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Rémi Fraisse est mort en octobre 2014. Bernard Caze­neuve trouve à se plaindre en mai 2017

Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélen­chon a accusé Caze­neuve d’être le « gars qui s’est occupé de l’as­sas­si­nat de Rémi Fraisse ». Il a déclaré mercredi qu’il n’était pas ques­tion pour lui de faire des excuses à l’an­cien Premier ministre et ancien ministre de l’In­té­rieur Bernard Caze­neuve, qu’il juge respon­sable de la mort du jeune écolo­giste Rémi Fraisse en 2014.

Rappe­lons de quoi il s’agit. Repre­nons quelques faits tels que cités dans un texte que nous avions mis en ligne à l’époque et qui fut aussi sur le site natio­nal d’En­semble!

https://reve86.org/ils-ont-tue-remi-fraisse/

« Rémi Fraisse est mort dans le dépar­­te­­ment où Jaurès fut député, sur le chan­­tier du barrage de Sivens.

Il est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, lors de heurts entre mani­­fes­­tants et gendarmes. Les mois et les semaines précé­­dentes les exac­­tions poli­­cières s’étaient multi­­pliées, dans l’im­­pu­­nité des forces de l’ordre. La hiérar­­chie de l’ap­­pa­­reil de répres­­sion, jusqu’au ministre de l’In­­té­­rieur, fut aver­­tie, cela conti­­nua : c’était donc avec son aval que le compor­­te­­ment de soudards des gendarmes conti­­nua.

Sa mort est consta­­tée par les gendarmes dès 2 heures du matin le dimanche 26 octobre. A 5 heures (du matin) un légiste constate un « décès immé­­diat par explo­­sion loca­­li­­sée ». A 10 heures, une dépêche AFP annonce sa mort. (…)

Peu après 20 heures, Caze­­neuve, le Ministre de l’In­­té­­rieur parle : il dénonce ceux qui ont « porté atteinte aux monu­­ments aux morts » et qui sont respon­­sables d’un déchaî­­ne­­ment de violences. Il ne parle pas de la violence meur­­trière des poli­­ciers mais de celle des mani­­fes­­tants. (…)

Caze­­neuve, le premier flic de France, dénonce, lundi, la violence …des mani­­fes­­tants. Puis, le mardi, il dénonce « l’ins­­tru­­men­­ta­­li­­sa­­tion poli­­tique » de la mort de Rémi Fraisse. Il ne dénonce pas les assas­­sins ; il ne dénonce pas l’ins­­tru­­men­­ta­­li­­sa­­tion poli­­tique par le PS, la droite et le FN (les amis de l’as­­sas­­sin de Clément Méric), tous unis bien sincè­­re­­ment dans leur dénon­­cia­­tion des « casseurs ». »

 

Aujourd’­hui, Caze­neuve se sent blessé lorsque Mélen­chon le traite d’as­sas­sin. Or, sa respon­sa­bi­lité poli­tique en tant que Ministre de l’In­té­rieur dans le mensonge d’État qui fut tenté, la diffa­ma­tion de Rémi Fraisse est grande, écra­sante.

Depuis près de trois ans, l’enquête judi­ciaire piétine, et la mauvaise volonté de l’État est patente.

Media­part l’af­firme : « aucune mise en examen n’a été pronon­cée et les juges s’ache­minent tranquille­ment vers une ordon­nance de non-lieu. » Alors, « pour relan­cer l’enquête, les avocats de la famille Fraisse déposent une plainte pour faux témoi­gnage contre les gendarmes et une autre pour subor­na­tion de témoins, le 18 janvier 2017 ».

La famille de Rémi Fraisse a face à elle l’État répres­sif, sa machine de propa­gande, un appa­reil judi­ciaire fort peu indé­pen­dant en l’oc­cur­rence.

Caze­neuve aurait porté plainte contre Mélen­chon. Mais qui a entendu Caze­neuve qui se montre soudain si sensible, regret­ter l’igno­mi­nie meur­trière qu’il tenta de mini­mi­ser?

Il est très blessé par les mots employés par Mélen­chon ; Rémi Fraisse, lui, fut blessé à mort par la grenade envoyée sur les ordres du préfet et de lui-même.

S’il avait quelque honneur, Bernard Caze­neuve se tairait.

 

Pascal Bois­sel, 5–06–2017

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