19 janvier 2026

Soli­da­rité avec les Iranien·nes en lutte pour la démo­cra­tie, la liberté et l’éga­lité en Iran

Collec­tif Pensée et Combat – 17 janvier 2026
Iran, entre la répres­sion et la vie
Ce qui se déroule aujourd’­hui en Iran n’est ni un événe­ment excep­tion­nel ni une explo­sion soudaine. Cette voix est celle d’une vie qui, pendant des années, a été écra­sée sous la pres­sion et qui ne supporte plus ni la répres­sion ni le silence. Les personnes descen­dues dans la rue ne sont ni des instru­ments de complots ni des pions des puis­sances mondiales ; elles sont le produit d’une pauvreté abso­lue, d’une répres­sion conti­nue, de discri­mi­na­tions quoti­diennes et d’un apar­theid tissé jusque dans la trame même de leur exis­tence. Ces protes­ta­tions ne viennent pas de l’ex­té­rieur ; elles ont surgi du cœur des foyers, des rues et d’êtres humains qui ne veulent plus seule­ment survivre, mais veulent vivre plei­ne­ment leur vie.
Les puis­sances mondiales tentent d’ali­gner ces réali­tés mises à nu sur leurs propres inté­rêts. D’un côté, des respon­sables poli­tiques qui, sans vergogne, quali­fient les personnes tuées de « armées » afin de justi­fier le sang versé ; de l’autre, une partie de la gauche mondiale qui, en se réfu­giant derrière la théo­rie de la « résis­tance anti-impé­ria­liste », blan­chit un régime qui applique jour et nuit contre son propre peuple la même logique d’oc­cu­pa­tion, d’apar­theid et de violence orga­ni­sée. Dans ces récits, la souf­france du peuple est soit niée, soit trans­for­mée en monnaie d’échange dans des trac­ta­tions plus vastes.
À l’in­té­rieur de l’Iran, il ne s’agit pas d’une concur­rence entre deux forces poli­tiques, mais d’une confron­ta­tion directe entre les secteurs oppri­més de la société et un régime qui respire par la prison, la balle et l’exé­cu­tion, et qui étouffe dans l’œuf toute possi­bi­lité d’or­ga­ni­sa­tion indé­pen­dante. Paral­lè­le­ment, les forces monar­chistes en exil, sans racines réelles au sein de la société, s’ap­puient sur le capi­tal, les médias et les soutiens étran­gers pour tenter de détour­ner ou de confisquer de l’ex­té­rieur les mouve­ments de protes­ta­tion. Ces forces n’offrent pas un hori­zon de libé­ra­tion ; elles projettent au contraire des ombres lourdes et défor­mantes sur le chemin de la lutte. Ce qui est constam­ment ignoré, cepen­dant, c’est la force qui naît d’en bas, du cœur de la souf­france et de la résis­tance quoti­dienne : des protes­ta­tions de janvier 2017 (Dey 1396) et de novembre 2019 (Aban 1398) jusqu’au soulè­ve­ment révo­lu­tion­naire de 2022 (1401) avec le slogan « Femme, Vie, Liberté », les travailleurs, les femmes, les mino­ri­tés et les personnes margi­na­li­sées, les mains vides mais porteurs de reven­di­ca­tions légi­times, ont trans­formé la rue en scène de révo­lu­tion.
Pour­tant, le parcours de ces soulè­ve­ments s’est brisé à maintes reprises non pas en raison de la faiblesse de leurs reven­di­ca­tions, mais sous la pres­sion de la répres­sion étatique orga­ni­sée et des tenta­tives exté­rieures de confis­ca­tion et de détour­ne­ment des protes­ta­tions. La Répu­blique isla­mique a répondu par les balles à toute possi­bi­lité de pour­suite des luttes et, simul­ta­né­ment, les forces de droite monar­chistes ont cher­ché, en défor­mant le sens du combat et en impo­sant leurs propres exigences, à arra­cher l’ini­tia­tive des mains des combat­tants. Mais malgré l’étouf­fe­ment et la répres­sion, les couches oppri­mées n’ont pas reculé ; elles conti­nuent, les mains nues, à reve­nir combattre cet ordre inégal à travers chaque fissure possible.
Le peuple iranien ne veut ni d’un retour au passé ni d’un salut venu de l’ex­té­rieur. Il se bat pour le pain, pour la dignité, pour la liberté et pour le droit de déci­der de sa propre vie. Cette lutte n’a besoin ni de tuteur ni de sauveur. L’ave­nir de l’Iran ne s’écrit ni dans les palais ni en exil ; il se forge dans les rues, dans les grèves et dans les luttes quoti­diennes qui, malgré une répres­sion nue et terri­fiante, tiennent encore debout, résistent encore et main­tiennent l’es­poir en vie.
Collec­tif Pensée et Combat – 17 janvier 2026
Samedi 17 janvier 2026 à 15h Place du Panthéon
 
Soli­da­rité avec les Iranien·nes en lutte pour la démo­cra­tie, la liberté et l’éga­lité en Iran
Ni clercs, ni sauveurs suprêmes : Jina est notre guide !/ Ni guide ni monarque !
Pour l’au­to­dé­ter­mi­na­tion des peuples !
Femmes vie liberté vit et vain­cra !
Depuis le 28 décembre 2025, les mani­fes­ta­tions contre la crise écono­mique sans précé­dent qui accablent la popu­la­tion en Iran, ont gagné en inten­sité pour toucher l’en­semble des classes de la société et des régions. Nour­ri·es des acquis des révoltes de ces dernières années et prêt·es à en découdre , les mani­fes­tant·es réclament aujourd’­hui sans aucune ambi­guïté la chute de ce régime dicta­to­rial, théo­cra­tique, mili­ta­risé et miso­gyne.
Comme elles le font depuis 47 ans, les auto­ri­tés massacrent impi­toya­ble­ment les mani­fes­tant·es, les témoins sur place font état d’un usage massif de la force, d’ar­res­ta­tions arbi­traires, de tortures et de sévices en déten­tion. Les mani­fes­tant·es bles­sé·es sont traqué·es jusque dans les hôpi­taux, et ce sont des images de véri­tables char­niers qui nous parviennent heure après heure.
Nous, collec­tifs fémi­nistes et asso­cia­tions de défense des droits humains de la société civile en diaspora, disons notre rejet de la Répu­blique isla­mique qui tire à balles réelle sur sa propre
popu­la­tion.
Nous sommes soli­daires des Iraniennes et des Iraniens en lutte contre leur dicta­teur et en accord avec leurs aspi­ra­tions légi­times à une vie libre et digne dans une société égali­taire. Nous soute­nons les mani­fes­tant·es issu·es de la société civile et les mili­tant·es qui
réclament leurs droits les plus élémen­taires face à un État qui commet des crimes contre les femmes, les mino­ri­tés sexuelles et de genre, les groupes ethniques et natio­naux mino­ri­sés, les
classes popu­laires, les Afghan·es (immi­gré·es et descen­dant·es), les oppo­sant·es, et ce depuis ses premiers jours d’exis­tence.
Fidèles au slogan « Femmes, Vie, Liberté » et au mouve­ment éman­ci­pa­teur qui l’a porté en 2022, nous réaf­fir­mons qu’aucun peuple n’est libre tant que sévit l’apar­theid de genre, à l’ins­tar de ce que vivent les Iraniennes qui subissent chaque jour les lois de la Répu­blique isla­mique. En écho à ces révoltes, et alors que la popu­la­tion en Iran est mise à l’iso­le­ment en raison des coupures massives d’in­ter­net orches­trées par les auto­ri­tés, nous témoi­gnons de la diver­sité de l’op­po­si­tion à la Répu­blique isla­mique. Nous deman­dons à ce que cette diver­sité soit enten­due ici. La soli­da­rité inter­na­tio­nale n’a besoin ni d’hommes provi­den­tiels, d’où qu’ils viennent, ni d’in­gé­rence étran­gère.
Nous voulons la chute de la Répu­blique isla­mique, l’éga­lité, la fin des discri­mi­na­tions systé­miques, le droit à l’auto-déter­mi­na­tion.
Vive la soli­da­rité inter­na­tio­nale !
Vive les peuples en lutte!
Femmes, vie, liberté !

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