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« S’ap­pro­prier l’his­toire de la laïcité et connaitre le prin­cipe de laïcité »

Compte rendu d’une forma­tion à l’ini­tia­tive de La ligue de l’en­sei­gne­ment du samedi 9 janvier 2016

L’Inter­ve­nant: Monsieur Chris­tian Bernard, Profes­seur agrégé d’his­toire -Corres­pon­dant Régio­nal de l’Ins­ti­tut Euro­péens en sciences des reli­gions .

(Commen­taire person­nel : depuis les atten­tats de 2015 qui ont frappé la France, jamais la Laïcité n’a autant été mise en avant , censée qu’elle serait appor­ter une réponse, un bouclier néces­saire au vivre ensemble. Tant mieux car comme toute valeur, elle n’est pas acquise pour toujours, elle mérite d’être constam­ment défen­due, promue. Elle n’est pas non plus forcé­ment intan­gible. Encore faut-il savoir de quoi on parle : nous mettons tous sous ce terme des défi­ni­tions, des appré­cia­tions bien diffé­rentes.)

Pour l’in­ter­ve­nant, parfois elle peut être perçue comme une reli­gion pour ceux qui n’en ont pas. Pour d’autres, elle est anti-reli­gions. C’est ce qu’on entend, mais c’est une erreur.

Pour les juristes, c’est ce qui permet une gestion juri­dique du reli­gieux à valeur consti­tu­tion­nelle : c’est la neutra­lité de l’Etat, un point c’est tout.

Pour d’autres, le sens est plus large : c’est une valeur répu­bli­caine, une philo­so­phie poli­tique, un idéal. C’est ce qui permet l’union de tout le peuple sans distinc­tions : c’est la notion d’in­té­rêt géné­ral. « Démo­cra­tie et laïcité sont deux termes iden­tiques. La démo­cra­tie n’est autre chose que l’éga­lité des droits » (Jean Jaurès en 1904).

« C’est une éthique de la libé­ra­tion appuyée sur une morale de respon­sa­bi­lité vers un monde où chacun dispose de toutes ses chances d’ac­com­plis­se­ment. » (Henri Pena Ruiz).

Pour l’in­ter­ve­nant, c’est d’abord la liberté de conscience pour chacun, croyant ou non-croyant, sans discri­mi­na­tions de droits. Reste à défi­nir jusqu’où cette liberté peut s’exer­cer : dans le cadre de la loi, bien entendu, mais encore ? C’est là qu’in­ter­viennent les notions de sphère publique (Etat, collec­ti­vi­tés locales, services publics, insti­tu­tions) dans laquelle les person­nels sont tenus à la neutra­lité mais pas les usagers (excep­tion : loi de 2004), d’espace commun (rue, jardin public, plage, bord de rivière, théâtre, cinéma, maga­sin…) et d’es­pace privé ou sphère privée où la liberté d’ex­pres­sion est recon­nue pour tous dans la limite du non-trouble à l’ordre public. Des inter­ro­ga­tions persistent concer­nant l’uni­ver­sité, la petite enfance et l’en­tre­prise privée. Faut-il impo­ser la neutra­lité à toute personne asso­ciée au Service Public, quel que soit son statut et aller ainsi vers une société laïque ?

Aujourd’­hui, selon Chris­tian BERNARD, l’Etat hésite : il ne recon­naît pas les reli­gions mais ne les mécon­naît pas. Il pense qu’il va vers une recon­nais­sance sociale des reli­gions qui assu­re­raient une fonc­tion de régu­la­tion sociale.

En conclu­sion, pour l’in­ter­ve­nant, la Laïcité doit surtout être inclu­sive. Il convient de mieux la faire connaître, aimer et vivre. Et elle ne saurait être figée.

A titre person­nel, cette forma­tion a été très riche, dense (trop ?). La ques­tion de l’en­sei­gne­ment privé et de ses finan­ce­ments n’a pas été abor­dée, dommage !

Pierre Vallat

A noter : une soirée débat sur le thème « La ques­tion laïque aujourd’­hui en France » a lieu ce jeudi 14 janvier au Toit du Monde à partir de 18h30 (néces­sité de s’ins­crire).

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