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Lettre ouverte sur la situa­tion dans les EHPAD de la Coor­di­na­tion natio­nale des comi­tés de défense dees hôpi­taus et mater­ni­tés de proxi­mité

 

A

Madame la Ministre

des Affaires Sociales et de la Santé

14 avenue Duquesne

75350 PARIS 07 SP

Lettre ouverte

Madame la Ministre,

 Ce que vivent au quoti­dien les rési­dents et les person­nels de la maison de retraite Les Opalines, à FOUCHERANS, (Voir article du MONDE du 19 juillet signé Florence AUBENAS) n’est pas un cas isolé. A des degrés divers de telles situa­tions se multi­plient sur l’en­semble du terri­toire natio­nal. Nous sommes profon­dé­ment indi­gnés par cette situa­tion.

 Il est de votre respon­sa­bi­lité, et de celle des Agences Régio­nales de Santé de garan­tir le respect de la dignité des personnes âgées et la qualité de leur prise en charge dans les établis­se­ments d’hé­ber­ge­ment, qu’ils soient publics ou privés.

 Il est de votre respon­sa­bi­lité et de celle des ARS d’ap­pré­cier EHPAD par EHPAD, le degré de dépen­dance et le besoin de soins des rési­dents et d’adap­ter en consé­quence les effec­tifs de person­nels et les moyens de fonc­tion­ne­ment néces­saires pour y répondre.

 Il est de votre respon­sa­bi­lité et de celle des ARS d’ef­fec­tuer de façon régu­lière les contrôles qui permet­tront d’évi­ter que les condi­tions de fonc­tion­ne­ment de ces établis­se­ments engendrent toute maltrai­tance. Cela implique donc de mettre fin à l’aus­té­rité budgé­taire et d’af­fec­ter les moyens néces­saires au bien-être des rési­dents.

 Nous sommes atter­rés qu’en l’es­pèce une grève des person­nels, malgré ses motifs et sa durée, ne recueille que des mesures mani­fes­te­ment insuf­fi­santes et une stra­té­gie de pour­ris­se­ment.

 Nous ne pouvons admettre que de telles situa­tions perdurent et souhai­tons connaître les dispo­si­tions que vous comp­tez mettre en œuvre pour les faire cesser.

Pour sa part, la Coor­di­na­tion Natio­nale propose les mesures suivantes :

  • La mise en place d’un dispo­si­tif d’éva­lua­tion de l’exis­tant, bassin par bassin, asso­ciant les auto­ri­tés de santé, les person­nels, les élus locaux et les usagers

  • Un service de soins et d’ac­com­pa­gne­ment à domi­cile, social et médi­cal public, soumis aux mêmes obli­ga­tions et acces­sible aux mêmes condi­tions partout, qui ne sépare pas les gens selon leurs patho­lo­gies mais soit au contraire fondé sur une approche globale

  • Des struc­tures inter­mé­diaires entre établis­se­ments d’ac­cueil et main­tien à domi­cile pour que l’ac­com­pa­gne­ment au domi­cile reste suppor­table dans la durée.

  • Un dispo­si­tif de forma­tion et de soutien psycho­lo­gique pour celles et ceux qui assurent la prise en charge d’une personne en perte d’au­to­no­mie.

  • Un service public présent sur l’en­semble du terri­toire natio­nal

  • Une répar­ti­tion géogra­phique équi­table des struc­tures, des person­nels ainsi que des moyens tech­niques et finan­ciers

  • L’adé­qua­tion des lieux de vie aux besoins des rési­dents héber­gés

  • Un finan­ce­ment à 100 % dans le cadre de la sécu­rité sociale.

Nous solli­ci­tons un entre­tien avec vous, à votre conve­nance, afin de pouvoir échan­ger sur cette ques­tion.

Vous remer­ciant par avance de la réponse que vous pour­rez nous appor­ter, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’ex­pres­sion de nos salu­ta­tions. 

Pour la Coor­di­na­tion Natio­nale,

La Prési­dente, Hélène DERRIEN