
 
L’actualité, c’est la rentrée scolaire. La réforme du
lycée et du Bac prévoit la suppression des filières S, ES et L dès cette rentrée 2019 et la mise en place du contrôle continu dès la session 2021. Selon vous, est-ce une bonne réforme ?
Clémentine Autain : C’est une catastrophe. Je prends le point de vue de Seine-Saint-Denis car c’est l’endroit
idéal pour voir le dysfonctionnement de la République. Quand le contrôle continu sera en place, on va vous
demander : où avez-vous eu votre bac ? Dans un lycée
du 93. Et vous ? Dans un lycée parisien, à Henri IV ! La valeur du Bac ne sera pas la même. Alors qu’avec un examen national anonyme, on ne sait pas d’où vous venez. L’examen prend la même valeur pour tous. Plus vous
faîtes du contrôle continu, plus vous allez générer un
prisme biaisé de la part des universités, des grandes écoles et même des futurs employeurs. Cette logique de
méritocratie va accroître les inégalités sociales et
territoriale et fait fi des réalités.
Quelle est votre opinion sur la future réforme des
retraites du président Macron incluant l’âge
d’équilibre à 64 ans, la retraite par points et la fin
des régimes spéciaux ?
C.A. : C’est toute la logique d’Emmanuel Macron : il
accélère les recettes néo-libérales, celles du « vieux
monde », éprouvées depuis Margaret Thatcher. Les
conséquences potentielles de la réforme sont que l’on va travailler plus longtemps et qu’on va gagner moins.
Puis les femmes seront les premières victimes du
système contrairement à ce que nous raconte le
gouvernement qui nous parle d’équité. Cette équité,
nouveau mot dans la novlangue macronienne, marque le fait que l’on creuse les inégalités car on aura une
paupérisation des retraites des parcours les plus brisés dans le temps. Et les parcours féminins sont les plus
escamotés car il y a eu des temps partiels souvent
contraints et des salaires plus bas que ceux des
hommes.
Une fois encore, les Français risquent d’être
mobilisés contre cette réforme malgré les promesses de dialogue social voulues par le président…
C.A. : C’est une bataille énorme. Les syndicats sont au
taquet et ils ont raison de l’être. Nous avons eu ces deux dernières années des manifestations de retraités, ce qui est assez rare. Je pense que c’est une contre-réforme qui peut mobiliser. Emmanuel Macron a prévu, à la bonne heure, d’engager une forme de dialogue social car il
s’est rendu compte, à la faveur du mouvement des
gilets jaunes, que d’avoir casser toutes les médiations et toutes formes de compromis, ça avait un coût. Ma
crainte, ma certitude est qu’il va mettre les formes, peut-être un peu plus qu’il ne l’a fait auparavant, mais ça ne peut aboutir qu’à une réforme qui casse encore plus
notre système par répartition.
Dans les prochains mois, le nouveau budget prévoit entre autre la suppression de la taxe d’habitation.
Est-ce une bonne idée du gouvernement ?
C.A. : La suppression de la taxe d’habitation, c’est une
arnaque énorme. C’est assez populaire. Les Français se disent qu’ils vont payer moins d’impôts donc nous
pouvons penser que c’est une bonne nouvelle, même si une grande partie des Français ne paie déjà pas cette
taxe. Mais, il faut bien penser aux implications. Les
collectivités territoriales tirent déjà la langue. Pour ma part, je suis élue de Sevran en Seine-Saint-Denis, une
des communes les plus pauvres de France. Avec la
fameuse réduction des dépenses publiques, nous
sommes sous le joug de l’austérité. C’est donc un pur
scandale de supprimer cette taxe car nous sommes déjà étranglés. Avoir des cantines moins chères, des piscines rénovées, de l’aide sociale, des réfections de la voirie,
ces tonnes de choses que peuvent faire les
municipalités peuvent être enterrées dès demain.
Au plus tard au premier trimestre 2020, une loi
prévoit l’ouverture de Procréation médicalement
assistée (PMA) et son remboursement par la
Sécurité sociale, et l’interdiction de la Gestation
pour autrui. En tant que militante féministe,
êtes-vous satisfaite ?
C.A. : Si à l’Assemblée nationale, je combats
d’arrache-pied la politique du Gouvernement, il y a
peut-être une fois dans l’année une mesure sur laquelle on peut s’entendre. Il faudra bien évidemment
examiner le contenu de cette loi mais l’ouverture de la PMA est une revendication que nous portions dans les mouvements féministes. La PMA pour toutes, c’est
vraiment un acte pour une plus grande liberté pour les
femmes. Aujourd’hui, il y une grande hypocrisie, car si vous êtes une femme seule, vous pouvez adopter par
exemple. Je suis également contente que la GPA soit
exclue car nous sommes opposés à la marchandisation
du corps.
Un débat éthique découle de l’ouverture de la PMA, c’est le don de sperme anonyme et l’impossibilité de connaître son géniteur.
C.A. : Bien sûr que ne pas connaître le géniteur pose un problème éthique. Notre groupe à l’assemblée s’est
réuni sur la question et fera des propositions très
concrètes. Moi à titre personnel, je ne suis pas allé au
bout de la réflexion sur ce sujet. Le débat à l’Assemblée nationale me permettra de me faire un avis plus poussé sur cette question très épineuse. Pour ma part, je reste
attaché à l’accouchement sous X, cela a été une
conquête féministe forte. D’un autre côté, j’entends le
besoin des enfants qui veulent retracer leur
descendance.
Au mois de juin dernier, dans une tribune du
Monde, avec plus de 1 000 signataires dont Elsa
Faucillon (Parti communiste français), vous lanciez
le « Big Bang de la gauche écologiste ». Où en est ce
mouvement qui veut « fédérer la gauche » ?
C.A. : Le processus est lancé. Toute l’année, nous allons nous réunir, faire des rencontres thématiques. Nous
allons appeler à ce que les villes s’approprient le
processus et organisent des évènements comme celui
organisé à Paris, le 30 juin dernier, au cirque Romanès. Nous allons mettre en circulation un site internet
participatif pour pouvoir échanger. J’ai le sentiment
que les prochaines municipales ont fait germer des
choses qui ne s’appellent pas toujours big bang mais qui y ressemblent comme L’Archipel Citoyen à Toulouse,
des choses se passent à Marseille, à Romainville (Seine-Saint-Denis)… La démarche que nous voulons
enclencher, c’est celle d’un rassemblement des forces de transformations sociales et écologistes. Nous ne partons pas de rien.
Puisque la gauche s’est retrouvée atomisée, il faut
réapprendre à se parler avec les communistes et
d’autres courants politiques divers et variés. Nous, tous ceux qui sont là dans ce contre-G7, tout simplement
ceux qui sont attachés la justice sociale, l’écologie
politique, l’anti-racisme, le féminisme. Tous ces enjeux d’émancipation, qui font cohérence, mais qu’il va
falloir ensemble dégager et faire vivre dans un nouveau tout, dans un état d’esprit pluraliste. C’est un grand
travail à réaliser qui nous attend, surtout que nous
voyons qu’il y a une course de vitesse, car le champ
politique est en train d’être polarisé, soit par la
Macronie, soit par l’extrême droite.
Vous appelez donc à une union des gauches au plus
vite ?
C.A. : Je n’appellerai pas ça comme ça. Il ne s’agit pas de faire la gauche plurielle qui a eu ses failles. Même si
tous les partis de gauche se tenaient la main gentiment et faisaient un accord au sommet, je ne suis pas sûre
que ça fasse la maille. C’est difficile à se représenter ce à quoi nous appelons. Il faut un processus citoyen, social, culturel dans lequel nous aurons des militants
politiques de divers horizons et surtout des
syndicalistes, des militants alter-mondialistes qui sont
nulle part et en ont ras-le-bol de Macron ou Le Pen. Cela fait du monde, nous voulons impulser un cadre qui
dépasse. Le big bang, ce n’est pas pour faire le big bang, c’est pour dire qu’il faut se secouer et inventer un
processus qui corresponde à notre époque.




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