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Lisons Street­press. Les nazis français sont plutôt du côté de Poutine mais pas tous. Et tous sont nos enne­mis.

Spéciale dédi­cace à celles et ceux qui ont mani­festé aux côtés des nazis tout en se disant plus ou moins de gauche.

PB, 3–3–2022

https://www.street­press.com/sujet/1646068044-extreme-droite-fran­caise-frac­ture-front-ukrai­nien-zemmour-le-pen-poutine

Les pouti­niens Le Pen et Zemmour tentent de se rhabiller en non-alignés. Du côté de l’ex­trême droite extra-parle­men­taire, les posi­tions sont plus contras­tées, pour ne pas dire fran­che­ment oppo­sées.(…)

Zemmour aime (toujours) Poutine

Si Zemmour a reconnu « une erreur » devant le micro rouge, c’est toujours à recu­lons, sans se dépar­tir de l’ar­gu­ment doudou de l’ex­trême droite et d’une large partie de l’ex­trême gauche depuis le début de la crise : « Poutine n’est pas le seul respon­sable » car l’OTAN « qui n’a cessé de s’étendre » a aussi une grande part de respon­sa­bi­lité. Eric Zemmour est d’ailleurs le seul candi­dat qui reprend à son compte et mot pour mot la propo­si­tion russe du 15 décembre, d’un « traité consa­crant la fin de l’élar­gis­se­ment » de l’al­liance mili­taire atlan­tique. Un souve­rai­niste qui accepte de se voir impo­ser une déci­sion par une puis­sance étran­gère, donc.

Le candi­dat de Reconquête! est un fervent suppor­ter de Poutine. En septembre dernier, il expliquait sur CNews :« Je suis pour l’al­liance russe. Je pense que c’est l’al­lié qui serait le plus fiable. » Il voit en l’homme du Krem­lin tout ce qu’il admire et rêve d’être : un diri­geant fort et auto­ri­taire, aussi bien à l’égard de son peuple, des médias, que des autres pays et répri­mant les mino­ri­tés comme l’op­po­si­tion.

Ferme sur sa posture anti-immi­gra­tion, Zemmour s’est dit opposé à l’ac­cueil de réfu­giés ukrai­niens par la France. « Il n’est pas bon d’ar­ra­cher les gens comme ça loin de leur pays, de désta­bi­li­ser la France qui est déjà submer­gée par l’im­mi­gra­tion », a-t-il lâché sur RTL. Mais il a quand même le cœur « déchiré » de « voir ces pauvres Ukrai­niens se faire massa­crer par l’ar­mée russe ». C’est déjà un progrès : Zemmour n’avait jamais eu ce genre d’état d’âme lorsque l’avia­tion de Poutine bombar­dait systé­ma­tique­ment écoles et hôpi­taux en Syrie.

Le Pen essaye de prendre ses distances

Le Rassem­ble­ment Natio­nal est lui aussi gêné aux entour­nures. Le parti assume depuis des années une ligne pro-Poutine. En 2014, Marine Le Pen s’était même tour­née vers une banque russe pour finan­cer ses campagnes élec­to­rales. (…)

Mais depuis que la Russie a violé les fron­tières d’un état souve­rain, mené une guerre de haute inten­sité en Europe et frappé des cibles civiles, il faut bien rétro­pé­da­ler. Jeudi, la dépu­tée et candi­date s’est fendue d’un commu­niqué expliquant « qu’au­cune raison ne peut justi­fier le lance­ment d’une opéra­tion mili­taire contre l’Ukraine par la Russie qui rompt l’équi­libre de la paix en Europe. Elle doit sans ambi­guïté être condam­née » et appe­lant à « un cessez-le-feu ». Bien sûr, Marine Le Pen a depuis été inter­pel­lée sur son long soutien à Vladi­mir Poutine. Ça n’a pas trop plu à la prési­dente du RN. (…)

Si l’ex­trême droite parle­men­taire met de l’eau dans sa vodka, l’ex­trême droite hors les murs, elle, assume des posi­tions radi­ca­les… et diver­gentes. Sur les réseaux sociaux, les pro-Kyiv et les pro-Moscou s’af­frontent.

Nazis contre nazis

Les Zouaves Paris sont des soutiens de longue date des néona­zis du régi­ment ukrai­nien Azov. En décembre 2019, Marc de Cacque­ray-Valme­nier, le leader du grou­pus­cule dissous depuis, avait même fait le dépla­ce­ment en Ukraine pour leur faire un petit coucou. Depuis le début de l’of­fen­sive russe, le canal Tele­gram Ouest casual (proche des Zouaves) multi­plie les hommages aux combat­tants ukrai­niens. Repre­nant la dialec­tique nazie, ils dénoncent « les contin­gents asia­tiques de l’im­pé­ria­lisme sovié­tique qui déferlent à nouveau sur l’Eu­rope ». Sans oublier d’y ajou­ter une isla­mo­pho­bie toute moderne en ciblant les « chiens isla­mistes de Poutine » : les soudards tchét­chènes envoyés sur place. Même soutien à la cause ukrai­nienne de la part de Bordeaux natio­na­liste, très lié aux Zouaves, qui a même orga­nisé samedi une collecte de maté­riel à desti­na­tion des soldats qui se battent contre les Russes. Globa­le­ment, les natio­na­listes-révo­lu­tion­naires français, grosso modo la mouvance héri­tière du Gud, sont sur cette ligne(…)

Chez les pro-Moscou, on retrouve les Natio­na­listes dont le chef, Yvan Bene­detti, apporte un soutien sans failles au Krem­lin avec son langage fleuri habi­tuel :

« La diar­rhée verbale et les convul­sions diplo­ma­tiques du vibrion de l’Ély­sée n’étaient que du vent. La volonté des yankees de faire dégé­né­rer la situa­tion était évidente. Jamais les précé­dents accords de Minsk n’ont été respec­tés par les gouver­ne­ments issus du coup de force de Maïdan. Poutine a sifflé la fin de la récréa­tion. »

Et de dénon­cer la respon­sa­bi­lité de l’Otan dans le conflit. Soit le même narra­tif qu’E­ric Zemmour et Marine Le Pen qui ont toute­fois pris soin de dénon­cer l’agres­sion russe, eux.

Même discours pour la scis­sion anti­sé­mite de l’Ac­tion française, par ailleurs proche de Bene­detti. Monsieur K. (inter­ve­nant régu­lier chez Alain Soral et dont StreetP­ress a croqué le portrait) nous explique que le conflit est évidem­ment un coup monté des Juifs. L’Otan, n’est rien d’autre que le « bras armé du judaïsme poli­tique anté­chris­tique, du Great Reset et du trans­hu­ma­nisme ». Sans pour autant soute­nir la Russie à cause de « l’an­ti­fas­cisme de paco­tille dont Poutine est un des fers de lance : lois “mémo­rielles” sanc­tion­nant la recherche et la vérité histo­riques, lois scélé­rates, persé­cu­tions contre les natio­na­listes russes et les dissi­dents, prise de parti­ci­pa­tion dans le faux culte shoa­tique ».

Du côté de Synthèse natio­nale, « quoti­dien d’in­for­ma­tion natio­na­liste et iden­ti­taire » tenu par Roland Hélie et soutien de Zemmour, on est un peu emprunté. D’une part, on souligne le « côté roman­tique » de la défense déses­pé­rée (et effi­cace) des Ukrai­niens qui pour­rait séduire les « natio­na­listes français ». Mais de l’autre, on ne peut pas s’em­pê­cher de lécher les bottes de Poutine : « Force est d’ad­mettre que la Russie est le plus impor­tant obstacle aux manœuvres des mondia­listes ».

Pour l’ex­trême droite, il ne faudrait pas, à la faveur de cette guerre, oublier qui reste l’en­nemi.

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