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Le refus de la levée des brevets sur les vaccins retarde la fin du Covid en France

Commu­niqué de presse –

Obser­va­toire de la trans­pa­rence dans les poli­tiques du médi­ca­ment (OTMeds) – vendredi 16 juillet 2021

https://blogs.media­part.fr/edition/trans­pa­rence-dans-les-poli­tiques-du-medi­ca­ment/article/160721/le-refus-de-la-levee-des-brevets-sur-les-vaccins-reta

Le refus de la levée des brevets sur les vaccins Covid par Emma­nuel Macron favo­rise le déve­lop­pe­ment de variants du virus et compro­met la réponse à la pandé­mie en France et dans le monde.

La semaine prochaine se déroule à l’Or­ga­ni­sa­tion mondiale du commerce (OMC) un conseil des ADPIC où sera à nouveau discu­tée la levée sur les brevets des vaccins contre le COVID. Pour la énième fois depuis octobre 2020, l’Union Euro­péenne sera oppo­sée à cette demande de l’Afrique du Sud et de l’Inde, soute­nue par quasi­ment tous les pays à l’ex­cep­tion de l’UE et du Japon. 

En novembre dernier, nous indiquions au jour­nal l’Hu­ma­nité que toutes les barrières de propriété intel­lec­tuelle sur des vaccins COVID devaient être levées à l’OMC pour que les pays du sud puissent produire. En janvier dernier, nous publions, avec entre autres Thomas Piketty, Cynthia Fleury, Els Torreele, Fatima Hassan, Santé Diabète et MSF, dans Le Monde une tribune appe­lant à la levée des brevets et rappe­lant que favo­ri­ser l’ac­cès aux vaccins devait être une prio­rité pour les pays du sud. En avril 2021, dans une tribune à Libé­ra­tion, nous rappe­lions les enjeux de propriété intel­lec­tuelle liés aux vaccins COVID.

En mai 2021, suite aux annonces de Joe Biden, et pour répondre au gouver­ne­ment français et à tous ceux qui estiment que la propriété intel­lec­tuelle n’est pas l’obs­tacle à la produc­tion de vaccins contre le COVID, nous expliquions, dans une tribune au Monde, comment les trans­ferts de tech­no­lo­gies auraient pu s’or­ga­ni­ser dès octobre vers d’autres produc­teurs que ceux contrô­lés par les multi­na­tio­nales, notam­ment en Afrique du Sud et en Inde, pour accé­lé­rer la dispo­ni­bi­lité et l’ac­ces­si­bi­lité des vaccins.

Les multi­na­tio­nales (qui ont reçu de très nombreuses aides publiques dans le déve­lop­pe­ment de vaccins contre le COVID) ont montré leurs limites dans leur capa­cité de produc­tion des doses qu’elles s’étaient enga­gées à livrer, preuve que d’autres solu­tions doivent être mises en place de toute urgence : AstraZe­neca n’a par exemple pas livré toutes les doses promises à l’UE, tandis que J&J/Jans­sen, qui promet­tait 1 milliard de doses livrées en 2021, n’en a ce jour

Empê­cher depuis des mois les pays du sud de produire des vaccins pour leur popu­la­tion est donc crimi­nel.

Une pandé­mie est un problème mondial, qui ne connait ni fron­tière, ni pass sani­taire, et les pays les plus riches auront beau vacci­ner l’en­semble de leur popu­la­tion, le problème ne sera pas réglé tant que l’en­semble de la popu­la­tion mondiale n’aura pas la possi­bi­lité de lutter contre la pandé­mie avec toutes les armes possibles, sous peine, que le virus revienne constam­ment vers les pays étant parve­nus à une immu­nité collec­tive sous formes de variants, en partie résis­tants aux vaccins, exigeants constam­ment de prolon­ger la vacci­na­tion.

Outre le fait que refu­ser l’ac­cès d’une partie de la popu­la­tion mondiale à toutes les armes pour lutter contre cette pandé­mie est inéthique, c’est une inep­tie d’un point de vue sani­taire. Ainsi, si en France, l’ac­cès aux vaccins est reconnu par le gouver­ne­ment comme une néces­sité abso­lue (si bien qu’en l’es­pace de quelques jours, il est envi­sagé que les personnes ne voulant/ne pouvant pas se faire vacci­ner soient privées d’ac­cès à de nombreux lieux), le gouver­ne­ment semble se satis­faire plei­ne­ment du fait que les pays pauvres n’aient un taux de vacci­na­tion que de 1%, et que rien ne soit proposé à ces pays à part quelques dona­tions margi­nales.

Cette dupli­cité de la part d’Em­ma­nuel Macron et d’Oli­vier Véran dissi­mule mal les inten­tions réelles derrière les annonces effec­tuées lundi dernier, très inquié­tantes d’un point de vue éthique, de santé publique et de liber­tés fonda­men­tales. Les mesures répres­sives sont l’abou­tis­se­ment de mois d’im­pré­pa­ra­tion et d’ab­sence de réflexion autour de la mise en place de la stra­té­gie vacci­nale pour atteindre toutes les popu­la­tions. La super­po­si­tion des cartes entre inéga­li­tés écono­miques en Ile-de-France et faible vacci­na­tion, montre une corré­la­tion impor­tante entre les deux.

Les poli­tiques publiques doivent être guidées par des prin­cipes ration­nels décou­lant de l’ap­pli­ca­tion du droit à la santé, sous peine de voir la pandé­mie se prolon­ger indé­fi­ni­ment.

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