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Les amal­games d’un Premier ministre en posi­tion de faiblesse

Signa­taires : Pour­ria Amir­shahi, Julien Bayou, Olivier Besan­ce­not, Eric Coque­rel, Annick Coupé, Thomas Coutrot, Caro­line De Haas, Jean-Pierre Dubois, Jacque­line Fraysse-Caza­lis, Jérome Gleizes, Bob Injey, Pierre Khalfa, Pierre Laurent, Elise Lowy, Noël Mamère, Myriam Martin, Jean-Luc Mélen­chon, Jean-François Péllis­sier, Danielle Simmo­net, Marie-Chris­tine Vergiat, Marie-Pierre Vieu

Ces derniers jours, le Premier ministre a réussi le tour de force de multi­plier en quelques minutes les provo­ca­tions et les outrances : la CGT est accu­sée « d’en­cou­ra­ger la violence » contre les poli­ciers ; ceux qui contestent les « sociaux-démo­crates quand ils sont au pouvoir » ou protestent contre les violences « des forces de l’ordre qui incarnent l’Etat » ne sont rien d’autres que des « enne­mis de la démo­cra­tie » ; la porte-parole d’« Ensemble ! », Clémen­tine Autain, est étique­tée « islamo-gauchiste » et jugée respon­sable d’ali­men­ter « le terreau de la violence et de la radi­ca­li­sa­tion ». Des propos envers les uns et les autres qui rappellent ceux utili­sés contre le terro­risme !

Au fond, le discours de Manuel Valls est le symp­tôme d’un Premier ministre qui, en voulant faire de l’au­to­rité et des coups de menton sa marque de fabrique, se trouve confronté à une contes­ta­tion sociale multiple qui ne cesse de s’en­ra­ci­ner. A l’image de sa réac­tion brutale vis-à-vis des grèves et des actions de blocages menées par les sala­riés des raffi­ne­ries et des ports, les propos du Premier ministre sont d’au­tant plus violents et cari­ca­tu­raux que la poli­tique qu’il mène est de plus en plus impo­pu­laire et qu’il se retrouve sans majo­rité dans le pays ni même à l’As­sem­blée natio­nale.

La société française mérite mieux que ces discours de stig­ma­ti­sa­tion et de divi­sion. Aux côtés de tous ceux qui se battent pour le retrait du projet de loi « El Khomri », notre réponse sera dans les prochaines semaines de pour­suivre et d’am­pli­fier ce réveil des éner­gies citoyennes qui consti­tue l’es­poir d’un souffle nouveau dans le pays. Nous y mettrons toutes nos forces pour faire préva­loir les exigences d’éga­lité, de justice et de démo­cra­tie que monsieur Valls et son gouver­ne­ment ne cessent de mépri­ser.

Publier sur : http://www.libe­ra­tion.fr/debats/2016/05/31/les-amal­games-d-un-premier-ministre-en-posi­tion-de-faiblesse_1456303

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