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Lettre ouverte sur le PPI de Civaux

Un cour­riel d’un « citoyen ordi­naire »

Lettre à Madame la nouvelle préfète

Suite à la consul­ta­tion publique que vous avez lancée pour la révi­sion du Plan Parti­cu­lier d’In­ter­ven­tion du Centre Nucléaire de Produc­tion d’Elec­tri­cité de Civaux, je vous prie de trou­ver mes remarques, obser­va­tions critiques et sugges­tions.

1) Le péri­mètre limité à 10Km. Habi­tant Migna­loux-Beau­voir, je trouve tota­le­ment anor­mal que ma commune située à moins de 25Km à vol d’oi­seau de votre centre de produc­tion d’élec­tri­cité thermo-nucléaire soit exclu de votre péri­mètre d’in­ter­ven­tion que vous avez restreint à 10Km. Tous les acci­dents nucléaires depuis celui du 10 octobre 1957, le plus grave connu sur le réac­teur N°1de la centrale de Wind­scale en Angle­terre, dont le nuage radio­ac­tif a parcouru l’An­gle­terre  puis touché notre conti­nent, toutes les catas­trophes de centrale comme les derniers à Tcher­no­byl ou plus récem­ment à Fuku­shima ont montré que la radio­ac­tive s’éta­lait jusqu’à plus de 80Km  de sa nais­sance; Comp­tez vous augmen­ter le péri­mètre à 80Km comme l’in­diquent les sinistres expé­riences des acci­dents réels?

2) Les pastilles d’iode. Par ailleurs, bien qu’ayant des attaches fami­liales sur Persac et bien qu’é­tant orga­ni­sa­teur de mani­fes­ta­tions publiques locales, en tant que président d’as­so­cia­tion, je n’ai jamais été recensé pour la distri­bu­tion de vos “pastilles” diode sensées nous préve­nir de tous les maux de la radio­ac­ti­vié acci­den­telle. Il en va de même pour tous les milliers d’usa­gers de la RN147, route Poitiers-Limoges et de la ligne TER qui traversent le péri­mètre à proxi­mité de la centrale. Comp­tez vous recen­ser toutes les personnes fréquen­tant régu­liè­re­ment le péri­mètre et leur mettre à dispo­si­tion vos “pastilles” magiques?

3) La sécu­ri­sa­tion des popu­la­tions. Vous parlez de “mise à l’abri des popu­la­tions aux premières heures de la crise”, or il n’y a aucun abri anti-nucléaire sur la zone capable d’ac­cueillir les popu­la­tions. Il n’y a pas non plus d’exi­gences parti­cu­lières pour calfeu­trer les habi­tats publics ou privés et les rendre étanche aux nuages et pous­sières radio­ac­tives. En consé­quences je penses que les gens seront plus tentés de fuire la zone que d’y rester “en atten­dant les premiers secours”. Quelles dispo­si­tions avez vous prises pour éviter toute panique sur les routes et pour faire face aux risques accrus d’ac­ci­dents routiers?

4) Effi­ca­cité de l’iode. Vous mention­nez que vos “pastilles” doivent être prises 3 heures au plus tard et qu’elles ne peuvent être effi­cace que si la “dose d’ir­ra­dia­tion recue à la thyroïde atteind 50 milli­sier­verts; Comment comp­ter vous nous proté­ger pour une irra­dia­tion supé­rieure, ce qui risque forte­ment d’être le cas ?

5) Gestion de la crise. La néces­sité d’agir par des prises de déci­sions rapides est de votre ressort. Vu la complexité d’or­ga­ni­sa­tion et de coor­di­na­tion des diffé­rents acteurs pensez vous, fran­che­ment, dispo­sez actuel­le­ment de tous les moyens pour assu­rer cette respon­sa­bi­lité?

6) Actions terro­ristes multiples et simul­ta­nées. Si les causes de l’ac­ci­dent nucléaire sont dues à des actes terro­ristes perpé­tués en diffé­rents lieux comme nous l’avons constaté lors des sinistres atten­tats de Novembre 2015, à Paris, comment pour­rez vous gérer la situa­tion?

7) Pertur­ba­tion des réseaux élec­triques, inter­net, tel. Un acci­dent nucléaire s’ac­com­pagne la plus part du temps d’une desta­bi­li­sa­tion du réseau d’élec­tri­cité, du réseau inter­net et de la télé­pho­nie.  Ne pensez vous pas que ce soit un handi­cap supplé­men­taire pour les habi­tants que vous voulez assi­gner à rési­dence dans leur maison. Habi­tat qui est devenu très dépen­dant pour leur fonc­tion­ne­ment de l’élec­tri­cité? Ne pensez vous pas que les défec­tions des réseaux ne soient pas de nature à  ampli­fier le stress des popu­la­tions? Comment pour­rez vous y remé­dier ?

8) Evacua­tion animaux domes­tiques et des chep­tels. Vous parlez de l’éva­cua­tion des personnes mais rien n’est dit pour les animaux de compa­gnie et encore moins pour les animaux d’éle­vages très nombreux dans la région (bovins, ovins, bisons, volailles, chevaux, corco­di­les…). Seront-ils lais­sés à l’aban­don comme nous avons pu le consta­ter sur la zone irra­diée de Fuku­shima ?

9) Refroi­dis­se­ment des réac­teurs. Concer­nant le trai­te­ment de l’ac­ci­dent lui même, la catas­trophe japo­naise a montré la néces­sité tech­nique d’as­su­rer un refroi­dis­se­ment très abon­dant en eau des réac­teurs acci­den­tés à partir notam­ment de lances à eau des camions de pompiers. Pensez vous que ce refroi­dis­se­ment pour­rait être assuré dans de bonnes condi­tions en fonc­tion des réserves d’eau et des équi­pe­ments du site ?

10) Pollu­tion radio­ac­tive de la rivière Vienne. Avez vous évaluer la pollu­tion radio­ac­tive induite pour la Vienne dans laquelle la ville de Châtel­le­rault puise son eau, 25km en aval ?

11) Protec­tion faune et flore . Comment pour­rez vous faire face à l’rra­dia­tion de la faune et de la pollu­tion de la flore locale ?

12) Gestion des déchets nucléaires stockées sur le site ?

13) Dédo­ma­ge­ment des personnes, des arti­sants, commerçants, agri­cul­teurs éleveurs…?

En conclu­sion: Malgré votre PPI, j’ai la forte impres­sion que les popu­la­tions ne sont pas prépa­rées à un acci­dent élec­tro-nucléaire à Civaux et que vos services ne seront pas dans la capa­cité de gérer la situa­tion vu l’am­pleur des taches. D’au­tant que restreindre le péri­mètre du PPI à 10km est une héré­sie.

J’ai l’im­pres­sion d’en­tendre encore les discours de nos poli­tiques et des diri­geants d’EDF qui disaient en France, en 1986, que les nuages de Tcher­no­byl s’étaient arrê­tés à la fron­tière et que nous n’avions rien à craindre! Votre plan est conçu comme si l’ac­ci­dent ne devait jamais arrivé. Hélas, la catas­trophe de Fuku­shima, pays moderne et, qui a une très grande maîtrise tech­no­lo­gique, n’a pu échappé à une catas­trophe nucléaire aux consé­quences inme­su­rables et irré­ver­sibles. Statis­tique­ment, la France avec son parc vieillis­sant de 58 réac­teurs, risque bien d’être le lieu de la prochaine catas­trophe tout comme la Belgique. Et comme nos diri­geants poli­tiques, sans notre avis, ont pris la déci­sion dés les années 1970 d’as­sur­rer à 86% la produc­tion d’élec­tri­cité par le nucléaire, nos lende­mains risquent d’être très doulou­reux.

C’est pourquoi je pense que la raison voudrait que vous mettiez fin, le plus rapi­de­ment au fonc­tion­ne­ment de cette centrale élec­tro­nu­cléaire de Civaux, qui n’au­rait jamais du se construire compte tenu des risques parti­cu­liers, “La plus grande centrale sur la plus petite rivière”. Ce serait sage pour éviter de faire dans notre région une nouvelle nécro­pole, irra­diée cette fois !

Migna­loux-Beau­voir le 1er février 2016, Jean-Luc Herpin, citoyen ordi­naire.

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Une réflexion au sujet de « Lettre ouverte sur le PPI de Civaux »

  1. Herpin J Luc dit :

    petit détail qui a son importance, ma lettre ouverte est adressée à Madame la nouvelle préfète responsable de notre sécurité fasse aux dangers de Civaux. Merci au responsable sdu site d’apporter si possible ce petit correctif en tête de l’article.

     

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