19 janvier 2026

Media­part. Fabien Esca­lona et Roma­ric Godin. 3 janvier. « Pourquoi l’ex­trême droite est au centre du jeu poli­tique et va y rester »

Pourquoi l’ex­trême droite est au centre du jeu poli­tique et va y rester

L’an­née 2025 s’est ouverte sur l’in­ves­ti­ture de Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche avec tout son cortège réac­tion­naire, iden­ti­taire et pseudo-liber­ta­rien issu de la mouvance « Maga » (« Make America Great Again »), dont le dernier fait d’armes est d’avoir fait « captu­rer » le président Nico­las Maduro, provoquant une stupeur mondiale.

Elle s’est close avec le retour d’un pino­ché­tiste à la prési­dence du Chili, six ans à peine après un mouve­ment social inédit, qui a manqué de venir à bout de la Cons­ti­tu­tion néoli­bé­rale léguée par la dicta­ture.

Entre-temps, l’ex­trême droite a conti­nué de progres­ser dans les pays capi­ta­listes avan­cés. Elle s’est ancrée au Parle­ment au Japon, a conso­lidé son socle élec­to­ral au Portu­gal, n’a pas été inquié­tée dans ses fiefs élec­to­raux en Italie où elle gouver­ne… Et dans les États du format dit « E3 », qui regroupe les plus grandes puis­sances mili­taires et écono­miques d’Eu­rope, à savoir la France, l’Al­le­magne et le Royaume-Uni, elle est struc­tu­rel­le­ment en tête des inten­tions de vote.

 

En dehors de ces succès élec­to­raux confir­més ou probables, la tendance de fond est sans appel. Parmi les régimes repré­sen­ta­tifs à l’ouest du conti­nent euro­péen, les plus ancien­ne­ment établis, elle est en ascen­sion depuis quatre décen­nies et n’épargne quasi­ment plus aucun pays.

Dans un récent article acadé­mique, les poli­tistes Vincenzo Emanuele et Bruno Marino ont démon­tré que la pola­ri­sa­tion idéo­lo­gique des paysages poli­tiques a nette­ment progressé durant la décen­nie 2010, et que cette dyna­mique a été nour­rie de manière asymé­trique par une radi­ca­li­sa­tion vers la droite. (…)

Alors que se passe-t-il ?

On dira qu’il ne s’agit pas des mêmes personnes qui défilent dans la rue et qui se déplacent aux urnes, et que celles-ci sont un miroir déformé de la morpho­lo­gie sociale réelle du pays, ce qui est en partie vrai. Dans les élec­tions régio­nales dans la région des Marches en septembre ou dans celle d’Es­tré­ma­dure en Espagne en décembre, la chute des partis de gauche et le succès de l’ex­trême droite s’ex­pliquent d’abord par une forte absten­tion d’an­ciens élec­teurs de gauche.

Mais la faiblesse de la parti­ci­pa­tion n’ex­plique pas tout, car malgré cela le nombre absolu de voix en faveur de l’ex­trême droite progresse souvent. En Estré­ma­dure, Vox a ainsi gagné près de 80 % d’élec­teurs et élec­trices supplé­men­taires en deux ans. Aux élec­tions géné­rales portu­gaises de mai 2025, l’abs­ten­tion a progressé de moins de deux points, tandis que Chega a gagné près de 23 % de voix supplé­men­taires en un an.

L’ex­trême droite est deve­nue une force majeure en Europe

Dans certains cas, une hausse de la parti­ci­pa­tion peut carré­ment jouer en faveur de l’ex­trême droite. Cela a notam­ment été observé au Chili, où le vote était obli­ga­toire : les masses qui ont été nouvel­le­ment inté­grées à l’échange élec­to­ral n’ont pas sauvé la gauche, bien au contraire. Aux dernières élec­tions fédé­rales en Alle­magne, en février 2025, 3,2 millions de personnes supplé­men­taires se sont expri­mées par rapport aux élec­tions de 2021, et l’ex­trême droite a gagné 5,5 millions de voix…

Un phéno­mène équi­valent s’est réalisé en France lors du premier tour des élec­tions légis­la­tives anti­ci­pées de juin 2024. La parti­ci­pa­tion y a progressé de 19,2 points par rapport aux légis­la­tives de 2022 qui s’étaient tenues dans la foulée de l’élec­tion prési­den­tielle. Alors que l’on comp­tait 9,25 millions de bulle­tins supplé­men­taires dans les urnes, le Rassem­ble­ment natio­nal (RN) a pour sa part gagné près de 6 millions de voix. À aucun premier tour d’une élec­tion natio­nale, l’ex­trême droite n’avait mobi­lisé une telle propor­tion des personnes inscrites sur les listes élec­to­rales.

Conclu­sion : il existe certes des dispo­si­tions indi­vi­duelles exploi­tables par la gauche dans l’élec­to­rat, mais pas des masses endor­mies qui ne deman­de­raient qu’à être réveillées pour terras­ser une extrême droite anachro­nique. Le travail poli­tique pour acti­ver ces dispo­si­tions progres­sistes, dans un champ média­tique hostile et alors que les relais locaux se sont raré­fiés, est consi­dé­rable.

À l’in­verse, les dispo­si­tions racistes, sexistes et égoïstes restent répan­dues et s’avèrent plus faciles à acti­ver depuis les grands médias et les conte­nus viraux des réseaux sociaux. Pire : l’agré­ga­tion des haines semble plus aisée à réali­ser que la conver­gence des luttes pour l’éman­ci­pa­tion. Des ressen­ti­ments de natures diverses coha­bitent mieux que les combats contre l’iné­gale répar­ti­tion de la liberté, qui exigent de chaque groupe d’être conscient de ses propres avan­tages dans la struc­ture sociale.

(…) la propo­si­tion d’ex­trême droite prise à son plus haut niveau de géné­ra­lité, celle d’un natio­nal-capi­ta­lisme auto­ri­taire, appa­raît désor­mais plus « ration­nelle » pour des cohortes crois­santes de l’élec­to­rat, que les propo­si­tions en crise du libé­ra­lisme et de la gauche socia­liste et écolo­giste.

Le libé­ra­lisme, dans ses versants poli­tique et écono­mique, a toujours souf­fert de contra­dic­tions. Ses promo­teurs se sont volon­tiers accom­mo­dés du trai­te­ment subal­terne de caté­go­ries entières (femmes, classes labo­rieuses, peuples colo­ni­sés) privées des droits et liber­tés conquises contre l’An­cien régime. Et la mise à bas par les libé­raux de l’ordre tradi­tion­nel ne s’est pas accom­pa­gnée de la recons­truc­tion de soli­da­ri­tés modernes, promues par d’autres sensi­bi­li­tés.

Il y a cepen­dant des périodes, signale le philo­sophe Bruno Karsenti, durant lesquelles les libé­raux s’ef­forcent de « compo­ser logique de marché et inté­gra­tion sociale ». Et puis d’autres lors desquelles ils n’y consentent ou n’y parviennent plus, préci­pi­tant alors une « zone d’ef­fon­dre­ment ». Or, c’est typique­ment ce qui s’est produit depuis la grande crise écono­mique de 2008 et tous les chocs qui ont suivi pour les socié­tés occi­den­tales.

Le trip­tyque consti­tué de la mondia­li­sa­tion, la finan­cia­ri­sa­tion et l’in­no­va­tion a en effet été blessé à mort à ce moment-là. L’af­fai­blis­se­ment global de la crois­sance et la hausse persis­tante des inéga­li­tés ont, progres­si­ve­ment, rendu inopé­rant le discours faus­se­ment égali­taire (« l’éga­lité des chances ») et ratio­na­liste (un « gouver­ne­ment des experts ») qui légi­ti­mait le néoli­bé­ra­lisme depuis les années 1980 et ses tenta­tives de restau­rer le taux de profit.

La crise sani­taire a redou­blé cette rupture. (…) Mais en réalité, leur camp a fini de perdre sa crédi­bi­lité avec le retour de l’in­fla­tion (le « mal » qu’ils étaient censés avoir terrassé), la révé­la­tion d’une dépen­dance indus­trielle inquié­tante envers la Chine, et la volonté de faire payer au monde du travail les immenses faci­li­tés accor­dées par la puis­sance publique au secteur privé.

Désor­mais, le discours des néoli­bé­raux tourne à vide : la mondia­li­sa­tion n’est plus perçue comme une « chance » et les gains préten­dus de leurs poli­tiques s’ef­facent devant leur coût en termes de pouvoir d’achat, d’iné­ga­li­tés et de dégra­da­tion de services publics. La concep­tion de l’éman­ci­pa­tion par la concur­rence mondiale, qui consti­tuait le cœur de la promesse néoli­bé­rale, est en miettes. La base sociale de ce camp se réduit de plus en plus à certains secteurs écono­miques encore pros­pères et aux retrai­tés aisés.

(…)

« Lorsque le néoli­bé­ra­lisme détruit le tissu de la société démo­cra­tique […] sans autre règle que la renta­bi­lité, écrit Jean-Yves Pran­chère dans La pensée réac­tion­naire est-elle de retour ? (Presses de Sciences Po, 2025), il détruit les condi­tions mêmes d’une société libé­rale et de ses mœurs plura­listes. » Et les agents de cette destruc­tion peuvent alors ache­ver leur œuvre en deve­nant eux-mêmes « illi­bé­raux », s’il leur semble que cette mue est la seule voie qui leur reste pour préser­ver « leur inté­rêt de classe »

(..)

Ces stra­té­gies de « fusion des droites » ne sont pas sans danger pour le camp néoli­bé­ral, qui perd là défi­ni­ti­ve­ment son statut « d’al­ter­na­tive » à l’ex­trême droite. Que les alliances formelles fonc­tionnent (comme en Italie, en Argen­tine ou en Suède) ou échouent (comme en Autriche, aux Pays-Bas ou au Portu­gal), c’est l’ex­trême droite qui finit très souvent par rafler la mise élec­to­rale.

Les compo­santes de la gauche, elles, souffrent de trois maux, diffé­rem­ment dosés selon les contextes natio­naux : leur passif au pouvoir, pour celles qui se sont amal­ga­mées au camp néoli­bé­ral ; un déca­lage consi­dé­rable entre leur projet alter­na­tif, lorsqu’il existe, et les possi­bi­li­tés concrètes de le mettre en œuvre ; et enfin un isole­ment stra­té­gique, quand le centre-droit préfère sombrer ou s’al­lier à l’ex­trême droite plutôt que de soute­nir des poli­tiques formu­lées depuis la gauche.

Le passif au pouvoir n’est pas réduc­tible à la seule « traî­trise » des élites de centre-gauche. Leur socia­li­sa­tion dans une classe poli­tique aux inté­rêts éloi­gnés des classes subal­ternes a bien sûr pu jouer, mais le compro­mis fordiste-keyné­sien histo­rique leur conve­nait bien, dans la mesure où il profi­tait à leur base élec­to­rale tout en conten­tant les milieux d’af­faires.

Le problème, comme le soulignent les écono­mistes Robert Bren­ner et Dylan Riley dans des textes impor­tants de la New Left Review, est arrivé quand les poli­tiques d’ex­ten­sion de l’État social sont fran­che­ment entrées en concur­rence avec la préser­va­tion des taux de profit. La crise de 2008 et ses suites n’ont fait qu’ai­gui­ser cette tendance à l’œuvre depuis les années 1980, qui corres­pondent au déclin struc­tu­rel de la social-démo­cra­tie, qui s’ac­cé­lère depuis. Un moment où cette famille poli­tique a suivi l’évo­lu­tion d’une partie des écono­mistes keyné­siens vers le néoli­bé­ra­lisme.

Dans des compo­santes à la gauche de la social-démo­cra­tie, le discours est davan­tage offen­sif mais reste souvent formulé dans un « ancien style » (faire payer les riches, étendre les droits sociaux) qui laisse dubi­ta­tifs des milieux sociaux qui devraient pour­tant en être les béné­fi­ciaires. Soit que leur statut de « petits moyens » les fasse soupçon­ner que ces poli­tiques profi­te­ront à plus mal lotis qu’eux. Soit qu’ils voient venir un affron­te­ment violent et perdu d’avance entre un tel cap poli­tique et les forces immenses qui cher­che­ront à l’em­pê­cher.

(…)

Globa­le­ment, c’est l’in­ca­pa­cité de la gauche à réim­po­ser une logique de classe qui l’em­pêche d’ap­pa­raître comme un rempart contre l’ex­trême droite.(…)

Face à l’af­fai­blis­se­ment des deux autres camps, l’ex­trême droite a le vent en poupe. Elle se présente comme une alter­na­tive à l’échec néoli­bé­ral et une défense contre une gauche présen­tée comme un danger pour la société occi­den­tale. Les ressorts sont à la fois très contem­po­rains et très anciens, faisant appel aux vieilles ficelles de l’an­ti­com­mu­nisme du XXsiècle autant qu’aux iden­ti­tés suppo­sé­ment « fixes » de la popu­la­tion, mena­cées par des enne­mis exté­rieurs et inté­rieurs.

Dans un contexte de stag­na­tion écono­mique à laquelle les néoli­bé­raux n’ont plus de réponses, et la gauche, des réponses qui peuvent sembler hors de portée, l’ex­trême droite propose des solu­tions rassu­rantes : la promesse d’une redis­tri­bu­tion non pas entre classes sociales, mais entre groupes ethniques ou reli­gieux au profit d’une pseudo-majo­rité.

Cette logique appa­raît à une partie de la popu­la­tion comme ration­nelle parce que cette popu­la­tion subit la stag­na­tion tout en étant cultu­rel­le­ment condi­tion­née par quatre décen­nies de néoli­bé­ra­lisme. La solu­tion d’ex­trême droite répond à la fois à un besoin de redis­tri­bu­tion et au refus de remettre en cause l’ordre social.

Cette logique de redis­tri­bu­tion « interne » aux classes sociales s’ac­com­pagne d’une défense du capi­tal natio­nal contre la mondia­li­sa­tion. Mais comme il est complexe de sortir des inter­dé­pen­dances écono­miques issues de l’ère néoli­bé­rale, l’idée est davan­tage de s’an­crer dans de « grands blocs » défen­dant la civi­li­sa­tion occi­den­tale contre un danger externe, notam­ment chinois. L’ex­trême droite en Amérique latine, comme dans beau­coup de pays euro­péens, est donc forte­ment pro-Trump.

Cette vision permet d’ac­ti­ver deux leviers en appa­rence contra­dic­toires : d’un côté, une critique de la mondia­li­sa­tion au nom de la défense de certains secteurs ; de l’autre, une radi­ca­li­sa­tion du discours néoli­bé­ral avec des baisses d’im­pôts massives et une réduc­tion des protec­tions des travailleurs. Ce double discours permet de rallier des classes moyennes mena­cées de paupé­ri­sa­tion par la stag­na­tion écono­mique, tout en conser­vant une base sociale popu­laire et en sédui­sant certains grands secteurs du capi­tal.

(…) l’ex­trême droite propose d’ar­rê­ter l’his­toire dans un endroit douillet où l’homme occi­den­tal pour­rait vivre une vie rêvée, souvent rame­née à celle, fantas­mée, des Trente Glorieuses.

Ainsi, la promo­tion de la répres­sion ethnique, l’in­dif­fé­rence aux violences de genre et le discours anti­fis­cal et liber­ta­rien peuvent se rejoindre dans un discours de défense d’une « liberté » réduite à un égoïsme occi­den­tal et la défense d’un mode de vie consi­déré comme menacé. Le levier est alors assez puis­sant pour balayer la droite néoli­bé­rale et la gauche poli­tique poin­tées du doigt comme « liber­ti­cides ».

De ce point de vue, la pandé­mie de covid a consti­tué une rupture, même si ses effets sont encore impar­fai­te­ment docu­men­tés. Le fait est que le bascu­le­ment de millions de votes vers l’ex­trême droite a eu lieu à partir de 2021, et qu’un certain nombre de leaders desti­na­taires de ces votes se sont diffé­ren­ciés du reste de la classe poli­tique durant ce moment, par leur oppo­si­tion aux poli­tiques sani­taires ou leur reprise des rhéto­riques complo­tistes qui ont alors fleuri.

Car il a été aisé pour l’ex­trême droite de profi­ter de la frus­tra­tion provoquée par les confi­ne­ments, en jouant sur une humeur anti-élites ou anti-auto­ri­taire. La pous­sée infla­tion­niste de 2021–2023 n’a pu que renfor­cer ce phéno­mène en l’as­si­mi­lant aux consé­quences de la gestion des confi­ne­ments par les États néoli­bé­raux. Le discours liber­ta­rien a pu alors s’au­to­no­mi­ser et se tour­ner contre les pouvoirs en place, offrant un nouveau terreau à l’ex­trême droite.

Cette dernière offre des compen­sa­tions psychiques et symbo­liques à l’ins­ta­bi­lité sociale en surva­lo­ri­sant des iden­ti­tés natio­nales – ou de genre – exclu­sives. Elle entend s’op­po­ser à une dyna­mique démo­cra­tique poten­tiel­le­ment pertur­bante, pour valo­ri­ser un modèle plébis­ci­taire faisant fi de la complexité des rapports sociaux.

Bien sûr, cette « sécu­rité » a un prix qui est celui de la violence, comme le prouvent les actions contre les étran­gers menées depuis un an par Donald Trump. Une violence raciste de plus en plus assu­mée comme un exutoire de l’im­puis­sance des poli­tiques écono­miques suivies par l’ex­trême droite. C’est bien là une diffi­culté posée par cette famille : avant de se retour­ner contre elle, son impuis­sance même peut lui servir long­temps de carbu­rant à succès.

En effet, l’ex­trême droite ne progresse pas en raison d’un programme fondé sur des solu­tions aux problèmes du temps. Elle progresse sur une volonté de défendre, envers et contre tout, un mode de vie menacé. Or, ce mode de vie n’est pas menacé parce qu’il est assiégé par des enne­mis imagi­naires. Il est menacé parce qu’il est inte­nable, écono­mique­ment, socia­le­ment et écolo­gique­ment. C’est un mode de vie destruc­teur tant pour l’homme que pour les écosys­tèmes.

Or, l’ex­trême droite n’offre aucune autre réponse que celle de nier cette destruc­tion. Elle pros­père parce qu’elle propose le déni géné­ra­lisé et la pour­suite du rêve consu­mé­riste et capi­ta­liste sans en payer le prix. Elle est, comme le disait Guy Debord à propos du spec­tacle, le « mauvais rêve de la société moderne enchaî­née qui n’ex­prime que son désir de dormir ». C’est ce désir qui triomphe dans les urnes, mais c’est un désir vain qui ne peut conduire qu’à des réveils doulou­reux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.