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Orien­ta­tions budgé­taires 2015 de la ville de Poitiers

Les orien­ta­tions budgé­taires d’une mairie c’est le moment où il y a débat au sein du Conseil muni­ci­pal sur « quel budget (recettes et dépenses) ? ». Un débat éminem­ment poli­tique

La majo­rité actuelle de la Mairie de Poitiers a donné aux élu.es un docu­ment d’orien­ta­tion budgé­taire (qui sera mis en ligne à la suite du prochain Conseil muni­ci­pal). Nous en avons tiré quelques remarques critiques sur les manque­ments dans l’ana­lyse et sur les vrais choix effec­tués.

 

Crois­sance ou croyance ?

 

  • Quel est le rapport entre les données écono­miques inter­na­tio­nales citées dans le docu­ment et les orien­ta­tions budgé­taires de la ville de Poitiers ? Quelles consé­quences pour le budget local ? Mystère.

  • Carac­té­ri­ser l’an­née 2014 par la crise Ukrai­nienne et la chute des cours du pétrole comme éléments notables de la montée des risques géopo­li­tiques, c’est un peu court, d’au­tant plus court sans nous dire les périls encou­rus par notre cité du fait de cette situa­tion.

  • Pas un mot sur les alertes confir­mées du réchauf­fe­ment clima­tique qui néces­sai­re­ment impacte et impac­tera notre cité, et qui, à tout le moins, devrait nous amener à prévoir des mesures pour réduire nos émis­sions de gaz à effet de serre, végé­ta­li­ser nos espaces, etc…

  • Pas un mot non plus sur le risque de défla­tion écono­mique qui menace d’au­tant plus que se renforcent les cures d’aus­té­rité impo­sées à toute l’Eu­rope au mépris même de l’ex­pres­sion démo­cra­tique des peuples (cf Grèce)

  • Les gloses sur la crois­sance (« Anne ma sœur Anne ne vois tu rien venir ? »)  ne génèrent aucune propo­si­tion muni­ci­pale concrète. Le docu­ment de la majo­rité muni­ci­pal ressemble à un caté­chisme martelé comme une prière. Diffi­cile de savoir, à l’écoute du « avons nous cru ? » employé , s’il s’agit de crois­sance ou de croyance.

  • Affec­tés que vous êtes par la « fièvre ache­teuse » de tout et n’im­porte quoi, votre poli­tique Mesdames, Messieurs de la majo­rité, se résume à ce seul mot d’ordre : Qu’im­porte le climat pourvu qu’on croisse.

Voilà un premier jet d’ordre très géné­ral, juste pour dire vite fait d’ar­rê­ter de nous prendre pour des ânes.

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« Panier du maire » et fata­li­tas

  • Quant aux données locales, l’in­fla­tion très « modé­rée » est limite défla­tion­niste. Ce n’est donc pas le jonglage entre sa mesure en glis­se­ment et en moyenne annuelle qui change quoique ce soit à l’état de fait. Cette situa­tion est la consé­quence des poli­tiques écono­miques impo­sées par l’Eu­rope et servi­le­ment appliquées par le gouver­ne­ment Français.

  • C’est quoi le « panier du maire » ? Inven­tion locale pour justi­fier à terme la hausse du taux des impôts ? Où trouve t on sa mesure sur le site de l’INSEE ?

Pour confir­mer que tout ce gali­ma­tias de chiffres mis bout à bout ne sert à rien puisqu’il ne se décline nulle part en orien­ta­tion budgé­taire pour la ville. Sauf à le présen­ter comme une fata­lité qui ne permet aucune autre poli­tique muni­ci­pale que celle présen­tée.

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L’es­sen­tiel est où ?

Pire, il cache l’es­sen­tiel : aux cadeaux royaux faits au patro­nat pour soit disant « relan­cer la crois­sance » s’ajoutent les réduc­tions budgé­taires pour limi­ter la dette. Cela abou­tit à réduire les dota­tions aux collec­ti­vi­tés locales.

D’ailleurs, des chiffres prouvent cette orien­ta­tion au détri­ment des citoyens ordi­naires, mais en faveur des riches et du patro­nat :

  • les valeurs loca­tives cadas­trales sont reva­lo­ri­sées de 0,9% pour 2015 (comme en 2014).
  • au nom du risque de défla­tion, (dite infla­tion faible), le point d’in­dice fonc­tion publique est resté gelé,
  • l’aug­men­ta­tion légale (calée sur infla­tion prévi­sion­nelle) des pensions et retraites, d’abord repous­sée d’avril à octobre, a été gelée,
  • les impôts sur le revenu ont augmenté du fait du main­tien du gel Sarko­siste du barème,
  • la baisse des prix (faible infla­tion oblige) a généré augmen­ta­tion du chômage et accen­tua­tion de la pauvreté.

Mais le prix des services muni­ci­paux a lui augmenté de 2%, et on indique pour 2015 que les produits des services en déduc­tion des charges de fonc­tion­ne­ment progressent de 5%.

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Comment est financé l’aus­té­rité ?

Qui paye fina­le­ment l’aus­té­rité ?

Où donc doit-on voir les traces d’une poli­tique muni­ci­pale d’une gauche vrai­ment sociale ?

Les subven­tions versées augmen­te­ront de 0,7%. Aucune parti­ci­pa­tion à l’ef­fort collec­tif d’in­té­rêt commu­nal n’est demandé à quiconque ?

C’est donc sur l’épargne prévi­sion­nelle que se fera l’ef­fort essen­tiel, dimi­nu­tion de 1,5M€ pour compen­ser les 650K€ qui manquent en recette, eux mêmes déjà en partie compen­sés par l’aug­men­ta­tion des prix des services.

Toute l’orien­ta­tion poli­tique muni­ci­pale, très peu sociale, est résu­mée là.

Guy Aubar­bier

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