« Notre santé n’est pas à vendre. Appel « Tour de France de la santé »

Depuis plusieurs mois, l’ac­tua­lité fait peser de plus en plus d’hy­po­thèque sur la capa­cité de l’hu­ma­nité à garan­tir le bien-être des popu­la­tions, notam­ment par l’ac­cès à la Santé pour toutes et tous :
Cinq ans après la pandé­mie du COVID, aucune leçon n’a été tirée : la santé n’est pas préser­vée du marché et les inté­rêts finan­ciers sont de plus en plus prio­ri­taires. L’in­té­rêt géné­ral, en prin­cipe défendu par les pouvoirs démo­cra­tiques, n’est plus reconnu comme primor­dial, seule compte la préser­va­tion des acquis des plus riches.
• Alors que la Santé de toutes et tous passe par la Santé de chacun.e, les partis natio­na­listes d’ex­trême droite voire de droite nient le droit à la Santé pour les non natio­naux. Plutôt que de lutter contre le droit d’asile et les migrants, une Europe soli­daire devrait four­nir une réponse sani­taire pour toutes et tous, sans aucune exclu­sive.
• Le person­nel et les infra­struc­tures de santé deviennent des cibles mili­taires, en totale contra­dic­tion avec le droit inter­na­tio­nal, notam­ment à Gaza.
• Trump et les patrons multi­mil­liar­daires veulent mettre à genou l’Or­ga­ni­sa­tion Mondiale de la Santé et attaquent fron­ta­le­ment les orga­ni­sa­tions sani­taires et d’aide sociale avec, dans le monde entier,
des effets immé­diats drama­tiques pour les précaires, les femmes et les enfants. Ils engendrent un climat de tension mondiale donnant prio­rité aux dépenses mili­taires sur les inves­tis­se­ments en Santé, suivis sur ce plan par les diri­geants euro­péens.
• Les consé­quences sani­taires du chan­ge­ment clima­tique et de la dégra­da­tion de l’en­vi­ron­ne­ment s’ag­gravent, dans une indif­fé­rence gran­dis­sante des auto­ri­tés.
Face à cette situa­tion, nous appe­lons la popu­la­tion euro­péenne, dans chacun des pays, des régions, des villes, à se mobi­li­ser pour le droit à la Santé physique, mentale et le bien-être social :
• Contre la préda­tion de la finance, contre l’in­di­vi­dua­lisme et le repli sur soi, contre la numé­ri­sa­tion de nos acti­vi­tés et du vivant, contre la marchan­di­sa­tion de nos données de santé
• Pour que la Santé et la Protec­tion sociale ne deviennent pas un service commer­cial, acces­sible unique­ment à celles et ceux qui en ont les moyens.
• Pour garan­tir à chacun.e un accès à des soins de santé de qualité, pour que les budgets de la Sécu­rité Sociale et de la Protec­tion sociale échappent aux poli­tiques de rigueur budgé­taire et répondent
aux besoins de la popu­la­tion. Pour que l’argent public aille aux services publics.
Pour que la recherche et la produc­tion des médi­ca­ments soient consi­dé­rés comme un service public, au service de la popu­la­tion.
• Pour que les profes­sions de Santé, partout, rede­viennent attrac­tives, avec des condi­tions de travail et de salaire décentes ; pour que la migra­tion du person­nel de santé ne se fasse pas au détri­ment
des systèmes de santé du pays d’ori­gi­ne…
Pour une gestion démo­cra­tique d’un système de santé égali­taire et soli­daire, centré sur les besoins de tous.tes, plus trans­pa­rente et parti­ci­pa­tive.

Le « Réseau euro­péen : Notre Santé n’est pas à vendre
 » coor­don­nera, dans diffé­rents pays, des actions autour du 07 avril, Jour­née euro­péenne de lutte contre la commer­cia­li­sa­tion de la santé.
Il orga­ni­sera une Confé­rence au Parle­ment euro­péen à Bruxelles le 07 avril : « Pas de Santé publique sans moyens et sans person­nel ! Et l’Eu­rope dans tout ça ? ».

Notre système natio­nal d‘ac­cès aux soins et notre Sécu­rité Sociale, finan­cés par le travail de tout.e.s par l’in­ter­mé­diaire d’une coti­sa­tion, pour­tant capable large­ment de couvrir nos besoins en santé dans la durée, a été fragi­lisé et asphyxié. Et cela au terme de décen­nies d’ef­forts, dans le cadre d’une poli­tique néoli­bé­rale très réflé­chie et program­mée au niveau euro­péen.
•A cause des déserts médi­caux, 7 millions de personnes n’ont pas accès à un méde­cin trai­tant, dont 472 000 personnes en affec­tion de
longue durée. Les tarifs des mutuelles, les dépas­se­ments d’ho­no­raires, les restes à charge explosent, avec pour consé­quences que 3 millions de
personnes n’ont pas de complé­men­taire santé et près de 40% de la popu­la­tion renoncent aux soins. Les pénu­ries de médi­ca­ments vitaux se multi­plient, alors que les prix des trai­te­ments inno­vants grimpent en flèche, obli­geant à limi­ter le nombre de béné­fi­ciaires.
Le gouver­ne­ment conti­nue à fermer des lits, des mater­ni­tés de proxi­mité, des services d’ur­gence, malgré leur satu­ra­tion et les pénu­ries
révé­lées par l’épi­dé­mie de covid ou de grippe. Les person­nels sont épui­sés faute d’em­bauches.
La protec­tion de l’en­fance est sacri­fiée. Les jeunes font face à un accès très limité aux soins, faute de moyens et d’in­suf­fi­sance de prise
en charge. A l’autre bout de la vie, les services d’aides et de soins à domi­cile, les EHPADs sont aban­don­nés.
•L’hô­pi­tal est contraint d’em­prun­ter sur les marchés finan­ciers, source d’une dette qui le mine. La seule charge des inté­rêts repré­sente
plus d’un milliard d’eu­ros par an. L’en­semble du service public de santé est sciem­ment sous-financé.
•Le non-finan­ce­ment de la prime Ségur menace de nombreuses asso­cia­tions médico-sociales et sociale.
Pourquoi un tel achar­ne­ment ? Insi­dieu­se­ment, sans jamais le dire expres­sé­ment, le but est le déve­lop­pe­ment en France et en Europe de services privés d’ac­cès aux soins, dont le seul objec­tif est de géné­rer profits et divi­dendes. Ainsi, à Bagnères de Bigorre, l’ins­tal­la­tion d’un scan­ner à l’hô­pi­tal public est remise en cause par la concur­rence d’un centre privé d’ima­ge­rie médi­cale à trois kilo­mètres, fragi­li­sant la prise en charge des urgences à l’hô­pi­tal.
Ailleurs, à l’hô­pi­tal de Dour­dan, le Centre Péri­na­tal de Proxi­mité a été déplacé pour lais­ser la place à l’ins­tal­la­tion d’un service de gyné­co­lo­gie privé PointGyn. Ce sont des exemples concrets de ce qui se passe sur l’en­semble du terri­toire : un gâchis ! Ce sont les mêmes consta­tions dans les autres pays euro­péens.
Le budget de la Sécu­rité Sociale passé à coups de 49–3 va encore aggra­ver les diffi­cul­tés de l’hô­pi­tal. Il baisse les rembour­se­ments des
arrêts mala­die de 650 millions d’eu­ros. Il dimi­nue de 10% le salaire des fonc­tion­naires en arrêt mala­die. Il taxe les mutuelles d’un milliard d’eu­ros, ce qui va encore faire payer plus cher les complé­men­taires, en parti­cu­lier des plus malades et des plus âgés.
•Il est urgen­tis­sime de défendre notre système public d’ac­cès aux soins et l’en­semble de nos services publics.
Pour une gestion démo­cra­tique d’un système de santé égali­taire et soli­daire, centré sur les besoins de tou.te.s, plus trans­pa­rente et parti­ci­pa­tive.
Nous voulons :
Une Sécu­rité Sociale soli­daire et univer­selle, prenant en charge inté­gra­le­ment à 100% les frais de santé et la perte d’au­to­no­mie, dans un péri­mètre étendu et défini selon les besoins de santé des popu­la­tions, sans aucune condi­tion.
Aujourd’­hui nous défen­dons l’Aide médi­cale d’Etat contre toutes les attaques et voulons demain une même carte vitale pour toute personne sur le terri­toire sans discri­mi­na­tion.
Un budget à la hauteur des besoins de santé physique et mentale, de soins, de préven­tion et d’ac­com­pa­gne­ment social de l’en­semble de la popu­la­tion.
Le 7 avril jour­née mondiale de la santé prenons des initia­tives, mani­fes­tons partout en France notre refus de lais­ser faire une poli­tique irres­pon­sable qui met en danger notre santé.

Liste des signa­taires Commu­niqué 7 avril 2025
Syndi­cats : Fédé­ra­tion Sud Santé Sociaux, Fédé­ra­tion Syndi­cale Unitaire, FSU 74, Syndi­cat de la Méde­cine Géné­rale, Syndi­cat Natio­nal des Infir­mier(e)s Conseiller(e)s de Santé-FSU, Syndi­cat Natio­nal des Jeunes
Méde­cins Géné­ra­listes, Syndi­cat Natio­nal Unitaire des Assis­tants Sociaux de la Fonc­tion Publique-FSU, Union Fédé­rale Méde­cins Ingé­nieurs Cadres et Tech­ni­ciens-CGT, Union Syndi­cale de la Psychia­trie, Union Syndi­cale des Profes­sion­nel.le.s des Centres de Santé, Union Syndi­cale Soli­daires, Fédé­ra­tion Syndi­cale Unitaire Paris, Syndi­cat Natio­nal des Person­nels de l’Édu­ca­tion et du Social FSU-Ile de France, Sud Santé Sociaux Finis­tère, Sud Santé Sociaux Nord
Mutuelles : Alter­na­tive Mutua­liste, Mutuelle Mutami, Mutuelle des Pays de Vaucluse
Asso­cia­tions, collec­tifs, comi­tés : Asso­cia­tion des Méde­cins Urgen­tistes de France, ATTAC France, Cerises La Coopé­ra­tive, CoMéGas, Collec­tif Inter-Urgences, Collec­tif natio­nal pour les droits des femmes, Conseil
Natio­nal de la Nouvelle Résis­tance, Conver­gence natio­nale des Collec­tifs de défense et de déve­lop­pe­ment des services publics, Coor­di­na­tion des Asso­cia­tions pour le Droit a l’Avor­te­ment et a la Contra­cep­tion, Coor­di­na­tion Natio­nale des Comi­tés de Défense des Hôpi­taux et Mater­ni­tés de Proxi­mité, Ensembles & Soli­daires-UNRPA, Fédé­ra­tion Géné­rale des Retrai­tés de la Fonc­tion Publique, Femmes Égalité, Femmes Soli­daires,
Fonda­tion Coper­nic, Méde­cins du Monde, Médi­ca­ment Bien Commun, Mouve­ment de la Paix, Notre Santé en Danger, Orga­ni­sa­tion de Soli­da­rité Trans, People’s Health Move­ment France, Prin­temps du Care, Prin­temps de la Psychia­trie, Résis­tance Sociale, Victoires Popu­laires,
Act Up Sud-Ouest, Collec­tif CIVG Tenon, Collec­tif 37 Notre Santé en Danger, Collec­tif Santé Chablais (Thonon les Bains 74), Collec­tif Santé Voiron­nais, Comité de Défense de l’hô­pi­tal de Concar­neau, Comité de Défense des Hôpi­taux du Nord Essonne, Comité Ivryen pour la Santé et l’Hô­pi­tal et Public, Comité de Vigi­lance des Services publics de Haute-Saône, Coor­di­na­tion de vigi­lance du GHU H.Mondor/A.Chene­vier/ E.Roux/94, Droit au Loge­ment Haute Garonne, L’Es­prit Vitry, Gilets jaunes de Paris Sud et Belle­ville, Plan­ning Fami­lial 94, Santé Pays-Haut (54), collec­tif droit à la santé du Havre.
Orga­ni­sa­tions poli­tiques : Ensemble!, Gauche Écoso­cia­liste, Géné­ra­tion.s, La France Insou­mise, L’Après, Les Écolo­gistes, Mouve­ment des Progres­sistes, Npa l’An­ti­ca­pi­ta­liste, Parti Commu­niste des Ouvriers de France, Parti de Gauche, Pour une Écolo­gie Soli­daire et Sociale, Union Commu­niste Liber­taire, Nouvelle Donne

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