29 avril 2026

Rémi Fraisse est mort en octobre 2014. Bernard Cazeneuve trouve à se plaindre en mai 2017

Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a accusé Cazeneuve d’être le « gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse ». Il a déclaré mercredi qu’il n’était pas question pour lui de faire des excuses à l’ancien Premier ministre et ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qu’il juge responsable de la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse en 2014.

Rappelons de quoi il s’agit. Reprenons quelques faits tels que cités dans un texte que nous avions mis en ligne à l’époque et qui fut aussi sur le site national d’Ensemble!

https://reve86.org/ils-ont-tue-remi-fraisse/

« Rémi Fraisse est mort dans le dépar­te­ment où Jaurès fut député, sur le chan­tier du barrage de Sivens.

Il est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, lors de heurts entre mani­fes­tants et gendarmes. Les mois et les semaines précé­dentes les exac­tions poli­cières s’étaient multi­pliées, dans l’im­pu­nité des forces de l’ordre. La hiérar­chie de l’ap­pa­reil de répres­sion, jusqu’au ministre de l’In­té­rieur, fut aver­tie, cela conti­nua : c’était donc avec son aval que le compor­te­ment de soudards des gendarmes conti­nua.

Sa mort est consta­tée par les gendarmes dès 2 heures du matin le dimanche 26 octobre. A 5 heures (du matin) un légiste constate un « décès immé­diat par explo­sion loca­li­sée ». A 10 heures, une dépêche AFP annonce sa mort. (…)

Peu après 20 heures, Caze­neuve, le Ministre de l’In­té­rieur parle : il dénonce ceux qui ont « porté atteinte aux monu­ments aux morts » et qui sont respon­sables d’un déchaî­ne­ment de violences. Il ne parle pas de la violence meur­trière des poli­ciers mais de celle des mani­fes­tants. (…)

Caze­neuve, le premier flic de France, dénonce, lundi, la violence …des mani­fes­tants. Puis, le mardi, il dénonce « l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion poli­tique » de la mort de Rémi Fraisse. Il ne dénonce pas les assas­sins ; il ne dénonce pas l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion poli­tique par le PS, la droite et le FN (les amis de l’as­sas­sin de Clément Méric), tous unis bien sincè­re­ment dans leur dénon­cia­tion des « casseurs ». »

 

Aujourd’hui, Cazeneuve se sent blessé lorsque Mélenchon le traite d’assassin. Or, sa responsabilité politique en tant que Ministre de l’Intérieur dans le mensonge d’État qui fut tenté, la diffamation de Rémi Fraisse est grande, écrasante.

Depuis près de trois ans, l’enquête judiciaire piétine, et la mauvaise volonté de l’État est patente.

Mediapart l’affirme : « aucune mise en examen n’a été prononcée et les juges s’acheminent tranquillement vers une ordonnance de non-lieu. » Alors, «pour relancer l’enquête, les avocats de la famille Fraisse déposent une plainte pour faux témoignage contre les gendarmes et une autre pour subornation de témoins, le 18 janvier 2017».

La famille de Rémi Fraisse a face à elle l’État répressif, sa machine de propagande, un appareil judiciaire fort peu indépendant en l’occurrence.

Cazeneuve aurait porté plainte contre Mélenchon. Mais qui a entendu Cazeneuve qui se montre soudain si sensible, regretter l’ignominie meurtrière qu’il tenta de minimiser?

Il est très blessé par les mots employés par Mélenchon ; Rémi Fraisse, lui, fut blessé à mort par la grenade envoyée sur les ordres du préfet et de lui-même.

S’il avait quelque honneur, Bernard Cazeneuve se tairait.

 

Pascal Boissel, 5-06-2017

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