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Répres­sion des mani­fes­ta­tions. L’exemple du 28 avril. Rennes, Marseille, Paris, Saint Denis

A Rennes, Nico­las J. 20 ans étudiant en géogra­phie à l’Uni­ver­sité Rennes2, est blessé par un tir de LBD40, arme de la famille des flash­ball. Il perd un œil. Nous en repar­le­rons.

A Marseille, à l’ar­ri­vée de la mani­fes­ta­tion syndi­cale, les forces de police se sont livrées
à une agres­sion contre le cortège en cours de disper­sion.
Des tirs tendus de grenades lacry­mo­gènes et de flash­balls ont atteint des mani­fes­tant-es et le
camion de l’Union syndi­cale Soli­daires 13. Un respon­sable de Sud Collec­ti­vi­tés terri­to­riales, touché
à la gorge par un tir de flash­ball, est alors hospi­ta­lisé. Le pare-brise du camion de Soli­daires a été atteint par deux tirs de grenades tirés déli­bé­rés à hauteur de visage.
Tirés à hauteur de visage.

A Paris la CGT RATP commu­nique :
Les forces de l’ordre (…)ont réalisé un véri­table « traque­nard » à Paris, place de la Nation en fin de mani­fes­ta­tion. Des mani­fes­tants, des mili­tants syndi­caux se sont retrou­vés encer­clés et ont été inter­pel­lés, ne leur lais­sant aucune possi­bi­lité de disper­ser le cortège dans le calme.
Un mili­tant de la CGT-RATP, membre de la direc­tion du syndi­cat a été arrêté.

A Saint Denis,
A l’is­sue d’une action paci­fiste à Genne­vil­liers, les forces de police ont chargé et violem­ment empê­chés les mani­fes­tant-e-s de reve­nir sur Saint-Denis. Dans la bous­cu­lade, deux syndi­ca­listes, l’un de Sud-Rail, l’autre de la CGT et socio­logue à Paris 8 (Nico­las Jounin), ont été arrê­tés et placés en garde à vue pour violences.
Cités à compa­raitre au tribu­nal de Bobi­gny, les deux ont été libé­rés et placés sous contrôle judi­ciaire jusqu’à leur procès prévu le 6 octobre. Le procu­reur avait demandé la mise en déten­tion préven­tive de Nico­las Jounin.
Ce ne sont que des exemples d’une poli­tique systé­ma­tique.

Et le Ministre de l’In­té­rieur se féli­cite et prépare la suite.
Dans Media­part du 30 avril, Edwy Plenel nous informe d’un message en cette veille de Premier Mai adressé par le Ministre de l’In­té­rieur Caze­neuve à la police:
(…)« ce télé­gramme, (…) est celui de la répres­sion puisque Bernard Caze­neuve insiste sur les « instruc­tions rela­tives à l’in­ter­pel­la­tion des indi­vi­dus violents ou auteurs d’in­frac­tions », souli­gnant, avec fierté, qu’il y en eut 214 pour la seule jour­née du 28 avril et près de mille – 961 préci­sé­ment – « depuis le début des mani­fes­ta­tions ». Nul doute que la « culture du chiffre » poli­cière et gendar­mique sera au rendez-vous de cette consigne, d’au­tant plus que c’est aussi l’un des héri­tages sarko­zystes que n’aura pas remis en cause le hollan­disme vall­sien. 
Les rassem­ble­ments « Nuit Debout » et les mani­fes­ta­tions « #LoiT­ra­vailNonMerci » étant appe­lés à durer face à l’en­tê­te­ment du pouvoir, la ques­tion du main­tien de l’ordre va deve­nir un enjeu en soi – d’in­for­ma­tion, de droit, de justice, de soli­da­rité, de conver­gence, etc. Et ceci d’au­tant plus que le pouvoir risque fort de parier sur les violences, leur exacer­ba­tion provo­ca­trice, leur exploi­ta­tion média­tique, voire leur mani­pu­la­tion poli­ti­cienne, afin de faire diver­sion pour gagner un peu de survie dans la profonde crise de légi­ti­mité qui le mine et le divise. »

Ce Ministre de l’In­té­rieur sans enver­gure et sans morale est le servi­teur zélé de la poli­tique pro-capi­ta­liste de ce gouver­ne­ment qui n’a plus de légi­ti­mité popu­laire.

PB

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